CHAPITRE III
à Antioche, pour les Vêpres et les Laudes, les mêmes prières et les mêmes psaumes que prescrivent les Constitutions apostoliques. Comme le saint invoque une ordonnance des Pères, la liturgie de Toffice canonial, telle que nous la présentent \esConstitutions apostoliques ^ remonte au moins au milieu du iv*^ siècle.
Dans l'explication du psaume cxxxin, le saint parle de la prière de nuit : Quod si in nocte oportet ad sancta accedere, considei'a quamnani consequefur veniam, qui ne domi quidem illo tempore preces fundit. Propheta enim te e lecto excitât, etc. '. Lorsque Chrysostome fut appelé à Constanlinople, il trouva, au rapport de Palladius, que le zèle des fidèles pour l'assistance à l'office de nuit s'était bien relâché. C'est pourquoi, dans sa prédication, il les exhorta fortement à revenir tous à cette sainte pratique ; les femmes devaient rester la nuit chez elles et venir à l'église pendant le jour, parce que les hommes avaient peu de temps pendant la journée. Que celui qui ne peut venir à l'église prie chez lui, mais ne passe pas la nuit entière dans le sommeil. On doit également éveiller les enfants, afin qu'ils récitent au moins quelque prière et qu'ensuite ils retournent dormir; s'ils s'appliquent de bonne heure à cette coutume, elle leur sera dans la suite peu pénible.
Le saint s'étend à ce sujet avec force et éloquence dans l'homélie XXVI, sur les Actes des Apôtres, qu'il prononça dans les premières années de son séjour à Constanlinople^. Ses efforts furent couronnés des plus consolants résultats. En effet, comme le rapporte Sozomène, le peuple de Constantinople recommença dès lors à fréquenter avec zèle les offices de la nuit et du matin^;
* EE ôè £v vuxTt T:apaYtvE'76at tic, xà ayia est, èvvôriffov , ttoizî TSÛlsTai (jy'i— YvtojAVii; ô (iT,8à ol'xoi xarà rbv xaipôv èxsïvov EÙ/àç ÈTttTsXwv x. t. \. {Expos. in ps. cxxxm, 2; P. G., t. lv, col. 386).
2 Palladius, Dialog. de vita Chrysost., c. v; P. G., t. xlvii, col. 20). S. lo. Chrys., Hom., xxvi, in Acl. Apost. (yevfaÔw Stà Ttavxcov ri otxia lxx>,viTta 8ià TTÎ; vuxTÔç, P. G., t. i.x, col. 202, 203). Cf. là-dessus et sur ce qui suit Pleithner, op. cit., p. 209-213, où se trouvent aussi de bons extraits des sermons en question.
^ 'H 6c 'ExxVriT'Ia eu (lâXa SiSTrpsTrev... xat rat; Tcep\ to t>£Îov Ospanefatc ètte- Sfôo'j. — Ecclesia vero macfnopere florehat... et in cultu dioini numinis amplius proficiehai. — rJpoÔ-jfioTepôv te t(5te (xàX),ov ô Ko)vTTavT;vou7t6X£W(; Xab? Toï; Iwôivoï? xa\ vuxtepivor; davoïç r/pr|TO. Les manœuvres des ariens, qui, partajïés en p:roupes, « psalmodiaient anliphonatim. » en dehors des villes dans des salles publiques (xaxà tov twv àvTtscôvtov xpôitov k'']/«).Xov) y donnèrent occasion. Clausulas quasdam iuxta ipsorum dogma compositas
el le saint en remercia Dieu dans les sermons qu'il prononça plus tard, et exprima aux fidèles sa reconnaissance et sa joie de Tessor que la vie de prière et la participation à la liturgie avaient pris^ Et des paroles du saint évèque et de Sozomène, il ressort qu'il y avait des réunions de nuit, des Trawii^ta, au moins quelquefois (peut-être bien le dimanche), et qu'elles se terminaient par les Laudes récitées au lever du soleil.
