CHAPITRE III
h] Dans les livres II et V , qui tous deux coiTCspondcnl à la Didascalia apostolique (commencement du iii^ siècle), on trouve des prescriptions concernant la célébration des Laudes et des Vêpres, et la tenue de la 7rxvvu/ta de la fête de Pâques. Relativement à la célébration des Laudes et des Vêpres, on lit : que Tévêque doit persuader au peuple Tassistance quotidienne à l'église, le matin et le soir. On y récitera certains psaumes. L'assistance est plus recommandée pour le samedi el le dimanche^
avec le Pseudo-Athanase , De vircf., c. xii, (;i fine , et c. xiii [P. G., t. xxviii , col. 265) : Benediclus Deus , qui miseretur noslri et alit nos a iuventule , qui dat escam omni carni. Impie gaudio ft lœlilia corda nostra, ut semper omnem sufficienteni habentes abundemus in onine opus honum in Christo Jesu Domino noslro. La fin seule est un peu différente. Les Constit. ont : Per quein (ci' o-j) tibi gloria, honor et impevium in sœcula (sîç xoù; aîwvaç). Amen; tandis que le livre De virg. a : Cum quo le decet gloria ([x.26' ou crot Ttpé-KZi 8o|a), imperium, honor et adoratio (Trpoa/.'jvYifft;) cum Sancto Spiritu in stecula sieculorum (=1; to-j; a'tôjva; tcov aîojvwv). Amen. La formule du livre De virg. est orthodoxe, tandis que eelle des Const. semble avoir un sens arien. D'après Philostorg^c , cette dernière est cependant la plus ancienne. Cf. Sozomen., //. E., lib. III, c. xx (P. G., t. lxvii, col. 1101); Philostorg., lib. III, c. xiii (P. G., t. lxv, col. 501); Niceph. Calisti, H.E., lib. IX, c. XXIV, d'après lequel il y avait controverse à Antioche pour savoir si on devait dire : Gloire soit au Père et au Fils, ou : dans le Fils avec le Saint-Esprit, ou : par le Fils. D'après S. Basile (De Spir. Sancto, c. XXIX ; P. G., t. xxxii, col. 196, 200), les premières formules sont les meilleures; dans la dernière, il y a peut-être un subterfuge arien.
* Episcope, jubé et persuade populo, ut singulis diehus mane et vespere ecclesiam frequentet , nec ullatenus désistât, sed assidue conveniat... Igitur, vos ipsos , qui eslis memhra Cliristi, nolite spargere, fratrum cœtus non adeundo. Sed singulis diehus congregemini, mane et vespere , psallentes et orantes, in œdibus Dominicis ; mane quidem dicentes psalmum sexagesimum secundum [Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo). Vespere vero centesimum quadragesimum (Domine, clamavi ad te, exaudi me intende voci mese, cum clamnvero ad te. Dirigalur oratio mea sicul incensum in conspectu tuo; elevatio manuum mearum sacrificium vesperlinum\ Prœcipue autem die Sahhati, et die qua Dominus resurrexit , hoc est Dominica, studiosius ad Ecclesiam occurrite, ut laudibus prosequamini Deum, qui condidit omnia per Jesum, eumque ad nos amandavit , pati permisit, ac ex mortuis suscitavit... In quo et très precationes stando peragimus, ad memoriam illius, qui in triduo resurrexit : et in quo habentur lectio prophetarum, Evangelii prœdicatio , sacrificii oblatio , et sacri cibi donum (Communion), Const. Àpost., lib. II, c. lix (P. G., t. i, col. 742-744). Comme les passages cités ne se trouvent pas dans l'original des Didascalia, nous avons renoncé à les utiliser pour le lue siècle; mais la rédaction dont nous nous sommes servis donne, dans tous les cas, la liturgie et la pratique du milieu du iv« siècle. Cf. Bunsen, Analecla antenicœn., t. ii, col. 125, où les passages ajoutés plus tard sont distingués par l'impression en caractères plus petits.
Au livre VI (également tiré de la Didascalia)^ chapitre xxx, il est parlé des réunions auprès des tombeaux et dans les cimetières, des fêtes en Thonncur des martyrs, de la prière pour les défunts ( avec psaumes et lectures de TEcriture ), que quelques-uns attribuent à Origène '; cependant, impossible de rien conclure de précis. Au chapitre xix du V« livre est décrite la célébration d'une vigile, la Trawii/ta de Pâques, qui, on le sait, fut le type des autres établies dans la suite ; mais dans le recueil il n'est point question d'autres vigiles. Au sujet de la célébration de la fête de Pâques, on lit : qu'on fera une vigile, qu'on passera la nuit en prières. A la fin il y aura une allocution au peuple sur des matières relatives au salut. On priera pour les Juifs, et la Messe suivra, puis le jeûne prendra fin^. Cette fête de Pâques doit se célébrer avec octave^. Le chapitre xx du V^ livre ordonne qu'on fêtera solennellement aussi l'Ascension et la Pentecôte; la semaine de la Pentecôte sera fériée, mais pendant toute la
