J HISTOIRE DU BRIGANDAGE
leurs services avant d’attaquer leurs erreurs; j’ajoute qu’ils sauvèrent peut-être le pays pendant la dictature: ils eurent le courage et la force de contenir la révolution . Je ne jurerais pas que, sans eux, elle ne fût pas allée se briser contre les Français aux frontières romaines. Ils appelèrent à grands cris Victor-Emmanuel.
Mais, le roi venu, ils furent les maîtres, et je crois bien qu’ils en abusèrent un peu. Je ne ramasse pas ici les calomnies de la petite presse et je ne veux croire ni à la vénalilé ni au favoritisme des nouveaux seigneurs. J’estime seulement qu’ils furent trop aveuglément soumis à Turin, qui voyait mal la question de Naples.
En deux mots, voici cette question. Les Napolitains avaient déclaré, par leur plébiscite, que leur volonté était de s’unir à l’Italie une sous la royauté constitutionnelle de Victor-Emmanuel. Turin comprit qu’ils demandaient à être annexés et assimilés le plus tôt possible. De là tout le désaccord et le mécontentement.
Les consorts mirent la main sur tout, ne songeant qu'à hâter l’absorption de Naples dans le nouveau royaume d’Italie; le tarif des douanes fut bouleversé d’un jour à l’autre, mesure dont souffrira longtemps l’industrie locale. Les codes se modifièrent dans le sens piémontais, et ce fut un amer chagrin pour les légistes
du pays, qui trouvaient à bon droit leurs lois excellentes et ne leur reprochaient, sous les Bourbons, que de ne pas être exécutées. Dans presque toutes les branches de l’administration, on changea les noms en conservant les choses, tandis que l’art suprême, après une conquête, est de changer les choses en conservant les noms. Au lieu de ménager la transition, on s’efforça de la brusquer en augmentant le pouvoir de Turin aux dépens de Naples. On fit ressortir enfin la capitale, au lieu de la dissimuler; et ce fut une faute énorme, d’autant plus que cette capitale éloignée, ignorée, presque étrangère, était en quelque sorte une parvenue et n’avait pour elle que son roi, par hasard homme d’honneur.
Tels furent en deux mois les griefs de l’opposition lettrée. A ces mécontents se joignirent les bourgeois sans politique, aimant leurs propres affaires et accusant le pouvoir des rentrées qui ne se font pas; puis les impatient?, toujours innombrables, qui exigent de toute révolution des bienfaits instantanés et la condamnent sans rémission quand ces bienfaits se font attendre. Naples avait besoin d’écoles, d’hospices, de prisons chrétiennes, de rues, de routes, de chemins de fer, de ports, de phares, de tout. On ne lui donna rien que des ' lois inopportunes et prémat urées; l’opposition se répan-
dit et devint peut-être générale; je veux dire que les croyants, les optimistes, les satisfaits se trouvèrent bientôt en minorité.
Mais celte opposition, notons bien le fait, resta conservatrice; elle ne demanda ni réaction, ni révolution, ni François II, ni Mazzini; elle se plaignit du Piémont sans songer le moins du monde à se détacher de l’Italie. Et voilà comment il se fit qu’un pays mécontent n’envoya guère au parlement que des députés ministériels. En dépit de toutes les mauvaises humeurs, ces hommes connus, éclairés, modérés, étaient encore ceux qui représentaient le mieux l’opinion publique; les libéraux avancés faisaient peur et répugnaient presque, patriotes échevelés pour la plupart, incultes et violents, d’ailleurs ignorés.
L’opposition n’avait pas de couleur, elle n’était que napolitaine. On a pu s’en convaincre au parlement; les Napolitains qui ont interpellé le ministère sur leur pays étaient de toutes les opinions : il y en avait de la gauche et de la droite, il y en avait môme du centre, du juste milieu parfait. Tous leurs discours furent très-foncièrement municipalistes. Le municipalisme est la vraie opinion, le vrai parti de Naples; le plus municipaliste de tous est celui qui a rempli la chambre des plaintes de son pays, M. Ricciardi, parfait galant homme du reste :
il se croit républicain; il se trompe : il n’est que Napolitain.
