CHAPITRE III
avait attribué, avec son premier éditeur Gamurrini, la Peregrinatio à Sylvia. Notre savant confrère dom Marius Férotin a enfin fait cesser toute incertitude relative au nom, à la patrie et à la qualité de Tauteur de ce récit. La voyageuse du iv^ siècle est une vierge espagnole du nord-ouest de l'Espagne, du nom d'Éthéria. Il faut lire la thèse de dom P^érotin dans la Revue des questions historiques , 1" octobre 1903 ; également tiré à part : Le véritable auteur de la Peregrinatio Sylviae, la vierge espagnole Éthéria, 1903. Tr. 1
Comme il serait trop long pour nous de donner le récit détaillé de la célébration de la Messe et d'autres actes liturgiques (il embrasse 34 pages in-quarto), nous devrons nous borner, malgré l'intérêt qu'il offre , au plus indispensable, à ce qui est dit des Heures canoniales. Mais nous nous arrêterons plus longuement que chez d'autres auteurs sur certains passages qui paraissent ne pas traiter immédiatement des Heures, par exemple ce qui concerne la semaine sainte, parce que ces cérémonies sont intimement unies à la formation de l'office , et qu'aujourd'hui encore des coutumes telles que les processions et d'autres cérémonies sont fréquemment rattachées à l'office, et parce que les racines d'où est sorti notre rite actuel sont mises à découvert dans ce récit.
10 LES JOURS DE LA SE.MAiXE. — a) Vigiles (Matines) et Laudes. Chaque jour, écrit la sainte à ses sœurs, avant le chant du coq, toutes les portes de l'Anastasie s'ouvrent et tous les monazontes et les parthenx (moines et vierges) arrivent (vers une heure ou une heure et demie après minuit) , et non seulement eux, mais encore des laïques, hommes et femmes, qui veulent faire vigile. De ce moment jusqu'au lever du jour, on psalmodie avec des antiennes et des répons, et à la fin de chaque psaume on récite une oraison. Ces oraisons sont dites par des prêtres et des diacres qui chaque jour sont désignés pour cet office, deux ou trois. Ils récitent ces hymnes, c'est-à-dire ces psaumes et ces antiennes, avec les monazontes. Au point du jour, ou commence à dire les matutinos ymnos. L'évêque arrive avec son clergé (nous pensons que cet évèque était encore saint Cyrille, l'évêque Jean lui
peregrinatio ad loca sancta. Editio altéra, novis caris emendata , Rom;e, ex typis vaticanis, 188S, in -40. Nous citerons dans la suite d'après celte deuxième édition. Voir plus haut, p. 103, n. 2.
succéda en 386), et aussitôt il entre dans la grotte et, debout derrière la balustrade, il dit une oraison pro omnibus, il fait commémoration des noms de ceux qu'il veut (non comme ailleurs, où c'était le diacre), et il renvoie avec sa bénédiction les catéchumènes. Il dit une oraison, bénit et renvoie les fidèles. Il se l'etire, et chacun vient lui baiser les mains et se faire bénir par lui, et l'assemblée est congédiée lorsque le jour a paru. On voit ici que la fin de l'office des Laudes correspond très exactement à ce que nous en disent les Conslitulions apostoliques. La grande vénération dont jouissait l'évêque convient plutôt à saint Cyrille qu'à son successeur Jean'.
p) Sexte et None. A la sixième heure (midi) on descend de nouveau, et de la même façon qu'auparavant, dans la basilique de l'Anastasie : on dit les psaumes et les antiennes, jusqu'à l'annonce de l'arrivée de lévéque. Celui-ci ne s'assoit pas sur son trône; mais aussitôt il pénètre dans la balustrade de l'Anastasie, c'està-dire dans la grotte, comme le matin. Il y récite l'oraison, puis bénit les fidèles, et lorsqu'il se retire on lui baise les mains. On célèbre None entièrement comme Sexte-.
' Nam singiilis diehiis, ante piillorum cantum , aperiiuxtur omnia hostia Anastasis et descendent omnes monazontes et parthenœ , iit hic dicunt , et non solum hii, sed et laici, prseterea viri aut mulieres, qui tamen voliint matnrius vigilare. Et ex ea hora usque in liicem dicuntur ymni, et psalmi respondunlur ; similiter et antiphonœ : et cala singiilos ymnos fît oratio. Nam preshyteri bini vel terni, similiter et diacones , singulis diebus vices habent simul cum monazontes , qui cata singulos ymnos vel antiphonas orationes dicunt. Jam autem ubi ceperit liicescere, lune incipiunt matutinos ymnos dicere. Ecce et supervenil cum clero episcopus , et statim inyreditur intrn spelunca et de intro cancellos primum dicet orationem pro omnibus; commémorât etiam ijjse nomina, quorum vult, sic henedicet cathecumenos. Item dicet orationem, et benedicet fidèles. Et post hoc, exeunte episcopo de intro cancellos, omnes ad manum ei accédant; et ille eos uno et uno henedicet exiens iam , ac sic fit missa, iam luce {Pereg. Sylviœ, p. 45 sq.). Hymni a une signification g-cnérale, d'après laquelle il signifie aussi psaumes.
2 Item hora sexta denuo descendent omnes similiter ad Anastasim, et dicuntur psalmi et antiphonœ , donec commonelur episcopus: similiter descendet, et non sedet, sed statim intrat intra cancellos intra Anastasim, id est intra .^peluncam , ubi et mature. Et inde similiter primum facit orationem; sic benedicet fidèles, et sic exiens de cancellos, similiter ei ad manum accedilur. Ita ergo et hora nona fit sicuti et ad sexta (Peregr. Sylvise, p. 46). L'auteur ne parle d'un office de Tierce ni ici, ni ailleurs. Ainsi donc, à Jérusalem, si tant est qu'il existât, il n'était pas célébré en communauté, parce que l'office du matin des Laudes durait trop long-' temps et qu'il y avait une nouvelle réunion vers midi pour Sexte. Nous