CHAPITRE II
(-{- 379) se sert comme preuve de la tradition dog'matique, dans son ouvrage « sur le Saint-Esprit » ; elle est encore aujourd'hui dans l'office des Grecs [Lumen hilare )K La voici :
Lumière joyeuse de la sainte gloire
De rimmortel Père céleste,
Saint et bienheureux, ô Jésus- Christ,
Arrivés au déclin du soleil,
Regardant la lumière du soir ,
Nous chantons le Père, le Fils
Et l'Esprit- Saint, Dieu.
Il est juste en tout temps
De te célébrer par nos voix pieuses,
Fils de Dieu , qui donnes la vie ,
Voilà pourquoi le monde entier te glorifie^.
Saint Basile dit de cette hymne qu'elle avait été appliquée aux Vêpres par ses devanciers et que depuis longtemps elle était chantée par le peuple , sans que toutefois on en connût l'auteur. Il ressort des paroles qui suivent immédiatement que le saint n'attribuait pas cette hymne à saint Athénogène; ou bien il faudrait pouvoir identifier tov 'AOrivoyévou; txxw^ avec l'hymne du
1 Cf. Alexios Maltzew, Die Nachiwache oder Abendz und Morgengoltesdienst der orlhodox -katholischen Kirche des Morgenlandes , Berlin, 1892, p. 59, 786.
2 $5); îXapov àytaç 86|riç àôavâTou Tiarpôç oùpavtou , ocY'OiJ > (J-axapoç, 'Ir,<Toù Xpi(7X£, èXôôvTE; âui tÔv ■JjJ/'ou Sûaiv, tôôvxeç çw; éaitsptvôv , 'jixvoGfiEv TtaTÉpa xai \Ahv xai ayiov TiveOjAa 6£Ôv • à^iov Ss èv uàat xatpot; •j[xv£Ï(79at az (pwvaïç ôiTÎaiç, 'jÎe 0£oO , îa)f|V ô Stoo'j;, 6t"o ô xÔ(j(jloç az So^â'Ei. — Cf. Probst, op. cit., p. 283, 292. Si le martyr Athénogène [f 169), que cite S. Basile (De Spirit. S., c. xxix, n. 73; P. G., t. xxxn, col. 205), est l'auteur de cette hymne, c'est ce saint martyr qui serait le plus ancien hymnographe chrétien. Garnier ( clans la note au passage cité ) croit que Athénogène fut martyrisé à Sébaste sous Dioclétien, d'après d'anciens martyrologes, le 16 juillet. — D'après Maltzew {op. cit., p. 59, note 1), cette hymne porte, dans l'ancien Horologium grec, la suscription : ïloi-q^ia. TtaXatbv, r^, iùi Tivâ; XÉYOvifftv, 'AOTivoyévov; toO Mâpxupo;. Dans Y Horologium slave, elle est cependant attribuée à Sophrone, patriarche de Jérusalem. Sophrone, qui mourut en 638, ne peut en être l'auteur, puisque Ussher a trouvé cette hymne dans le Codex alexandrin de la Bible, qui appartient au v» ou même au iv« siècle (Bingham, Orig. eccles., lib. XIII, c. xi, § 5). Du reste, le fait que S. Basile en cite un vers et lui attribue une haute antiquité prouve assez que cette hymne peut avoir été composée au n» ou au m» siècle. Il la cite dans une démonstration , où il conserve l'ordre chronologique des témoins, après Origène et avant Grégoire le Thaumaturge.
lucernaire que saint Basile avail ineiilionnée précédemment? Quant à l'identification de cette hymne du lucernaire avec la première partie au moins de Thymne que nous avons citée, les mots (pcoç tXapo'v, écrits en marge des plus anciens manuscrits de saint Basile, prouvent qu'elle a toujours été faite. L'Eglise de Néocésarée se vantait, comme nous l'apprend saint Basile \ d'avoir conservé le rite en usage au temps de saint Grégoire le Thaumaturge (270 -; saint Basile aurait donc eu en vue le milieu du in^ siècle'. Hymnes anciennes. — Probsl a donné ( Lehre iind Gehet, p. 268 sq.) d'autres hymnes ou chants datant des trois premiers siècles. Mais on ignore s'ils étaient employés dans la liturgie et plus encore si l'on s'en servait spécialement dans les Heures. Ainsi on en trouve dans la lettre à Diognète (vers 117), dans Théophile d'Antioche (-|- 181), Clément d'Alexandrie (-|-217), Commodien (f 305), Méthodius (f 31 1 ). Egalement dans les Epîtres de saint Paul, certains morceaux semblent être rythmés, ils ont la forme d'hymnes; peut-être sont -ils empruntés à la liturgie (cf. par exemple :ITim.,ni, 16 et II Tim., n, 11-13; Ephes., v, 14). Voir aussi les Actes, iv, 24-30 et divers passages de l'Apocalypse. Les chefs de l'Eglise avaient intérêt à favoriser, comme l'avaient fait les Apôtres, la composition ou le chant de nouvelles pièces, dans lesquelles étaient célébrées les vérités de la foi et en particulier la personne et les œuvres du Christ , parce que les hérétiques, notamment le gnostique Bardesane (au n« siècle, sous l'empereur Marc-Aurèle) , doué d'un remarquable talent d'orateur et de poète, son fils Harmonius, au commencement du m^, et plus tard Paul de Samosate, et au iv^ siècle les Ariens composaient et faisaient chanter dans l'église des psaumes et des hvmnes, oii ils avaient dissimulé le venin de leurs erreurs
' Epist., ccvn, ad Cin-. neocœs., et De Spiril. S., c. xxix.
2 Bickell, dans le Kalholik, 1873, t. ii, p. 418.
3 Voici ses paroles : Visum est patribus nostris vesperlini liiminis gratiam haudquaquam silentio accipere , sed , nox ut apparuit, agere gratias. Quis autein fwrit auctor illorum verboriim, quse dicuntur in gratiariim actione ad lucernas (x/ji; ètiiXuxvi'ou e-J^aptiTiaç), dicere non possumus. Populus tamen antiquam profert vocem [ipyxioiv rriv çpwvfiv), neque cuiquam unqiiam visi sunt impietatem commitlere, qui dicunt : Laudamus Patrem, et Filium, et Spiritum Sanctiim Dei. Quodsi quis etiam novit Athenogenis hymnum, quem tamquam aliquod amulelum discipulis suis reliquit, feslinans iam ad consummationeni per ignem; is novit et martyrum sententiam de Spiritu.