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CHAPITRE Ili

occuper de leur origine, on voit que leurs indications sont embrouillées. En effet, il est malaisé de combiner les prescriptions de chaque livre les unes avec les autres. Mais les difficultés ont été écartées grâce à la lumière que de récentes recherches ont jetées sur le sujet. Il est évident que cette compilation représente un triple stade dans le développement de la prière canoniale. En comparant les renseignements qui sont indiqués séparément, dans les paragraphes a, h, c, avec les sources qui nous viennent d'ailleurs et avec les particularités que nous avons rencontrées dans le courant de notre examen , nous en arrivons à cette persuasion que le développement graduel exposé par nous jusqu'à présent est parfaitement conforme aux faits.

Saint Jean Chrysostome. — Saint Jean Chrysostome nous donne, dans les discours qu'il a prononcés à Antioche à la fin du iv^ siècle, plusieurs indications au sujet de la pinère canoniale qui y était en usage à cette époque. Avant tout nous avons les belles homélies qu'il prononça durant le temps pascal de l'année 387, sur Anne, la mère de Samuel. Dans le quatrième panégyrique en faveur de l'utilité, de l'importance et de la nécessité de la prière , il répond à la question de savoir comment un homme, vivant dans le monde et mêlé aux affaires de la justice, pourrait prier aux trois heures du jour ou se rendre à l'église. Ce n'est point si difficile ; mais si l'on ne peut réellement se transporter à l'église , on récitera du moins quelque prière à ces moments dans sa maison, ou au lieu où l'on se trouve*.

Il y a donc aussi trois heures pour la prière à Antioche. Quelques liturgistes tiennent pour Laudes et Vêpres (prière du matin et du soir), et pour un autre moment vers le milieu du jour, à peu près à l'heure de None'^; d'autres l'entendent de Tierce, Sexte et

* Da S. Anna sermo, iv, n. 5 (P. G., t. liv, col. ôô'î-eeS) : Kaza. tpiïz wpaç eu^E0-8ai ir\ç rifiépa?. Egalement, dans la troisième homélie contre les Anoméens {Hom., m; P. G., t. xlvhi, col. 725), il répond à l'objection qu'on pourrait prier chez soi, et que le sermon et renseig:nement seuls devaient être entendus dans l'église, en disant que c'est une erreur; on ne peut pas prier à la maison aussi bien et aussi efficacement qu'on le fait dans l'église , où la présence de nombreux fidèles , la communion d'idées avec les prêtres, la direction et la présence plus intimes de Dieu, la prière officielle de l'Eglise et du Christ fortifient et relèvent la dévotion.

2 D'après le canon 18 du concile de Laodicée et S. Chrys., Hom., u, in Act. princ, n. i [P. G., t. li, col. 81).

Noue, parce que le saint dans la suite parle d'un intervalle de deux à trois heures ^ Dans tous les cas, l'explication du psaume cxl laisse clairement entendre la célébration quotidienne des Laudes et des Vêpres dans ri*]<,'^lise dAntioche; il y est dit : <i Les fidèles pouvaient les connaître (psaumes cxl et lxii ) par cœur, puisqu'ils les récitaient ou les chantaient tous les jours l'un à Vêpres, l'autre aux Matines, et les Pères avaient bien agi en les prescrivant pour l'office quotidien^. »

Outre ces sermons, l'homélie xviii, prononcée encore à Antioche, en 400 ou 401 , sur les Actes des Apôtres, et l'homélie sur la pénitence, attribuée par Monlfaucon à saint Jean Chrysostome, sont une preuve en faveur des \'^êpres et des Laudes'^.

Dans l'homélie vi, prononcée à Antioche en 397 sur la I Tim., ii, le saint docteur dit que tous les fidèles savent que c'est dans le service divin qu'on répond le mieux à cet ordre, donné par l'Apôtre, de prier pour tous les besoins généraux, c'est-à-dire en récitant à Vêpres et à Matines des prières pour l'univers tout entier, pour tous les princes et pour toutes les autorités, etc.*. Il faut entendre par là VOrnlio pro fidelihus, qui se trouvait aussi à la Messe, après \di Missa catechumenorum et après le renvoi des catéchumènes et des pénitents; de là l'allusion à la discipline du secret [et hoc sci'unf jni'tiad). Nous trouvons ainsi

' Cf. Bingham, Ori(/. sive antiq. EccL, Halae, 1723 sq., lib. XIII, c. ix, § 8, t. V, p. 306; Pleithner, op. cit., p. 205 sq.; Bickell, op. cit., p. 317.

2 To-jTou ToO 'j/aXjjioù xà (ièv pir,|jLaTa aTrav-ceç, w; t'imXv , l'ffasi, v.où Fna. uâffriç Yi).ix(aç StaTS/.oOai 'l/âXXovteç. "Oitep où (j.ixpdv et; xaTY]yopta? Xdyov, tô ■x.a.V âxâcTTYiv ■i^itxépav 'liy.Wo^XEi;... iir\ l^r]xriiyon twv voYKxâxwv tïiv SiJvxtiiv Twv âvaTrox£Ï(i.évwv toÎç p-r|(i.affiv... oùSè yàp ànXio? ol[s.a.i ihv <\ia,\[Loy toOtov TEtâ/Ôat Trapà twv naxlpwv xa8' lxâcrTT|V liiTrlpav \iyzabon, oùSk Sià tyiv (xtav XéÇiv TTiv ).éyou(7av "ETrapo-tç twv -/£'?wv... — Ainsi les Pèi-es le prescrivaient pour les Vêpres, non seulement à cause des mots : Elevatio manuum mearum .sacrificium vespertinum, mais pour plusieurs autres raisons que le saint énumère. Il en va de même pour le psaume Psalmns matatinus (4/aX(j.b(; Iwôivôç), qui commence ainsi : Deus, Deus meus, ad te de Ince vigilo (Ps. Lxn, Expos, in ps. CXL; P. G., t. lv, col. 426-427).

^ OIôv èffiiv (quelle grande chose que) elaslbzïv el; tÔv otxov xov 0£ùO , y.tx\ >,u)(vtxoï; xat twôivot"; \J\Lvniz TtapaysvéCTÔat (Hom., xviii, in Act. Apost., n. 5; P. G., t. i,x, col. 147). Cf. De pœnit. {P. G., t. lxiv, col. 12).

* Primum omnium id est in cullu quotidiano. — IlptÙTOv Ttàvrojv... èv ty) XaxpEia TV) xaÔTijAeptv?). — Et hoc sciunt initiati, quomodo quotidie fiant precationes et vespere et mane pro toto mundo, pro regibus, etc. — Kai toOto ÏTatnv o\ (x-Jatat ucoç xaô' lxà(jTr,v v)u.;pav ytvsTai, xal Èv laTtepa " xal ev Ttpwta nûi; Û7t£p Ttavxéç tou xôcfAou... 7:oio'U(j.£Ôa Tr^v 2ér)(riv {In Ep. I ad Tim., II, 'l; P. G., t. LXi, col. 530).

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