‹ Histoire du Calvinisme: et celle du Papisme, mise en parallèle: Ou apologie pour les réformationChapitre 12 sur 17 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Ctmguième source des troubles causés par le pa* pisme» Les schismes des papes et des anti-^ papes. Schismes de Damase et d'Ursicin:

de Boniface I et d^Eulalius , de Simmague et de Laurent f de Boni face II et de Diosore y de Sili/ère et de Vigile , d^Iiugène et de

i Znnzinne, de Benoit II Jet d^ Anastase^ dû Jean XII et de Léon VIIl^ 4^ Boniface Vil y de Benoit VU e\ de. Jecm XIV ^ de Grégoire V et de Jean, Flùlagathus.

AR les schismes, nous entendons selon le ftild des historiens ecclésiastiqu es de l'église K)in9ine^ les divisions qui sont arrivées dans

celte cgISge à l'occasion des élections clés pa^ pes auxquels on a opposé des anti-papes. Tout le monde sait qu'il y a un très grand nombre cleces schismes et qu'ils ont causé d'horribles troubles dans l'église d'Occident, des combats , des batailles, des meurtres | des violences, des assassins et une grande éfFusion de sang. Or nous prétendons être en droit d'attribuer tous ces troubles au papisme et il est clair que notre prétention est juste. Car la grandeur du pape et son élévation est cause de tous ces schismes , quand même nous ne regarderions cette élévation que dans le point dont toute réglise romaine convient; c'est-à-dire quand nous ne considérerions le pape que commèlo chef de l'église universelle et le juge souverain de tonte la terre dans les choses purement spirituelles , il faut avouer que c'est la première dignité du monde. Dans la dernière assemblée du clergé de France, il a été dit qafl, les vicaires de Jésus-Christ ont une puissan sans bornes pour l'jédidcation. C'est assez p remplir l'ame la plus ambitieuse, on n*etf sauroit dire davantage des plus grands empe* reuf s : aussi es^til certain qu'il n'y en a jamais eu qui pussent compter autant de sujets et dont la juridiction fut plus étendue et plus grande. II ne faut donc point s'étonner que ^cëtte dignité; si élevée soit l'objet de la jaloa*

du Papisme. 277

sie et de l'ambition de fous ceux qui sont en état d'y prétendre : et l'on ne doit pas trouver étrange que pour y arriver ils aient remué le ciel et la terre. Or celte majesté et cette autorité du pape qui l'élève au-dessus de toute Té* gli&e universelle , est comme nous l'avons déjà remalrqué et prouvé^ Tessence du papisme 9 puisque celui qui refuse de reconnoitre ce chef selon la supposition de ces messieurs , est hors de l'église et l'ennemi de Jésus-Christ. Si donc cette grande élévation a prcfduit des troubles dans l'Europe , il est clair que ces troubles doivent être attribués au papisme* Si Calvin avoit établi quelque dignité semblable ou approchante^ et qu^à l'occasiou de cetté charge^ on vit les calvinistes souvent aux mains les uns avec les autres et avec leurs voi-^ sins, troubler les états, lever des armées ^ donner des batailles et répandre le sang, il est certain qu'on attribueroit tous ces troubles la calvinisme et qu'on auroit raison de le faire. ^Tj supposé que cette énorme puissance de [^éveque de Rome soit une pure usurpation ^ i^bmme nous le prétendons^ il est évident }u'il est coupable de tous les désordres qui tiennent en conséquence. Ce que je remarque ifin qu'on ne m'objecte pas, que la religion chrétienne a élé cause de tant d'eflTusion de dang; et qu'on n'en doit pourtani pas former

