‹ Histoire du bréviaireChapitre 38 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

archéologique tenu à Rome le 23 avril 1900, une hypothèse toute nouvelle relativement à Toriginc des Canons d'Hippolyte. Pour lui, et plusieurs savants compétents pensent que son idée doit être prise en considération, il croit qu'il faut attribuer à rÉg-ypte l'origine de ces Canons, et leur donner comme auteur Denys, le grand évèque d'Alexandrie, loué par saint Basile et qui vivait dans la seconde moitié du ni^ siècle. Cf. la Revue bénédictine, 1900, p. 241-246. Tr.]

Au canon 25* on lit: Omnes qui ad ordineni Chrisfiânorum pertinent, primuni eo tempore orent , quo a somno surgunt matutino... — Canon 26 : Si est in ecclesia conventus propter verhunx Dei, singuli quique cum festinatione properent, ut ad illud conqregentur...; ecclesiani fréquentent omnibus dîebus quibus fiant orationes. — Canon 27 : Quocumque die in ecclesia non orant, sumas Scripturani, ut legas in ea. Sol conspiciat matutino tempore Scripturaux super genua tua'^. Orent autem tertia hora, quia illo tempore Salvator voluntarie crucifixus est ad salvandos nos, ut nobis libertatem tribueret^. Deinde etiam sexta hora orate , quia illa hora universa creatura perturbata est propter facinus scelestum a Judœis perpetratum. Hora nona iterum orent, quia illa hora Christus oravit et tradidit spiritum in manus Patris sui. Etiam hora qua sol occidit, orent, quia est completio diei^. Christianus lavet manus omni tempore, quo orat... Curet igitur quilibet, ut diligenti studio oret média nocte, quia patres nostri dixerunt illa hora omnem creaturam ad servitium gloriee divinse parari ordinesque Angelorum et animas justorum benedicere Deo, quia teslatur Dominus, dicitque de hoc : Media autem nocte clamor factus est : Ecce sponsus venit ; exite obviam ei. Porro autem tempore, quo canit gallus, instituendse sunt orationes in ecclesiis, quia Dominus dicit : Vigilale , quia nescitis qua hora Filius hominis venturus sit, an gaUicantu an mane^.

1 Achelis, op. cit., p. 124; Haneberg', op. cit., p. 81. Ce qui suit dans Ilaneberg, dans le canon sur la prière à la troisième heure, est, d'après Aclielis, une addition postérieure.

2 Achelis, p. 126.

3 Achelis, p. 127. Dans les rédactions postérieures de ces canons, on lit : « Parce qu'à cette heure le Seigneur fut condamné par Pilate. »

4 Achehs, p. 128.

5 Achelis, p. 130-133. — A peu près semblables sont les canons de la

Ce qui précède s'accorde entièrement avec ce que TerluUien nous a appris de la discipline ecclésiastique au commencement du ni* siècle. Toutefois un autre passage des Canones Hyppolyti semble être en opposition avec ce que nous venons de lire. On trouve (can. 21 ) : « Que chaque jour les prêtres, les Û7:ootâxovot et àvayvwaxat ( lecteurs ) et tout le peuple se réunissent à riieure du chant du coq [gallicinii) et qu'ils s'adonnent à la prière, au chant des psaumes et à la lecture des Ecritures avec oraison, selon le précepte des Apôtres : Lorsque je viens, appliquez-vous à la lecture; que le clergé qui, n'ayant pas le prétexte de la maladie ou d'un voyage , néglige de venir à la réunion , soit excommunié^. » Gallicinium est, comme nous l'avons vu plus haut, le matin de bonne heure, environ deux heures ou trois heures avant le lever du soleil , en été une heure et demie ou deux heures, au printemps et eu automne de trois à quatre heures, et en hiver de cinq à six heures du matin. C'est donc déjà chose établie qu'une réunion quotidienne, où le clergé et le peuple, les prêtres, les sous-diacres, les lecteurs s'assemblent régulièrement à des heures déterminées, tandis que les canons 25 et 26 cités auparavant ne la connaissent pas et supposent plutôt , comme Tertullien , une réunion à certains moments [si oporluerit, si est conventus). Les critiques n'ont pas jusqu'ici élucidé la question. Pour moi, il me semble que le canon 21, qui est conforme à la pratique de la fin du iv^ siècle, est une interpolation, et que les canons 25 et 26 sont authentiques et appartiennent au ni'' siècle.

Il ressort de là avec évidence qu'il y avait un office tenu dans l'église avant le lever du soleil (Laudes maiulinse). C'était comme le prélude du saint sacrifice de la Messe qui devait se célébrer plus tard. Lorsque cet office n'avait pas lieu, les fidèles récitaient une prière du matin , analogue à celle qui est liturgi-

liturgie égyptienne, des Didascalia syriens et des Constitutions apostoliques postérieures, de sorte que nous sommes ici en présence de la discipline alors en vigueur dans toute l'Eglise. C'est pourquoi, si l'on veut assigner une origine postérieure aux Canones Hippolyti , comme le fait Funk, et marquer leur dépendance des autres recueils disciplinaires, il n'en reste pas moins vrai que la chose, dont il s'agit ici pour nous, était en partie déjà employée pendant le iii'= siècle, car elle était déjà contenue dans les sources des canons.

1 Achelis, p. 122; Haneberg, p. 78.

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