J’ai dit l’opposition lettrée; voici maintenant l’opposition populaire; elle est plus nette et plus vive; elle déclare qu’elle n’aime ni les Piémontais ni Yictor- Emmanuel.
Contre les Piémontais, les plébéiens de Naples ont (ou avaient du moins) l’aversion des Méridionaux pour les hommes du Nord. Le contraste était brusque et violent entre les chemises rouges et les capotes grises. Après les volontaires véhéments, tapageurs, pittoresques, glorieux, jetant leur argent par poignées et tenant à bien vivre avant de bien mourir, après ces bohèmes héroïques, arrivèrent tout à coup des soldats rangés, disciplinés, tranquilles, sobres, pauvres, froids. Les nouveaux venus se promenaient à pied, ne buvaient pas, fumaient à peine; ils ne pouvaient pas faire de bien aux pauvres gens; ils n’avaient qu’un uniforme; les dimanches, ils étaient vêtus comme les autres jours; ils ne criaient même pas dans les rues; ils paraissaient dépaysés sous le ciel de Naples; ils parlaient un patois presque français. Le peuple s’éloigna de cette grisaille maussade; les Piémontais vécurent entre eux, à l’écart, comme autrefois les Suisses.
Contre le roi, l'opposition populaire fut encore plus
injuste. Quand Yictor-Emmanuel vint à Naples, il eut un grand tort, il négligea les galons et les dorures; il ne tira pas son grand sabre et fut botté trop bas : le peuple aime les grands sabres et les grandes bottes. En un mot, le roi galant homme n’avait rien de Murat que la bravoure; mais la bravoure ici ne réussit pas sans panache; ici *et peut-être môme ailleurs.
Il y eut des motifs plus sérieux d’opposition; le peuple n’a jamais bien compris ce que Yictor-Emmanuel était venu faire à Naples. La question italienne lui paraît compliquée, il commence à peine à s’en rendre compte et il ne l'a jamais prise à cœur. Au premier moment, nos plébéiens ne virent qu’une chose : le roi qui venait et Garibaldi qui s’en allait. Le départ triste, solitaire, désenchanté de celui qui avait été le maître de Naples et qui avait donné neuf millions d’âmes à son
souverain, fit peine. On y vit une injustice flagrante, une ingratitude cruelle, et les garibaldiens mécontents furent de cet avis. On oublia le but de la révolution, l’arrêt du plébiscite, et l’on répéta partout (on le répète encore dans les classes incultes) que Victor-Emmanuel, troisième puissance, ennemie des deux autres, était venu prendre Naples et en chasser Garibaldi, qui en avait chassé François II.
Tels furent les motifs de l'opposition populaire. Ceux
qui en ont trouvé d’autres Jes ont inventés. Dire que l’ex-lazzarone est franciscain ou républicain, c’est confesser qu’on n’a jamais mis le pied dans ce pays; il ne s’agit pas ici de principes ni de convictions, il s’agit de sympathies ou d’antipathies.
Ajoutez maintenant que la peur (j’y reviendrai toujours) ne soumettait au Piémont ni les lettrés ni le peuple. La douceur extrême du gouvernement tolérait dans les journaux le langage le plus vif et laissait crier dans les rues; les soldats se montraient d’une mansuétude et d’une patience admirables : ils n’effrayaient pas. Ce n’étaient plus les sabreurs du 15 juillet ni les pillards du 15 mai; c’étaient les plus bénins des mortels, point fanfarons ni hautains, sans martiale insolence. Je me souviens qu’un jour un ramassis de mauvais drôles, espérant soulever une émeute, avaient commencé par une démonstration contre un fonctionnaire et parcouru les rues en criant : « Mort à Spaventa ! » Ils voulaient môme envahir le palais des ministères. On envoya des soldats pour le garder, avec l’ordre formel d’éviter l’elîusion du sang. Eh bien, j’ai vu ces soldats insultés, outragés ignoblement; on leur jeta des ordures à la té te. Ils avaient des baïonnettes au bout de leur fusil; ils revenaient de la Tchernaïa, de Palestro, de Gaëte; ils étaient braves, ils étaient en colère, on le
voyait à leurs traits contractés; ils savaient qu’un semblant de charge aurait dispersé toute celte populace; pas un ne remua.
