‹ Histoire du bréviaireChapitre 43 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

son commentaii^e du psaume gxlii , que pour lui les Laudes maiutinee ou office du matin étaient Toffice le plus important avec celui de la sainte Messe*. On voit aussi clairement, par son commentaire du psaume lxiv, qu'au temps d'Eusèbe partout les Laudes et les Vêpres étaient célébrées dans l'Eglise comme des offices publics, et très vraisemblablement tous les jours ^.

Canon Psalmorum. — Cela concorde aussi avec le Canon Psalmorum qui se trouve pai^mi les œuvres d'Eusèbe ; qu'il soit de lui ou d'un autre, il convient parfaitement à l'époque où cet auteur écrivait. On y voit indiqués pour la dévotion privée du jour et de la nuit douze psaumes, un pour chaque heure, en tout ving-t- quatre; en plus, comme pensum servitutis entièrement indépendant de cette dernière indication, et pour l'office du jour (Laudes = Matines), il y a trois psaumes mentionnés, les psaumes Lxn, gxl et cxli; pour l'office de nuit, trois psaumes du soir [^~j.\]xo\ Àu/vtxoi, psalmi lucernales) : cxxix, gxl et xii (ou cxn ) ^.

Constantin. — Nous devons enfin noter qu'Eusèbe, dans la biographie de l'empereur Constantin (-j- 337), dit que, chaque jour, ce dernier se renfermait dans le cabinet de son palais à des heures déterminées (xatpoT; Ixâar/iç •^[Ji.épaç xaxxotç), pour y réciter ses prières. Il s'était préparé par des austérités et avec ferveur à

' 'Ev lat; Trpo'T£U-/aîî èyp-oyopÔTw; a^oXâCo'fJiïv , xal [xaXcffxa xaià xaipov tÔv £w6ivôv, uxTxz ôùvadfJat Xsyetv. 'O ©eoç, to ©eo; [io\i , Ttpoç ae ôpSpiÇw. — Vigilanter precibus vacemus, matutino prœsertim tempore, ut dicere possimus : Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo [In ps. c.ylzi; P. G., t. xxiv, col. 49).

2 Aux paroles du ps. lxiv : Exitus matutini et vespere delectahis [delectationes), il dit que Symmaque a la variante : Progressas ( upoeXsûast; ToO opOpo'j xal Tri? ÉaTilpa; xà? \j\i.'jQloyioLç) deluculi et hymni vesperse. Unum quipp'^ hoc maximumque virtutis signumest, quod , postquam supradicta depresserat , exitus matutini et delectaliones vesperse hominihus constitueril, sive secundum Sijmmachum hymnos aat secundum Aquilam laudes... Nam quod per universum orhem in ecclesiis Dei in matutino solis exitu et vespertinis horis hymni , laudes et divinse vere delectationes Deo consiituantur, id sane Dei virtutis non modicum signum est. Dei vero delectationes sunt hymni ubique terrarum in Ecclesia Eius matufinis et vespertinis horis emissi. Quare dictum est : Elevatio manuum mearum sacrificium vespertinum {In ps. LXiv; P. G., t. xxiii, col. 649). Ce que l'on verra dans la suite, à propos de saint Hilaire, apprendra pourquoi nous donnons ici la traduction latine.

3 Eusebii Pamphili Canones diurni ac nocturni Psalmorum (P. G., t. xxni, col. 1395).

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la solennité pascale, et il avait transformé par les plus brillantes illuminations la nuit sainte (du samedi saint au dimanche de Pâques) en un jour brillant (t/jv S' îepàv StavuxTÉcouatv aeTiêaXXev £.1; i^ifJLsptvà ■fMTx. — Sacram vif/iliam in splendorem convertit y lampades accensse cuncla passim loca illuslrabant). Puis il avait porté un décret qui ordonnait à tous les prœsides provinciariim de veiller soigneusement à la célébration du dimanche; enfin il avait recommandé l'observation des fêtes des martyrs ((xaprupcov :?l;j.£pa; xatpoùç ô' loprwv £xxXr)<7(at;) et des époques saintes '. Parmi ces époques saintes, il y avait, comme nous le verrons plus loin, outre l'Epiphanie, l'Ascension et peut-être la Pentecôte, les jours de la Passion et de la Résurrection, une semaine avant et une semaine après Pâques.

En résumé donc, dans la première moitié du iv* siècle. Laudes et Vêpres étaient célébrées quotidiennement en public; de plus, pour Pâques , il y avait une vigile nocturne , Travvu/ta ; cette vigile existait vraisemblablement aussi pour les fêtes des martyrs. Les autres heures étaient laissées à la dévotion privée. Des lectures , des psaumes , des hymnes et de courtes prières constituaient la substance de ces heures. Nous ne savons rien de plus précis; cependant, avec assez de certitude nous pourrions supposer que quelques-uns des chants et des prières que nous voyons en usage dans l'Eglise un demi -siècle plus tard étaient récités ou chantés dès cette époque, au ni'= siècle, et au commencement du iv^ ; de même que la plupart des fêtes que nous voyons indiquées un peu après comme fêtes de l'Église romaine, étaient célébrées déjà au plus tard à la fin du ni^ et au commencement du IV® siècle, ainsi sous les Papes Caius ( 283-290), Marcellin (296-304), Marcel (307-310), Eusèbe (310), Melchiade (311-314), Silvestre (314-335), Marc (33(3), Jules le-" (337- 352) et Libère (352-366). Nous y reviendrons plus loin.

Lumen hilare. — Parmi les prières et les hymnes^ de composition libre employées dans l'office , en partie sous la forme d'antiennes, nous pouvons mentionner l'hymne dont saint Basile

1 De vita Constanlini, lib. IV, c. xxii, éd. Henric. Valesii, Mog-untiae, 1672, p. 536.

* Sur la différence entre les psaumes Jque l'on composait aussi, comme nous le montre l'histoire de Paul de Samosate et sa condamnation par le concile d'Antioche, 261), les hymnes et les odes ecclésiastiques, cf. Probst, Lehre und Gebet in den drei ersten christlichen Jahrhunderten, p. 256 sq.

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