LES SOURCES ET LA LITTÉRATURE
Époque ancienne. — Les sources de Thistoire de l'Office dans les premiers âges sont les ordonnances ecclésiastiques, les conciles et les écrits des Pères et des écrivains ecclésiastiques. Il ne peut être question d'une littérature à cette époque, où tout venait de naître et était encore en germe. Ce n'est qu'incidemment et comme par hasard que l'on parle des rites de la prière publique , quand on traite de la discipline ecclésiastique ou des obligations de la prière pour les
^ Sur un office quotidien chez les Jainas et sur le culte chez les moines jainas, cf. Hardy, Buddhismus, p. 101, qui m'a communique par écrit ce qui a été dit plus haut.
NOTES 3b
chrétiens. Nous étudierons dans la suite les passages qui s'y rapportent dans la Didaché, Tertullien, saint Cyprien, les Règles de saint Basile, de saint Jérôme, de saint Benoît, de saint Césaire, de saint Colomban, dans les Constitutions apostoliques, etc. L'Office est étudié avec quelques détails dans l'ouvrage de Cassien, De institulis cœnohiorum , et dans l'écrit de saint Grégoire de Tours, retrouvé il y a quelques années, De cursibus ecclesiasdcis ou De cursu slellaruni.
Pour la seconde période, nous possédons comme sources, à partir du milieu ou de la lin du viii" siècle , des livres liturgiques authentiques (manuscrits de Sacramentaires, de Psautiers, d'Antiphonaires, d'Hymnaires, de Responsoriaux, de Lectionnaires, etc., dans la plupart des grandes bibliothèques des pays romains et germaniques). On doit y ajouter les témoignages des écrivains liturgiques et les prescriptions des conciles, les recueils juridiques de quelques évêques et surtout les Ordines romani.
La littérature de cette époque, qui peut en partie également tenir lieu de sources, commence avec les écrits de saint Isidore de Séville (f 636), De ecclesiasticis of/iciis. Puis suivent Alcuin (•{•804), Amalaire {f vers 845 ou 857), Leidrad {-f 813), Florus (-j- vers 860), Agobard ( •{- 840), Helissachar ( -{- 841), Raban-Maur (f 856), Walafrid-Strabon {y 849), des Statuts des diverses congrégations de l'Ordre bénédictin aux ix<' et xi° siècles, Hermann-Contract (? -f- 1054), saint Pierre Damien (-{-1072), Jean d'Avranches (-j- 1079), Guillaume d'Hirschau ou Ulrich {f 1091), Bernold de Saint-Biaise (-{- 1100) : Micrologus de écoles, observ., Rupert de Deutz (f 1135), Honorius d'Autun [j- 1145 ou 1152), Robert de Pulleyn {j- 1153), Jean Beleth (-{- après 1165), Sicard de Crémone (-j- 1215) et Guillaume Durand (•]- 1296). Pour l'époque qui suit, nous n'avons, à proprement parler, que les deux ouvrages de Raoul (Radulphus de Rivo, doyen de Tongres [Tungrensis], j 1403) : De observantia canonum et De Psallerio observando; et, pour la fin de la même période, le livre de Josse Clichtou [Chlichthovseus, cf. plus loin), et quelques commentaires des Hymnes.
Nous avons encore à rappeler :
Jean Burchard, auteur de VOrdo servandus per sacerdotem in celebratione missœ (1502) ; il a coordonné, à ce qu'il semble, les rubriques ou rites de l'Office pour Strasbourg et pour Rome. Ses Diaria sont en copie à Munich : Clm. 135, 136, 137, 138; édités par L. Thuasne, 3 vol., Paris, 1883-1885, 8".
Rosilius, Ordinaliones divini officii lotius anni, Roma?, 1503; continuées par ses successeurs dans la charge de maître des cérémonies papales.