un préjugé contre elle>.p4rGa qu'elle pu proprement la cause de ces troublei n'en est que roccasioo. On conclura qi est de même du papisme ou de l'élév«ti( papes sur toute l'église , elle est boniif t«on et conforme k la volonté de Jésus- ( c'est purement par accident^qu'elle a des schismes et des divisions dans la chi ié. On n'est paa en droit de répandre premièrement , parce que cette prèle q.qe cette^ignité souveraine élevée sur l'église ait été établie par Jésus- Chri fausse et disputée par les trois quaAs du lianisme contre la quatrième partie , < flire par lestr<»is patriarches de FOrien tre eelui de l'Occident. De plus, il n'y de semblable entre les troubles qui ont cités à l'occasion de la religion chrétien ceux que le papisme à causés par Tar <les papes et des anti-papes : car Téglisi tienne n'a point soulevé de peuples point causé de mouvemens contre le i c'est le monde qui s'est soulevé cnntr'e contraire^ nous voyons que c'est l'église ojo ce qu'on appelle l'église , qui par lei meaa ému ces horribles tempêtes dans ' diC , ou eontre le monde.

Au reste,que ce soit cette prodigieuse ^d^JUf à laquelle le siè^e romain s'est éle

du Papisme» ^79

a causé ces scliisiiies} cela est clair, parc e qu€ à^^^ l6 temps que l^s évQqu^s de RpmQ i^\^oni pCfiQt çu ces «uper^es pr^t^atioQA i Voi^ Xi% pa^ vu de schismes oi d'émotions coosiâèrables. Pendant les trois pr^miei^s aièclpa de Téglû^ei il n^y avoit pas de dispute pour le siège épisci^pal romai», pArce que c'éloit le chemiu qui Qonduisoit infailliblement a^u matyre; et quand les evipereurs payens ej^citoieot de^B peraécu-i ti'QRs , ()} les évêques de Roaie pour Tor-^ dioaireétoient les premiers sacrifiés. Lesicgo^ nVvoit alors ni splendeur , ni magnificence ^ ni aîse , ni gloire > c'est pourquoi l'on ne se battoit po^nt pour l'avoir. Il est vrai que vers le wUieu du troisième siècle^Novatien fit une espèce de schisme contre Corneille : mais cela an dura guère et n'eût pas de fort fâcheuses suites, JMais tout aussitôt que les empereurs furefit devenus chrétiens , ce (iège devint su* petrbe parce qu'il se trouva établi dans la vil« le. qui étoit mattresse de l'univers. La lihé^ jralité des princes chrétiens le fit passer tout d'un coup de la bassesse à une merveilleuse grandeur. Alors l'ambition commença à s'é« mouvoir ^ chacun voulut avoir part à cette grande dignité. \Jn auteur payen de ce sià»

cle là raisonnoit ainsi là-des8us. (s) Je ne in^é* tonne pas y, disoit-il, en considérant la pompa

(1) L'an 1254.

(2) Am. mien Marcel. lib. 2r.

«8o Hidoire

et la faste de ce BÎêffe de la cille que ceux gui y aspirent , fassent tout leur possible pour y arnuer. Car quand ils y sont une fois ils sont nssuréa de deuenir riches des présens des fe^nmes , on les voit sortir en public montés superbement et magnifiquement vêiusy leurs rppas sont splendides et leurs tables sont plus délicieuses que les tables royales* II disoît cela à-propos de l'élection de Dainase , laquelle fut combattue et traversée par un parti qui vouloit avoir Ursicin. La fureur fut si prodigieuse entre ces deux partis qu'ils se battirent au milieu de l'église avec une grande ef* fusion de sang. Voici comme le même auteur rapporte la chose. Damase et Ursicin brû^ lans d^une ambition dînièsurée d\)ccuper h siège i'pis:opal ^ firent deux partis et tinrent aux mains d^une manière si crueVe ^ q^^Hy eut de part et d* autre plusieurs morts et plu" sieurs blessés. (i^De sorte que Vincent , mat' ire du palais , ne pouvant empêcher ni dlirii'^ nuer le désordre , yi«/ contraint de se retirer à la campagne. Dans le combat , Damase de* meura victorieux par la violence du parti qui le favorisoit. Et il est cerian que dans le iemple où les chrt tic ns font leur assemblée, o» trouva pour un seul jour cent trente sept hom^ mes morts, (s) Bien que cet historien soit

