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CHAPITRE V 42b

comme dans la plupart des Antiphonarii Missx , par la Messe du premier dimanche de l'Avent : Ad te levaviK

On comptait les dimanches après la Nativité post Octabas Domini, puis/)os< Epiphaniam et, peut-être bien aussi, quoique très rarement, post Cathedram Pétri, non celle de Rome, mais celle d'Antioche en février"-'; puis quindecim dies ante Quadrar/psirnam ou aussi Septuafjesima, c'est-à-dire soixante-dixième jour avant le Dominica in Alhis, lequel clôturait la liturgie du Baptême et des Catéchumènes^. Puis on comptait les dimanches post Octabas Paschse, post Ascensa, post Oct. Pentecostes, post Oct. Apostolorum, post S. Laurentii, post S. Angeli (Michaelis, 29 sept.), quelquefois aussi Dominica post S. Marise {Puri/îcatio en février et Assiimptio en août) et post S. Cornelii et Cypriani; le dimanche des Rameaux s'appelait Dominica Indulgenfiœ^.

Combinaisons gallicanes romaines. — Mais les livres gallicans et gallo-romains commencent par quatre (ou cinq) dimanches de l'Avent, que suit la fête de Noël. Cette ordonnance se retrouve aussi, à partir du xie siècle, dans des codices italiens, par exemple dans les Lectionnaires de la Bibliolheca Cassinensis^ et dans quelques autres documents antérieurs. Une question se pose : Comment expliquer cette divergence? Pourquoi, en opposition au fait généralement admis que saint Grégoire le Grand a donné sa forme actuelle à la liturgie de l'Avent (quatre dimanches avec messe propre et office propre, commençant par Ad te levavi et le répons Aspiciens a longe], pourquoi les manuscrits de liturgie romaine ont- ils conservé aussi longtemps l'ancienne ordonnance, tenue la plupart du temps pour gallicane?

D'après Amalaire'^ Bernon de Reichenau'' et Bernold de Constance ou de Saint-Biaise^, les Lectionnaires aux ixe, x" et xie siècles

* A ce point de vue, le codex XXXI de la bibliothèque cantonale de Zurich, et provenant du monastère de Reichenau, est digne de remarque. A la page 1-27, les textes des chants, Dominicales anni circuli, commencent par l'Avent [Doni. V. ante Natale, Dam. IV. ante Natale); tandis que le Sacrament. gélasien débute, p. 5i, par la Vigile de Noël.

2 Cf. P. L., t. Lxxn, col. 182.

3 Cf. Hrabanus Maurus, De clericor. inst., lib. II, c. xxxiv (P. L., t. cvn, col. 346).

< Panielius, loc. cit., t. iv, col. 2 4. Cf. Tommasi, Opéra, éd. Vezzosi, t. H, p. 351 sq.

s Cod. 117 , t. m, p. 59 sq.

6 De Eccl. offic, III, XL, et IV, xxx (P. L., t. cv, col. 1158, 1218-1222).

■^ De Missa, c. iv (P. L., t. cxlu, col. 1064), et De celebr. Ado (P. L., loc. cit., col. 1080 sq.).

8 Micrologus, De Eccles. observât., c. xxix, li sq. (P. L., t. cli, col. 1002 sq.).

HISTOIRE DU BRÉVIAIIŒ

n'étaient pas aussi nombreux que les livres grégoriens. Mais on croyait que Tordonnance du Responsorial , du Missel et du Sacramentaire avait saint Grégoire pour auteur, et qu'aussi l'ordonnance du Lectionnaire hiéronymien était l'ancienne ordonnance romaine et gallicane.

La divergence s'explique, d'après nous, si l'on admet que le rite de saint Grégoire fut, en effet, introduit dans les églises romaines et italiennes, mais que le bon état des livres existants et l'ennui de les recopier furent cause qu'on les conserva. Ces codices reçurent à la fin quelques feuillets supplémentaires, sur lesquels on inséra les additions nouvelles, sans tenir compte de l'ordonnance qui avait été modifiée. On voit dans beaucoup de manuscrits, à la fin, ou avant le titre, une sorte de guide ou directoire, qui sert à s'orienter. Par là s'explique aussi la réponse faite à Rome aux envoyés de Charles et de Louis, qui demandaient les nouveaux livres liturgiques : « Il n'en existe plus de complet.» Ces livres ainsi augmentés se multiplièrent, grâce aux nombreuses copies qu'on en fit; une foule de choses arbitraires devaient fatalement s'y glisser, ce qui amena de nouvelles divergences dans la célébration de l'année liturgique. L'ordo de l'Avent, tel qu'on le trouve dans Pamelius, pourrait nous en fournir un exemple*. Il y est question du Ritus Ordo Missae Ambrosianse ; mais les noms et l'ordonnance que l'on rencontre à partir de la page 430, s'y trouvent évidemment parce qu'on adopta, à Milan, le rite grégorien et sa disposition des fêtes, et qu'on chercha à les combiner avec ce qui existait déjà 2.

Quatre-Temps. — Les autres séries de fêtes de l'année liturgique : NoëP, l'Epiphanie, le temps de la Septuagésime, le temps du Carême, de la Passion, le Temps pascal comprenant une suite de quatre ou cinq Octaves, comme la Pentecôte, avaient déjà à partir du vii« siècle, ainsi que le prouvent les livres grégoriens, la même ordonnance qu'aujourd'hui. Mais il n'y avait pas uniformité générale pour la célébration des deux premiers Quatre-Temps. Elle ne devait être réglée que par Grégoire VII, comme nous l'apprend le Micrologue''. Jusqu'alors, les trois jours des Quatre-Temps du printemps étaient toujours célébrés dans quelques églises au mois de mars [ieiunium primi mensis), et ceux d'été après le milieu de juin ou post Dominicam secundam post Octavas Pentecostes {ieiunium mensis quarti). L'an-

' Litnrg. lat., éd. Coloniae, t. i, p. 430. 2 Cf. aussi Hôynck, op. cit., p. 235 et p. S^-SS.

" Des deux offices de Noël récités à Rome, on en renvoyait un au jour octave en deçà des Alpes, d'après Amalaire (De ord. Antiph., c. xn). ^ P. L., t. CLi, col. 995 sq.

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