Parisius de Crassis concinnavit opus lUurgicum in diario, quod anno 1503 inchoaverat , en mss. à Munich, bibliothèque municipale : Clm. 139, 140 à 143; à Rome (original), à Florence et à Paris, comme les Diaria de Burchard, mentionnés ci-dessus. Les membres de l'École française de Rome en préparent actuellement une édition.
Henricus Bebelius, Historia horarum canon, de plurihus sanclis vario carminum génère contexla, Tubingce, 1511.
Marcellus Corcyrensis , Rituum ecclesiasticorum sive sacrarum cœrimoniarum s. rom. Eccl. lihri très non ante impressi, Venetiis, 1516, et plusieurs autres éditions, la dernière avec commentaire de Catalani, 2 vol., Romae, 1750-1751 , in-fol.
Jodocus Clichthovseus, Elucidatorium ecclesiasticuni seu explanatio in hymnos et Cantica eccles. officium et prosas, Parisiis, 1516, etc., Basilese, 1517 et 1519, Parisiis, 1546, 1556, passim.
M. Antoninus Friscus , Rubricarum expositio pro divinis officiis ac missis celehrandis secundum ordinem Romanse curiae , Bononise, 1523.
Époque moderne. — Dans l'époque moderne, les sources et la littérature sont franchement distinctes. Nous avons à nommer, parmi les premières : les ordonnances des Papes depuis saint Pie V jusqu'à Léon XIII; les éditions oflicielles du Bréviaire romain de saint Pie V, de Clément VIII, d'Urbain VIII, de Léon XIII; les martyrologes de Grégoire XIII et de Benoît XIV; enQn les décrets, les rescrits et les décisions de la Sacrée Congrégation des Rites. En seconde ligne viennent les canons de nombreux conciles provinciaux, les statuts synodaux ou les prescriptions épiscopales et les statuts des ordres religieux.
La littérature (dont nous n'indiquerons ici que les productions les plus marquantes, renvoyant pour plus de détails à Roskovany, Cœlibatus et Rreviariuni , t. v, viii, xi , xiii, xiv), commence avec Jean Cochlaus (Jean Dobnek), de Wendelstein, près Nuremberg (■{- 1552) : Spéculum antiquœ devotionis circa 77iissam et onineni aliuni cuUum Dei , Mog'untiaî, 1549; du même : Opusculum de modo orandi anliquo, Ingolstadii, 1545, Puis viennent : Melch. Hittorp (7 1534), doyen de Saint-Cunibert de Cologne : De catholicse Ecclesiœ divinis officiis ac ministeriis varii vetustorum fere omnium Ecclesiœ patrum ac scriptorum lihri, Colonife , 1568, in-fol., Romae, 1591, Parisiis, 1610 (dans la bibliotheca Patrum). Les écrits des deux Flamands : Georges Cassandre (de Catsandt, près Bruges, f 1566) : Ordo romanus vulgatus , Colonise, 1561; Liturgica , ibid., 1561; Opéra omnia, Parisiis, 1616; et Jacques Pamelius (de Bruges, •{- 1587), éditeur des œuvres de Tertullien , Anvers , 1579 , et de saint Cyprien, Anvers, 1568 : Liiurgicon Latinorum, Coloniœ, 1571, ou titre plus
explicite : (Missale) Rituale Patrum lalinorum sive Uturgicon lallnum, Coloniae, 1609, sont à la vérité d'une grande importance pour la liturgie; mais ils s'occupent peu de l'office canonique. A signaler aussi le président de Toulouse, Jean- Etienne Durant! (aussi nommé Durantus, 7 1589) : De Ecclesiœ calholicse ritihus , imprimé aux frais de Sixte -Quint, cfui apprécia fort l'ouvrage, d'abord à Rome, 1591 , à Cologne, 1592, puis plusieurs fois à Paris et à Lyon. Nous avons encore à mentionner : Mich. Timoth. de Rimini : De divino offïcio , Venetiis, 1581, et Dilucidatio in hymnos ecclesiasticos fere omnes, Romœ, 1602; et l'Augustin Onuphre Panvini, dont le recueil des Orrf/nes/îomanf et d'autres travaux se trouvent dans le Cad. mss. i973, de la bibliothèque vaticane; et l'œuvre du théologien protestant de Zurich, Rud. Hospinianus (Wirt) : De origine et progressa riluum el cœrimoniarum ecclesiasiicarum , Tiguri, 1585 et 1593; De festis christianorum (d'abord sous le titre : De festis Judseorum et ethnicorum h. e De origine el progressa cœrimoniarum [est. christ.), Genevee, 1574. Cornélius Schulting (chanoine de Saint -André de Cologne et doyen de la Faculté de théologie de cette ville) : Bibliotheca ecclesiastica , 4 tomi , 1599, très savant, mais confus et manquant de critique. Parmi ses prédécesseurs immédiats, nous nommerons Marcellus Francolinus, De lempore horarum canonicarum, Roma^, 1531 et 1581, Venetiis, 1605.
