‹ Histoire du bréviaireChapitre 50 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

au 14 septembre, où par suite dune corruption du texte se trouve actuellement un celehralur. Il est douteux que VAurelianus jiidex, sous lequel souiï'rirent les saints Hermès, Nonnus, Herculanus, etc. (28 août et 5 septembre), appartienne au ii® siècle (172), comme le veut Baronius^ [On ignore au juste à quelle époque on composa pour les martyrs un office propre. Saint Etienne et saint Laurent furent des premiers à jouir de ce privilège ; on ne pouvait recommencer le travail pour chacun des martyrs, et trouver chaque fois un office nouveau. On se contenta d'appliquer à tous les mêmes pièces : de là Torig'ine du Commun des Martyrs, qui dans Forigine fut un Propre. Le Commun des Martyrs, tel qu'il est aujourd'hui, ne doit pas remonter beaucoup plus haut que le ix^ siècle. Cette origine des Communs, entrevue et proposée par dom Plaine, dans Le prêtre (1895 et 1896), paraît désormais incontestable pour la majorité des Communs^. Tr. ]

Déjà, dès le i*"' ou le n^ siècle , chaque Eglise un peu importante possédait ses diptyques, son calendrier ou ses Fasli , comme dit Tertullien : Hahes [chrisliane) tuos faslos, de même que les villes municipes de l'empire romain avaient leurs fasti civils. Le plus ancien calendrier de cette sorte qui nous reste est une liste des anniversaires d'évêques de Rome ou de papes et d'un assez grand nombre de martyrs fêtés à Rome. Cette liste a été composée pour l'Église romaine par un certain Philocalus, avant le milieu du iv® siècle. Elle reçut sa forme actuelle en 354 ; mais on place sa première rédaction au plus tard en 336. Le

* Sur la question de la vérité de la croyance, jusqu'ici admise et appuyée sur des autorités telles que de Rossi, Le Blant, Doulcet, Allard, Marucchi, Rombaud, Duchesne et Kirsch, que les martyrs du JO juillet : Félix, Philippe, Martial, Vital, Alexandre, Silanus, Janvier, doivent être considérés comme fils de sainte Félicité et qu'ils auraient souffert le martyre vers 162 ou 180 (Antonin, -j- 161, Marc-Aurèle, \ 180; Commode, •{- 193), on peut consulter le travail détaillé et très critique de Joseph Fijhrer, Ein Beilrag zur Lôsung der Felicitas-Fruffe, Freising, 1890; mais aussi les remarques de L. Duchesne, dans le Bulletin critique, 1890; Lightfoot, The apost. Fathers S. Ignatius and S. Polycarp, t. i, London , 1885, p. 498 sq. ; Neumann, Der rômische Slaat und die allgemeine Kirche, t. I, Leipzig, 1890, p. 294; W. M. Ramsay, The Church in the Roman Empire hefore a. D. 170, London, 189.3, 2^ part.

î Cf. dom Plaine, dans Le prêtre, 1896-1897, et domCabrol, Le livre de la prière antique, 1900, p. 289 sq., qui apporte de nouvelles preuves confii-mant les hypothèses de D. Plaine sur l'origine des Communs.

texte original, auquel on a ajouté après 336 la Deposilio de saint Sylvestre (f 335), de Marc (f 336) et de Jules (f 352), représente, comme l'ont remarqué de Rossi* et Duchesne ^, les principales fêtes de l'Eglise romaine à l'époque de la restauration du culte public chez les chrétiens, après la persécution de Dioclétien, sous le pontificat de saint Miltiade ou Melchiade (311-314). Le calendrier^, pour ce qui nous concerne, contient : 1. Une Deposilio Episcoporum , dans Tordre suivant: 27 décembre , Dionisii in Calisti se. cœmelerio ( -}- 269) ; 30 décembre, Felicis in Calisti (-{- 274); 31 décembre, Silvestri in Priscillx (f 335) ; 10 janvier, Miltiadis in Calisti (-j- 314) ; 15 ^anvier, Marcellini^ in Priscillœ (-|-304); 5 mars, Luci in Ca-

1 Bullettino, 1867, p. 40.

2 Les sources du Marlyrol. hieronym., Rome, 1885, p. 30.

3 Ce » petit livre de renseignements indispensables à l'usage de la ville de Rome » contient, outre le calendrier chrétien que nous avons mentionné (liste des anniversaires d'évèques et de martyrs romains), une liste des consuls, des préfets de la ville et des évéques, une table de la fête de Pâques, une description de la ville éternelle et deux chroniques. A ma connaissance, ce fut Gundelius qui l'édita le premier avec les Fastes d'Ovide, Vienne, 1513. Le BoUandiste CEgid. Bucherius en donna une meilleure édition, Anvers, 1633; de là vient qu'on l'appelait autrefois Kalendarium Biicherianum. Ed. Schier et Rosnach en publièrent une édition in-4», Furii Dionysii Philocali Kalendarium antiquum a. 3ô2 scriptum, Gratz, 1781. Toutes ces éditions ont été surpassées par Mommsen, Ueber den Chonocfraphen von 354 (dans Abhandlunyen der siichsischen Gesellschaft der Wissenschaften) , 1850, p. 580 sq., et par L. Duchesne, Le Liber pontificalis , t. i, Paris, 1885 sq., p. 10-12; enfin par Egli, Altchristliche Sludien, Ziirich, 1887, p. 103 sq. — D'autres calendriers ou listes de martyrs de cette époque, qui ont formé une des sources du Martyrologium romanum, de même que le martyrologe grec-oriental, dont on trouve des vestiges dans le discours de S. Grégoire de Nysse (P. G., t. XLVi, 788 sq. ), vers 380 ou 382, et dans le martyrologe syriaque, publié par Wright, et qui fut composé entre 363 et 412 [Journal of sacred littérature, 1866), ou encore ce que dit Eusèbe de Césarée d'anciens martyrs {H. E., lib. VIII, c. xv, 48; lib. V, proœm., c. iv, 21) et De martyribus Palestinse , ne se rapi^ortent pas à notre sujet présent. Ils seront pris en considération dans la suite de l'ouvrage. Cf. Duchesne, Les sources du martyrologe hiéron., Rome, 1885. [Edition du Martyr. Hier., publiée par Duchesne et de Rossi, 1894, t. ii des Acta SS. Novemb.]

^ L'Eglise romaine célèbre depuis fort longtemps la mémoire du pape Marcellin (f 304) au 26 avril, celle du pape Marcel (f 309) au 16 janvier. Le scribe, comme le suppose Mommsen, paraissant avoir pris l'une des deux lignes pour une répétition de l'autre, en aurait effacé une : XVII ou XVIII Kal. febr. Marcelli in Priscillœ et VI Kal. maii Marcellini in Priscillœ, et aurait écrit dans la seconde ligne Marcellini pour Marcelli. Cf. Egli, op. cit., p. 103.

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