Mais tous les jours il y avait office du malin et Vêpres. On ne voit pas si la sainte Messe était célébrée à l'heure de None ou de Tierce, ou après les Laudes le dimanche. Dans l'homélie xiv sur la I Tim., v^, comme dans l'homélie lxvih (al. lxix), n. 3^,
adiicientes. Prima autem luce, eadem publiée cancnles , pergehant ad loca, in quitus collectas celebrahant. Atque id facere consueverant in celebriorihus festivitatibus, et primo ac sepiimo cuiusque hebdomadis die. Tandem vero cantica quoque adiecerunt, quse ad rixam et contentionem spectarent : Ubinam sunt, dicentes, qui ires dicunt esse unicam potentiam (-rà xpîa (jitav SOvapiiv) el alia huiusmodi Itymnis suis intermiscentes. Joannes (Chrysoslomus) itaqne, veritiis, ne ({uis ex Ecclesia sua per hsec in fraudem inducerelur, plebem, quse suh ipso erat, ut similiter psalleret , incitavit. Qui brevi lempore illuslriores facti , Arianos et multitudine el apparatus splendore longe superarunt. Nam et crucium argentea signa, prœcedentibus cereis , eos anleibant, et eunuchus imperatricis huic rei prsepositus erat, qui idoneum ad hsec sumptum et hymnos ad canendum prsepararet. Hinc Ariani, seu invidia moti seu vindictœ cupiditate, catholicos pugna adorti sunt. Il y eut des morts el des blessés des deux côtés; Brison, le célèbre chambellan de l'impéralrice, fut blessé au front, à la suite de quoi imperator commotus Arianorum huiusmodi conventus deinceps inhihuit. Calholici vero, cum ex huiusmodi causa hymnos eo, quo diximus, modo canere cœpissent, in hune usque diem ita perseverarunt (Sozom., //. E., lib. VIII, c. vu, vm; P. G., t. lxvii, col. 1335 sq.). Ainsi il n'y eut plus office de nuit et station que le dimanche. Cf. Socrates, H. E., lib. VI, c. VIII : Quoties festi dies occurrebant , Sahhatum intelligo et diem Dominicum, quibus collectœ in ecclesiis agi soient... hymnos apte ad Arianam hœresim compositos alternatim sibi respondentes canebant. Idqu • maiore noctis parle faciebant. Diluculo vero easdem antiphonas eanentes, per mediam urbem incedebant... ad locum, quo collectas celebrabant... Joannes veritus... quosdam eis opposuit, qui nocturnos perinde hymnos canendo... Ainsi 7tavvTJ-/ta seulement le dimanche.
* Quid mihi narras lediflcia, quid columnas? Hsec una cum prœsenti vita diruuntur. Ecelesiam ingredere , ut civitatis videas nobilitatem. Ingredere, inquam, vide pauperes a inedio noctis usque ad lucem persévérantes, vide sacra perviligia diem cum nocte copulantia : vide eos neque mterdiu neque noctu vel somni tyrannidem ac violentiam metuentes , vel inopiœ necessitatem formidantes {Homil., iv, in illud Vidi Dominum, n. 1 ; P. G., t. Lvi, col. 120). Montfaucon montre dans son Monitum [loc. cit., p. 95) que cette homélie fut prononcée plus tard que les autres.
2 P. G., t. Lxii, col. 575 sq., n. 3, 4.
3 P. G., t. i-viii, col. 644.
sur saint Mathieu, et riiomélie sur les psaumes cxvni, clxiv* (cette dernière faussement attribuée à saint Ghrysostome, mais datant toutefois de la même époque), l'office de nuit, Laudes, Tierce, Sexte et None sont marqués avec toute la clarté désirable comme offices des moines. Quelques-uns prétendent trouver dans diverses expressions de ces passages une indication de Prime et de Gomplies^. Mais lesdites expressions pourraient être interprétées dans un autre sens, et ainsi elles ne nous paraissent pas suffisantes pour nous permettre d'en tirer des conclusions. Il serait possible cependant que le saint ait eu en vue ces deux offices, parce que Prime, comme nous le verrons plus tard dans Gassien, a été établie vers ce temps, et qu'on pourrait trouver peut-être dans saint Basile l'indice d'une prière du soir après Vêpres, analogue à nos Compiles. Il ressort de Ihomélie xiv, sur la I Tim., v^, qu'à l'époque de saint Ghrysostome, du moins chez les moines, le Canticuni d'Isaïe*, et de l'ouvrage Quod nemo Iseditur , c. xvi (0pp., n, p. 462), que le Canticum trium puerorum^^ du moins dans l'Eglise d'Orient, étaient chantés, le premier à l'office de nuit, et le deuxième à l'office (coSy)... TuavTaxoîi TTjÇ otxouaÉvr); (x5oij.£v/) ) .