CHAPITRE m
le plus ancien, il nous vint des Juifs el il fut fréquemment employé dans la liturgie de la Messe pour le Gloria in excelsis, le Sanctns et VAgnus Dei.
La petite doxologie. — e) Il nous reste à dire un mot de la petite doxolog-ie Gloria Patri et Filio el Spirilui sanclo, qui depuis cette époque est jointe aux psaumes. Cette formule de louange en l'honneur de la très sainte Trinité fut en usage dans l'Eglise sous une forme ou sous une autre depuis l'époque apostolique. Selon toute apparence, son origine est la formule du baptême donnée par le Christ lui-même'. Saint Amphiloque d'Iconium ( -{- 395) dit, dans une lettre synodale à la fin du synode d'Iconium (376)^: « Nous n'avons pas reçu l'ordre seulement de baptiser, mais d'enseigner et de louer Dieu tout en enseignant; c'est pourquoi nous devons glorifier le Père, le Fils, le Saint-Esprit (outw ooçai^stv, w; £7:[i7T£U(7a[ji.sv ) par des chants de louange ( SoçoXoytxtç ) .
Quelques auteurs supposent que c'est saint Ignace d'Antioche, d'autres que c'est le concile de Nicée , qui l'ont introduite^; cependant, comme Pi'obst l'a montré^, un grand nombre de passages des Epîtres apostoliques, de Clément de Rome, de Tertullien, de Clément d'Alexandrie, de Polycarpe, d'Ignace, d'Origène, des Canones Hippolyti et de saint Basile^, prouvent que la formule était déjà en usage aux temps apostoliques avec de très légères modifications. Affirmer avec quelques historiens ecclésiastiques et quelques liturgistes qu'elle fut d'abord introduite à Antioche par Flavien et Diodore , c'est une erreur. Il ressort de Philostorge '^^ de Sozomène ' et de Nicéphore Calliste, que Flavien et une foule de moines usaient de la formule la plus précise : Patri et Filio, tandis que l'évêque Léontius était indécis, et les autres voulaient conserver la formule jusque-là en usage : Gloria Patri per Filium in Spiritu sancto. On discutera plus tard la
' Matth., XXVIII, 19.
- P. G., t. xxxix, col. 96.
3 Socrates, H. E., lib. VI, c. viii (P. G., t. lxvii, col. 691); Walafr. Strabo, De rehus eccl., c. xxv (P. L., t. cxiv, col. 955).
* Lehre iind Gehet, p. 319.
5 De Spirit. S., c. xxvii-xxix.
6 Lib. III, c. XIII (P. G., t. Lxv, col. 501).
T Lib. III, c. XX (P. G., t. LXVII, col. 1101).
Brév., t. I. 12
question de savoir si elle a été introduite pour la première fois en Occident par le pape Damase et par saint Jérôme.
La petite doxolog^ie ( on Tappelle /)c/;7e doxologie par opposition à la grande doxolocjie, qui est le Gloria in excetsis Deo ), qui était chantée en Gaule et peut-être aussi à Rome, au temps de Cassien, après chaque psaume par tous les assistants comme d'une seule voix', suivait en Orient, par exemple en Egypte, l'antienne du douzième psaume des Matines et du dernier des Vêpres, c'est-à-dire suivait l'AZ/e/uia. Encore aujourd'hui dans quelques livres d'office orientaux, comme aussi aux Laudes du bréviaire romain en certains endroits, plusieurs psaumes sont récités sous un seul Gloria.
Dans ce qui précède nous avons essayé, nous basant sur l'examen des sources, une explication d'un des points les plus ardus de l'archéologie chrétienne. Ce serait la tâche d'un homme compétent dans les choses de l'antiquité de pousser plus avant ces recherches, afin d'arriver à un résultat définitif. Le concept seul du chant anliphoné laisse place à trois sortes d'interprétation, et il n'est cependant personne, que je sache, qui ait essayé d'indiquer quand et par qui notre pratique actuelle de chanter les psaumes en chœurs alternés a été établie. En nommant Antioche et Milan, la question n'est pas résolue ; car le chant antiphoné des Grecs {Basile, Diodore) et des Syriens, que saint Ambroise copia, n'était pas celui que nous avons aujourd'hui, comme nous le voyons par la pratique actuelle des Grecs et des Orientaux. L'ancien chant antiphoné s'est conservé chez les Latins dans le Pontificale Ronianuni [Consecratio altaris). Le mode déchanter le psaume xciv {^Veniie, exultemus) ., au commencement des Matines, rappelle plutôt le chant responsorial; mais il peut aussi, d'après la Règle de saint Benoît (ch. ix, Cum antiphona) , être considéré comme antiphoné.
Les psaumes et les cantiques. — f) Les psaumes formaient avant tout, comme nous l'avons suffisamment prouvé, avec de
* De inst. cœnob., lib. II, c. vin (Petschenig, loc. cit., p. 24; P. G., loc. cit., col. 94 sq. ) : Illud etiam, qnod in hnc provincia [se. Gallia] vidimus, ut uno cantante in clausula psalmi omnes adstantes concinant cum clamore : Gloria Patri, et Filio et Spiritui Sancto, nusquam per omnem Orientem vidirnua; sed cum omnium silentio , ah eo , qui cantat, finito psalmo, oi'ationem succedere; hac vero glorificatione Trinitatis tantummodo solere Antiphonam (ou Antiphona [plural.]) terminari.