CHAPITRE
taren, Paraschen = seclions , divisions^), puis suivait une interprétation ou une espèce de sermon.
Nous possédons peu de détails sur la prière du soir, sur les chants du sacrifice Arbith. Toutefois nous savons que cet office était copié sur celui du matin ^, et que les jours de fêtes et de nouvelle lune on chantait souvent à ce moment les psaumes d'Hallel cxii-cxvn et les psaumes xxii, xxiv, xxvni ou xxix, cxxcxxxvi. Tandis que la victime brûlait et que Fencens se consumait lentement sur l'autel, tandis que le soleil déclinait progressivement, les lévites faisaient éclater leurs chants au son des instruments de musique.
D'une façon générale, le rite et la série des prières (pour les besoins généraux), des psaumes, lectux-es, bénédictions, ou prières finales (bénédiction du prêtre), étaient les mêmes, comme on l'a vu, pour les offices du matin et du soir. Pour la Minchah^, le rite était beaucoup plus simple, et semble avoir été peu réglé''. Comme elle avait régulièrement lieu après midi [post Sextam), notamment en hiver, où le sacrifice du soir se faisait plus tôt, à cause du coucher du soleil qui arrivait de meilleure heure, on l'unissait à ce dernier sacrifice, et on récitait ou chantait pour la Minchah les psaumes lxxxv et cxlv. On avait donc de la sorte un triple sacrifice , trois moments pour la prière : le matin , à midi et le soir, mane {Laudes Matiitinse ] , meridie [Hora sexta
1 Cf. Delitzsch et Riehm , Handwôrterbuch des biblischen Alterthums, t. II, p. 1018; ibid., voir le mot Synagogue; Ligthfoot, loc. cit., t. i, p. 673, 699; Schu, op. cit., p. 7; Ikenius, op. cit., c. ix, § 11, p. 275; cf. p. 301-302. La lecture tirée des saintes Ecritures, de la Tliorali (Loi) et des Prophètes, surtout pour le jour du sabbat, est indiquée en plusieurs endroits du Nouveau Testament, par ex. Luc, iv, J6; Act., xni, 14, 15, 27; xv, 21. C'est ainsi qu'on lisait d'abord la Parascha, tirée du Pentateuque, puis l'Haftara, tirée des Prophètes; on y ajoutait une explication, une homélie ou un sermon.
2 Paralip., xxiii, 30.
3 Minchah s'entend, la plupart du temps, de l'oblation non sanglante, en particulier lorsqu'elle était faite pour le grand prêtre après midi. Cependant cette signification ne fut pas constante; car, au 4« livre des Rois, m, 20, Velevatio de la Minchah, c'était l'holocauste du matin. Delitzsch, op. cit.
'> Haneberg, op. cit., p. 359-361; Bickell , op. cit., p. 65, 72; Schu, op. cit., p. 5-7, 10-11. Traduction allemande des prières de la synagogue dans Rabe, Mischnah iind Tamid (introduction), t. i, Onolzbach' ^'^O 1762, p. 2 sq.
et nona), vespere [Oralio lanquam sacrifîcium vespertinum* ).
On doit encore remarquer que les Juifs désignaient sous difîérenls noms, selon leur contexte : Zizilh, Bakasol , Tephilol et Tachnan, les prières et les hcnédiclions que Ton avait coutume de réciter au temple dans les sacrifices du matin et du soir ou dans les synagogues (ou même dans les synagogues, lors des actes cultuels tenant lieu de ces sacrifices^). Elles correspondent aux quatre expressions dont se sert saint Paul dans sa première Epître à Timothée (ii, 1 sq.) : oev^aetç, Trpoaeuyâ; , evreu^et;, eù/apffTiaç — ohsecraliones , orationes , poslulaliones , gratiarum acliones^.
Culte apostolique. — Si nous devons considérer l'abandon progressif que firent les chrétiens des coutumes du temple , comme la première cause d'une formation plus précise et plus stable du culte chrétien par les Apôtres'', nous devons, de l'avis presque unanime des exégètes catholiques et de la plupart des exégètes protestants contemporains, comme aussi au témoignage de plusieurs Pères, chercher la première preuve classique de ce culte dans le second chapitre de la première Epître à Timothée. Nous y voyons que les Apôtres, et spécialement saint
1 Ps. CXL, 2.
2 Preces occupant locum sacrificioriim, disent les rabbins dans Vitringer, De synacf. vet., c. iv; dans Bâhr, Symbolik des mosaischen Quitus, t. I, p. 476.
3 D'après Richard Simon, Cérémonies et coutumes des Juifs (d'après Léon de Modène, rabbin de Venise), Paris, 1681. Supplément, p. 64, 65. Dans la première partie, il dit que les trois moments de la prière des Juifs : Schacharith, Âlinchah et Arbith, dont le premier suivait le lever du soleil, le second avait lieu après midi, le troisième à l'entrée de la nuit (ils disaient cependant le second et troisième Minchah et Arbith en plusieurs lieux et pays ensemble pour leur commodité, lorsqu'il n'était point jour de fête), se retrouvent dans les moments de la prière chrétienne des Matines (aujourd'hui Laudes, se. Matutime) , de None et des Vêpres. Ce petit livre est aussi traduit en latin : Rich. Simon, Exercitatio de cserimoniis ludœorum, Francofurti, 1693; cf. ibidem, I, c. xi, et supplem. vin, p. 38 sq. Cf. Assemani, Bibl. orientalis , t. m, part. 2, p. 387 sq., au sujet des heures canoniales des Nestoriens. A ce sujet, Haneberg dit aussi (op. cit.;p. 362) : « On ne peut douter que les heures de prière de la synagogue aient exercé une influence considérable sur les heures de la prière chrétienne. » Eusèbe dit également que l'office chrétien est emprunté en partie à la synagogue : In ps. L.xv, lxxxlx, xci (P. G., t. xxin, col. 647, 1130, 1171).
* Gerhard v. Zezschwitz, Die praklische Théologie, p. 399. ûer Cullus der urchrisllichen Gemeinde , etc., dans Zôckler, Handbuch der theol. Wissenschaften, t. iv, Nôrdlingen, 1885.