CHAPITRE III
veau dans des fautes déjà commises*. C'est pourquoi il est dit : Qase dicitis in cordibus vestris, et in cubilibus vestris^.
Office de Ventrée de la nuit. — Nous devons de nouveau (iràXiv) prier à l'entrée de la nuit, afui de jouir d'un repos exempt de reproche et libre de fantômes; il est nécessaire de réciter à ce moment le psaume xc^.
Milieu de la nuit. — Paul et Silas, comme nous le rapportent les Actes*, nous enseignent l'oblig-ation de la prière pour le milieu de la nuit; le psalmisle dit aussi : Media nocte surgebam ad confiiendum tibi^.
Aurore. — Enfin nous devons encore devancer l'aurore et nous appliquer à la prière, afin que le jour ne nous surprenne pas dans le sommeil et dans notre couche, mais que nous puissions dire : Prxvenerunt oculi mei ad te diluculo ut meditarer eloquia lua^.
On peut conclure d'un autre passag-e que saint Basile fut le premier ou l'un des premiers à enrichir l'ensemble des heures. Il y apporta plus de variété en se modelant sans doute sur les usages monastiques d'Egypte ; il y inséra, à la place de simples psaumes,
* MÉya Y*P ô'?^^^? ^ £7ri(TX£i}/i; Tâ)^' 7tapEA9(5vtwv Trpô; xh (j.yi TOt; o|j.ocoiç aSôtî Ti£pcTiE(T£Îv (ihid., col. 1016).
* Ps. IV, 5.
3 Ka\ Ttâ).iv, -r,; vjy.To; àp/o[i£vïi; x. t. X. {loc. cit.). Ici se pose la question de savoir si TtàXiv signifie un moment ( de nouveau à l'entrée de la la nuit, ainsi que nous l'avons traduit ci-dessus), ou si ce mot désigne un nouvel argument, une addition à ce qui précède. II me semble que c'est cette dernière signification qui convient. Mais un grand nombre d'interprètes et de liturgistes voient dans ce passage un témoignage pour les premiers commencements d'une prière particulière de Complies ou d'une prière du soir distincte des Vêpres. La chose ne me paraît pas aussi claire, d'autant plus que dans le Sermo asceticus, dont il sera parlé plus loin et qui, s'il n'appartient pas à saint Basile, représente du moins la discipline des monastères basiliens vers la fin du iv« siècle, le nombre sept des Heures canoniales parait sans Compiles; et après Vêpres viennent les Vigiles. Cassien également , qui connaissait très bien la pratique des moines de tout l'Orient et celle des églises séculières vers 390 et 400, ne compte que sept Heures : Office de nuit ou Matines, Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None et Vêpres {Insl. cœnob., lib. III, c. m, iv); il ne compte pas ainsi la prière du soir, dont il est question au lib. IV, c. xix, parmi les Heures canoniales. On peut toutefois admettre que dans l'ordonnance de saint Basile, relativement aux prières prescrites après Vêpres, se trouve le germe des Complies futures.
* Act. XVI, 25.
5 Ps. cxviii, 62.
6 Ps. cxvm. 148.
des prières, des canliques, des leçons (Xoyot), et il fil un choix dans les psaumes et les cantiques*.
Les sept heures. — Dans le premier des sermons Sur la vie spirituelle, saint Basile (ou son auteur quel qu'il soit, qui, dans tous les cas, appartient au iv* siècle, au plus tard au commencement du v^) parle de nouveau des heures canoniales et mentionne la prière du milieu de la nuit, du matin, de la troisième, de la sixième et de la neuvième heure, et la prière du soir ().u/vixov, lucernarium Vesperx)\ mais pour avoir, conformément au désir du psalmisle, sept prières chaque jour, la prière de la sixième heure ou de midi est partagée en deux portions, lune avant, l'autre après le repas'-.
Vigiles. — Nous avons une autre description plus détaillée de la prière de nuit ou des Vigiles dans l'épître de saint Basile adressée en 375 au clergé de Néocésarée ^. Le saint archevêque y dit que les usages observés dans sa métropole sont semblables et conformes de tous points à ceux de toutes les Eglises de Dieu. Nous avons ainsi une façon uniforme, pour tout l'Orient, de réciter les heures canoniales. Il écrit : « Pour ce qui est de limputation relative à la psalmodie..., je réponds que la façon de l'exécuter, actuellement usitée, est commune à toutes les Eglises de Dieu {consona et consentientia). En effet, chez nous le peuple se lève dans la nuit pour se rendre à la maison de la prière, et après avoir fait leur confession [confitentes Deo\ dans l'affliction et les larmes, les assistants passent de la prière à la psalmodie. Ils se divisent bientôt en deux chœurs qui psalmodient alternativement ou se répondent, pour pouvoir de la sorte méditer sur les saintes paroles qu'ils prononcent , et d'un autre côté pour éviter la distraction du cœur. Puis ils chargent de nouveau un des assistants de chanter le cantique (ou la mélodie);
* Le saint revient à la prière du matin , dont il a parlé tout d'abord :
^Qv oùSÉva -/pT| xaipciv xoï; £7rtTïTY,pr,u.Éva)ç il^ ôôlav 0îoO xa\ to-j Xp'.o-ToO •«•jToO TipeaipouLiévo'.; ^r,v Trapopâo-Oat. Xpr,(jtixEC(£iv oï /ovi^ofiat tt,v èv Tat; 7rpo(jEU-/aî; y.al 'J/a/.[X(.)ôiatî y.axà xà; kmy.=.v.piav^a.i wpa; oiasopâv tî xai izoïy.!)iav... ori âv [ikv tr, fj(jLa).ÔTY)Ti... 7) 'Iv/^r, ày.r|5tà y.al iT:o[i.zrsoypiZz-ixi.. 'Ev 8È xfj £va),),ay^ v.où xCo TtotxtXto ttj; '!^a).(Afp6''aç xa\ toO nzpi î/Ac-r^^ wpa? \6yov veapoTTOiEirat a-jTf,ç f, è7ti6'ju.''a xa\ àvxy.aiv;i^£-a'. rb yr,oino'i Ibid., P. G., t. xxxi, col. 1016 c).
2 Serm. ascet., i (P. G., t. x.\.xi, col. 87').
3 Cf. Bickell, dans Katholik, op. cit., p. 420.