‹ Histoire du bréviaireChapitre 64 sur 224 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

gie {Gloria in excelsis Deo et in terra pax, etc.). Que le soleil à son lever voie le livre (saintes Écritures ou Psautier) dans tes mains. Tu dois prier à la troisième heure, parce qu'à celte heure Tarbre de la croix a été préparé; à la sixième, parce que le Fils de Dieu a été élevé sur la croix. A la neuvième, tu dois de nouveau prier (avec hymnes, psaumes, doxologies et confession des péchés), parce qu'à cette heure le Seigneur a rendu l'âme sur la croix. Lorsque la douzième heure est arrivée (Vêpres, Lucernaire), heure où le Seigneur descendit aux enfers, il faut faire des prières plus longues et plus ferventes '. » Cette prière du soir doit être faite en commun, tandis que les trois petites heures sont la plupart du temps récitées /)riî;a^î'm.

Concile de Laodicée. — Un concile dont les décisions ne sont pas sans importance pour l'histoire du Bréviaire n'a pas été mentionné, et avec intention, dans les détails qui précèdent. C'est le concile de Laodicée (entre 343 et 381 ). On est aussi peu renseig-né sur l'époque de sa tenue et sur les motifs qui l'ont fait assembler que sur l'autorité de ses décisions et sur l'exactitude du texte qui nous est parvenu. Dans la recension donnée par Hardouin^, le canon 17 porte : IIspl xoû ijlt] Ixtcuv-iTTTstv Iv xaT; (7uva;£GC Toùç '|aX;j.oùç, àXXà otà aidov xaO' £X.acTOV '|a)v[;Lov -Yi'vsdOxt avx- Yvojffiv , ce qui se traduit : Quod in conventu fidelium neqiiaquam psalmos continuare conveniai ; sed per intervalluni, id est per psalmos singulos, recenseri deheant lectiones. S'il s'agit de l'office des heures canoniques, on ne voit pas comment peut se justifier l'expression lectiones per psalmos. Car nulle part on n'a fait de lecture dans l'office api'ès chaque psaume. On pourrait uniquement l'entendre de l'office de la Messe, c'est-à-dire de la Messe des catéchumènes, et ces mots prescriraient d'intercaler les deux ou trois leçons dans le chant des psaumes ( avant et après l'Ëpître). Si le canon a trait à l'office des heures du jour, il n'a un sens raisonnable que si l'on entend par àv^Yvcocv la lecture ou la récitation d'une collecte, comme cela avait lieu ordinairement, au témoig-nage de Cassien et de la Peregrinatio Sylviœ , Rome, 1888, p. 45, not. 7.

Le canon 15 prescrit que les seuls chantres officiels, xavo-

1 De virginit., c. xii, xvi, xx (P. G., t. xxviii, col. 265, 272, 276).

2 Collect. conc, Paris, 1715, p. 781 sq.

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vtxot (]/xXTat, qui regiilanler canlores exsisliinf , chanteront des psaumes dans l'église. On ne voit pas clairement si par xavovtxo; on doit entendre « établi par l'autorité ecclésiastique », ou « des hommes instruits dans le canon de la musique ou dans les règles de l'office ». Le canon 51 porte que durant les quarante jours du Carême, dont la célébration a été réglée par les canons précédents, on fera mémoire des martyrs seulement les samedis et dimanches [non natalitia celehrare, sed tantum memo- 7'iam fieri). Cela ne prouve pas, comme on l'a cru souvent, que les fêtes des saints étaient supprimées pendant le Carême. Memoria, c'est la mémoire solennelle avec le sacrifice de la Messe et la Communion, qui, d'après rinteri)rétation des Grecs, rompait le jeûne; les cinq autres jours de la semaine, il n'y avait pas de Messe.

Le canon 59 dit qu'on ne doit pas chanter de psaumes populaires [ioiomyA <]/aX[j.ot , pleheii psalmi) dans l'église, mais seulement lire des livres canoniques. On ne décide pas si toutes les hymnes qui ne se trouvaient pas dans les saintes Ecritures étaient supprimées par ce fait, comme on l'a cru plus tard.

Le canon 7 ordonne que tout le monde devra apprendre le Symholum fidei pour le baptême ( xà irfi TriaTewç cuixêouXa) , et le canon 18, qu'on récitera toujours les mêmes prières (XetToupytx Twv eùxwv, officium precum) à None et à Vêpres. On ne voit pas clairement si par là il s'agissait de la prière des heures, de la Messe ou des prières finales [supplicationes orationum), comme traduit Denys le Petit. D'après ce dernier, il s'agirait des prières au sujet des catéchumènes , des pécheurs et des fidèles, et il serait ordonné par là de réciter après les Vêpres les mêmes prières finales qu'au sacrifice de la Messe , qui était célébré après None.

Ce qui précède pourrait suffisamment prouver que ce concile, malgré ses différents canons relatifs à la Liturgie et à la Discipline ecclésiastique, offre fort peu de points d'appui pour l'histoire du développement de la prière canoniale. Pour être éclairé sur l'importance de certaines de ses prescriptions, il faudrait avoir des témoignages plus sûrs, fournis par d'autres documents datés avec plus de précision, ou par des écrivains ecclésiastiques de la même époque , auxquels on pourrait comparer la teneur des canons.

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