‹ Histoire du bréviaireChapitre 72 sur 224 · CHAPITRE 111 Ul · texte numérisé non relu

CHAPITRE 111 Ul

que le soleil levanl les IrouA'e occupés à priera Les Egyptiens n'observaient pas d'heures précises pour la prière durant le jour ; mais ils employaient tout le jour à une prière continuelle accompagnant le travail^.

2° Les prières des moines d'Orient. Vigiles. — Venons -en maintenant aux monastères de Palestine, de Mésopotamie et à ceux du reste de l'Orient (ac (otius Orientis) ^ où régnent d'autres coutumes. Tout d'abord, il semble que l'oflice de nuit ait été aux jours ordinaires plus long qu'en Egypte. Gassien ne s'exprime pas clairement à ce sujet. Il parle simplement des Vigiles , qui étaient célébrées le vendredi soir pour le samedi et dans la nuit du samedi pour le dimanche^. Mais on peut bien rapporter aux coutumes des Orientaux ce qu'il dit [De inst. cœn., lib. II, c. ii) avec une quasi désapprobation: qu'en dehors de l'Egypte presque chaque pays observait une règle différente pour la psalmodie. Les uns croyaient devoir dire chaque nuit dix-huit, d'autres vingt, trente psaumes ou même davantage, en y ajoutant des antiennes prolongées accompagnées d'autres modulations musicales : antiphonarum prolelalis nielodiis et adiunctione quariindam modiilationuin.

Nous avons une description jjIus détaillée de la célébration de

1 En etTet, on lit au lib. II, c. xii : Ideoque cuin fuerint oraiionuin canonicarum functiones ex more finitse , iinusquisque ad siiam recurrens cellulain i quam aut solus aiit cum alio tantum inhahitare permittitiir...) idem rursus oralionum officium velut peculiare sacrificium studiosius célébrant ,... donec superveniente diei splendore nocturno operi ac meditationi operatio diurna succédât...; et peu après, au ch. xiii : Quamobrem canonicis Vigiliis privatœ ah eis suhiungiintur excuhix... (Petschenig, loc. cit., p. 28 sq. ; P. L., loc. cit., col. 103-105). Cf. lib. III, c. v : Missa canonica celehrata (c.-à-d. officio nocturno peracto)... (Petschenig, loc. cit., p. 46; P. L., loc. cit., col. 134). Cette pensée, que le soleil levant devait trouver les pieux chrétiens en prière, revient souvent chez les Pères et semble avoir une loi poiu* fondement. Nous l'avons trouvée plus haut dans Canones Hippolyti et dans Epist. Athan. ad Virg., et nous la rencontrerons aussi dans saint Jérôme.

* On lit : Apud illos [nempe /Egyptins) etenim hœc officia, quse Domino solvere per dislinctionem horarum et lemporis interralla cum admonitione compulsoris adigimur (c.-à-d. nous moines palestiniens) per tolum diei spatium iugiler cum operis adjeclione spontanée celebrantur... cui preces et orationes per singula momenta adiicientes... Quamobrem exceplis vespertinis et nocturnis congregationibus nulla apud eos per diem publica solemnitas... (lib. III, c. ii [Petschenig, loc. cit., p. 36; P. L., loc. cit., col. 114]). Cf. lib. II, c. xiv.

3 Lib. III, c. vui (Petschenig, loc. cit., p. 42; P. L., loc. cit., col. 140).

Toflice de nuit depuis le vendredi jusqu'au dimanche '. On y lil : Les Vigiles sont célébrées dans les monastères d'Orient toutes les semaines depuis les premières Vêpres du samedi, c'est-à-dire depuis l'entrée de nuit du vendredi jusqu'au quatrième chant du coq. Et cela doit se faire de façon qu'on divise tout l'office des Vigiles en trois parties. On chante d'abord trois psaumes antiphonés, les assistants étant debout, et à ce qu'il semble chantant les antiennes ou de petites sentences. Puis on s'assoit sur des sièges ou des bancs, ou même à terre, et on répond aux trois psaumes, qu'un seul récite debout. Suivent trois leçons, qu'on écoute étant assis^. On pourrait supposer que l'une était empruntée à l'Ancien Testament, la seconde aux écrits des Apôtres et la troisième à l'Evangile. Ce qui s'accorderait parfaitement avec ce que nous savons des usages des Égyptiens el d'autres peuples, d'autant mieux que saint Basile, dont les indications sur la célébration des Vigiles correspondent à celles de Cassien ^, indique ces trois leçons pour la vigile de Pâques ''. Au chapitre ix, Cassien dit que les Vigiles avaient été établies en souvenir de l'insomnie des Apôtres attristés de la mort du Sauveur, et que c'était un usage de toutes les églises d'Orient [per universas Orientis ecclesias^). Ainsi, ces Vigiles étaient célébrées non seulement par les habitants des monastères , mais pa*' le clergé séculier et par les fidèles ; comme conséquence en Orient on ne jeûnait pas le samedi non plus que le dimanche , tandis qu'à Rome, comme le marque le chapitre x , on observait le jeûne le samedi®. Il ressort de là qu'en Occident on ne faisait qu'une Travvu/ia, celle du samedi pour le dimanche.

Mais Cassien, dans la description qui précède, a-t-il donné un exposé complet de l'office de nuit? Nous le croyons d'autant moins, que pour d'autres offices ses indications ont besoin d'être

1 Lib. III, c. VIII (Petschenig, loc. cit.)

2 Cum slantes anliphona tria cohcinuerint (lib. III, c. viii [Petschenig, loc. cit., p. 43]), ou antiphonas très (P. L., loc. cit., col. 144) humi post hsec vel sedilihas humillimis insidientes très psalinos uno modulante respondent... atque his sub eadem quiète residentihus ternas adiiciunt lectiones (Petschenig, loc. cit., p. 43).

•• Epist. ccvii.

* Homil., XIII, Exhort. ad s. baptisma.

5 Ibid.

6 Cf. aussi S. Innoc. I, Ad Dec; S. Aug., epist. lxxxvi, xcvii.

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