CHAPITRE m m
Pacôme , que le nombre des psaumes était chaque fois de douze, d'après Tordre que le saint homme avait reçu d'un ange : Ab Angelo, qui cuni Pachomio loquehaluv , hoc quoque conslilutuni est, ut diurnœ oraliones XII fièrent, et vespertinœ XII
primus ambulat, primus psalmum dicat... Bis in hehdomada , qiiarta et sexta sahhati ah omnibus ieiiinatur, excepta lempore Paschœ et Pentecostes. Aliis diebus comedunl, qui voluiU, post meridiem; et in cœna siniililer mensa ponitur propter laborantes, senes et pueros œstusque qravissinws. Omnium monasleriorum princeps unum habiHur caput... ad illum omnes {diebus Paschœ) concjregantur , exceplis his , qui in monasterio necessarii sunt — ut quinquaqinta millia fere hominum Passionis Dominicœ simut célèbrent festivitatem... .Prsefalio, n. 3, 5, 7). Cum. (monachus) audierit voceni tubœ ad coUectam vocantis, statim egrediatur cellulam suam, de Scripturis aliquid meditans usque ad oslium conveniiculi... Sin autem nocte signum insonuerit, ne steterit ad focum, quem propter calefacienda corpora... ex more succendunt (n. 3). Si acciderit, ut psallendi tempore vel orandi aul in medio lectionis aliquis loquatur, aut rideat, illico solvat cinyulum et inclinala cervice manibuscfue ad inferiora depressis, stabit anle altare... Quando ad collectam tubse clangor increpuerit per diem, qui ad unam orationem tardius venerit , superioris increpationis ordine corripietur... Nocte vsro, quoniam corporis infirmitali plus aliquid conceditur , qui post très orationes venerit... corripietur. In die Dominica et Collecta, in qua offerenda est oblatio, absque Prœposito domus ab maiorihus monasterii , qui sunt alicuius nominis... nemo psallendi habet potestatem. Psallente autem quolibet de maiorihus, id est, dicente responsorium, si quis defuerit, statim ante altare, pœnitentiœ et increpationis ordinem sustinebit Régula et exordium preeceptorum, n. 3, », 5, 9, 10, 17, 18). Mane per singulas domos orationibus fmitis, non statim ad suas cellulas revertentur , sed confèrent inter se, qux Prsepositos audierint disputantes... disputatio autem... per singulas hebdomadas tertio fît n. 20, 21 :. Pust orationes matutinas minisler hebdomadis... interrogahit Principem monasterii de singulis rébus n. 25). Qui hebdomadarius est, nisi ille (= Princeps monasterii) iusserit, signum dare non poterit, ut ad collectam meridianam vel ad vcspertinam sex orationum congregenlur n. 24). De psalmis et de scripturis aliquid meditahuntur , donec opus impleatur (n. 116). Qui una oratione de sex vesperlinis tardius venerit, etc. (n. 121). Post sex orationes quando ad dormienduni omnes separantur n. 126; cf. n. 128, 141, 142, orandi et psallendi temporal Per domos singulas vespere sex orationes psalmosque complebunt iuxta ordinem maioris collectie , qux a cunctis fratribus in commune celehratur n. 133). Sex orationss facere vespertinas iuxta exemplum maioris collecta:, in qua omnes fratres pariter congregantur, summœ delectationis est, et ita facile fit, ut nullum onus habeant (n. 186; Régula et prœcepta S. Pachomii, interprète Hieronymo, P. L., t. xxiii, col. 63-86). Ce qui précède immédiatement semble, ainsi qu'une expression analogue de Cassien : Ad concinendos psalmos, quos quieturi ex more décantant Inst. cœnob., lib. IV, c. xix), montrer qu'on avait encore une prière particulière du soir (Complies), mais qui n'était pas considérée comme Heure canoniale, mais comme dévotion privée.
et noclurnœ XII ^. On voit par les passages donnés en noie (n. 5 et n. 24, nocle, meridiana, vesperlina collecta) que les moines se réunissaient trois fois par jour pour la prière. C'est à dessein que j'omets ici les indications de Palladius [Historia Lausiaca^). Fin effet, en admettant qu'elles soient de lui, elles n'apportent aucune lumière à la question ou n'ajoutent rien aux témoignages de saint Pacômeet de Jean Cassien. La question de l'authenticité et de la véracité exigerait un nouvel examen critique^.
Mais nous ne pouvons passer sous silence que saint Ephrem, lorsqu'il exhorte à la prière , appuie en particulier sur les trois heures du matin, de midi et du soir, et qu'il recommande leur observation consciencieuse ^. Ces heures paraissent, au iv* siècle, avoir été en usage en quelques lieux en dehors des monastères ; le peuple ou s'assemblait à l'église pour les célébrer avec le clergé, ou s'unissait d'esprit à la prière publique, par des prières privées faites à la maison ou durant le travail. En
' Vita S. Pachomii, c. xxii {P. L., t. lxxiii, col. 243).
2 Par exemple : 'EtOtiwcte ôà 5tà Tcdcar,; t^; if)[ji,épaç Tioteïv aÙToù; eux*? ôtôSexa, xa\ èv tw )>y-/viy.w Swôîxa , y.al èv xaïç uavvuxtfft ôtiSaxa , xoù èvvàtTiv (opav Tpsîç (Pallad., Hist. Lausiaca, c. xxxviii; P. G., t. xxxiv, col. 1100). TuTTixôv {ordo ofjicii) signifia plus tard et signifie encore maintenant la règle, l'ordo de l'office canonique des Grecs. Cf. Class, Inst. cœnoh., lib. III, c. xvi.
3 Le P. Cuthbert Butler, O. S. B., en Angleterre, qui s'est consacré à cette question, éclairera bientôt, nous l'espérons, ce point obscur de l'histoire. [Ce desideratum est comblé, le P. Cuthbert Butler a en effet fait récemment paraître un ouvrage qui lui a mérité les éloges de tous les vrais savants : The Lausiac history of^ Palladius (dans Texts and Sludies. Contribution to hiblical and patrislic literature, vol. vi, n. 1 ) , Cambridge, University Press, 1898, in-S». Ce n'est là qu'une préparation à une prochaine édition du texte grec de Pallade. — M. Paulus Bedjan a publié une version syriaque de cette Historia Lausiaca dans le t. vn de sa grande collection des Actes des saints et des martyrs de l'Eglise araméenne : Acta martyrurn et sanctorum, t. vu, Lipsiae, 1897. Mentionnons aussi un travail sérieu.x de M. Er^vin Preuschen sur les problèmes que soulève l'histoire de l'ouvrage de Pallade : Palladius und Rufinus. Ein Beitrag zur Quellenkunde des àllesten Monchtums , Giessen , 1897. Tr.]
•5 Opéra omnia, grœce, syriace et latine, fol. 3 t., Romae, 1732-1746, contiennent les ouvrages seuls conservés dans la version grecque avec traduction latine, et 3 t., Romae, 1737-1743, les ouvrages syriaques, avec également traduction latine. Ces ouvrages ont été très augmentés dans ces derniers temps par les publications de Bickell, S. Ephrsenii Carmina Nisibena, Lipsiae, 1886, et de Lamy, S. Ephrsemi Syri hymni et sermoncs, Mechliniœ, 1882-1889, 3 vol. Mais il y a quelques apocryphes. Le Sermo de oratione , cité ci-dessus, se trouve dans le t. m des Opéra greeca et lat., p. 20.