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CHAPITRE II

quement prescrite. Les autres heures : Tierce, Sexte, None, étaient de dévotion privée. Toutefois, les jours où il y avait des réunions particulières à l'église (canon 26), c'est-à-dire, d'après le canon 20^, les jours de stations (mercredi et vendredi) et peut-être bien aussi le dimanche, on récitait ces heures entièrement ou en partie , en commun et publiquement, et suivant les cas on les unissait à l'office divin.

Comme on le voit par ce qui a été dit ci-dessus, la prière nocturne n'était qu'un simple acte de dévotion privée, que l'Eglise recommandait, mais dont l'observation était laissée à la piété de chacun. Une seule Trawuxta était prescrite, celle du samedi saint au dimanche de Pâques. Le matin de ce jour on baptisait au chant du coq-.

Un doute pourrait subsister relativement à la prière du soir, aux Vêpres. Dans le canon cité plus haut, elles sont prescrites comme completio diei et prière privée; il semble, d'après cela, qu'il ne s'agissait pas d'un office public et commun ou même d'un office quotidien. A certains jours cependant, le dimanche

1 Diehus ieiunii, qui constituli snnt in canonihus, feria qiiarta et sexta [et quadraginta?) ieiunent. Ce sont les fameux jours de stations, où l'on jeûnait et où l'office se faisait clans l'église. Le quadraginta est, d'après Achelis {op. cit., p. 103), une interpolation. Sa teneur est en opposition avec le canon 22, sûrement authentique, § 195 : Hehdomas qua ludœi Pascha agunt, ah omni populo observetur. D'après cela, il n'y avait que six jours avant Pâques où l'on jeûnait, fait conforme à ce que nous ont dit plus haut Irénée et Tertullien, que les Montanistes jeûnaient deux semaines avant Pâques, « pour avoir quelque chose de plus que les Romains. » Denys d'Alexandrie {Epist. can., dans Routh, Reliquiee sacrée, t. III, 2^ édit., p. 229) dit aussi : 'Eue't [j.y)8£ Taç e$ twv VYiffTStwv TKxlpaç l'aw; (AYiSe ôixoîw; Ttâvxï; Sia[AÉvou<nv. Les quarante jours déjeune se trouvent pour la première fois dans Origène {Hom., x, in Lev., § 2) : Hahemus enim quadragesimœ dies ieiuniis consecratos. Cf. du reste Funk, dans Tûb. Quartalschr., 1893.

2 Tune legatur super eum (sur le catéchumène, quelques jours avant Pâques) Evangelium illius temporis... Qui autem baptizandi sunt, feria quinta hebdomadis laventur aqua et edant. Feria autem sexla ieiunent. Die autem sahhati episcopus convocet eos, qui baptizandi sunt , et moneat eos, ut genua flectant capitihus ad orientent conversis , et manus super eos expandat orans , ut malignum spiritum ab omnibus membris eorum expellat... Postquam autem finiiùt adiurationes eorum, in faciès eorum sufflet signelque pectora et frontes . aures et ora eorum. Ipsi autem tota illa nocte Vigilias agant sacris sertnonihus et orationibus oceupati. Circa gallicinium autem consistant prope fluctuantem aquam maris puram, paratam, sacram. Qui vero pro infantibus parvis respondent , exuant eos vestimentis suis, etc. (Can. 19, § 106 sq., Achelis, op. cit., p. 92-97).

(xupiax^) en particulier, les Vêpres, d'après le canon 32, se célébraient en commun, et se joignaient aux Agapes^. Des psaumes, des lectures et des oraisons formaient le fond des heures canoniales.

Nous avons ainsi dans les Canones sancli Hippoly fi une cV\scipline qui est en parfait accord avec celle que les écrits de Tertullien nous indiquent comme étant en vigueur dans les églises latines vers Tan 200, avec cette unique exception peut-être que dans Tertullien la prière commune du matin , l'office ad gallicinium, n'était pas prescrit pour tous les jours, au contraire de ce que l'on trouve dans Hippolyte.

Saint Cyprien. — Pour le milieu du ni^ siècle, nous avons le témoignage évident du grand martyr et évêque africain Cyprien de Cartilage, dans son beau traité sur la prière : De Dominica, oratione. Au chapitre xxix il invite à la prière nocturne, en montrant l'exemple du Christ^. Le saint insiste surtout sur ce point, car à la fin de son ouvrage il y revient encore une fois avec force. Il parle de cette prière d'une façon qui laisse entendre qu'il avait en vue la prière nocturne faite en commun. Au chapitre XXXI il semble parler de la Statio et du saint sacrifice qui la suivait^.

1 Si Agape fit vel cœna ah aliquo pauperihus paratur , xypiaxï) lempore accensus lucernœ (die dominica tempore accensionis lucernx , dans Haneberg, op. cit., p. 91) prœsente episcopo surgat diaconiis ad accendendum. Episcopus aiitem oral super eos et eiim, qui invitavit illos... Psalmo.s recitent, anlequam recédant... Quando autem episcopus sermocinatur sedens , ceteri lucrum liabebunt... Si absente episcopo presbyter adest, omnes ad euin convertanlar... Diaconiis in Agape absente preshytero viceni gerat presbyleri, quantum pertinel ad orationem et fractionem panis ( can. 32-35, Achelis, op. cit., p. 105-110). Ce canon est très vraisemblablement authentique. Cf. à ce sujet TertuU., Apolog., c. xxxix (P. L., t. i, col. 477).

2 Quodsi ille orabat , qui sine peccato erat, quanio magis peccatores oportet orare ! Etsi ille per totam noctem iugiter vigilans continuis precibus orabat, quanto nos magis in frequentanda oratione debemus nocte vigilare! (De orat., c. xxix; P. L., t. iv, col. 538.) Nulla sint horis nocturnis precum damna, nnlla orationum pigra et ignava dispendia. Per Dei indulgentiam recreati spiritualiter et renati imitemur quod f'uturi sumus : hahiluri in regno sine intervenlu noctis solum diem, sic nocte quasi in lumine vigilemus; oraturi semper et acturi gratias Dec, hic quoque orare et gratias agere non desinamus [ihid., c. xxxvi; P. L., t. iv, col. 543). Ed. Hartel, Vindobonte, 1868, t. i, p. 288, 294.

^ Quando autem stamus ad orationem, fratres dilectissimi, vigilare et incumbere ad preces toto corde debemus... Ideo et sacerdos, ante oratio-

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