CHAPITRE II
rium [ibid.)^. Avant de renvoyer la foule, rarchidiacre annonce les heures de Toffice pour le jour suivant (pour l'heure de None), et il ajoute : « Mais aujourd'hui, à la septième heure, tenonsnous prêts à l'église du mont des Oliviers. » Chacun se rend chez soi pour y manger le plus promptement possible [hians ad domum suam festinat manducare )^ afin d'être au commencement de la septième heure (une heure après midi) à l'église du mont des Oliviers (m Eleona). Là l'évêque s'assied sur son trône et on chante des psaumes , des antiennes et des leçons appropriés au lieu et au temps, A la neuvième heure on se rend au chant des hymnes à Tlmbomon ( 'Ejxêoj[j(.iov ) , c'est-à-dire m allari vel suggestii, in eo loco de qiio ascendit Dominus in cselis , au lieu où le Seigneur s'éleva dans les cieux, mamelon découvert et rond, d'oii l'on apercevait le ciel. Le peuple, comme toujours, s'assoit sur l'ordre de l'évêque; mais les diacres restent debout. De nouveau on chante des psaumes, des hymnes et des antiennes appropriés , et on y intercale des prières et des lectures de la sainte Ecriture. Au commencement de la onzième heure, on lit le passage de l'Evangile où il est dit : Infantes cunx ramis vel palmis occiirrerunl Domino, dicentes : Benedictus qui venil in nomine Domini. Puis l'évêque se lève, et tout le peuple le précède et répond aux hymnes et aux antiennes par ce refrain: « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur I » Tous les enfants, même ceux qui ne peuvent encore marcher et qui sont portés au cou de leurs mères, ont dans les mains des rameaux de palmier et d'olivier. On accompagne ainsi l'évêque, qui tient la place du Christ^, comme jadis on accompagna le Seigneur, du sommet du mont des Oliviers jusqu'à la ville, et à l'Anastasie. Tout le monde va à pied, même les gens riches et les dames de haute naissance ; mais on marche très lentement, pour ne pas fatiguer le peuple. Et de la sorte, il est tard lorsqu'on arrive à l'église. Les Vêpres y sont encore chantées, et on rend l'hommage habituel à la sainte Croix. Nous aurions ainsi le plus ancien témoignage au sujet d'une procession, avec branches d'olivier et de palmier, le dimanche des Rameaux. Cf. dom Cabrol , loc. cit., p. 91 sq.
• Propterea autem Martyriuma ppellatur, quia in Golgottia est, id est posl Crucem, ubi Dominus passas est, et idcoMartyrio... (Peregr. Sylviee,p.bS-b9),
2 Et sic deducetur episcopus in eo typo, quo tune Dominus deductus est... de summo monte... per totani civitatem... ad Anastase (ibid., p. 60). Brév., t. I. Il
Les jours suivants, roffice du soir (None el Vêpres) et les Vigiles sont plus longs et plus solennels; on lit des leçons appropriées, on se rend au mont des Oliviers, où Tévêque lit les Evangiles de chaque jour *, le mercredi celui de la trahison du Seigneur par Judas (Duchesne, loc. cit., p. 487-488).
he jeudi saint, l'office du matin est quelque peu écourté, ainsi que l'office qui précède la Messe; le saint sacrifice est célébré dans la chapelle de la Croix, c'est la seule fois dans l'année, et l'archidiacre annonce l'office de la nuit suivante [ibid., p. 488)"^. Tous les assistants reçoivent la sainte communfon.
Le soir on se réunit à l'église du mont des Oliviers, où les Vigiles se célèbrentjusqu'à la cinquième heure.Des psaumes, des antiennes et des leçons, qui alternent aA'ec des prières, sont choisis ou composés sur le thème des souffrances du Christ ; on lit notamment les événements tirés de l'Evangile qui ont eu lieu ici. \evs minuit, on se rend à l'Imbomon ; de nouveau enchante des psaumes, des leçons et des antiennes appropriés. Celle fois, l'évêque récite luimême les oraisons entre chaque psaume; ces oraisons contiennent des allusions aux événements de la nuit et au lieu, comme Ethéria croit devoir le remarquer. Après minuit, on va lentement au jardin de Gethsémani, où le Seigneur souffrit son agonie et pria; on chante un psaume et on lit l'évangile approprié au lieu et au temps (Luc, xxni, 41). Le jardin est tout éclairé par de nombreux flambeaux, à cause de la grande multitude. Lorsque l'évangile de l'arrestation de Jésus est lu, de tels gémissements et de tels sanglots éclatent, qu'on doit les entendre de Jérusalem.
A Vaiihe du vendredi saint, on rentre à la ville, et l'on vient à la chapelle de la Croix; on lit le passage de l'Evangile qui raconte la comparution de Jésus devant les grands-prêtres et devant Pilate.
1 MalLh., .\xv, 3 sq., etc.
2 Mittet vocem archidiaconus et dicet : Hora prima noctis omnes in ecclesia, quœ est in Eleona, conveniamus , quoniam maximus labor nobi^ instat fiodie nocte ista. Fada ergo missa (renvoi) Martyrii, venit post Crucem; dicitur ibi iinus yinniis tantiim, fit oratio; et offert episcopus ibi oblationem, et communicant omnes. Excepta enim ipsa die una per totum annum nunqiiam offeritur post Crucem nisi ipsa die tantum. Facta ergo et ibi missa , itur ad Anastase; fit oratio; henedicuntur iuxta consuetudinem cathecumini, et sic fidèles, et fit missa. Et sic unusqnisque .festinat reverti in domum suam, ut manducet ; quia statim ut manduca-
verint, omnes vadent in Eleona, in ecclesia, in cjua est spelunca, in qua ipsa die Dominus cum apostolis fuit {Peregr. Sylviœ , p. 61-62).