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CHAPITRE II

l'amour, et qu'il a avec lui de confidentiels et d'intimes rapports ^ » Il ajoute dans un autre endroit : « Si quelques-uns consacrent à la prière des heures déterminées, telles que la troisième, la sixième et la neuvième, le gnostique (le sage), lui, prie durant toute sa vie, s'efTorçant de converser avec Dieu par des prières; en un mot, celui qui agit par amour néglige et évite tout ce qui n'est pas une occasion de prière, dès qu'il a atteint la perfection. Ceux qui ont l'inlelligence de la trinité des saintes demeures connaissent la triple division des heures'. » Dans un autre passage. Clément semble parler des jours de station ou des offices stationaux du mercredi et du vendredi. Comme on le verra plus loin, on y célébrait à cette époque, dans quelques pays. Tierce, Sexte et None en commun et publiquement ou solennellement dans l'église^.

Dans tous les cas , il est permis de conclure de tous ces passages qu'au temps de Clément d'Alexandrie quelques localités ou quelques chrétiens (xtvÈ;) récitaient privalim, ou officiellement, en dehors des offices du matin et du soir, des prières à Tierce, Sexte et None. Mais on voit aussi qu'à Alexandrie, ce n'était pas une règ-le qui oblig'eât tout le monde.

D'autres auteurs, tels que Pleithner (p. 87 sq.), croient que Clément a voulu dire que ces trois heures étaient déjà traditionnelles pour tous, mais que le gnostique ne s'en contentait pas.

Il n'est pas non plus impossible que les trois heures de Tierce,

1 Eu-/£Tai Toîvuv ô yvtoffTixô; xai xatà ttiv ïvvotav TtSaav ttiv wpav, 81' àfà- TiTiç olx£tO'j|X£vo; xw 0£6l). — Ora.t etiam cogitatione omni hora per caritatem Deo coniunctus et familiaris affectus {Strom., lib. VI, c. xn; P. G., t. IX, col. 324).

2 El 8é Tiv£; v-cà upa; TaxTaç aTtovIfxoufftv eùx^' '^^ TpcTY^v «pÉps xal É'xrov •/.où £vvàTT|V, à>,)v' o\)v Y£ ô yvwafixbî xtX... àXkà xa\ xà; tùv à)pà)v ôiavofià; Tpi"/ïi St£(iT3((j.Éva; xa't xaîç iTai; E-jycx.X- TEiijjiYitj.éva; "(raaiv ot yva)pt^ovT£; tyjv [xaxaptav xoiv àyt'tov TptâSa [xovtov. — Quod si nonnulli certas ac definitas horas constituunt precationi , ut tertiam, sextam, nonam... triplicem horarum divisionem sciunt qui norunt beatam sanctarum mansionam trinitatem {Strom., lib. VII, c. vu; P. G., t. ix, col. 455-458).

^ 01Ô£v ayxb; xa\ xf^- vificTEcaç ta. acvtyjxaTa xwv riiiEpwv xo-jxwv, xîi; xExpi- 8oç xa\ xfj? irapotff/.Euriç. — Novit ipse ieiunii quoque senigmata horum dierum, quarti, inquani, et sexti. Qu'il connaisse les mystères du mercredi et du vendredi, ainsi appelés de Hermès -Mercure et de Vénus- Aphrodite, et qu'il s'abstienne des désirs et des plaisirs, d'où naissent tous les vices {Strom., lib. VII, c. xn; P. G., t. ix, col. 504). Cf. la dissertation de Le Nourry dans P. G., t. ix , col. 1197-1199.

Sexte et Noue, si Ton lient compte de la division peu précise de la journée, dont il a été question plus haut, désignassent les prières du matin, du midi et du soir. Mais en s'en rapportant aux paroles explicites de Tertullien, que nous citerons tout à l'heure, et parce que les chrétiens de ce temps, notamment les Alexandrins, voyageaient beaucoup et savaient fort bien ce qui s'était passé ailleurs avant eux, il est plus vraisemblable que Clément, par la troisième, la sixième et la neuvième heure, a réellement voulu désigner les heures que nous appelons Tierce, Sexte et None, c'est-à-dire des heures du jour, des prières qui se récitaient durant le jour, dans l'intervalle des prières du matin et du soir; toutefois nous pensons, contrairement à Pleithner, qu'il s'agissait de simples prières privées.

Tertullien. — Tertullien est un témoin plus explicite et plus important pour la pratique liturgique occidentale. On peut même , selon toute probabilité , le considérer comme un témoin de la tradition de l'Église romaine à la fin du ii* siècle, du moins avant sa chute. L'Église latine d'Afrique avait, en effet, été établie par Rome et était constamment demeurée dans des rapports très étroits avec cette église mère. Les ouvrages de Tertullien ayant trait à notre sujet De oratione, Apologeticus , Libri II ad iixorem , etc., ont été pour la plupart écrits avant son passage chez les Montanistes; seul le livre De jejuniis adversus Psychicos appartient à la période hérétique de sa vie.

11 faut avant tout observer que Tertullien affirme l'existence d'une prière liturgique, le malin et le soir [Laudes ou Matulinx et Vesperœ). Dans son ouvrage De oradone , il dit qu'on récite les prières à genoux les jours de jeûne et de station, mais non pas les dimanches et durant le temps qui s'étend de Pâques à la Pentecôte. Toutefois, en dehors des deux heures légales ou légalement établies que, sans autre admonition, l'on devait observer le matin et le soir, il n'existe aucune prescription précise sur le temps qui devait être consacré à la prière. Laudes et Vêpres sont donc pour lui des heures canoniquement établies. Pour ce qui est des heures du jour, Tierce, Sexte et None (il les désigne ainsi), il n'existe pas de règle qui oblige à leur obsei^valion. Il est pourtant recommandé de s'attacher à ces heures; elles servent, en effet, dans la vie civile, à partager la journée, et de la sorte font souvenir de se détacher pour un instant à inter-

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