L'ouvrage du Dominicain Jacques Goar, missionnaire pendant de longues années en Orient, Euchologium Grsecorum, Paris, 1645, Venetiis, 1730, est très important et travaillé avec grand soin. 11 contient, outre la liturgie de la Messe et les rites pour l'administration des Sacrements , les parties de l'Office des Grecs qui n'ont pas subi de changement, avec des variée lectiones et de très bonnes notse ou commentaires. Nous sommes redevables au Bénédictin, plus tard cardinal Quirini, de V Offîcium quadragesimale Grœcorum (Triodion), 2 tomi in-40, Romœ, 1721; cf. Thalhofer, p. 93. — Le Maronite Jos. Alois Assemani (-J- 1768) a donné, dans son très lùche Codex liturgiciis Ecclesiœ universalis , Romse , 1749-1766, 13 vol. in -4°, des liturgies de la Messe en Orient et en Occident, des sacramentaires [Gelasianum , t. iv, Leonianum, t. vi), les rites pour le Baptême, pour la Confirmation (t. i-iii), pour l'Ordre (t. viii-ix), et des dissertations de sacris ord. (t. x, d'après Morin); il s'y trouve également quelques renseignements relatifs à VOfficium (Calendaria). Puis Jos. Sim. Assemani, Bihliotheca orientalis, 4 vol., Romae, 1719-1728. Nous nommerons ensuite : Olivier Bonartius, S. J. : De insiilutione, obligatione et religione horarum canonicarum, libri très , Duaci, 1624; le card. Bona : De divina psalmodia (paru d'abord à Rome, 1653, sous ce titre : Psallentis Ecclesiœ harmonia, puis à Paris, 1663, et
réimprimé à plusieurs reprises). De pures œuvres ascétiques, telles ([ue celles de Anacl. Siccus, Rossi, Stengel , Persicus, Ilorstius, Mazowiecki, Mazzachi, Marchanlius, Alvarez de Paz, Dupont, Albergotti, ne peuvent être mentionnées ici. De même Bauldry, O. S. B., et Lohner, S. J., n'ont qu'un intérêt pratique (rubriques). J.-B. Rubeus, Novum ralionale divinorum officiorum, Venetiis, 1627, cherchant partout, à la façon de Durand, les raisons intimes, mais tenant cependant compte de l'histoire, a moins d'importance au point de vue du Bréviaire qu'à celui de la sainte Messe. Léon Allatius (f 1660) : De libris et rébus ecclesiasticis Grsecorum, Parisiis, 1646; Thomassin (•j- 1695) : De l'ancienne et nouvelle discipline de V Eglise, etc., première édition latine, Paris, 1688, et souvent réimprimée au xviii" et au xix^' siècle. Pour ce qui concerne le Bréviaire, on consultera surtout pars I, lib. 11. Parmi les travaux du xviie siècle relatifs à notre sujet, nous devons surtout citer les œuvres du Théatin cardinal Tommasi (f 1713), déclaré bienheureux par Pie VI : Opéra oninia, éd. Vezzosi , 7 tomes, 1748-1754, et aussi celles de son ami Mabillon, O. S. B. : De liiurgica gallicana (plus particulièrement De cursu gallicano), Parisiis, 1685, ei Muséum ilalicum, Parisiis, 1687 sq., où se trouvent les Ordines romani [P. L., t. lxxii-lxxvii); puis Bernard Bissus, O. S. B. : Hierurgia sive rei divinse peractio , 2 tom. in -fol., Genuse, 1686, et Dominique Macri, chanoine de Viterbe : Ilierolcxicon, d'abord en italien, 1650, puis en latin, Romse, 1677, et plusieurs autres éditions. Thomassin : Des fêtes de l'Eglise, Paris, 1683; du même : Traité de l'Office divin, Paris, 1686; Guyet, S. J. : Heortologia , Lugduni, 1657, Urbino, 1728, avec la traduction latine de l'ouvrage de Thomassin : Des fêles de l'Eglise, Venise, 1728; on y trouve également la traduction latine du précédent ouvrage de Thomassin. On peut cf. encore Plcithner, p. 10 sq. (voir plus loin, p. 41).