Partout ailleurs, cette conduite aurait désarmé les mécontents; à Naples, elle les encouragea au désordre; mais ces désordres n’eurent jamais rien d’inquiétant. La démonstration dont je viens de parler fut la plus violente de toutes et se termina platement en vociférations. M. Spaventa resta, comme devant, à la police, et il n’v eut pas de barricades.
L’opposition vraiment populaire ne fut jamais politique; elle se contenta de regretter et d’acclamer Garibaldi; elle l’acclama dans toute occasion, à tort cl à travers, avec un enthousiasme fidèle. Toutes les fois que la ville fut illuminée, on vit passer dans les rues des processions de plébéiens agitant des drapeaux et secouant des torches au cri de « Vive Garibaldi! » Quelquefois môme, ils promenaient la statuette du héros en chemise rouge, encadrée dans une châsse de saint : la châsse était empruntée à quelque église. * Vive Garibaldi! » fut le cri de tous les soirs de triomphe. Quand Cialdini prit Gaëte : « Vive Garibaldi ! » Quand Cavour proclama le royaume d’Italie : * Vive Garibaldi ! » Quand Naples fêta l'anniversaire de Victor-Emmanuel : « Vive Garibaldi! » Si l’on célèbre jamais le retour de Fran-
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çois II, le peuple criera peut-être encore : « Vive Garibaldi! » par habitude’.
Ainsi nous avions un mécontentement presque général dans le pays : en haut par esprit de contradiction et de municipalisme; en bas par piété pour le héros de Caprera. Le parti bourbonien vit ces dispositions et leva la tête.
La réaction commença dans le clergé; les prêtres étaient hostiles au pouvoir réprouvé par le pape, hostilité moins générale pourtant qu’on ne le croit. A P.alerme, le 4 avril 1860, c'étaient les moines de la Gancia qui avaient donné le signal de l’insurrection. En Basilicate, province libérale qui n’avait pas attendu Garibaldi pour se soulever, une légion de prêtres s’était formée et s’était armée pour marcher devant le peuple. A Naples même, des prédicateurs éminents (entre autres le P. Giuseppe da Foria) avaient mis leur éloquence au service de la cause italienne; bien plus, la révolution avait gagné plusieurs évêques, notamment celui d’A-
1. Je parle de ce qu’était le peuple en mars 1861. Aujourd'hui, il comprend Victor-Emmanuel et l’Italie. Au second voyage du roi à Naples (avril 1862), pas un seul plébéien n’a crié : Vive Garibaldi l quand passait le cortège royal. Ce cri n’aurait rien eu cependant de séditieux ni de dangereux, mais il aurait pu rappeler les premières discordes. Le peuple a senti cela de lui-méme, délicatesse qui lui fait honneur et qui dénote un progrès immense. ( Note ajoutée en avril 1862.)
BISTOIRE DU BRIGANDAGE
riano, monsignor très-utile, surtout pour les Te Deum.
On aurait dû encourager ces dispositions. Le suprême bon sens de Garibaldi respectait les superstitions populaires. Le lendemain de son arrivée à Naples, le dictateur avait accompli le pèlerinage bourbonien de PiedigroUa. A sa prière, le miracle de saint Janvier s’était opéré comme d’habitude et même plus lestement que d’habitude. Garibaldi, très-religieux lui-même, se faisait suivre d’un chapelain, au besoin soldat, et prêtre dans les villes ; ce chapelain prêchait avec beaucoup d’onction et de chaleur.
