CHAPITRE
Jérusalem est absolument le même qu'en Occident, sauf une particularité que lait ressortir Ethéina : c'est que les nouveaux baptisés, après être sortis des fonts qui sont ad Martyrium, et avoir revêtu leurs vêtements , se rendent avec l'évêque à l'Anastasie ; là on chante une hymne , et après que Tévêque intra cancellos , c'est-à-dire dans la grotte du saint Sépulcre, a prié sur eux, il retourne avec eux à la grande basilique, où le peuple est toujours réuni : Aguntur ibi quœ consuetudinis est etiam et apud nos , et facta oblatione fit Missa.
D'après VOrdo Romanus et saint Jérôme [ad Lœtam]^ à Rome aussi le peuple n'était pas renvoyé avant minuit dans l'office de la nuit pascale; par conséquent, la Messe n'avait pas lieu avant minuit. Et post facta missa Vigiliariim in ecclesia maiore, statim cum ymnis venitur ad Anastase : et ihi deniio legitur ille locus evangelii resurrectionis. Fit oratio, et deniio ihi offeret episcopus.
Les Vêpres du dimanche de Pâques sont chantées dans l'église de la Résurrection, puis la Statio vesperalis se fait dans l'église de Sion. Tout le peuple y accompagne l'évêque; on lit le passage de l'évangile où est racontée l'apparition de Jésus à ses disciples, en l'absence de Thomas, les portes étant closes. Le lundi et le mardi dans l'Octave, la station a lieu ad Martyrium; le mercredi dans l'église du mont des Oliviers, le jeudi dans l'Anastasie, le vendredi à Sion, le samedi dans l'édicule de la Croix, le dimanche in Alhis de nouveau ad Martyrium. Tous les jours de l'Octave, après le repas de midi, l'évêque, le clergé, les nouveaux baptisés et les hommes et les femmes qui sont apotactites (c'est-à-dire ascètes) se rendent à l'église du mont des Oliviers, à la grotte et à ITmbomon. On y priait et on y chantait des psaumes, puis la procession se rendait au chant des hymnes à
tar. Intrat episcopns intro cancellos Anaslasis : dicitur unus ymnus; et sic fiât orationein episcopus pro eis , et sic venit ad ecclesiam maiorem cum eis. Uhi iiixta consuetiidinem omnis popiilus vigilat. Aguntur ihi quœ consuetudinis est etiam et apud nos, et facta oblatione fit missa. (D'après VOrdo romanus et S. Jérôme [Ad Lœtam], le peuple, à Rome, n'était pas renvoyé avant minuit dans les ^'ig:iles de Pâques; ainsi donc il n'y avait pas de messe avant minuit. ) Et post facta missa vigiliarum in ecclesia maiore, statim cum ymnis venitur ad Anastase : et ibi denuo legitur ille locus evangelii resurrectionis. Fit oralio, et denuo ibi offerret episcopus. Sed totum ad momentum fit propter populum, ne diutius tardetur , et sic iam dimittetur populus. Ea autem hora fit missa vigiliarum ipsa die qua hora, et aput nos {Peregr. Sylviaœ, p. 63-67).
166 HISTOIRE DU BIIÉVIAIIIE
l'Anaslasie pour y chanter les Vêpres. Le dimanche in Alhis, il y avail, en outre, une procession à Téf^lise de Sion, où on lisait révanjj-^ile concernant la tentation de Thomas.
Durant le temps pascal , on se rend le dimanche à la grande basilique; le mercredi et le vendredi, parce que personne ne jeûne, à Tég-lise de Sion. Seulement le jour avant l'Ascension, après midi , on va à Bethléem pour y célébrer les Vigiles ; elles sont dites dans l'église bâtie au-dessus de la grotte de la Nativité. Le jour de la fête, Toffice et la Messe y sont célébrés à l'ordinaire; les prêtres et l'évêque prêchent, et le soir on revient à Jérusalem.
3° L'Ascension et la Pentecôte. — Le dimanche de la Pentecôte, l'oftice de nuit. Vigiles ou Matines, se célèbre à l'ordinaire dans l'église de la Résurrection; à la fin l'évêque lit le passage de l'Evangile qui se lit toujours le dimanche, c'est-à-dire le récit de la résurrection. La station et la Messe se font de très bonne heure le matin ad Martyrium, puis vers la troisième heure on est à l'église de Sion, où on lit les passages des Actes qui se rapportent à la descente du Saint-Esprit; puis, pour la seconde fois, on offre le saint sacrifice. L'archidiacre annonce qu'après Sexte, la station se fera au mont des Oliviers. Tout d'abord on se rend à l'Imbomon, où s'assoient l'évêque, les clercs et le peuple. On y chante des psaumes (hymnes) et des antiennes, qui ont trait à la fête ; on choisit aussi des prières et des lectures appropriées ; à la fin, on lit l'évangile de l'Ascension. Vers le moment de None, on se rend à la deuxième église du mont des Oliviers (celle de la grotte); à la dixième heure, on y chante le Lucernare (Vêpres). Puis, au chant des hymnes et des antiennes , la procession se rend lentement à la basilique ad Marti/ ri a m. Loi'sque la procession est arrivée à la porte de la ville , des hommes viennent à sa rencontre avec des centaines de flambeaux. Après quelques prières et quelques chants dans cette basilique, on se rend à l'Anastasie, où l'on chante également, puis à la Croix et à Sion, où se lisent les leçons, les psaumes et les antiennes appi'opriés. Enfin suit le renvoi des catéchumènes et fidèles, et vers minuit on rentre chez soi '.
' Peregr. Sylriœ . p. 68-