{2} SQcriit.IU>.4.cap. 2?.Ruffiu. lib. 2. cap. 10

du Papisme* 281

payen , !1 n'en est que plus digne de foi, car il est moins intéressé , et Ton ne peut pas Taccu^er d'avoir pris parti. Au reste tous leshistoriens ecclésiastiques demeurent d'accord de la chose : c'étoit un prodigieux scan» dale de voir des évêques chrétiens se battre jusqu'au sang à la vue de Rome^ qui étoit en* core presque toute payenne, et sous les yeux d'u II sénat encore payen. C'est une chose as* sez plaisante que.Baronius veut tirer avantage de cette histoire , et conclure que les papes de ce temps- là étoient reconnus pour chef» du monde chrétien : ce qui rendoit cette dignité si enviée que les plus grands seignenrs se faisoieut un honneur d'y aspirer , et les magistrats étoient jaloux de sa grandeur» S'il eut été vrai qu'alors l'évéque de Rome eût été considéré comme chef universel du monde, (1) Amroian Marcelin n'auroit pas.oublié de nous le dire. Il nous apprend pourquoi ce siège étoit si envié , c'est que ceux qui l^occupoient devenoient riches des présens de ces femmes bigotes , dont la dévotion maiconduite se répand en libéralités mal entendues et mal placées. Si alors l'évéque de Home ent eu une juridiction sur toute l'église ^ et eut reçu par conséquent les homme;* |>es et les présens de tous les chrétiens, cet

^ I . . ■ Il 11 mm^^"^ I I ■ ■ i» ■ » Il ■ ^J— »

(l) Baron. In ann. 367,

5k83 HUioire

auteur payen xi'auroît pas manqué de nous rendre cette raison de la prodigieuse passion qu'on avoit d'occuper ce siège y cela sans doute auroit été un peu meilleur k ciier quela libéralité des dames romaines. £t quoique cette libéralité put être une des sources %vi fournissoit à la dépense et au faste où Ifis évëques de Rome s^étoient déjà laiasés aller ) les affaires ecclésiastiques qui seroient venues de toutes les parties du monde pour être vidées par le siège romain^ y auroient apporté sans doute bien d'autres richesses que la dévotion des femmes. Ammien Marcellin n'auroit pa ignorer cela, et le sachant il ne rauroit pas tû. Ainsijbien loin que ce passage puisae prouver que les papes fussent alors dea seigneurs reconnus par toute la terre , il prouve bien que la juridiction de Tévêque de Romen'é* toit alors reconnue que dans Rome et dans lej lieux d'alentour.

Mais pour revenir à notre but, si la graiH deur de l'évêquede Rome qui dans ce siècle là. n'étoit rien au prix de ee qu'elle est devenue du depuis y a été la véritable cause de eei meurtres qui furent commis dans l'élection de Samase et d^Ursicin 9 on peut juger ce que doit avoir produit cette même dignité^ quand^ par les attentats des papes sur l'égVse et aor le monde;elle est montée au squverain degré

