‹ Histoire du bréviaireChapitre 53 sur 224 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

None, et les terminaient par la Messe et la communion * ; que, au contraire, les Montanistes les étendaient jusqu'à Vêpres (six heures du soir); qu'il n'y avait comme jeûnes obligatoires que quelques jours avant Pâques; que le temps pascal (cinquante jours) était célébré avec une joie sainte; que Tierce, Sexte, None étaient recommandées comme heures favorables à la prière, mais qu'il n'y avait pas encore d'ordonnance ecclésiastique générale sur ce point.

L'office divin est donc attesté pour le dimanche, le mercredi et le vendredi; et, en outre, il y a un temps de joie où le jeûne est supprimé, de Pâques à la Pentecôte; il n'est pas encore question d'autres fêtes du Seigneur.

Quelques autres passages, où TertuUien parle d'une dévotion du matin, peuvent s'entendre en partie du saint sacrifice de la Messe seul, en partie de la prière privée^. Et, selon toute vraisemblance, on doit rapporter à la prière de nuit ou à la prière du matin privée le passage de VAd uxor., lib. Il, c. v, cité en note; car, un peu auparavant, il est question des conversalionis quotidianœ insignia , qui ne doivent pas être montrés comme margaritae aux infidèles et qui ne peuvent être dissimulés dans les maisons où on cohabitait avec des païens.

TertuUien parle encore de la prière nocturne dans YApoL, c. xxxix, où il dit que les chrétiens, dans les agapes, doivent manger de façon que la prière nocturne n'ait pas à en souffrir : Ita saturantur ut qui meminerint etiam per noclein adorandum Deum sibi esse [P. L., t. i, col. 477). Tout cela, à coup sûr, ne doit s'entendre que de la prière privée durant la nuit.

Il est question de la prière publique nocturne ou de l'assemblée de nuit dans l'église dans le livre Ad uxorem (lib. Il, c. ï\) : Ut , si statio facienda est, maritus de die condicat ad halneas... Quis enim sinat coniugem... circuire? Quis nocturnis convocationibus , si ita oportuerit, a lalere suo adimi libenter feret? Quis denique solemnibus Paschse ahnoctanteni securus sustinehit? Quis ad convivium Domini-

1 Quod slalio solvenda sit accepta corpore Doinini (TertuU., De orat., c. XIX ; P. L., t. I, col. 1181).

^ leiuniis auteni et stationihus nulla oratio sine genu {i. e. genuflectione) et reliqiio tiuniilitatis more celebranda est (TertuU., loc. cit., c. xxni). Siiniliter et stationum diehus non pulant plerique sacrificiorum orationihus interveniendum , quod statio solvenda sit accepto corpore Domini... Nonne solemnior erit statio tua, si et ad aram Dei sleteris? Acceplo corpore Domini et reservato , utrumque salvuni est : et parlicipatio sacrificii et exseculio officii (TertuU., loc. cit., c. xix; P. L., t. i, col. 1181-1183). Lalehisne cum etiam per noctem exsurgis oratum? (TertuU., Ad uxor., lib. II, c. v; P. L., t. i, col. 1296.)

cum illud , quod infamant, sine sua suspicione dimitlet? On voit par là qu'alors, du moins en Afrique, il n'y avait de Ilavvjxia, Vigiliae ou offices nocturnes que pour Pâques, offices qui prenaient la nuit entière; on voit aussi qu'à certains temps où dans les cas de nécessité, peut-être durant les persécutions ou pour la mémoire d'un martyr [si ita oportuerit) , on se réunissait aussi de nuit extraordinairement.

Page 1