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CHAPITRE IV

quatrième concile de Tolède, se chantaient encore dans l'oflice au vu" siècle. Le saint évêque a pu, durant son exil en Orient, entendre parler des grands succès qu'obtenaient les chants des hymnes dans les Eglises g^recque et syriaque, où saint Ephrem avait donné à cette poésie la première impulsion. Il traduisit les plus belles de ces pièces en latin et en ajouta d'autres de sa composition. Gamurrini a découvert et édité quelques fragments du Liber hymnorum^ ' le cardinal Pitra a donné une autre hymne que Ton connaissait déjà en partie^. En outre, on attribue à saint Hilaire les hymnes Lucis largitor splendide^ et Beala nohis (jaudia (de la Pentecôte au Bréviaire romain). Dans l'Antiphonaire de Bangor, l'hymne IIy?nnum dicat liirba fralrum, Hymnum cantus personent, est marquée comme Ymnum sancli Hilari de Christo. On peut refuser à saint Hilaire la paternité des hymnes Beata et Lucis, mais il pourrait être l'auteur des premières et de V Hymnum dicat.

Cependant, comme on ne sait point où et quand elles ont été employées dans YOfficium divinum, nous pourrons les passer sous silence pour arriver à saint Ambroise*.

Saint Ambroise. — L'Eglise de Milan était sans contredit, dans la deuxième moitié du iv" et au commencement du v* siècle, la plus influente des Eglises du nord de l'Italie et de la Gaule. Elle a^ait d'abord le rang éminent de première métropole, qu'elle avait reçu du fait que plusieurs empereurs l'avaient choisie comme résidence (elle était devenue, depuis le partage de l'empire par Dioclétien, la résidence de Maximien et la capitale de ses provinces d'Italie et d'Afrique) ; puis l'épiscopat de saint Ambroise

' S. Hilarii, Tractatus de mysteriis et hymni, et S. Sylviœ Aquitanœ, Peregrinatio ad loca sancta, Romse, 1887.

2 Analecta sacra et classica qusedam V , Romae, 1889, p. 138-141.

3 P. L., t. X, col. 554. [Ebert et Reinkeins en rejettent l'authenticité, mais, dit D. Cabrol [La prière antique, p. 144, n. 1), sur des raisons insuffisantes. Voir aussi les Ecrits inédits de saint Hilaire, dans la Revue du monde catholique , 1888, p. 226 sq. ; et dom Parisot, Hymnographie poitevine, dans Le pays poitevin , mars 1899. Tr.]

* Pour plus de renseignements, nous renvoyons à nos articles relatifs à ce sujet dans Literar. Handweiser, 1888, n. 452, p. 171 et 172, et Innshrucker Zeitschr. f'iir kathol. Theol., t. xin, 1889, p. 737 sq.; puis à Guide Dreves, dans la même Innsh. Zeitschr. (1888, t. xn, p. 358-369; 1892, t. XVI, p. 315-316), où sont réfutées les objections de Ebert; Warren, The Antiphonary of Bangor, London, 1893, fol. 3, recto. Saint Bède connaissait aussi le chant Hymnum dicat turha.

jeta sur elle un éclat nouveau. C'est pourquoi nombre d'E^dises de rOccident qui , à Tépoque des invasions et de l'arianisme, trouvèrent des difficultés, durant les troubles de la guerre, à se réunir à Rome, s'attachèrent à la liturgie de Milan, surtout lorsque cette ville fut devenue, grâce à saint Ambroise, comme un centre de formation et de richesses liturgiques. Elles n'adoptèrent cependant pas la liturgie milanaise dans son ensemble, ce qui n'eût pas été conforme à l'esprit de l'époque; elles ne reçurent qu'une simple impulsion qui les aida à se former elles-mêmes dune façon indépendante. Ces raisons nous feront nous attarder quelque temps à saint Ambroise, mais nous ne nous engagerons pas jiour cela dans une description de la lilurgie milanaise.

Son biographe et son contemporain, le prêtre Paulin de Milan, prouve que le premier il introduisit le chant antiphoné, les hymnes et un degré de solennité plus élevé dans la célébration des Vigiles, et que cet usage parti de Milan s'étendit aux autres Eglises d'Occident ^ Ce fut dans les jours mémorables de la semaine sainte de l'année 385. Le dimanche des Rameaux (6 avr.), saint Ambroise accomplissait les fonctions sacrées dans une magnifique basilique , nouvellement construite , que la cour réclamait avec la basilique Portienne ( nommée dans la suite Saint- Victor), pour y faire célébrer le culte arien. La nouvelle que les Ariens s'étaient déjà emparés de cette basilique jeta un grand trouble parmi le peuple, très attaché à son évêque, et il se porta en masse vers la basilique Portienne pour s'opposer à l'usurpation des Ariens, On en serait venu à l'eirusion du sang, car le peuple ardemment exalté s'était saisi d'un des prêtres ariens; ce ne fut qu'avec peine qu'Ambroise put l'arracher à la violence de la foule par l'intervention de ses diacres. L'évèque se retira alors dans la principale église de Milan et y demeura entouré de ses iidèles, toute la journée des Rameaux, comme un général qui veut rester maître du champ de bataille. Des envoyés de l'empereur vinrent pour l'engager à obéir à la cour"-; le saint

1 Hoc in tempore primiim antiphonie, hymni ac vigiliœ in ecclesiit Mediolanensi celebrari cœperunt. Ciiius celebritatis devotio usque in hodiernum diem non solum in cadem ecclesia, veriim per onines peene Occidentis provincias manet ( VitaS. Ambros., n. 13; P. L., t. xiv, col. 31).

2 Th. Fôrster, Ambrosius, Bischof von Mailand (Halle, 188-i), p. 41. Cf. aussi, pour ce qui suit, Baunard, Histoire de S. Ambroise, et, en

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