Le gouvernement régulier marcha d’abord dans le même sens; il rappela même le cardinal Riario Sforza, qui avait quitté Naples. Puis, tout à coup, mal conseillée par les esprits impatients et par les esprits logiques (la logique est tout le contraire de la politique; on ne le répétera jamais assez), la direction des cultes crut donner signe de force en faisant ce que Garibaldi, le sage audacieux, n’aurait point osé faire : elle lança trois décrets contre le clergé. L’un de ces décrets, le plus violent, supprimait la plupart des communautés religieuses.
En temps ordinaire, ce n’eût été que justice. Mais il s’agissait alors de ménager les prêtres, par les raisons que j’ai dites et par cette autre, plus concluante encore.
qu’on n’était pas assez fort pour les prendre à partie. On eut le courage de lancer les décrets, mais on n’eut pas le pouvoir d’en forcer l’exécution : faute irréparable. On offensa les prêtres sans les frapper, on les irrita sans les affaiblir. Le gouvernement avait montré son mauvais vouloir et son impuissance. Il s'en repent encore aujourd’hui.
Le clergé déclara la guerre à l’Italie dans toutes les provinces et même à Naples; d’abord timidement, nuitamment, dans des prédications clandestines, bientôt en plein jour, dans des prêches hérissés d’allusions où Victor-Emmanuel était désigné sous le pseudonyme d’Hérode. Au lieu de François H, le curé disait Jésus- Christ. Dans les campagnes, la soulane et le froc péroraient ouvertement contre le roi excommunié, complotant une croisade en règle. Les couvents se mirent en correspondance avec Rome; ceux de Naples recélaienl des uniformes et surtout des képis de gardes nationaux, pour en affubler des mercenaires et les jeter, le couteau à la main, dans les postes mêmes des libéraux. Des vols et des meurtres furent bientôt commis à l’abri de cette fraude. Il y avait partout des dépôts d’armes, des magasins de munitions, des paperasses réactionnaires. Dans Aquila, chez un nommé Cocco, très-suspect, on trouva une liste de noms très-libéraux. On
lui demanda ce que c’était; il répondit que ce pourrai, bien être une liste de ses débiteurs.
— Je vous dois donc quelque chose? fit l'officier qui venait l’arrêter. Mon nom est là !
Cocco perdit connaissance.
Le foyer de la conspiration était à Rome, résidence du roi tombé. Était-il déjà d’accord avec ses partisans? Je l’ignore; je ne le crois pas. Je sais bien qu’on lui a prêté un mot pathétique et fatidique à son départ de Gaëte. Avant de s’embarquer, il aurait embrassé l’un de ses soldats, le dernier qu’il trouva sur le rivage, en lui disant :
— Donne pour moi ce baiser à tous ceux qui m’aiment, et dis-leur qu’avant une année nous nous reverrons.
Mais, d’autre part, François II avait promis solennellement devant l’Europe, dans une proclamation publiée partout, qu’il ne ferait aucun effort pour agiter son royaume. J’aime à croire qu’il tint parole — au commencement, du moins.
Cependant à Rome, autour de lui, dans sa famille, on conspirait déjà. J’ignore si les comités, dont je parlerai plus tard, étaient organisés à cette époque. Mais je sais qu’on amassait des armes et qu’on battait monnaie au nom de François II. Et l’on jetait cet argent dans l’ex-royaume. Pour qu'il y fût reçu, les pièces
neuves portaient le millésime de 1859 et on les avait artistement noircies par je ne sais quelle préparation. J’en ai tenu dans mes mains : elles étaient fausses. Elles devaient valoir vingt centimes, elles n’en valaient pas dix.
