CHAPITRE II
ments^ En certains lieux, on jeûnait aussi une semaine après la Pentecôte, et même les Canones sancli Hippolyli, dont les éléments premiers sont clans tous les cas antérieurs à leur rédaction au iv" ou \^ siècle, prescrivent ce jeûne pour ceux que quelque raison aurait empêchés d'observer celui de la semaine sainte^. Comme ce jeûne de la semaine après la Pentecôte, celui du samedi durant toute Tannée demeura limité à l'Occident, et il semble avoir été un usage spécial à l'Eg-lise romaine^.
Carême. — Les sources ne s'accordent pas au sujet du jeûne de quarante jours avant Pâques; il semble qu'il n'y a pas eu de prescription le concernant avant le m", peut-être avant le iv^ siècle; il appartenait à chaque évèque de publier des ordonnances particulières pour ses ouailles. Le 5" canon du concile de Nicée est le plus ancien témoignage qui nous reste de l'observation du Carême , tout d'abord comme temps de préparation à la réception du baptême ou de l'absolution des péchés, puis comme époque de recueillement spirituel. Dans le courant du iv^ siècle, on établit à son sujet une rigoureuse discipline. A l'origine, ce n'était qu'une semaine de jeûne sévère; à Rome, on jeûnait trois semaines. C'est pourquoi, plus tard encore, le troisième dimanche [Mediana] avait des solennités particulières*. Cependant, de préférence, on jeûnait rigoureusement durant la semaine qui précédait Pâques et même en observant la xérophagie, c'est-à-dire qu'on n'autorisait que les aliments secs, à l'exclusion de la viande, du bouillon, du vin et des fruits plus succulents^.
Quatre- Temps. — [On ignore au juste la date de leur institution.
* Les passagjes en question du Pasteur d'IIermas, de TertuUien et de Victorin de Pettau (De fahrica, miindi, n. 2) se trouvent dans Probst, Kirch. Disciplin in den drei ersten Jahrhunderlen, Tùhin^en, 1873, p. 256 sq.
2 Can. Hippol., c. xxii, n. 197, edit. d'Achelis, p. 116.
3 D'après A'ictorin, loc. cit., n. 2, Tertullien , De ieiun., c. .\iv; Adv. Marc, lib. IV, c. xii; De orat., c. xxiii; Concil. Elvirense (300, non 313), can. 26; dans Hefele, Conciliengeschichte , 2« édit., t. i, p. 138; Socrat., H. E., lib. V, c. XXII ; Sozom., lib. VII, c. xix; dans Probst, Kirchl. Disciplin, op. cit., p. 258.
< Duchesne, Orijines du culte, p. 233.
* Qnod etiam lerophagiam ohservemus , siccantes cihum ah omni carne et omni iiirulentia et uvidioribus quihiisciimqne pomis; nec quid vinositatis vel edainii.i velpolemus; lavacri qnoque ahalinentiam, congruentem arido viciiii (TertuU., De ieiun., c. i). Bene aulem, quod et episcopi unirersœ plehi mandare ieiunia assolent [ibid., c. xiii). Cf. Funk, dans Tùh. Quartalschrift, 1893, p. 177 sq.
Saint Léon le Grand les attribue aux temps apostoliques. Et alors ce serait un usage de la synagogue conservé par les Apôtres ^ L'auteur du Liher ponlificalis précise davantage et en attribue l'origine au pape Calliste (première moitié du ni^ siècle^). Dans ses Origines du culte chrétien, p. 223, Msi'Duchesne propose de voir dans les Quatre -Temps un reste de l'ancienne semaine liturgique de Rome. Cette hypothèse soulève des difficultés. Ce qui est certain, c'est que ce fut à l'origine une institution purement romaine. Au milieu du vi^ siècle encore, Rome seule la pratiquait. Vraisemblablement introduite en Angleterre par les missionnaires de saint Grégoire et en Germanie par les moines anglo-saxons au vni® siècle, elle n'est généralement acceptée qu'à l'époque carolingienne , et même l'Espagne ne l'adopte qu'à la fin du xi^ siècle, et Milan seulement sous saint Charles Borromée. Les Quatre-Temps ont été sans doute institués pour faire concurrence aux fériés païennes, c'est ce qui se dégage d'un article de dom Morin que nous venons de résumer^. Tr.] Ascension et Pentecôte. — En dehors de Pâques, des solennités qui la précédaient, vendredi et samedi saints, et de son Octave (•rtaa/a cTpaupoWtixov et tzolg/^x àva(JTà(7ttji.ov ) , sur lesquelles il n'est pas nécessaire de s'étendre davantage, puisque cette fête est attestée de tout temps, on célébrait peut-être aussi, dès avant la fin du ni^ siècle, l'Ascension du Seigneur; mais on ne possède à ce sujet rien de certain*. On fêtait également la Pentecôte, jour où l'ombre fut laissée en partage aux Juifs , et la vérité des premiers dons fut accordée aux chrétiens, jour où, ohlato ora,tionum sacrificio , primilias advenienlis sancti Spiritus Apostolorum suscepit Ecclesia^.
' Serm., xii, 4; xv, 2; xvii, 1; lxxxix, 1; xc, 1; xcii, 1; xcm, 3. Cf. aussi Serm., xvi, 2.
2 Hic constitiiit ieiunium die sahhati ter in anno fieri , frumenti, vini et olei, secundum propfietiam (éd. Duchesne, p. 141 ).
3 Revue bénédictine, t. xiv, 1897, p, 337 sq.
* D'après Tertullien, Da bapt.. c. xix ; Orifîène, Contra Gels., V\h. \\\\, c. XXII (P. G., t. XI, col. 1549-1552), et Consl. Apost., lib. V, c. xix (P. L., t. I, col. 392). Ce passaf^e est peut-être bien tiré de l'original ou Didascalia. Cette partie (Didascalia) remonte au iii« siècle. Cf. Probst, op. cit., p. 288 sq. [D. Placide de Meester, O. S. B., L'Ascensione del Sifjnore, dans Ras.segna Gregoriana , maio, 1902, p. 76-77. j
s Orig., lac. cit., et In Levit., honi. ii, n. 2; Tertull., De idol., c. xiv; De coron., c. m; Canon. HippoL, toc. cit.