1 Cf. Pleithner, op. cil., p. 121, n. 2.
2 Cf. à ce sujet ce que dit S. Epiphane vers la fin du Panarium (lib. III, c. II ; Expos, fîd. cath.; P. G., t. xlii, col. 825-830), où il marque qu'ailleurs on ne célébrait pas le saint sacrifice si tôt, à l'exception du dimanche de Pâques, poup lequel existait une ordonnance particulière : In ipso resurrectionis festo ac soleinni celebevrimoque Paschatis die, qiiemadmodiim prœscriptiim est (c. xxii). Suvilet; ce £7tiT£),o-j(ji£vxt TX/jÔciffaî e'.fftv kno tcov à.Tzoax6\u>'i , TSTpâSi vcal craôêàTw xal xupt'ay.YJ (c. .\xii). — Item quarta sextaque feria ieiunimn iisque ad horam Nonain c. xxn). La prière faite le matin et le soir avait dans toute l'Eglise un caractère de fête : Malutinœ i!>super laudes ( Iwôivot xe ujxvoi ) in Ecclesia calholica matutimeque preces assidue celebrantur , lucernales item psalmi el orationes (c. xxiii). l^endant le Temps pascal, durant lequel on ne jeimait pas, l'office du matin était céléljré plus solennellement en ces jours : Pro mis conventihus , qui ad horam Nonam quarlis sextisque feriis celehrari consueverunl , per illos dies perinde ac Dominica die, matulinx synaxes oheunlur ( c. xxii). — A vespera usque ad galli cantum vigilantes; el in ecclesia congregati in unum, vigiliis, orationibus et ad Deum precibus vacate in pernoctalione vestra , legem, prophetas, ac psalmos legite. Usque ad galloruju cantum el haplismum conferte vestris catechumenis ; el recitato Evangelio in timoré ac tremore, habitaque ad populum alloculione de rébus ad salutem pertinenlibus finem imponite: et orale Deum ut converlatur Israël... Ob hoc igitur et vos résurgente Domino, offerte sacrificium vestrum, de quo vobis conslituit per nos, dicens : Hoc facile in meam commenioralionem. Postea ieiunium dimiltite, Isetantes et diem festum agentes [Consl. Apost., lib. V, c. xix; P. G., t. I, col. 891-895).
3 Post dies vero octo sit vobis rursus festum honorandum octavus dies. — "Eo-TW û[j.ïv TiâXiv éopTY) Tt[j.ca aÙTT] Y] oySÔYi {loc. cit., col. 896).
semaine qui suivra on jeûnera, pour obtenir de Dieu ce dont on a besoin. Ensuite on jeûnera seulement le mercredi et le vendredi ; mais les samedis, à l'exception d'un seul (samedi saint), il y aura réunion remplie de joie comme le dimanche*.
c) Au livre ^'IIP, dont nous ignorons les sources, les chapitres XXXIV à XXXIX traitent de l'office ; le chapitre xxxii dit en terminant: Tout chrétien et toute chrétienne doit le matin après le lever se laver et puis prier; mais s'il y a instruction (xtç Àoyou xarv^x'/iffi; yÉvrixat ) , ils doivent se rendre à l'église , ainsi que les jours où les esclaves n'ont pas à travailler : Servi operentur quinque diehus; sahhato aufem et dominica vacent in ecclesia propter doclrinam pietalis (chap. xxxiii). Également la grande semaine [magna hehdomas, •^ tj.vfilr, éê^oa-i;; ) avant Pâques, ou la semaine de la Passion et la semaine après Pâques (Octave), doivent être célébrées par l'abstention de travail servile. Doivent être célébrées de même : l'Ascension, la Pentecôte , la Noël et l'Epiphanie , les fêtes des Apôtres et de saint Etienne et « des autres saints martyrs ». Au chapitre xxxiv, on lit : « Faites des prières le matin, à la troisième heure, à la sixième, à la neuvième, à l'heure de ^'êp^es et du gallicinium-. m Puis