Au xviii" siècle, les auteurs les plus remarquables sont : Edm. Martcnc, 0. S. B. : De anliquis Ecclesiœ ritibus, Rotomagi, 1702, sq., et plusieurs autres éditions, en particulier le IV"^ livre des autres éditions, t. ii de l'édit. in -fol., qui parut d'abord à part : De antiqua Ecclcsiee disciplina in cclehrandis divinis officiis , Lugduni, 1706; Lorenzana : Breviarium gothicum secundum regulam beati Isidori, Romae, 1775 [Mozarabique). Dans dom Giorgi : Liturgia Romani Pontificis, 3 vol., Romse, 1731; remarquable pour ce quia traita la liturgie de la Messe, on ne trouve que très peu de chose concernant le Bréviaire. De même, dans la riche mine de Muratori, on ne trouve que relativement peu de chose au sujet du Bréviaire. Par contre, on peut glaner dans Mart. Gerbert , O. S. B. : Principia theologiœ liturgicœ quoad divinum officium , etc., Aug. Vindel., 1759;
De cantu et miisica sacra a prima Ecclesiœ selate usque ad prxsens tempus, 2 vol. in-4°, typis S. Blasii, 1774; Scriptores ecclesiaslici de musica sacra, ibicL, 1774-1775; du même : Vêtus liturgia alemannica , 2 tomi in-4", S. Blasii, 1776; Monumenta veteris lilurfjiœ alemannicœ, 2 tomi in-4o, ibid., 1779; Franc. Ant. Zaccaria, S. J. : Bibliotheca ritualis, Romge, 1776-1781 ; Tetamo, S. J. : Comment, in Brev., 4 vol., Venetiis, 1779, 1784 (voir notre article dans la Innsbruckcr Zeitschrift, 1889, t. i); Lebœuf, Traité historique et pratique sur le chant ecclésiastique, Paris, 1741; Phil. Zazzera, S. J. : Ecclesise rifuum divinorumque officiorum explicatio , Romœ, 1784 (imprimé avec les commentaires d'un ouvrage anonyme du xii° siècle, d'après le Cod. Vatic. 3.046); Barthél. Gavanti , Barnabite : Thésaurus sacrorum rifuum (1628, avec ce titre : Commentaires sur les rubriques; 1630, avec le titre : Thésaurus), fut réimprimé environ une douzaine de fois. La seule édition de Mérati, Théatin (•{- 1744), qui a donné des additions historiques très précieuses , a conservé une réelle valeur. J. Grancolas (-J- 1732) : Commentaire historique sur le Bréviaire romain, Paris, 1727, en latin à Venise, 1734; Traité de la Messe et de l'Office divin, Paris, 1713; Benoît XIV (Prosper Lambertini) : De festis D. N. Jesu Christi et beatœ Mariée Virginis (d'abord en italien, puis traduit en latin par Giacomelli), Romse, 1745, et d'autres éditions. Les ouvrages, d'ailleurs très estimables, de Leodegar Mayer, Bénédictin de Mûri : Explicatio compendiosa literalis historica cœrim. eccles., Tugii, 1737, Aug. Vindel., 1743, et de Aug. Kratzer, dominicain d'Augsbourg : De apostolicis necnon antiquis Ecclesiœ occidentalis liturgiis, Aug. Vindel., 1786, tiennent peu compte du Bréviaire. Mais le Commentarius historico-theologicus de divino of/lcio, Venetiis, 1739, de Franc. Maccbietta, où