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CHAPITRE III

La coutume veut que les portes du lieu saint ne soient pas ouvertes avant le chant du coq. Mais sitôt qu'il a retenti, l'évêque arrive et entre dans la {grotte. Puis on ouvre les portes de la basilique, la foule entre dans l'église de la Résurrection, où mille lampes étincellent.

« Cet office ne paraît correspondre à aucune des parties liturgiques aujourd'hui en usage. Ms"" Duchesne y voit un vestige de l'antique réunion qui, durant les premiers siècles du christianisme, avait lieu dans la nuit du dimanche et des jours de stations (^'igiles stalionales) ; cet office, coordonné à une Messe à laquelle le peuple et les clercs assistaient, se serait ensuite combiné avec celui des Matines qui l'élimina. Mais il n'y a pas trace de lectures et d'homélies dans le texte de Sylvia (comme dans les Mgiles stationales) ; d'après les termes qu'elle emploie, ces prières ne paraissent avoir d'autre but que d'occuper les fidèles en attendant le commencement de l'office. » (D. Cabrol, Et. sur la Perecjr. Sylv., p. 51.) Le peuple entré, un des prêtres dit un psaume auquel tous répondent; puis vient une oraison. Un diacre dit un second psaume suivi d'une oraison, puis un clerc (inférieur) un troisième psaume suivi d'une troisième oraison; commémoraison et prière pour tous. Ces trois psaumes et ces trois oraisons achevées, on apporte des encensoirs dans la grotte; celle-ci ainsi que toute la basilique est remplie du parfum de l'encens. L'évêque se lève, reçoit le livre des Evangiles, entre dans la grotte et y lit le récit de la résurrection du Seigneur. A peine a-t-il commencé, que la foule éclate en de tels rugissements {rugilus), qu'un cœur de pierre en serait ému; cela au souvenir de tout ce que le Sauveur a souffert pour nous. L'évangile terminé, l'évêque se relire ; la foule l'accompagne à la chapelle de la Croix. Là on chante un psaume et l'on dit une oraison. Puis l'évêque donne la bénédiction aux fidèles et les renvoie. Tandis qu'il sort, on lui baise les mains. L'évêque est bientôt chez lui^

ï Septima autem die, id est dominica die, ante pulloriim cantiim colliget se omnis mnllitudo, quœcumque esse potest in eo loco, ac si per pascha in hasilica, </ua? est loco juxta Anastasim, foras tamen , uhi luminaria per hoc ipsud pendent. Diim enim verentur, ne ad pullorum cantum non occurrant, antecessiis veniunt et ihi sedent. Et dicuntur ymni, nec non et anliphonœ; et fiiinl orationes cata singulos i/mnos vel antiphonas. Nam et preshijteri et diacones semper parati sunt in eo loco ad vigilias propter multitiidinem . qnœ se colligei. Consuetudo enim talis

p) Laudes malutinx. L'office des Matines terminé, les monazontes et de pieux fidèles retournent à lAnastasie, pour y célébrer les Laudes. On chante des psaumes antiphonés jusqu'au jour; chaque psaume ou chaque antienne est suivi d'une oraison. Il y a dans ce but des prêtres et des diacres qui se remplacent chaque jour et qui veillent avec le peuple. Parmi les laïques, hommes et femmes, ceux qui veulent rester demeurent sur place ; ceux qui ne veulent pas retournent chez eux et vont dormira Ainsi donc il n'y a pas de célébration solennelle des Laudes, le dimanche, ainsi que cela a lieu les jours sur semaine.

y) La Messe. Le matin, on se rend dans la grande église construite par Constantin sur le Golgotha, derrière la chapelle de la Croix. Et tout s'accomplit comme c'est la coutume partout le dimanche. L'auteur témoigne ainsi que dans la deuxième moitié du iv^ siècle, la liturgie de Jérusalem et celle de Rome ou de l'Italie et des Gaules, par conséquent celle de toute l'Eglise, était la même pour ce qui concernait la Messe du dimanche. Une seule particularité, c'est que parmi les prêtres qui assistent à la réunion, ceux qui veulent prennent la parole, et c'est après eux tous

est, ut ante pulloriim cantum loca sancta non aperiantur. Mox autem primus pullus cantaverit , statim descendet episcopus , et intrat intro speliincam ad Anastasim. Aperiuntiir hostia omnia , et intrat omnis multitudo ad Anastasim : iihi iam luminaria infinita lucent. Et quemadmodum ingressus fuerit populiis , dicet psalmum quicumqiie de presbyteris, et respondent omnes; post hoc fil oratio. Item dicet psalmum quicumque de diaconihus : simililer fit oratio. Dicitur et tertius psalmus a quocumque clerico: fil et tertio oratio et commemoratio omnium. Dictis erc/o his tribus psalmis et factis orationibus tribus, ecce eliam thimialaria inferuntur intro spelunca Anaslasis, ut tola basilica Anastasis repleatur odoribus. Et tune ubi slat episcopus intra cancelios , prendet evangelium et accedet ad hostium et leç/it resurrectionem domnus episcopus ipse. Quod cum ceperit lecfi, tantus rugitus et muf/ilus fît omnium hominum; et tantœ lacrimœ , ut quamvis durissimus possit moveri in lacrimis, Dominum pro nobis tanla sustinuisse. Lecto ergo evangelio exit episcopus et ducitur cum ymnis ad Crucem, et omnis populus cum illo. Ibi denuo dicitur unus psalmus et fit oratio. Item benedicet fidèles et fit missa. Et exeunte episcopo omnes ad manum accedunt. Mox aulem recepit se episcopus in domum suam (Pereg. Sylvipe, p. 48 sq.).

1 Etiam ex illa hora reverluntur omnes monazontes ad Anastasim, et psalmi dicuntur et antiphonee usque ad lucem ; et cata singulos psalmos l'el antiphonas fît oratio. Vicibus enini quotidie preshyteri et diacones vigilant ad Anastasim cum populo. De laicis eliam, viris aut mulieribus , si qui volunt, usque ad lucem loco sunt ; si qui nolunt , revertuntur in domos suas et reponent se dormito {ihid., p. 49).

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