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CHAPITRE III

un sacrifice d'encens, le soir [sacrificium vespertînum)^ . Enfin, il remarque avec raison qu'il s'af,^! non seulement d'un sacrifice symbolique, mais qu'il faut l'entendre [sacratius) de ce sacrifice véritable et parfait, accompli par notre Sauveur par deux fois : dans la célébration de la sainte Cène avec ses disciples, et le jour suivant dans l'élévation de ses mains sur la croix-.

Ainsi le Collateur entend les Vêpres au point de vue mystique, comme une action de grâces pour l'établissement du très saint sacrifice de la Messe et comme un mémorial de l'accomplissement de la rédemption par le sacrifice sanglant de l'Homme-Dieu sur la croix ; aussi portaient-elles jadis avec raison l'appellation à'Eucharistia Incernalis , de Gratiariim actio vespertina.

Cassien ne nous dit malheureusement pas combien de psaumes et quels psaumes on récitait à cet office des Vêpres , en Palestine et ailleurs. On pourrait conclure d'un passage, que le psaume cxl (où se trouve le verset Dirigatur oralio mea... sacrificium vespertinum ) était récité journellement à cet office^ , d'autant que, d'après saint Chrysostome et les Constitutions apostoliques , il était en usage ailleurs en Orient.

6° Compiles. — On a voulu voir, dans Cassien, la preuve de l'existence d'un office de Compiles, en outre des sept Heures connues : Vigiles (Nocturnes ou Matines!, Matines (Laudes\

* Ps. CXL.

2 De vespertinis autem «acrificiis qiiid dicendiim est, quœ iurjiter offerri eliam in Veteri Teslamenlo le(/e Mosaica sanciunlur'.' Holocausta enini matutina et sacrificia vespertina cunctis diehus in temple, licet fiffiiralihus tiosliis, eliam ex eo prohare possumus indesinenter oblala Num., .\xviii\ Qaod a David canitur : Diricjatiir oralio mea sicul incensum in conspeclu tuo; elevatio manuum mearum sacrificium vespertinum (Ps. cxl). Quo in loco de illo quoque vero sacrificio vespertino sacratius intelligi potest, qaod vel vespere a Domino salvatore cœnantihus Apostolis traditur, cum initiaret Ecclesix sacrosancla myst?ria ; vel quod ipse die postera sacrificium vespertinum, in fine scilicet seeculorum, elevatione manuum suarum pro sainte totius mundi ohlatus est Patri. Quœ extensio manuum eius in patihulo satis proprie elevatio manuujn nuncupatur. Omnes enim nos in inferno iacentes elevavit ad cselos , s. cnndum promissionis eius sententiam dicentis : Cum exallatus fuero a terra, omnia traliam ad meipsum (Joan., xiv). De matutina vero solemnitate eliam illud nos instruit, quod in ipsa quotidie decantari solet : Deus, Deus meus, ad te de luce vigilo, etc. (Ps. Lxn Petschenig, loc. cit., p. 37-38; P. L., toc. cit., col. 122-125]). 3 Collât. IX, c. XXXVI (Petschenig. loc. cit., p. 283-284; P. L.. loc. cit., col. 818).

nouvelles Matines f novella solemnitas, Prime), Tierce, Sexle et None, Vêpres. Dans le quatrième livre des Institutions, Tauleur parle du lavement des pieds des frères à la fin de la semaine, où les hebdomadiers, qui servaient à la cuisine et au réfectoire, rendaient ce service de charité à tous les frères*. Cela se faisait, dit-il, le dimanche après le repas du soir, lorsque les frères se rassemblaient pour chanter selon la coutume ordinaire, avant d'aller reposer, les psaumes habituels : Convenientihus in unum fralrihus ad concinendos psalmos , quos quieluri ex more décantant'-^. Cependant ce chant des psaumes n'était pas un office quotidien, canonique; on n'y peut voir l'office du soir. En effet, on voit par l'ordonnance des Vigiles, indiquée plus haut, que le samedi elles se joignaient immédiatement aux Vêpres ou commençaient avec ces Vêpres. Et du passage déjà indiqué des Conférences^, il résulte qu'aux autres jours de la semaine, lorsque le repas avait eu lieu après None. on se retirait aussitôt après Vêpres pour se reposer. De même le passage où Cassien énumère les Heures canoniales montre qu'il considère le nombre sept atteint par l'adjonction d'un nouvel office. Prime ^; en effet, les Nocturnes, les Laudes, Prime, Tierce, Sexte, None et Vêpres complètent le nombre sacré, le septies du Psalmiste*. Nous pouvons simplement dire que le dimanche on faisait un office extraordinaire avant le repos de la nuit, et qu'il consistait dans le lavement des pieds, après le repas du soir, qui avait lieu après Vêpres et avant d'aller reposer. Cela concorde avec ce que l'auteur dit, que dans les repas ordinaires de midi on chantait avant et après des psaumes, tandis qu'au repas du soir on avait coutume de réciter simplement une courte prière avant et après : quod scilicet extraordinaria sit inter monachos ista refectio^. Ainsi il y avait une certaine addition le dimanche ; on mangeait après les Vêpres, et on procédait au lavement des pieds. Toutefois nous ne nierons pas que dans cet usage , comme dans l'or-

* Cf. la Règle de S. Benoit, c. xxxv.

2 Lib. IV, c. XIX (Petschenig, loc cit., p. 60; P. L., loc. cit., col. 179). •'' Collât. IX, c. XXXVI (Petschenig, loc. cit. p. 283: P. L., loc. cit., col. 817).

* De in.it. cœnob., lib. III, c. iv (Petschenig^, loc. cit., p. 38; P. L., loc. cit., col. 126).

* Ps. cxviii.

6 Lib. III, c. xii (Petschenig, loc. cit., p. 45; P. L., loc. cit., col. 151-152).

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