‹ Histoire du bréviaireChapitre 83 sur 224 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

Puis Tévêque fait une allocution au peuple fatigué par le jeûne et la veille et l'exhorte à être courageux, à avoir confiance en Dieu et à ne pas se lasser, car le Seigneur récompensera magnifiquement les efforts faits clans cette journée. « J'ai été témoin de votre courage et de votre persévérance durant la nuit, mais une fatigue plus grande encore nous attend aujourd'hui; allezdonc tous dans vos maisons maintenant et reposez-vous un peu. A la deuxième heure environ soyez tous prêts ici, afin de pouvoir vénérer le bois sacré de la croix qui demeurera exposé jusqu'à midi; que chacun songe que cette grâce lui servira pour son salut; à partir de la sixième heure nous devons nous réunir de nouveau ici, pour y faire de saintes lectures et des prières jusqu'à la nuit^. « Quelques-uns, plus courageux, vont encore prier dans l'église de Sion, devant la colonne de la flagellation. A l'heure presci'ite tous sont à leur poste. On dispose la chaire de Févêque. Dans l'édicule de la croix sur le Golgotha, une table est placée devant lui, et une nappe est étendue au-dessus. Les diacres font cercle autour de l'évêque des deux côtés ^. On apporte le reliquaire d'argent doré, dans lequel sont contenus le bois et le titre de la vraie croix.^ On l'ouvre, et il est placé avec le titre de la croix sur la table. L'évêque tient la sainte relique appuyée sur la table, les diacres veillent attenlivement. Il était arrivé jadis qu'un adorateur en avait détaché un morceau avec les dents ^. Tous les fidèles défilent un par un, touchent du front et des yeux

* Ite intérim nunc uniisqiiisqiie ad domuncellas vestras , sedete vobis et modico, et ad horam prope secundam diei omnes parati estote hic, ut de ea hora iisque ad sexta sanctiim ligniim Criicis possitis videre, ad salutem sibi iinu.sqiiisque nostrum credens profulnriim. De hora eniin sexta denuo necesse habemiis hic omnes convenire in isto loco, id est ante Crucem, ut leclionibus et orationibus usqiie ad noctem operam demus {Peregr. Sylviœ, p. G3).

2 Stalim unusquisque aniniosi vadent in Sion orare ad columnam illani, ad quant flaqeilatus est Dominus. Inde reversi sedent modice in domibus suis, et statim toti parati sunt. Et sic ponitur cathedra episcopi in Golqolha post Crucem, quœ stat nunc; residet episcopns in cathedra; ponitur ante euni mensa sublinteata ; stant in giro mensœ diacones, et affertur loculus argenteus deauratus, in quo est lignnm sanctum Crucis, aperitur et profertur; ponitur in mensa tam lignum Crucis cjuam titulus (ibid., p. 63-64).

3 On peut voir Thistoriq^c de Tinvention et du vol des saintes reliques de la croix dans Gamurrini (de Rossi), dans la 2^ édit. de la Pereg. Sylvise , p. 6i , n. 1 - 6.

la sainte croix et l'inscription de la croix, puis baisent le bois sacré; mais ils ne peuvent y porter les mains.

Vers la sixième heure, la station a lieu au Golg^olha. On se réunit, qu'il pleuve ou que le soleil brille, dans l'alrium à ciel ouvert, entre Tédicule de la croix et TAnastasie, et là on lit au peuple pendant trois heures, jusqu'à None, des passages de la sainte Ecriture, tirés des psaumes, des prophètes, des Evangiles, des Actes et des Épîtres de saint Paul, afin que le peuple sache que tout ce que les prophètes ont prédit du Seigneur s'est accompli dans son corps, au témoignage des Evangélistes et des Apôtres, et que rien ne s'est produit qui n'ait été auparavant annoncé. Mais des prières appropriées sont toujours intercalées. L'auteur fait observer que tout le monde pleure à cette heure au récit de tout ce que le Christ a soufTert pour nous^

None et Vêpres sont dites dans la grande église ad Martyrium; à la fin on se rend à TAnastasie, et on y lit l'évangile de l'ensevelissement du Sauveur, puis on récite les prières accoutumées, et on renvoie les catéchumènes et les fidèles. On n'annonce pas les Vigiles, car l'évêque sait combien est grande la fatigue du peuple. Cependant les plus jeunes et les plus forts des clercs restent pour célébrer les Vigiles. Et beaucoup parmi le peuple veillent aussi, les uns deux heures, les autres jusqu'à minuit, d'autres toute la nuit jusqu'au matin, chacun selon ses forces.

Le samedi saint , l'office de Tierce et de Sexte se fait comme dans les autres jours. None est supprimée, parce que dès celle heure même commencent les Vigiles pascales, qui doivent se célébrer dans la grande basilique ad Marlyrium. Le vendredi et le samedi saints, il n'y avait ainsi à Jérusalem ni Messe, ni communion, ni Missa preesanctificalorum.

2° Pâques et temps pascal. — VOffîce de la nuit de Pâques^ à

* Semper aatem inlerponuntur orationes , quse orationes et ipsœ aptse diei sunt. Ad sincfulas autem lectiones et orationes tantus affectas et gemitus totins populi est, ut miriim sit. Nain nuLlus est neque maior neque minor , qui in illa die illis tribus horis tantum ploret... Dominum pro nobis ea passim fuisse. Post hoc cum ceperit se iam hora nona facere, lejitur iam ille locus de Evangelio cata Joannem, ubi reddidit spiritum; iam fit oratio et missa. At ubi autem missa facta fuerit de santé Cruce,statim omnia in Ecclesia maiore ad Martyrium aguntur [Peregr. Sylvise, p. 66).

2 Vigilise autem paschales sic fiunt, quemadmodum ad nos; hoc solum hic amplius fit, quod infantes, cum baptidiati fuerint et vestiti quemadmodum exient de fonte, simul cum episcopo primum ad Anastase ducun-

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