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I. Depuis le milieu jusqu'à la fin du IV^ siècle

Idée générale. — Lorsque le soleil de la liberté se leva sur l'Église , la petite branche plantée par les Apôtres commença à pousser des rejetons dans le jardin de Dieu avec une force nouvelle, et lui aussi, semblable au grain de sénevé de l'Evangile, l'office canonial se développa, atteignit à la hauteur d'un arbre adulte couvert de branches et de fleurs. Aussitôt que l'Église, quittant l'ombre des Catacombes, put librement se répandre dans toutes les sphères de la vie, les germes jetés durant la première période dans la liturgie et dans la prière publique atteignirent, soûs l'inspiration de l'Esprit-Saint, leur complet développement et leur pleine maturité.

En effet, parce que la prière liturgique des heures n'est pas un assemblage inanimé, mais bien un organisme plein de vie qu'anime l'Esprit-Saint, sa transformation ne pouvait se faire tout à coup et violemment, elle ne pouvait s'accomplir brusquement sous le pape Sylvestre* ; elle devait s'exécuter avec lenteur et par degrés. Et ce lent développement ne peut pas plus être appelé une altération ou une interpolation de parties hétérogènes, que les développements qui ont transformé le symbole des Apôtres en celui de Nicée ou de Constantinople, ou le

1 S. Sylvestre aurait fondé une école ecclésiastique de chant à Rome vers 330; on ne dit pas que l'office lui doive autre chose (cf. Kraus, Kirchengeschichte , 3« édit., p. 187).

germe du dépôt de la foi en la pleine floraison des conciles de Trente et du Vatican. C'est tout simplement la germination du grain unique et vivace jeté par les Apôtres dans le terrain fécond de l'Eglise.

Cependant, après que le levain du christianisme eut successivement pénétré l'empire romain et le monde civilisé et que les idées chrétiennes eurent solidement pris racine dans la vie des peuples, les pasteurs des églises purent aussi, sans préjudice pour la catholicité et l'unité, tenir plus de compte des convenances locales, du caractère national et d'autres particularités. C'est ce qui explique qu'en Orient, où l'on parlait une langue richement imagée et colorée et où l'on aimait un cérémonial somptueux et pompeux , la liturgie des heures prit plus d'ampleur qu'en Occident, où les tendances pratiques favorisèrent des façons de s'exprimer plus concises et une composition plus courte. Toutes deux cependant , la prière canonique d'Orient et celle d'Occident, sont deux branches vigoureuses issues d'une même souche ; elles sont « des prières en esprit et en vérité », et, formées sur la prière faite par les Apôtres à certaines heures canoniques, en relation avec le culte de l'Ancien Testament, elles ont été réglées par eux.

Deux facteurs de la plus grande importance ont d'une façon particulière aidé au développement de l'oftice à cette époque. L'un exerce plutôt une influence extérieure sur la prière canonique et aide à sa diffusion, l'autre à son développement interne. Ces facteurs sont : 1" l'extension du monachisme dans l'Eglise orientale et dans l'Église occidentale; 2° l'introduction plus considérable des mystères de l'année ecclésiastique, des fêtes du Seigneur et des saints dans le cycle des heures canoniales. Sous l'influence de ces deux facteurs s'organisèrent avant tout autre l'office grec et l'office romain depuis l'époque du concile de Nicée jusqu'au pape saint Grégoire le Grand, ou encore de 325 ou 350 à l'année 600 environ.

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