‹ Histoire du bréviaireChapitre 37 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

par jour. Ainsi il ne parle que d'une prière le matin et d'une prière le soir ; la troisième, celle de midi ou de la sixième heure, est de dévotion privée. On ne peut raisonnablement pas interpréter cela de l'office liturgique.

Plus loin il dit encore que l'on doit aussi prier durant la nuit, comme nous l'enseignent les psaumes cxvni, lxii, et l'exemple de Paul et de Silas à Philippes^ Mais ici aussi il ne s'agit que de la dévotion privée'-. C'est pourquoi Probst dit avec raison : « Origène parle, il est vrai, de trois moments de la prière; mais il entend par la première et la dernière les prières du matin et du soir, sans faire mention d'une autre dévotion dans la matinée ou le soir^. »

Canons d'Hippolyte. — Les Canones sancti Hippolyti , que nous révéla le dominicain J. Mich. Wansleben* et qu'Haneberg publia en arabe et en latin d'après des Codices romains

* Act., XVI, 25.

2 Porro cum virlulis actus prœceptaqiie adimpleta in orationis partem veniant , ille sine intermissione orat, qui dehitis operihus orationem iiinffit, orationique convenientes actiones (àStaXetTtTwç npoaz'jyta^s... 6 auvâ- UTtov ToT; Séouffiv epyotî ttjv eù-/-Jiv, xa\ xv) eù'/v) xà; TipSTro'jaa; Tcpâ^en;). Istad enim « sine intermissione orate », hoc uno modo ut prœceptum possihile possum accipere , nempe si dixerimus totam viri sancti vitam nnam aliquam. magnam esse continuam orationem, cuius etiam pars sit, quse solet oratio vocari, et qux non minus quam ter quaque die fieri débet, quod ex Daniele manifestum est; et Pelrus ascendit... Sed neque noctis tempus sine hoc orationis génère recte transigemus , cum David dicat, etc., et Paulus in Actihus apostolorum dicatur Philippis média nocte cum Sila orasse et laudasse Deum, ita ut audirent et, qui in custodia erant. — El itâvra Tov pîov xoO àyou [At'av CTyvaTtTOfxÉvrjV (icYâXr)v £Î'tcoi[i.£v eu'/'^v • r,; SM'/rii [xÉpo; laxl xa\ rj ff-jvrjÔw; ôvo(j.aîîo[j.£VY) £Ù/rj, oiiv. 'ù.oLzzov xoO Tp\c âxaaTYi; r,\iépxç â7rtT£>.£Îa9ai oçsîXo-jffa. "Onep ôïiXov xatà tov Aavt-riX x. t. ).. Tb nçxni... xat TY); TcXe-JTalaç... Guaîa éimsptv/i (Origen., De orat., c. xii; P. G., t. xi, col. 451-454). Dans le chapitre suivant Ixiii), il montre par l'exemple du Sauveur l'obligation que nous avons de prier. Si notre texte actuel est authentique et complet, il semble tenir pour un seul acte la prière de saint Pierre à la sixième heure et celle de David au ps. v (Mane astabo; mane exaudies). Puis on peut supposer que lui, qui connaissait si bien la sainte Ecriture et les traditions des Juifs, avait en vue la coutume des Juifs d'après laquelle la prière du matin pouvait commencer à la quatrième heure, c.-à-d. dix et onze heures, et se poursuivre jusqu'à midi. Cf. Lightfoot, Horœ hebraicœ , loc. cit., p. 697 sq. Ultra horam sextam seu meridiem protrahenda non erant matutina sacra... quihus finitis domi épuise celebrabantur , dit Ikenius, Antiquilates hebraicse, Bremœ, 1764, p. 302.

3 Lehre und Gebet, p. 343.

* Hist. de l'Église d'Alexandrie, Paris, 1677.

(Munich, 1870), donnent en certains endroits des prescriptions détaillées sur la prière liturgique et sur les heures auxquelles on la récitait. Il est vrai, on a à différentes reprises soulevé des doutes sérieux sur l'authenticité de ce recueil, et on Ta considéré parfois (Langen, Bardenhewer, Funk*) ou comme apocryphe ou comme une compilation tirée des Constitutions apostoliques au plus tôt au v^ siècle. Batiffol les tient pour les décisions d'un concile de Rome du n<' siècle-. Tels que nous les présente la version arabe, les Canones sont assurément « un livre de jurisprudence confus, défiguré par des additions très postérieures ». Mais les recherches sagaces et critiques de Hans Achelis ont démontré que les interpolations , les additions et les transpositions ne sont pas très importantes ; elles ne forment que les deux septièmes de l'ensemble^. Par contre, la base primitive a été déjà employée dans d'autres ordonnances ecclésiastiques ou dans d'autres recueils conciliaires, appartenant à la fin du ni^ siècle ou au commencement du iv" siècle. Si ces Canons ne sont pas d'Hippolyte même , ils représentent pourtant , sous leur forme primitive, la discipline de l'Eglise romaine ou de toute l'Eglise latine occidentale au commencement du ni® siècle, et partant avant saint Cyprien. Toutefois on est parfaitement autorisé à les attribuer , dans leur texte original , qu' Achelis a tenté de rétablir, au rigoriste Hippolyte, qui pourrait les avoir écrits avant 218. Des critiques compétents et beaucoup de savants des plus distingués, catholiques et protestants, se sont rangés aux consciencieuses conclusions d' Achelis*. [Le R. P. dom Germain Morin a émis, au Congrès

1 On peut voir les opinions de Langen et de Bardenhewer dans l'ou- A'rage également à citer d' Achelis (p. 24). Funk parle des Canones Hippolyti dans son ouvrage : Die apostolischen Conslitutionen, Rottenburg, 1891, p. 138 sq., 265-280 et passim ; et dans : Das achte Bach der Apostol. Constitutionen und die verwandten Schriften, Tûbingen, 1893.

2 Une œuvre synodale romaine contemporaine du pape Victor (190-200). Les Canones Hippolyti témoignent ainsi de la discipline romaine des dernières années du ii« siècle {liist. du Brév. rom., p. 38; Bévue historique, t. xLiii, Paris, 1893, p. 384 sq.).

3 Die Canones S. Hippolyti, Leipzig, 1891, t. vi, fasc. 4 des Texte und Untersuchungen zur Geschichte der altcliristl. Literatur, de Oskar V. Gebhardt et Adolf Harnack.

4 Ainsi Duchesne, dans le Bulletin critique, Paris, l*"" février 1891, p. 42; Harnack et Julicher, dans Theol. Literaturzeitung , Leipzig, 1891, n" 10 du 16 mai.

Page 1