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CHAPITRE III

État des sources. — Nous essayerons à présent de recueillir brièvement et par ordre chronologique les renseignements les plus importants que nous ont fournis les anciens sur les usages du culte, d'abord chez les moines et dans les églises séculières du iv^ siècle, pour pouvoir par là donner une idée du développement progressif de l'office. Avant tout nous devons chercher à découvrir les sources et à examiner leur contenu au point de vue critique, ce qui nous amène à constater qu'une distinction entre les églises séculières et les églises monastiques ne nous paraît pas nécessaire, et qu'elle est seulement possible dans les cas les plus rares ; car les coutumes des églises monastiques furent bientôt suivies par les premières, et souvent clergé séculier et moines travaillaient d'un commun accord à célébrer la louange divine avec autant de magnificence et de solennité que possible. L'ouvrage assez oublié et d'ailleurs fatigant pour les lecteurs , par sa façon d'exposer les choses, de Jean le Lorrain, De la coutume de prier debout, Paris, 1700, a parfaitement mis en évidence la marche du développement de la liturgie.

Bien que la plupart des sources qui nous l'enseignent sur la prière canoniale au iv^ siècle traitent uniquement de l'Orient, elles peuvent cependant nous servir pour l'Occident; car les Pères et les écrivains latins, qui parlent de l'office ou qui l'ont établi, ont emprunté leurs règles à l'Orient. Toutefois on doit bien observer qu'on chercherait en vain, dans les ouvrages des écrivains du iv^ au vi^ siècle , une exposition suivie et complète de l'office , ou même de l'ordonnance de l'office romain. Il faut aller chercher un à un les renseignements sur ce sujet dans les remarques faites en passant par les Pères, qui d'ailleurs dans leurs discours et leurs écrits ont prêté une grande attention au culte et à la liturgie. Nous possédons, du moins pour la tin du IV* et pour le v^ siècle , des renseignements suffisants pour nous permettre de tracer à grands traits un tableau du rite de cette époque. Pour les temps qui suivent, qu'on se rapporte à ce qui est dit plus loin.

Sur l'office monastique nous possédons des indications relativement détaillées dans la Règle de saint Pacôme , dans celle de

saint Basile, dans les Inslituliones cœnobiorum de Cassien, écrites après 402, et les Collationes du même. La Règle de saint Pacôme date du milieu du iv^ siècle, et celle de saint Basile delà deuxième moitié du même siècle (250-370). Nous avons encore les Constitutions apostoliques, qui dans tous les cas représentent la discipline de la deuxième moitié du iv^ siècle. Même ceux qui, comme Funk, placent sa composition ou sa rédaction définitive au v'' siècle Tadmettent. Nous ajouterons quelques passages des écrits de saint Athanase, de saint Ephrem, de saint Cyrille de Jérusalem, de saint Basile, de saint Grégoire de Nysse, de saint Grégoire de Nazianze, de saint Chrysostome, de saint Ambroise, de la Peregrinatio Sylviœ et quelques canons de conciles.

Quelques détails ont pu nous échapper chez l'un ou l'autre des Pères ( à dessein nous en avons omis plusieurs, qui n'ajoutaient rien de neuf à ce que nous savons par ailleurs) ; et néanmoins l'esquisse que nous cherchions à donner de l'édifice du canon de la prière reste dans ses grandes lignes conforme à la vérité.

L'office chez les moines d'Egypte. — Comme la vie monastique a reçu sa première formation et sa première législation en Egypte, ou plus précisément dans la Thébaïde, nous devons commencer par exposer l'ordre de la prière chez les moines de ces contrées. C'est Cassien qui nous fournit les détails les plus complets à ce sujet; cependant, comme il donne la pratique en vigueur à la fin du iv^ siècle, consultons auparavant la Règle de saint Pacôme ( -{- 348), qui doit être regardé comme le premier législateur et le père des cénobites, Hout comme les ermites saint Paul et le grand saint Antoine ( -|- 356) sont tenus pour les Pères de la vie érémitique.

Le patriarche des moines égyptiens prescrit à ses disciples de prier sans cesse intérieurement, et autant que faire se peut même durant le travail; de se réunir au moins deux fois (souvent trois fois) pour réciter des prières en commun. La première fois, pendant la nuit dans l'église, pour y chanter des psaumes, y faire des lectures de leçons et y réciter des oraisons. On répond aux psaumes soit par Alléluia, soit par la répétition de quelque verset ou d'un refrain^. Nous voyons, dans la Me de saint

1 In iina domo qua.draginta plus minusve frat?-es Iiabitent, qui obediant Prxposilo. Quicumque rnonasterium primu.s ingreditnr , primus sedel.

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