‹ Histoire du bréviaireChapitre 33 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Mais au chapitre xvi" de la même Didachè, il est recommandé aux fidèles de s'encourag-er mutuellement dans des réunions privées ou plutôt dans des visites qu'ils se feraient, de s'instruire et de se préparer pour « les jours d'épreuve ». La persécution ne permettait pas de conserver l'ancienne coutume du temps des Apôtres, de réciter matin et soir une prière en commun; mais la coutume, établie par les Apôtres, de réciter chaque jour, comme dévotion privée, trois Pater nosler, selon que le prescrit la Didachè, se maintint jusqu'aux jours plus sereins qui suivirent les orages des persécutions.

Saint Justin. — Nous ne possédons aucun renseignement authentique relatif à la prière officielle, dans les années qui suivirent immédiatement jusque vers la fin du ii" siècle, ou le commencement du ni^ siècle ^ C'était l'ère des persécutions, et l'on devait restreindre les réunions au strict nécessaire. De plus, nous n'avons, si l'on en excepte saint Justin, aucun document remarquable de la littéi'ature chrétienne de cette époque. S'il y avait eu vraiment durant les temps de paix des heures déterminées pour la prière, matin et soir, il n'y aurait pas eu occasion de le rapporter, d'autant plus que les circonstances exigeaient les plus grandes précautions.

Il n'est fait nulle mention expresse des heures de la prière dans le martyr saint Justin , qui a écrit avec détails sur la liturgie de la Messe, autant du moins que le lui permettait la discipline du secret. Les premiers renseignements historiques certains que nous possédions datent des dix dernières années du n" siècle.

Clément. — Le grand docteur de l'école catéchétique d'Alexandrie, Clément, nous donne quelques maigres détails sur la vie de prière des chrétiens de son temps, dans ses deux ouvrages : le Pœdagogus eiles Stromata , composés peut-être avant 195. Il parle d'une prière du soir comme d'un devoir saint et pieux

1 Pleithner, Aelteste Geschichte des Breviergebetes , Kempten, 1887, p. 74; là aussi (p. 73-100) sont examinées les sources non authentiques et leur prétendue valeur, et celles qui sont reconnues authentiques par la critique. Cf. Probst, Lehre und Gebet in den drei ersten clirisll. Jahr., Tiibingen, 1871, p. 279 sq. On y trouvera des renseignements sur le chant des psaumes, des hymnes, des odes au ii« siècle, d'après les indications très générales et très peu précises fournies par Pline, S. Ignace, VEpitre à Diognète et Théophile d'Antioche (f 181).

{sanctum et pium est); mais on ne Aoit pas clairement s'il s'af^il de la prière privée ou d'un office quotidien et public célébré par la communauté rassemblée ^ Et la réunion du malin (IwOtvo'v) pouvait aussi bien être la réunion pour le saint sacrifice de la Messe que la réunion pour les Laudes. Dans tous les cas, il ressort des passag^es cités en note et de leur connexion qu'on avait coutume de faire des lectures matin et soir, de chanter des psaumes ou d'autres cantiques, et de réciter ou de dire à haute voix des prières.

Clément parle de la prière nocturne en plusieurs endroits de son Pœdagogus et de ses Stromata, mais toujours d'une façon qui laisse clairement entendre que la seule prière privée était en usag;e et regardée comme obligatoire. Pourtant l'office en commun se célébrait peut-être aussi en certaines nuits (nuit de Pâques)-.

Les Stromata nous donnent encore une indication, et plusieurs peut-être, sur trois autres moments de la prière, sur la troisième heure, la sixième et la neuvième. « Le chrétien zélé, dit le grand Alexandrin, le gnostique (c'est-à-dire le sage), prie en tout temps, à toute heure, du moins intérieurement (xaxà tv]v svvotav, coffitatione) , parce qu'il est constamment uni à Dieu par

* 'EttI Ttâfft TE, Ttplv ■ujj.voy Xa^eîv, ey^fapKTTEîv oatov tw ©ew xa\ è^ojioXo- Yr,<7a(j0£ aÙTÔ) Iv wSaîç ■/ciXétov çrjfrlv. — Et confilemini ei in canlicis labioruin (Pœd., lib. II, c. iv; P. G., t. viii, col. 444). Et; 6k Éanépav toO Seîtivou îtepl TTjV ôipav... èiteiûàv [j.rjX£Tt toï; avayvwajjLaai (7'/o)>âîoij.£v toÎ; vriÇaXtO)- ^ipQ,, — Vespere... qiiando sacris et sohriis lectionihiis non ampliiis operam Jainiis {loc. cit., c. iv; P. G., t. viii, col. 413). Mr,S£ â^ 'Ey.y.),7)(j'ia;, çép£, y\ àyopâ; rjxovta IwOivov... ÔTrrivtza £JX''lî "*'; àvaYvco(7£wç... o xaipô; {loc. cit., c. x; P. G., t. vni, col. 512).

2 'AWà. yàp To SeÎuvov 'éa-:u> Xitov tjjxÏv xac eijsWvov , £7:iTTj5£tov et; eVPV yopdiv. — Sit nobis cœna tenuis et expedita, apta ad vigilias {Pœd., lib. II, c. i; P. G., t. viii, col. 388-389). Atb 7ro).).âxtç xal tyj; vjxtô; àve^eptlov TÎjc xoîro; x«t xov 0£bv £ÙXoyr,T£ov • iixxdtp'.ot yàp o't £ypr,yopÔT£; £Î; aÔTOv (ioc. cit., c. ix; P. G., t. VIII, col. 493). Q-jutat [X£v a-JTw, £-J/at' t£ xat atvot, xai a\ Ttpo -cf,; £(yTix(j£tt); ÈvTEÙEet; •côiv Tpaçàiv • ij/a^-t'-ot ôà xai G|xvot napà Tf,v âiTtaatv, Ttpô t£ xri; xoÎTr,!;. 'A)vXà xai vjxTwp e-j-/at tccD.iv. Atà to'jtojv âa-^TOv Ivoitotît TÔ) ÔEto) y.ôpy èx Tr,; auve/oO; (jivr,tJLr;;. — Atque ei (= gnostico sive sapienti i. e. Cfiristiano) cjuidem sacrificia sunt ipsœ preces et laudes, et quœ ante cihum fiant Scripturaruin lectiones; psalmi autem et liymni dum cihus sumilur, et antequam ealiir ad cuhilum, sed et noctu riirsiis oraliones. Per eas seipsiim unit clioro divino ex memoria continua [Strom., lib. VII, c. vu; P. G., t. ix, col. 409). Peut-être le docteur alexandrin parle-t-il ici {ante cihum, dum cihus sumitur) des agapes; alors on pourrait penser à la jonction de ces agapes avec l'office des Vêpres.

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