il traite de l'histoire de l'Office et de sa constitution intime, mérite d'attirer l'attention. Nous devons mentionner comme ouvrages populaires tendant à propager la connaissance des pratiques de la Messe et de l'Office et à les faire apprécier : 1° Grégoire Rippel, curé de Schlettstadt : Alferthum und Ursprung aller Cei-emonien, Strassburg, 1723, édité par Himioben et d'autres, sous divers titres, tels que : Die Scliônheiten der katholischen Kirche in ihren heiligen Gebàruchen (16« édit., Mazni, Kirchheim, 1873), c'est un ouvrage à la fois agréable et utile; 2" Lorenz NicoUis, de Salzbourg : Origo sacrorum rituum et cœrimoniarum, Aug. Vindel., 1732.
On trouve quelques aperçus sur l'histoire de la formation primitive de l'Office dans les œuvres de Selvaggio (f 1772) : Antiquitatuni chrisfianaruni inslitutiones, 1772-1774, s. 1., puis à Mayence, 1786. Pellicia (-j- 1823) : De christianœ Ecclesise primœ, médise et novissimse setatis poUiia , Neapoli, 1777 (Colonise, 1829-1838), 3 tomi; Jos. Bin-
gbam (-J- 1723) : Orifjines eccles. or tlie Antiquities of the Christian Church, London, 1708-1722, 8 vol.; dernière édition, Oxford, 1878, traduit en latin par Grischovius : Origines sive antiquilntes ecclesiasticse, 10 vol., Halœ, 1724-1738, et plusieurs autres éditions. Un abrégé en allemand parut à Augsbourg, 1788-1796, 4 vol. in-8». Tommaso Declo : Dichiarazioni di tulto cio che vi ha o difficile da intendersi o più intéressante in orjni parte del Breviario Roniano dal principio sino al fine, 3 vol. in-4°, Anconae, 1771-1772.
Nous ne pouvons donner ici la littérature de l'histoire des luttes très vives, engagées à la fin du xviii« siècle et au début du xix" (jusqu'à la moitié du siècle), au sujet de la suppression, de la conservation, de la valeur, de la réforme, etc., du Bréviaire. Nous renvoyons ceux que la question intéresse et qui désireraient connaître les attaques et apprécier le système de la défense à dom Guéranger, Institutions liturgiques, t. ii, et à Roskovany, Cœlihat. et Breviar., t. V, p. 1124-1269; t. viii, p. 632 sq. La meilleure défense et justification du Bréviaire est, avec un bon commentaire, que nous attendons encore, l'histoire impartiale de ce Bréviaire et une connaissance approfondie de la théologie, en particulier de la question du sacrifice et de la prière, ou, d'une façon générale, du traité De Religione. La critique objective des avantages et des beautés de l'Office catholique et de son livre de prières officiel, de son ordonnance , si pratiquement adaptée , ont pu amener des protestants de bonne foi et des incrédules de nos jours à donner des leçons à certains écrivains catholiques contemporains qui regardaient de haut et avec un souverain mépris le Bréviaire romain.
