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CHAPITRE III

aimer Dieu de toutes leurs forces, il ordonna que les psaumes fussent aussi récités mélodiquement et avec chanta

D'une façon générale, on peut admettre que le chant des églises orientales, répondant en cela au caractère des peuples d'Orient, fut plus elTéminé et plus mélodique que celui des pays d'Occident. Saint Ambroise introduisit en Italie la façon de chanter des Orientaux. Gelle-ci cependant fut adoucie et réglée par des dispositions invariables et dignes de servir d'exemple. Mais que saint Ambroise ait été le créateur d'un nouveau système musical, qu'il ait emprunté un certain nombre d'octaves aux Grecs et qu'il en ait fait la base du chant d'église créé par lui, c'est là une hypothèse depuis longtemps réfutée par les plus récents critiques. La musique de saint Ambroise était la musique grecque, et ses modes avaient la même origine^. Celte façon de chanter servit de type à presque toutes les églises de l'Italie et aussi à Rome , comme le dit Gennadius dans le Liber pontificaUs à propos de plusieurs papes du v^ siècle [hymnos fecil in inodurn sancti Anihrosii). Dreves a cherché à rétablir les mélodies primitives des Hymnes ambrosiennes^. Les psaumes pourraient de même avoir eu une mélodie récitative. On voit par Cassien qu'à la fin du iv*^ siècle , en tout cas au v'' siècle , on employait pour l'office une façon de chanter mélodique ''.

Un autre récit de la vie des abbés Pambo et Nil, donnant le tableau de faits qui remontent au iv'' siècle, et un troisième récit du VI® siècle, publié par dom Pitra^, et réimprimé en partie par W. Christ'^, rapportent la même chose (rpozâpta xat xavo'va; '|âX-

1 S. Atlianas,, Epist. ad MarcelUn., n. 27, 28, 29 [P. G., t. xxvii, col. 37 sq.).

2 Cf. Dreves, Aurelius Ambrosiiis , cler Vider des Kirchencjersanges , Freiburg, 1893, p. 96-107.

3 Op. cit., p. 110 sq.

'' Il dit, sans se limiter à l'Oinent, mais parlant d'une manière tout à fait générale : Miillos namqiie per alias regiones comperimus pro captu mentis siiœ habentes qiiidem ut ait apostoliis zeliim, sed non secandiim scientiam, super hac re diverses typos ac régulas sibimet constituisse. Quidam enim vicenos seu tricenos psalmos, et hos ipsos antiphonaruni protelatos melodiis et adiunctione quarumdam modnlationum debere dici singulis noctibus censuerunt [De inst. cœnob., lib. II, c. ii [Petsclienig, loc. cit., p. 18; P. L., loc. cit., col. 77 sq. ] ).

s UHymnographie de l'Église grecque, Rome, 1867, p. 43, et Jaris eccles. Grsecor. hist. et monum., Romie, 1864, t. i , p. 220, § 17.

6 Beitr'àge zur kirchlichen Lilerainr der Byzantiner , Miinchen, 1870, p. 28 sq., 31-32.

Xetv >cal vi/ou; p-eXi^eiv). La question exij;erait un examen approfondi, pour lequel la place nous fail défaut, mais qui pourrait éclairer les paroles quelque peu obscures de saint Augustin. Le Père Dreves croit devoir les expliquer autrement que le Père Germain Morin, qui pourrait bien se rapprocher davantage de la vérité.

En général , on distinguait quatre façons de chanter les psaumes*; ces variétés de chant tirèrent en partie leur origine, comme on peut l'observer par la disposition de plusieurs psaumes, par exemple les psaumes cxvii et cxxxv, du rite de l'Ancien Testament, et formèrent un chant alternatif, qui, sous une forme différente, paraît avoir été en usage dans l'ancien monde, chez les juifs et les païens.

Répons. — a) Gantas responsorius , ou chant responsorial. Le lecteur, psalmiste ou chantre, chantait d'abord le psaume par petites divisions (versets). Le peuple ou le chœur les répétait en entier ou en partie après chaque verset du chantre. Le peuple répondait donc [respondehat) au chantre; les petites réponses s'appelaient /?e.syjonsa ou Responsoria (àxpoaTi/ta)^, elles étaient analogues aux antiennes. Déjà Tertullien, les Constitutions apostoliques et les Alexandrins nous les ont fait connaître. Ce respondere, succinere, uiraxouetv, &7r7)xoïïv, &7to']/xXXeiv, paraît avoir pris naissance en Italie et y avoir joui d'une grande faveur; en Orient il ne concernait que les hommes , car dans une ordonnance de 375 on lit relativement aux femmes : yuvai^i ■Ky.çy.-^^ùà.e.'s^a.i ev exxXviffia p-v^Te cu[ji'];iÀX£iv iji.YjT£ cruvuTiaxouEtv ^. D'après Cassien"^, il n'était pas non plus inconnu, quoique à un degré moindre, chez les moines égyptiens. Le chantre s'appelait Prsecenfor, Prienuntiator ou Pronuulialor Psalmi, Monitor , Sug-

1 II règne sur la sig:nification des expressions que nous employons ici une grande diversité d'opinions. Celle que j'adopte me paraît être la plus simple et la mieux fondée. Cf. à ce sujet Thomasius, Prsefatio in Responsorialia Rom. EccL, p. 3 sq. ; 0pp. omnia, édit. Vezz., Romœ, 1747, t. iv; Binterim, op. cit., p. 317 sq. ; Pleithner, op. cit., p. 61 sq. , et la littérature qu'il donne; Ambr. Kienle, op. cit., p. 95, 108.

* Const. aposl., lib. II, c. lvii.

3 Ainsi dans les Didascalin cccxviii palriim , c. xviii (Batiffol, dans les Stndia patristica, Paris, 1892, p. 138).

^ De inslit. cœnoh., lib. II, c. xii (Petschenig, loc. cit., p. 27; P. L., loc. cit., col. 102).

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