' Itaque poslquam celehraveritis Pentecosten, celehrate hehdomadem unam {îopii'ya.-i u.îav Éêodfiaôot, ainsi encore une octave comme à Pâques). Et post illam ifiunate eam, quee sequitnr (vr,(JT£j<7a-rE u.;'av). jEquum est enim, ut de divino munere Ixtemini et post intermissionem ( (letà tV àvédtv) ieiunetis. Puis on donne comme exemple le jeûne de quarante jours de Moïse et d'Elie, le jeûne de trois semaines de Daniel (Dan., x, 2), le jeûne d'Anne (I Reg., i, 13) et le jeûne de trois jours des Ninivites pour écarter la colère divine, et les exemples d'Esther et de Judith, de Mardochée et de David. Puis on lit : Kx\ 'Veî; ouv vtiTtï-Jovtsç at-rsîTÔî Trapà ToO 0£oO Ta alîT^u.aTa ûixtov. — Post hanc autem hebdomadeni ieiunii in omnibus qnarlis et sextis feriis vohis prœcipimus ieiunare , et, quod oh ieiuniuni vestruvi superfluit, pauperibus elargiri. Et quidem in omni sabbalo prœter unum, atque in omni dominica , leelos conventus celehrate Const. Apost., lib. V, c. xx; P. G., t. i, col. 898-905). 2 Precationes facite mane , et tertin hora, ac sexta , et nona , et vespere, atque in gallicinio. Mane : gralias agentes , quod Dominus , abducta nocte, et inducto die, illuminavit vos. Terlia hora : quoniam in ea Dominus sententiam damnationis excepit a Pilato. Sexta : quod in ea crucifixus est. Nona : quia cuncta , crucifixo Domino, commotn sunt. Vespere: gratias agentes, quod vobis noctem dederit , lahorum diurnorum requietem. In gallorum cantu : eo quod illa hora nuntiet adventum diei , ad facienda opéra lucis. Si propter infidèles impossihile est ad ecclesiam procedere , in domo aliqua congregationem faciès, episcope. Si neque in domo, neque in ecclesia congregatio potest agitnri , unusquisque apud se Brév., t. I. 9
sont données les raisons mystiques du choix de ces moments.
Le chapitre xxxv prescrit avec plus de détails ce qui sera dit durant les Vêpres : Après le psalmus lucernalis (iTitXuxvtoç), le diacre récitera les grandes prières pour les catéchumènes , pour les énergumènes, les compétents et les pénitents, comme à la Messe; et après le renvoi de tous, la prière pour les fidèles, comme à la Messe des fidèles où les assistants répondaient Kyrie eleison à chaque recommandation, par exemple pour les catéchumènes : ut illuminet eos... aperial aiires cordis eorum... adiwef et anniimeret eos sancto scio gregi, donato eis lavaci'o regenerationis, vera vita, indumento immortalitafis (oaoi -Ktaxoi, oêï]Ow[jL£v Toti Kupt'ou. Qui fidèles sumus, oremus Dominum).
Le diacre termine les Litanies par la prière lucernale (Ttpodœ-o)vvjffi; ÈTciXu/vto; OU Oratio lucernalis) : Serva et suscita nos, Deus. Puis Tévèque dit Faction de grâces lucernale ( Eù/apiarix ÈTitXuxvioç ou Gratiaruni actio lucernalis ) ; Deus, principii expers, j usqu'à in ssecula, amen^ ; le diacre : Huniiliale capila vestra pour l'imposition des mains. A ce moment Tévéque donne la bénédiction par l'imposition ou l'élévation des mains, en disant : Deus patrum... jusqu'à Amen^. Puis le diacre congédie le peuple par ces paroles : ripoÉXQeTe Iv eîpT^vy]. Exite in pace !
Nous trouvons la même disposition des Laudes ou de l'office du matin au chapitre xxxvn, deuxième partie. Dom Pitra (luris eccles. Grœcor. Hist. et Mon., c. xxxvn, 4, t. i , p. 409) écrit à son sujet : Simili modo mane diaconus, postquam recitato psalmo matutino dimiserit catechumenos , energumenos et prope baptizando ac pœnitentes , facta, qux fieri débet, invocatione [ixerh. tP)v 69£iXof/.£vr)v TTOtr^aaaOat TïpoacpojvTqctv ) suhiungat post hoc : Salva eos, Deus, et suscita in gratia tua. Petamus a Domino misericordiam et miserationes eius ^.
En prenant les Constitutions apostoliques en bloc et sans nous
psallat, légat, precetur; vel duo aut très simiil ('|a>.)iTw, àvaYtvtoaxÉ-io, 7:poffeu-/Éa8w). Cf. Const. Apost., lib. VIII, c. vi, vu, viii, i.\, x (P. G., t. I, col. 1075-1088).
* Voir le texte dans l'appendice (ii), à la fin de l'ouvrage.
2 Nous donnons la traduction latine, parce que celui qui récite le Bréviaire est habitué au texte du Bréviaire romain et du Bréviaire monastique; il reconnaîtra ainsi plus aisément les rapports et la parenté avec des idées et des expressions de la liturgie romaine actuelle.
3 Cf. aussi le texte dans l'appendice (ii).