Comme ayant encore aujourd'hui une grande valeur, nous avons à mentionner, parmi les ouvrages de la première moitié du xix'= siècle : le recueil d'Antoine-Joseph Binterim (f 1855, curé de Bilk, près Diisseldorf) : Vorzùglicliste Denkwûrdigkeiten der katholisclten Kirche, 13 vol., Mazni, 1825-1833 ou 1837-1838, en particulier la première partie du t. iv et le t. v; Schwinghaimb : Ueher das Brevier mit Berûcksichtigung der dagegen erhohenen Einivendungcn, Linz, 1838; Newman ( Tracts for times) : On the Roman Brevianj, London, et Oxford, 1836; Augusti (f 1841, à Rome) : Denkwûrdigkeiten aus der christlichen ArchUologie, 12 vol., Leipzig, 1817-1831; du même : Handbuch der christlichen Archàologie , 3 vol., ihid., 1836-1837; Marzohl et Schneller : Liturgia sacra ou Die Gebràuche und Alterthûmer der katholischen Kirche, 5 vol., Luzern , 1834-1843; Kliefoth, Lilurgische Abhandlungen , 8 vol., Schwerin, 1856 sq. Les deux ouvrages de l'abbé bénédictin dom Prosper Guéranger, de Solesmes (f 1875), ont fait époque : 1° Institutions liturgiques, 3 vol., Paris, 1840 sq.; nouvelle édition avec des écrits supplémen-
taires, 4 vol., Paris, 1878 sq. ; 2° Année liturgique, Paris, 1841-1904; continuée par le P. Fromage, édition allemande, Mayence, 1874 sq. Plusieurs volumes de cet ouvrage ont déjà atteint leur quinzième édition; ils servent d'initiation pratique à la vie liturgique de l'Eglise. Dans l'esprit de dom Guéranger et pour exposer et défendre les principes catholiques sur la liturgie , Bouix a écrit Tractalus de iure liiurgico, Paris, 1853. Le Bréviaire et son histoire sont, on le comprend, plus ou moins effleurés dans les récents manuels de liturgie de Schmid, Liift, Fluck et surtout de Thalhofer, et aussi dans les théologies pastorales, en particulier celle d'Amberger, et aussi de Benger, Pohl, Kerschbaumer, Gassner, Schûch, Ricker. [Cf. aussi Mg'' Magani, Anlica. lilurgia romana , Mediol., 1897-1899, 3 vol., en particulier le t. ir, sur les Heures canoniales. Tr.]
Ouvrages spéciaux. — Le Bréviaire et son histoire sont traités d'une façon générale ou sur quelques points spéciaux par Allioli (•{• 1873) : Ueber die innern Motive der canonischen Horen und ihren Zusammenhang , Augsburg, 1848; traduit en latin et en français; Widmann : Ueher den moralischen Nutzen des Breviergebeles (en latin, 1801, réédité dans Roskovany, op. cit., t. viii , p. 6S4 ) , Regensburg, 1834; Geiger : Ueber das Brevier (dans l'édition complète de ses œuvres par Widmer), Altdorf, 1830; F. Probst : Brevier und Breviergebet , Tûbingen, 1854; 2« éd., 1868; Schu, De horis canonicis diatribe, Treviris, 1861; le même : Die biblischen Lesungen in Officium und Messe, Trier, 1861 ; Roskovany : De cœlibatu et Breviario, t. v, viii, xi et xiii, Pestini, 1861, 1877, 1881 et 1888; Janner : Das Officium unius martyris, Speyer, 1867 (cf. Das Officium Confess. non Pontif., dans Ermlànder Pastoralblatt , 1869, n"^ 9 et 10); Bole : Die heilige Messe und das Breviergebet , Brixen , 1883; 2'-' édition, 1888. — Excellent est l'ouvrage de Bacuez : Du saint Office, considéré au point de vue de la piété, Paris, 1872; traduit en allemand sur la 4^ édition : Das Brevier vom Siandpunkle der Fr'ommigkeit betrachtet, Mainz, 1891. F. X. Pleithner : Aelteste Geschichte des Breviergebeles, Kempten , 1887 (excellent, mais ne traite que des cinq premiers siècles. Tr.); Hoeynck : Geschichte der kirchlichen Liturgie des Bisthums Augsburg, Augsburg, 1889; Duchesne : Origines du culte chrétien, Paris, 1889 (2'= édit., Paris, 1898. Christian Worship : ils origin and évolution. A study of the latin Liturgy up to the time of Charlemagne , translated from the third French édition by M. L. Maclure, London, 1903). — On trouve de nombreuses notes dans l'œuvre monumentale du même auteur : le Liber pontificalis, Paris, 1885 sq. Aidan Gasquet , O. S. B., et Edmund Bishop : The Book of Common Frayer, London, 1890; G. Schober : Explanatio critica editionis Brev. rom., Ratisbonœ, 1891; Pierre BatifFol :
Ilisloire du Bréviaire, Paris, 1893 (2'' édit., 1894; dom Plaine, O.S. B. : De veris Dreviarii romani originibus et prima dus forma, dans les Studien und Millheilungen ans dem Benedicliner und dem Cislercienserorden , 1895, p. 3-10, 216-223, 386-390); Nie. Nilles, S. J. : Kalendarium utriusque Ecclesiœ, OEniponte, 1879-1881 (2* édit., ibid., 1896-1897); De rationibus festorum sacratissimi cordis Jesu et purissimi cordis Marise , libri quatuor, 2 vol., éd. 5, ibid., 1882; Commenfarius in Proœmium Breviarii et Missalis de Compulo ecclesiasiico , éd. 2, Atrebati, Parisiis, OEniponte, 1867. — Les ouvrages sur l'année ecclésiastique et sur les fêtes particulières ne peuvent être mentionnés ici en détail. — Cf. Thalhofer, op. cit., t. I, p. 130, et Dippel : Das kalholisclie Kirchenjahr, 6 vol., Regensburg, 1889-1893. On trouve de nombreux petits travaux dans les revues scientifiques catholiques et plus encore dans les feuilles pastorales rédigées dans un but pratique, tant en français qu'en allemand. Les livres protestants, tels que ceux de Zôckler et Schultze : Historische Théologie (Archàologie des kirchlichen Quitus : Gebet , p. 329), Nordlingen, 1889 ; et de Kostlin : Geschichte des christlichen Gotlesdienstes, Frieburg im Br. , 1887, sont, au point de vue de l'Office et du Bréviaire, très insuffisants. Sur l'office de la sainte Vierge ont paru des commentaires du P. Jausions, O. S. B., Paris, 1865; de Speil, Breslau, 1868; du P. Hôtzel, O. S. F., Mïmchen, 1876, très bon et solide; de Bern. Schàfer, Munster, 1888, souvent réédité; en français du P. Laurent Janssens, O. S. B., Tournai, 1892; du même on a aussi un commentaire sur VOf/icium defunctorum. Munster, 1889. [Hoeynck, Zur Geschichte des O/f. defunctorum katolik, 1893, t. Il, p. 329 sq. Tr.]
Psaumes. — Sur l'emploi des psaumes au Bréviaire , nous avons en particulier deux ouvrages, celui de Thalhofer, Erkiàrung der Psalmen, 5"= édit., Regensburg , 1889; et celui de l'archi-abbé de Beuron , Maurus Wolter, O. S. B. : Psallite sapienter « Psalliret weise ! » Erkiàrung der Psalmen im Geiste der Liturgie..., 5 vol., 2° édit., Freiburg, 1891 sq. Nous possédons aussi Neale et Littledale : A commentary on the Psalms, 4 vol., 3" édit., London, 1874 sq. ; et, en français, Péronne : Chaîne d'or sur les Psaumes, 3 vol., Paris, 1878 sq.
