CHAPITRE III
y) Lucernaîre ou Vêpres. lDoiii Baumer croit pouvoir identifier les deux offices; cependant, rigoureusement parlant, il est mieux de distinguer ; Vêpres n'est pas exactement le Lucernaire, pas plus que les Matines ne sont exactement les Vigiles. Tr.] A la dixième heure (quatre heures), l'heure que l'on appelle licinicon et que nous appelons chez nous liicernare, la foule se porte de nouveau à l'Anastasie. On allume tous les cierges, c'est une g'rande illumination. On n'apporte point la lumière du dehors; mais on la prend dans la grotte, où une lampe brûle nuit et jour. Puis on chante les psaumes du soir avec antiennes (plus longs qu'à Sexte et à None). L'évêque paraît, s'assoit, les prêtres autour de lui à leurs places, et on poursuit le chant des psaumes et des hymnes. L'évêque se lève et reste debout devant la balustrade, c'est-à-dire devant la grotte. Un diacre fait la commémoraisonde chacun, et les pisinni oujeunes enfants, qui sont toujours là très nombreux, répondent à chaque nom Kyrie eleison; leurs voix sont infinies [sic). Le diacre ayant achevé, l'évêque dit l'oraison et prie pour tous. Et tous les assistants, fidèles et catéchumènes, prient ensemble. Le diacre invite les catéchumènes à incliner la tête, et l'évêque prononce l'oraison pour eux. Puis suit la bénédiction des fidèles. Et le renvoi se fait ; chacun baise la main de l'évêque. Le peuple se rend avec l'évêque de l'xAnastasie à la Croix (c'est-à-dire à la chapelle où sont conservés les grands morceaux de la sainte Croix), au chant des hymnes. Arrivé là, l'évêque fait oraison et bénit les catéchumènes, récite une seconde oraison et bénit les fidèles. L'évêque et toute la foule passent derrière la croix, on récite les mêmes prières et on recommence la même cérémonie. Des cierges, des candélabres de cristal et des flambeaux sont en grand nombre devant l'église de la Résurrection et près de la croix. On termine lorsqu'il est déjà nuit noire. Cet office a lieu les six jours de la semaine à l'église de la Résurrection et à la chapelle de la Croix'.
savons déjà que. encore actuellement en Orient, les petites Heures n'ont souvent pas lieu, i Tierce a lieu en Carême, comme l'a prouvé dom Cabrol. Cf. Élude sur la Perecjrinntio Si/lviee, p. 45, note 1. Tr.^
ï Hora autem décima {quod appellant hic licinicon [en prec tô ).\j-/vtxôv, officium lucernaruin, lucernaris ffraliarum actio, ainsi les Vêpres commençaient ici de meilleure heure, parce qu'elles duraient très longtemps , nam nos dicimus lucernare) simililer se omnis multitudo colliget ad Anastasim, incendunlur omnes candelœ el cerei, et fit lumen infini-
2° LE DIMANCHE. — a) Vigiles ou Matines [Officium nocturnum). Le septième jour, avant le chant du coq, la foule entière, et non plus seulement les moines et quelques fidèles, comme dans les nuits de la semaine, se réunit à lAnastasie, hors de l'église, dans un endroit où il y a des lampes allumées. La foule est aussi nombreuse qu'ailleurs le jour de Pâques. Les fidèles arrivent longtemps à l'avance, par crainte d'arriver après le chant du coq et de ne pas trouver place. On chante des psaumes antiphonés, et après chaque psaume ou chaque antienne et répons, il y a une oraison. Car il y a toujours des prêtres et des diacres.
tvm. Lumen aiilem de foris non affertiir, sed d? spelunca interiori eiicitur, uhi noclu ac die semper lucerna lucel, id est de intro cancellos : diciinliir etiam psalmi lucernares (c'étaient, on le voit, des psaumes déterminés ou connus), sed et antiphonœ dhitius. Ecce et commonetur episcopus, et descendet, et sedet susiun ( i. e. in cathedra locata in templo superiore; preshyteri aulem hinc inde, ut mos est, sedebant, dit de Rossi), nec non etiam et preshyteri sedent lacis suis; dicuntur ymni vel antiphonœ. Et ad uhi perducti fuerint iuxta consnetudinem, lehat se episcopus, et stat antem cancellum , id est ante speluncam : Et unus ex diaconihus facit commemorationem singulorum, sicut solet esse consuetudo (Pereyr. Sylviœ , p. 46-i7). (Cf. sur ce fait et sur la suite, comme sur la conclusion des Laudes, ce qui a été dit plus haut d"après S. Jean Chrysostome et les Constitutions apostoliques.) Et diacono dicente sinyulorutn nomina , semper pisinni (parvuli) plurimi stant, respondentes semper : Kyrie eleyson, ([uod dicimus nos : Miserere Domine; c/uorum voces infinitx sunt. Et at uhi diaconus perdixerit omnia, quœ dicere hahet; dicet orationein primuni ejjiscopus, et orat pro omnibus : et sic orant omnes, tam fidèles, quam et cathecumini simul. Item mittet vocem diaconus, ut unusquisque , cjuomodo stat (peut-être est-il fait ici allusion aux trois ou quatre classes différentes du catéchuménat), cathecuminus inclinet caput : et sic dicet episcopus stans benediclionem super cathecuminos. Item fit oratio , et denuo millet diaconus vocem, et commonet, ut unusquisque stans fidelium inclinent capita sua : item henedicet fidèles episcopus , et sic fit missa Anastasi. Et incipient episcopo ad manum accedere sinyuli. Et poslmodum de Anastasi usque ad Crucem ymnus dicitur, episcopus simul et omnis populus vadet : uhi cum perventum fuerit , primum facit orationem : item henedicet cathecuminos : item fit alla oratio : item henedicit fidèles. Et post hoc denuo tam episcopus quam omnis turba vadet denuo post Crucem : et ibi denuo similiter fit, sicuti et ante Crucem. Et similiter ad manum episcopi acceditur sicut ad Anasiasim , ita et ante Crucem, ita et post Crucem (^ ante et post cuhiculum uhi crux servabatur). Candelie autem vitrese inyentes (= cerei mayni cum fulcro vitreo) ubicfue plurimœ pendent, et cereofala (=z= candelahra) plurima snnt, tam ante Anastasim , quam etiam ante Crucem, sed et post Crucem. Finiuntur err/o hxc omnia cum tenehris. Hœc operatio cotidie per dies sex ita habetur ad Crucem et ad Anastasim [Pereyr. Sylviœ, p. 47 sq. ).