Cette monnaie servit à enrôler des hommes. Les enrôlements se firent bientôt à Naples même, dans les couvents, dans les maisons des prêtres. Une visite domiciliaire chez l’un d’eux, à San-Giovanni a Carbonara, fit découvrir une fille cachée sous un lit; elle révéla tout pour n’être pas jetée dans une prison de prostituées. La police s’établit alors dans la chambre à coucher du prêtre et y tint elle-même le bureau de recrutement. Tous ceux qui venaient s’enrôler étaient pris et envoyés, je pense, aux lies.
En même temps, on arrêta le duc de Cajaniello, qui avait été ministre de François II en France. On le soupçonnait de correspondre avec Rome; il est resté plusieurs mois en prison. Je ne répéterai pas tous les bruits, peut-être calomnieux, répandus sur lui; les preuves manquent. On ne sait pas au juste la part qu’il pouvait avoir dans la conspiration; on sait seulement que cette conspiration existait, qu’elle devait éclater à Naples au mois d’avril, que les prisonniers de la Yicaria devaient être armés et relâchés, que leurs geô-
liers étaient du complot, que la rébellion était fomentée à la fois dans la ville et dans les provinces, et que les bandes de brigands furent bientôt reconnues et payées par les comités bourboniens.
Alors seulement, le brigandage devint politique. La réaction trouva ces hommes déjà réunis, déjà hors la loi; elle ne se fit aucun scrupule de les employer. De leur côté, les pillards ne demandaient pas mieux que de recevoir vingt, trente et jusqu’à cinquante sous par jour, et de légitimer leurs rapines. Ils n’étaient plus des voleurs, ils étaient des partisans. On leur donna des chapelets, des amulettes. On leur passa au doigt des anneaux de zinc; plus tard, on leur envoya des boutons marqués d’une couronne et d’une main tenant un stylet avec cette devise : Fac et Spera. On leur permit de continuer leur métier, sans crainte aucune. Seulement, on leur recommanda de s’attaquer de préférence aux propriétés des libéraux, de désarmer les postes de garde nationale, de dévaliser plus volontiers les patriotes, de mettre partout des fleurs de lis à la place des croix de Savoie et de piller les hameaux au cri de « Vive François II t »
C’est ce qu’ils firent, et voilà comment les larrons, sans cesser d’être larrons, devinrent royalistes.
Aussitôt les désordres commencèrent partout à la
fois, excités par les soldats licenciés qui portaient l'anneau de zinc. La bande de Somma (montagne accolée au Vésuve), celles de Nola, celles du Gargano, celles des Calabres se formèrent. Il y eut à Castiglione, le jour et le lendemain de Pâques (31 mars et 1 er avril), des troubles sérieux, des meurtres horribles. Enfin éclatèrent les mouvements de Basilicate, la seule province où, pendant cette longue année d'escarmouches civiles, l’insurrection se fût maintenue quelques jours.
Je vais donc m'arrêter plus longtemps sur cette malheureuse histoire, qui nous donnera une idée précise de toutes les autres et nous permettra de marcher après plus vivement. Nous trouverons, d’ailleurs, en Basilicate un guide précieux, M. Camillo Batlista, qui a bien voulu nous raconter simplement ce qu’il a vu de ses yeux, dans son pays 1 . Exemple excellent que tous les écrivains devraient suivre en temps de révolution, au lieu d'épuiser leur encre en plaidoiries et même en sentences prématurées. Les chroniqueurs
i. Renzione e Brigantaggio in Basilicata, nella primavera del 1861, per Camillo Battista (Potenza, stabilimento tipografico di V. Santanello, 1861), avec' cette épigraphe de Botta : « La moltitudine commette il male volentieri e si ficca anche spesso il coltello nel petto da sè, tanto i moti suoi sono incomposti, i voleri discordi, le fantasie accendibili, e tanto ancora sopra di lei possono più sempre gli ambiziosi, che i modesti cittadini. »