‹ Histoire du bréviaireChapitre 45 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

sous les splendides formules des chants sacrés, pour linstiller ainsi plus sûrement dans les idées et le cœur des fidèles. Les plus anciens Pères, tels que Justin, Irénée, Clément, Origène, Tertullien et Hippolyte, appellent hymne* la grande prière liturgique d'action de grâces qui , d'une façon analogue à la louange des œu^'res divines unie dans les solennités juives à ïHallel, célébrait dans des sublimes chants de triomphe et en union avec tout l'univers, avec le chœur des astres et les milices célestes, la manifestation de la puissance et de la bonté de la Trinité dans la création , la providence et la rédemption.

Papyrus Rainer. — Des prières recueillies dans les Constitutions apostoliques , plusieurs, sinon toutes, peut-être sous une forme quelque peu différente , étaient sans doute employées dès le m* siècle et même auparavant. Mais la critique récente a soulevé des objections à ce sujet, et elle affirme que la composition de ce recueil ne saurait remonter plus haut que le milieu du iv^ siècle. Elle prétend aussi que les morceaux liturgiques, sous la forme où nous les avons aujourd'hui, ne correspondent pas à ce qui était alors en usage. Afin donc de ne pas anticiper sur l'ordre des documents, nous nous en tiendrons là provisoirement. En revanche, nous possédons le texte bien authentique d'une pièce liturgique (Hymne ou Répons avec Doxologie) dans un rouleau de papyrus égyptien du commencement du ive siècle. C'est assurément la plus ancienne pièce liturgique écrite que nous possédions actuellement; elle porte encore les traces de son emploi dans l'office ; c'est un chant pour la fête de la Nativité du Christ et de l'Epiphanie (6 janvier^). Car à cette*

1 Les passages en question se trouvent dans Probst, Lehre und Gebet, p. 265, et Liturgie in den drei ersten christlich. Jahrhiinderten, p. 77, 122, 131, 137, 212. [Cf. aussi Pimont, Les hymnes du Bréviaire romain; Thierfelder, De Christianorum psalmis et hymnis, Lipsiae, 1868; Pitra, Hymnographie de l'Eglise grecque, 1867. Tr.l

2 'O yevvyiÔslç |v BriOXsàiJL xal àv Nàî^apkt xaTo:xr,aa; Iv xyj FaAiXaîa, îî'Sojiev <rri[i.£Ïov è? o'jpavoC • àatépoc ;pavévTo;, 7:oi[ilvc; àYpauXoûvTc; èôavfiaffav • yovu- TreffôvTEi; ïlzyoy ■ 8ô|a tm IlaTpi, iX).r^lo-jia. ■ SôÇa tw Yiw xal -w àyiù Ilve-jiiaTt, illr^lo-'jïx, à)lr,Xo'jïa, a/XYJXo-jia. — D'après Bick'ell, Krall et ^^'essely, dans les Milttieilungen aus der Sammlung der Papyrus des Erzhergogs Rainer, Wien, 1887, t. ii, m , 1-4. Cf. Wessely, dans Oesterr. Monatschrift. fur den Orient, Wien, 1884, p. 152. [Cf. Edm. Bouvy, Les cantiques de l'Eglise primitive, dans les Lettres chrétiennes, t. iv, 1882, p. 188-203; doni Parisot, Notes sur un très ancien monument liturgigue, dans la Science catholique, 15 mars 1890. Cf. Harnack, Gesch. der altch. Litteratur, t. i, p. 467. Tr.]

époque les Grecs ne faisaient qu'une seule fête de la Nativité et de rÉpiphanie. Une autre antienne est placée à la fête de saint Jean- Baptiste, qui, à cause du mystère du Baptême du Christ, encore aujourd'hui fêté au jour de TÉpiphanie, est célébré chez les Coptes et les Grecs immédiatement après l'Epiphanie : « Illustre est saint Jean- Baptiste, qui a prêché la pénitence dans tout l'univers pour la rémission de nos péchés. »

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