‹ Histoire du bréviaireChapitre 85 sur 224 · CHAPITRE III i · texte numérisé non relu

CHAPITRE III i

La pèlerine décrit encore une fois l'office ordinaire de Tannée, et note que quelques clercs assistent chaque jour aux Matines (avec les moines et les nonnes, de piillo primo) ; que Tévêque et le reste du clergé ne viennent qu'à Laudes [alhescente iam die) ; mais le dimanche Lévêque vient plus tôt, paixe qu'il doit lire l'évangile. L'office de Sexte et de None (le mercredi et le vendredi, à None la station est dans l'église de Sion) et celui de Vêpres sont presque toujours les mêmes.

Dans la description du Carême jusqu'à l'Octave de la fête de Pâques, avec les divers rites de la préparation au baptême [Catéchèses, Symholi traditio et redditio)^ qu'Ethéria décrit en détail, elle revient toujours à considérer comme c'est chose belle que les psaumes et les antiennes, les leçons et les prières expliquent toujours le mystère du jour ou ont quelque rapport avec lui, et que les sermons de l'évêque sont accompagnés, de la part des auditeurs, par de grands témoignages d'approbation et de joie.

4» La Dédicace. — Enfin, elle décrit encore la fête de la Dédicace, qui était célébrée chaque année et qui durait huit jours, de même que Salomon avait célébré la fête de la Dédicace pendant huit jours; c'est l'anniversaire de la consécration du J/ar/^rium^ de l'église du Golgotha, qui, on le sait, construite par Constantin et Hélène, fut consacrée le 13 ou le 14 septembre 335, le jour de la découverte de la sainte Croix, de telle sorte qu'en ce jour on célébrait une double fête, un double souvenir de joie*. La fête durait huit jours, et de tous côtés affluaient les moines de Mésopotamie, de Syrie, d'Egypte et de la Thébaïde, où ils étaient en grand nombre; également, des laïques très nombreux de toutes les provinces, hommes et femmes. Beaucoup d'évêques venaient aussi , pour le moins de quarante à cinquante , et tous étaient accompagnés d'un clergé nombreux. Les fidèles des pro-

1 Item (lies enceniarum appellanlur , quando sancta ecclesia, quae in Golgotha est, quam Martyriam vacant, consecrata est D3o;sed et sancta ecclesia, quse est ad Anastase , id est in eo loco , iihi Dominas resiirre.tit post passionem, ea die et ipsa consecrata est Deo. Harani enjo ecclesiariini sanctaruni encenia ciim summo ttonore celebrantur , quoniam crux Domini inventa est ipsa die. Et idao propter tioc ila ordinatuni est, ut, quando primum sanctse ecclesia; suprascriptœ consecrabantur , ea dies esset, qua crux Domini fuerat inventa, ut simul omni lœtitia eadem die celebrarentur {Peregr. Sylviœ, p. 76-77).

viaces voisines sont sans nombre. Et même, quiconque ne vient pas à Jérusalem en ces jours croit avoir commis un péché. La splendeur des cérémonies est aussi belle que pour Pâques et pour l'Kpiphanie, et chaque jour aussi, comme pour ces fêtes, on se rend dans une autre église (Duchesne, loc. cit., p. 502-503 )^

Ici s'interrompt le fragment. De ce qui précède on peut tirer les conclusions suivantes :

1° A Jérusalem, vers la fin du iv^ siècle, on célébrait cinq Heures canoniales : Vigiles, Laudes, Sexte, None et Vêpres. Comme sixième Heure, on avait Tierce, en Carême.

2" Comme fêtes, on y célébrait pendant Tannée TEpiphanie (Naissance et manifestation du Seigneur), le 6 janvier; la Prsesenlalio Christi et Purifïcatio B. M. V., le 15 février; Pâques, avec les fêtes qui la précèdent, qui duraient huit semaines et commençaient au vi^ Dimanche; TAscension et la Pentecôte; enfin la Dédicace et la -fêle de l'Invention de la Croix, le 14 septembre. Il est aussi question de fêles de Martyrs (dans la description du Carême); mais aucune n'est nommée en particulier, parce que les fragments qui en parlaient sont perdus.

3° Les principales fêtes : Epiphanie, Pâques, Dédicace et Invention de la sainte Croix, étaient célébrées avec Octave.

4° On chantait des psaumes avec antiennes, des oraisons et des répons [psalmi responsorii) et d'autres hymnes; on lisait des leçons des saintes Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament. A la fin des Matines du dimanche, l'évêque chantait l'éA^angile de la Résurrection.

5° Le peuple et tout le clergé assistaient à ces Matines du dimanche et à celles du vendredi pour le samedi, et à quelques autres, tandis que pendant la semaine les Matines n'étaient célébrées que par les moines et les gens pieux, et par quelques prêtres ou diacres, qui récitaient des oraisons ou collectes.

6° Les antiennes, oraisons, leçons, psaumes, répons et hymnes étaient appropriés au mystère de la fête, ce qui paraît à la pèlerine d'Occident si neuf et si intéressant, qu'elle y revient sans cesse. On doit, dans tous les cas, voir là le début de l'emploi et l'application des mystères de l'année ecclésiastique dans l'office

' Pererjr. Sylviae, p. 78.

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