Hymnes. — Les Hymnes, autre partie importante du Bréviaire, ont été l'objet de travaux spéciaux dans ces derniers temps. Daniel : Thésaurus hymnologicus, 5 vol., Halis et Lipsiœ, 1831-1856; Fr. Mone : Lateinische Hymnen des Mittelalters , 3 vol., Freiburg, 1853-1856; Kehrein : Katholische Kirchenlieder , Hymnen, Psalmen, 3 vol., Wûrzburg, 1859-1863; Père Gall-Morel, O. S. B. : Lateinische Hymnen des Mittelalters, 2 vol., Einsiedeln, 1866-1868; Kayser :
Beitràge zur Geschichte und Erkliirunr/ cler Hymnen, 2 volumes, 2'= édit., Paderborn , 1881-1886; Pimont : Les Hymnes du Bréviaire romain , Paris , 1874 , sq. ; Rotli , Laleinische Hymnen des Mitlelallers , Augsbourg, 1888; Dreves, S, J. : Analecta hymnica , Pragae et Lipsias , 1886 sq. ; Ulysse Chevalier, Bepertorium hymnologicum, Paris, et Bruxellis, 1890 sq. (depuis 1890 paraissait comme supplément aux Analecta Bollandiana). J'ai indiqué, dans mon article Hymne du Kirchenlexicon , de Wetzer et Welte, t. vi, 2^ édit., p. 519-552, d'autres ouvrages plus ou moins développés sur la question.
On peut y ajouter : Danko : Velus Hymnarium ecclesiasticum Hun- (/ariœ , Budapestini , 1893 (excellent); d'U. Chevalier, plusieurs articles de la revue L'Universilé cath., Lyon-Paris, 1891 sq., et Poésie liturgique du moyen âge : 1. Histoire, 2. Rythme, Lyon, 1892; a reçu des additions et est devenu Bibliothèque liturgique , t. i : Poésie liturgique du moyen âge, Rythme et histoire, Hymnaires italiens, 1893, Paris. Sur les Rythmes, on peut encore consulter Guillaume Meyer : Anfang und Ursprung der lafeinischen und griechisclien rhythmisdien Dichtung , Mûnchen (Académie des sciences), 1885.
On a publié naguère sur la liturgie milanaise, et en particulier sur l'office, un ouvrage qui dépasse et de beaucoup tout ce qui a précédemment paru sur ce sujet. C'est une édition enrichie d'une introduction et de notes savantes de l'écrit de Bérolde, prêtre de Milan du XII*' siècle : Beruldus sive Ecclesiœ Ambrosianœ Mediolanensis Kalendarium et Ordines, sœc. XII. Ex Codice Ambros. éd. et adnotavit Dr. M. Magistretti, Mediolani, 1894. [Il avait été déjà reproduit, mais sans soin, par Muratori. Tr.]
[Depuis l'apparition de l'Histoire du Bréviaire de D. Bâumer, la liturgie milanaise a été l'objet d'études approfondies. Nous nous contenterons de citer ici les ouvrages se rapportant de plus près à l'office ambrosien, ayant soin d'ajouter qu'il n'existe d'ailleurs pas encore de travail d'ensemble sur cette liturgie.]
Le savant bibliothécaire de Solesmes (doin Cagin) a indiqué des aperçus nouveaux et curieux, dans un très long avant-propos de la Paléographie musicale des principaux manuscrits de chant grégorien , ambrosien, mozarabe, gallican, publiés en fac-similés phototypiques par les Bénédictins de Solesmes, t. v : Antiphonarium ambrosianum du musée Britannique, Solesmes, 1896 sq. Cf. encore P. Colombo: Gli Inni del breviario Ambrosiano, corredati délie mélodie liturgiche dal Can. Em. Garbagnati, Milano, 1897; Paul Lejay : Ancienne philologie chrétienne, Le rit ambrosien , art. dans la Bévue d'histoire et de litt. relig., t. v, 1900, n^ 3 ; et également les articles Bit ambrosien , dans
le Dictionnaire de théologie de Vacant, fasc. iv, col. 0;J4-9CS, 1000, et dans le Dictionnaire d'archéologie du R. P. dom Cabrol, fasc. v, col. 1904, sq. — Nous ajouterons également un article de W. Chatterley Bishop, dans The Church Quarlerhj Review, octobre 1886, qui traite du bréviaire ambrosien. Tr.]