II. Fêtes et jeûnes des trois premiers siècles
L'année chrétienne. — Nous avons encore à examiner, à la fin de cette première moitié de la première période, comment s'étaient développés jusque-là l'année liturgique et le cycle des fêtes chrétiennes. Cette étude appartient à notre sujet, puisque la lecture du Martyrologe et du calendrier des fêtes forme une partie, sinon du Bréviaire, du moins de l'office qui doit se réciter en commun.
Pâques était le « jour de fête par excellence », xar" è^oxTjV, et le dimanche, appelé jour du Seigneur, n'était que la i^épétition de la fête de Pâques. C'est pourquoi l'auteur de l'Epître de Barnabe dit déjà à la fin du le"" siècle : « Nous passons le huitième jour dans la joie*. » Tertullien dit la même chose. Mais comme les documents ne nous disent rien d'une solennité ou d'une joie profane, la liturgie doit avoir porté en elle une empreinte joyeuse.
On jeûnait le mercredi et le vendredi durant toute l'année à l'exception du temps pascal (jusqu'à la Pentecôte j, et après une prière faite en commun dans l'église [statio mililise Christi) on célébrait la sainte Messe à l'heure de None, et le jeûne se terminait après la réception de la communion où l'on prenait des ali-
* Atb xal ayo[ji£v tyiv r)[xépav tyîv c>y86t|V clç £ij!ppo(TÙvr]v , èv yj xal ô 'IifiCToO; avéffTï) èx vexpwv. — Idcirco et diem octavam in lœtilia agimus, quo et lesus resurrexit a morluis ( Barnabas , Epiât., c. xv, 9, edit. Funk, p. 48-49). Cf. Tertullien, Ad nat., lib. I, c. xiii; Apol., c. .\vi; Probst, Liturgie, p. 81. — L'Epître de S. Denys d'Alexandrie (f 264) à Basilide (P. G., t. X, col. 1277) est le plus ancien témoignage qui existe sur l'observation de la semaine sainte et sur la xérophagie qui avait lieu pendant cette semaine. [Voir plus haut ce que nous avons dit de la substitution du dimanche au sabbat, p. 48.]