‹ Histoire du bréviaireChapitre 90 sur 224 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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petits chants, des antiennes, des hymnes de composition libre, le Gloria, le Te decet laus , le texte des prières des heures ou du chant des heures du jour. On récitait en outre à l'office, dès le IV® siècle, neuf autres chants plus longs tirés des saintes Écritures : les Cantica de l'Ancien et du Nouveau Testament. L'office grec, dès le iv" et le v^ siècle, en comptait de neuf à douze ; les voici :

1. Le Canlicum Mosis ou chant de joie de Mirjam, sœur de Moïse, après le passage de la mer Rouge : Canlemiis Domino (Ex.,xv).

2. Les avertissements de Moïse au peuple Israélite avant sa mort: Audite, creli , quœ loquor (Deut., xxxn).

3. Le chant de jubilation d'Anne, mère de Samuel : Exultavit cor meiim in Domino (I Reg., ii).

4. Le magnifique cantique du prophète Habacvic sur l'approche du Rédempteur : Z)omme, audivi aiiditionem tiiam (Hab., ni).

5. Le chant d'Isaïe en l'honneur du Sauveur : Confilebor lihi, Domine, quoniam iratus es mihi (Is., xii).

6. La prophétie du même prophète sur la lumière de justice qui commence à paraître : Urhs fordtiidinis nostrx Sien

(Is. , XXVI ).

7. L'élégie du roi Ezéchias : Eç/o dixi : In dimidio dierum meorum (Is., XXXVIII, 10-20).

8. Le chant du prophète Jonas, à sa sortie du ventre de la baleine : Clamavi ad Doniinuni de ventre inferi ( Jon., m).

9. La prière des trois jeunes gens dans la fournaise et leur hymne, qui était souvent récitée seule : Benedicile, oninia opéra Domini, Domino (Dan., m).

Puis venaient les cantiques du Nouveau Testament:

10. Le cantique de jubilation de la très sainte A'^ierge Marie après l'Annonciation et la Visitation, le Mac/nificat (Luc, i).

11. Le cantique de joie de Zacharie après la naissance de Jean : Benedictus Dominas , Deus Israël (Luc, i). Enfin :

12. Le chant de reconnaissance du vieillard Siméon lors de la présentation de Jésus au temple : Aune diniittis (Luc, ii)'.

En règle générale, chez les Grecs on ne comptait pas les

1 [D. Cabrol en compte un treizième parmi les principaux, l'oraison de Manassé (apocryphe), qui se trouve généralement à la suite des livres

cantiques indiqués sous les numéros 7, 12 et même sous le numéro 6; et de la sorte il n'y avait que neuf ou dix cantiques. Tous cependant furent appliqués de très bonne heure par les écrivains ecclésiastiques à la via x^p'? {nova gratia) ^ c'est-àdire à la venue et à l'œuvre du Dieu Sauveur. Il est, par suite, très naturel que les chrétiens les aient eus en particulière estime et les aient utilisés pour le service divin. Bien que, dans les indications que nous avons fournies jusqu'ici sur l'ancienne ordonnance de l'office chez les Grecs, il n'ait pas été fait mention de ces chants, dès cette période les chrétiens avaient coutume de les joindre aux psaumes. Nous savons par plusieurs témoignag-es* que, au temps où les Constitutions apostoliques furent collectionnées dans l'état où nous les avons aujourd'hui, ces cantiques étaient d'un usage général avec les psaumes^, bien qu'ils ne doivent pas être compris parmi les "Ti^vot toû AaêiS ^.

En particulier saint Jean Chrysostome note, parmi les psaumes chantés par les moines, le Canficum Isaiœ , cité plus haut, et dit de l'hymne des trois jeunes gens dans la fournaise qu'elle était chantée sur toute la terre ^ . Le Codex A lexa ndrin us delà traduction grecque de la Bible, qui date du V siècle, a réuni comme chants ecclésiastiques ou pièces de la liturgie ou du chant de l'Eglise à cette époque, avec le psautier ou les cent cinquante psaumes proprement dits, les cantiques mentionnés ci-dessus et quelques autres^, en tout quatoi'ze; parmi eux se trouve une hymne du

canoniques. Cf. Le livre de la prière antique, 1900, p. 26; cf. aussi p. 392. Tr.]

1 Voir W. Christ, Beitrage zur kirchlichen Literatur der Byzantiner , Miinchen, 1870, où sont rassemblés ces témoignages, p. 24 sq. Cf. aussi Buhl, Abhandlunff ûher Kirchengesaïuj in der griechischen Kirche bis zur Zeit des ht. Joannes Chrysostomus , dans Zeitschr. f, hisl. Theol., 1848, t. XVIII, p. 203 sq.

* Const. apost., lib. II, c. lvii.

' "Ettpôç Tt; Toù Aa6't8 <\ioLAlizu> ufAvoy; xa\ ô >.ab; Ta àxpo(TTi7ta vno i\iak- )^£Ta). — Alius Davidis hymnos psallat et populus extrema versuum succinat [Const. Apost., lib. Il, c. lvii, alias c. li , dans Pitra, Juris eccl. Grœcorum hist. et monum., t. i, Romae, 1864, p. 204; cf. ibid., p. 220).

'' navca-/oO t^ç oIxouu.évy)ç àSotJLévT) (S. J. Chrysost., Quod nemo lœditur, c. XVI [Opéra, t. m, p. 462]; Ad I Tim., hom. xxiv [Opéra, t. xi , p. 630 B.j. Cf. S. Athanas., Ad Virg.).

^ En particulier, outre le Nunc dimittis : NOv ànoXûsn; -cbv SoùXov ffoy (Luc, m), la prière de pénitence d'Azarias (Dan., m), le vœu d'Ezéchias (Is., xxxviii, xxxix). [Le Codex Alexandrinus est au British Muséum.]

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