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II. De la fin du IV' au commencement du VF siècle

Outre les récits que nous ont laissés sur les coutumes des moines orientaux les historiens Socrate, Sozomène et l'abbé Jean Gassien, nous avons comme source principale pour cette période la Peregrinatio sanctse Sylviœ^, découverte il y a quelques années. Les rites décrits dans cet ouvrage ont, en effet, exercé la plus grande influence sur le développement du rite latinoromain.

Socrate et Sozomène. — Les renseignements fournis par les

1 P. G., t. LV, col. 705.

2 Pleithner, op. cit., p. 2i6-247.

3 Opéra, t. xi, p. 630 fc, éd. Bénéd.

* Cap. XXVI, Ex nocte vigilat spiritus meus. s Dan., m.

6 S. Sylvia; Aquitanise, Peregrinatio ad loca sancta, , éd. Gamurrini, Romœ, i887; éd. 2, Romœ, 1888.

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écriv^ains byzantins sont très peu abondants. D'après Socrate (né vers 380), on lisait les saintes Ecritures aux Vêpres du samedi et du dimanche, dans les diverses églises d'Orient, et d'ordinaire les évêques ou les prêtres les expliquaient ^ D'après Sozomène, qui semble avoir puisé ses renseignements dans Palladius, saint Pacônie aurait ordonné que les moines de Tabenne, dans la Haute-Egypte, se réuniraient le samedi et le dimanche pour célébrer les saints mystères et recevoir la communion. Mais ils récitaient douze psaumes chaque jour à Vêpres et durant la nuit, et trois à None^. Les indications de Sozomène présentent cependant quelques diflicultés; ou elles parlent d'une pratique postérieure , ou elles manquent d'exactitude.

Cassien. — Jean Cassien^, qui a vu de ses propres yeux tout ce qu'il raconte et qui a étudié à fond ce qui fait l'objet de son récit, doit être considéré comme un témoin authentique de son époque et préféré à tous les autres historiens. Sa patrie est inconnue; il fut élevé dans un monastère de Bethléem, et visita dans la suite avec son ami Germain les monastères de Palestine, de Syrie, de Mésopotamie et d'Egypte, berceaux du monachisme. Ordonné prêtre en 402 par saint JeanChrysostome

1 H. E., lib. V, c. XXII (P. G., t. lxvii, col. GiO).

2 AwSéxaxov SI 7tâ<TY)(; r/i; rjjxépa; eû'xeffOat, xal Trpb; éiruspav ôfAOt'wç. To- (jauTocxtç ôè xal vùxTwp • i^'iâxr^ Se (opa xpiTOv. 'livixa S; \tÀWoiZ'i èaÔfetv , IxâffTï): £iJ-/Ti; irpoâôctv ']/a),[jiôv (//. E., lib. III, c. xiv; P. G., t. lxvii, col. 1076-1077). Les commentateurs hésitent à reconnaître l'exactitude de cette indication de Sozomène. Bickell (dans Katholik, 1873, t. ii, col. 575) pense qu'elle convient plutôt aux moines orientaux (Syrie et Palestine) qu'à ceux d'Egypte. Les Égyptiens n'auraient récité que douze psaumes pendant la nuit et douze à Vêpres, et peut-être quelques-uns à None; tandis que ceux d'Orient récitaient en plus douze autres psaumes pendant le jour : trois à chacune des heures de Prime, Tierce, Sexte ef. None. Le canon 17 du concile de Laodicée (èv Taïç o-uvâÇcciv xaO' â'y.ao-Tov il'a^nôv yivecrôai àvdtyvdxriv ) , que Bickell cite comme preuve qu'il y avait des leçons de l'Ecriture à l'office et que même elles étaient prescriles, n'est pas bien probant, car il est seul à parler de ce fait, et nulle part ailleurs on ne trouve dans l'office une leçon après chaque psaume. On doit l'entendre de la Messe, où l'on ne trouve pas plusieurs psaumes l'un après l'autre, mais bien un psaume après une leçon. Sunaxis s'entend aussi ailleurs de la Messe : ainsi, dans Socrate (H. E., lib. VI, c. viii; P. G-, t. lxvii, col. 690), a-'jva^iç = collecta est opposée à la célébration de l'office des Matines et des Laudes.

3 [Cet auteur, comme la Peregrinatio , apporte à l'histoire dé l'office divin une contribution de premier ordre, et l'on ne sera pas étonné que dom Bâumer s'arrête longuement à les analyser. Tr.]

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