‹ Histoire du bréviaireChapitre 40 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Il rappelle que les heures de Tierce, Sexte, None furent observées dans l'ancienne alliance, el il donne les raisons de cet usa^^e*.

Le saint docteur interprétait la triple prière des Apôtres et de la synagogue non au sens de prières faites le matin, le soir et à l'heure de la Minchah, ainsi que le faisait Origène; mais, avec son maître Terlullien , il l'entendait d'une prière distribuée d'après la division du jour chez les Romains. Elle devait se réciter trois fois durant le jour : à Tierce, Sexte et None; à cela devaient naturellement s'ajouter encore deux autres moments fixés pour la prière, prière du matin et prière du soir, et ces moments ne lui semblaient pas établis seulement par la nature des choses , mais ils avaient aussi des rapports mystiques

nem prœfatione preemissa, parât fratrum mentes dicendo : Sursum corda! ut, dum respondet plehs : Habemus ad Dominum, admoneatur nil aliud se quant Dominum cogitare debere (p. 539).

* In orationibus vero celebrandis invenimus observasse cum Daniele très pueros in fide fortes et in captivitate victores horam tertiam, sextam et nonam, sacramento scilicet Trinitatis... Quœ horarum spatia iam pridem spiritualiter déterminantes adoratores Dei statutis et legitimis ad precem temporibus servahant. Et manifestata postmodum reset sacramenta olim fuisse, quod ante sic iusti precabantur. Nam super discipulos hora tertia descendit Spiritus Sanctus, qui gratiam dominicse [re) promissionis implevit. Item Petrus hora sexla in tectum superius ascendens... inslructus est, ut omnes (c.-à-d. etiam gentiles) ad gratiam Dei admitteret. Et Dominus hora sexta crucifîxus , ad nonam peccata nostra suo sanguine ahluit, et ut redimere et vivificare nos posset, tune victoriam suam passione perfecit {ibid., c. xxxiv; P. L., t. iv, col. 541. Ed. Hartel, loc. cit., t. I, p. 292). Il ajoute encore quelque chose sur les mystères du Nouveau Testament, et il poursuit ainsi au ch. xxxv : Sed nohis, fratres dilectissimi, prseter horas antiquitus obsercatas orandi nunc et spatia et sacramenta creverunt. Nam et mane orandum est , ut resurrectio Domini matutina oratione celebretur. Puis il cite le ps. v, 4 sq. (mane exaiidies, mane assistam), et Os., vi, 1-3 [diluculo, etc.). Recedente item sole ac die cessante necessario rursus orandum est, quando oramus et petimus ut super nos lux denuo veniat, Christi precamur adventum lacis seternœ gratiam preebiturum. — Le Christ est appelé, dans les saintes Ecritures, Dies (Ps. cxvii : Lapis... factus est in caput anguli. A Domino factus est iste et est mirabilis in oculis nostris. Iste est dies, quem fecit Dominus) et Sol (Mal., IV, 2 : Sol iustitise...). Hora nulla a christianis excipitur, quominus fréquenter ac semper Deus deheat adorari; ut qui in Chrislo, hoc est in sole et in die vero, sumus, insistamus per totum diem precibus, et quando mundi lege decurrens vicibus alternis nox revoliita succedit, nullum de nocturnis tenebris esse orantihus damnum potest, quia filiis lucis et in noclibus dies est... Qui autem in Christo, hoc est in lumine, semper sumus nec noctibiis ab oratione cessemus [P. L., t. iv, col. 542. Ed. Hai-tel, loc. cit., p. 292-293).

avec le divin Sauveur. Qu'avec Probst^ on fasse rapporter le nunc à l'époque du saint (et dans ce cas on doit entendre les prières du matin et du soir, Laudes et Vêpres, comme des prières publiques et récitées en commun), ou qu'avec Bickell, Peters et Pleithner'-, on le rapporte d'une façon générale à l'époque chrétienne par opposition à l'Ancien Testament, l'évêque de Cartilage au milieu du in® siècle connaît dans tous les cas cinq moments fixés pour la prière du jour, et une prière nocturne. Ses paroles ne nous disent pas avec certitude si ces cinq heures : Laudes, Tierce, Sexte, None et Vêpres, étaient isolément ou dans leur totalité considérées par lui comme office public et célébré en commun. Toutefois, il est sûr qu'il s'attarde de préférence aux heures de la prière du matin et du soir et qu'il en parle avec une plus grande insistance. Qu'on veuille bien le remarquer : ici saint Cyprien développe davantage les raisons mystiques mises en avant pour l'observance exacte d'heures déterminées, raisons que Terlullien nous avait déjà fait connaître. De même pour Tierce, Sexte et None. Nous ne pouvons pas savoir avec certitude si on les célébrait publiquement. Cependant l'analogie du développement liturgique en d'autres points rend cette conjecture très vraisemblable : après que de pareilles idées se furent empai'ées de l'esprit des chrétiens et eurent pénétré leur intelligence et leur cœur, l'inclination naturelle poussa de pieux fidèles, sans qu'il fût pour cela besoin d'un ordre formel de l'Eglise , à se rassembler en des lieux saints pour la prière et à adopter la coutume de sanctifier ces heures par des dévotions faites en commun plutôt que chez eux privalim. Le pape saint Innocent \^^ dit, en effet : Ut hene nostis, commiinibus et al ternis plus agimus orationihus , quam singularJhus aut privatisa.

Les paroles de saint Cyprien ne sont pas , il est Arai , une preuve évidente de ce fait. Et c'est également en vain qu'on chercherait dans ses autres ouvrages des renseignements plus précis. Nous n'avons qu'une indication, vague sans doute, mais toujours

• Lehre und Gebet, p. 313.

2 Bickell, dans le Katholik, t. xxx, 1873, p. 293; Joli. Peters, Der hl. Cyprian von Karthago, Regensburg, 1877, p. 311-314; Pleithner, op. cit., p. 114.

3 AdAurel. et Aug., epist. .wi (P. L., t. xx, col. 513).

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