au Papisme. sS5

l'él^T^tioà. Ainsi pour cea raisons je conclus ]ttQ nous avons droit de faire entrer dans l'lu#t%>îrei des troubles causés par le papisme, toofi les désordres et les maux qu'on a vus a l'egqaaion des schiames et des anti-papes. Il y EiiffeiaoraQae autre raison qui nous donne 1#« même droit , c'e^t qu'une partie de ces schis* inas dana lesquels il y a eu des anti^papes put été faits et fônfieatés par les princes et par les. souverains , que les évéques de Rome avojent maltraités et poussés à bout. Et comme ces entreprises des papes sur les souverains sont dea suites et des e£Pets du papisme , noua pouroDS ausâi compter entre les troubles causés par le papisme toua les désordres causés par :eux fie ces achiauies , qui ont été des suitea Itt ressentiment des rois et des empereurs n^rtellement offensés par la rébellion des pa^^ >«e. Au reste si nous voulions faire l'histoire ttt tous les schismes et des antl-papeS| quelque tVffégée que fut celte histoire elle seroit lon^ (ue. Car l'on compte près de trente scliismea likfPs l'église romaine et prés de quarante aa^ ifpapes. Mais pour notre but et pour l'intérêt U^ notre cause^ nous n'avons besoin que dea ohismesquionteneité des troubles asseagraaads >oqr être comparés aux désordres que l'oa irétend qui ont été causés par le calviniwie; 'est pourquoi nous ne nous attaeiierons qu'à eux -là.

128 î Histoire

Le schisme d'Enlalius contre Bonifacel, où de Bonifâce contre Eulalius, fit assez de bruit dans le monde, fi) Je n'entre point dans le démêlé que le cardinal Baroniiis veut avoir avec Illiricus touchant ce schisme, (â) Illirîcus Teut qu'Eulalius fut le véritable évéque et Bonifâce l'intrus et l'usurpateur; au contraire» l'histoire dos papes veut que Bonifâce soit le véritable évéque, et Eulalius le faux pape, cela nous importe peu. Ce qui e6t certain c'est que Simmachus, gouverneur de Rome pour l'empereur Honorius , éfoit favorable à Eulalius , (3) qu'il écrivit à Tempereur qu'EuIalÎQS étoit le véritable évéque, et queBoniface étoit mal élu et entré par violence. Je ne vois pas pourquoi nous n'en croirions pas un hom* . me présent et qui a vu les choses; mais encore une fois on en croira ce que l'on voudra. Il suffit peur notre but de savoir que ce schisme partagea la ville de Rome et la cour de l'empereur^ qu'il y eût de grandes séditions dans Rome y que Simmachus lui-même, gouverneur de Rome, y pensa perdre la vie, et que l'empereur^Honorius d'abord chassa Bof jiifa.ce, reçut Eulalius , qu'ensuite il les ior terdisit* tous deux, et ordonna queTévêquede Spolète vint faire le service à Rome jusqu'à

(1) L*aii4l.^ sous -Houof.

C) Itllrister ecclé«.

(3) JSpisloI. SUqjh. ^pud Baron. Tom. 5. an, 41S.

du Papisme, £î85

ce^ qu'un Sinode eut choisi l'un ou Taulre ^ ou leH eût déposés tous deux pour en choisir un troisième; et de plus il déclara que désormais si pareille chose arrivoit , qu'on en élut deux toti^'à la fois , ni l'un niTautre des élus ne seroîl évéque de Rome , maïs qu'on en choisiroit par son ordre un troisième à l'exclusion des deux autres. Par parenthèse^il est bon de remarquer qu'en ce temps-là les papes ne dér frônoient pas les empereurs, niais que les empereurs détrônoient les papes , les inter* ïisoient , les reléguoient , les exiloient et fai- ;oiënt faire leur office par d'autres. Dans la tuite^ le parti de Boniface prévalut sur celui riSulalius, si ce fut par brigue ou par des royes canoniques , l'on n'en peut rien savoir le certain ^ et nous n'avons pas grand inté-. *êt à nous en instruire. Ce que l'on doit renarquer dans l'histoire des papes et des antir papes ^ c'est que celui qui est demeuré le dernier sur le trône et qui a trouvé moyen d'en chasser Tautre, a toujours passé pour le vrai pape, et celui qui a été malheureux a été regardé comme un intrus, (i)

JLa grandeur de l'évêque de Rome s'augnentoit d^une année à l'autre par la décaden- ;e de l'empire romain , car les papes bâtissoient leur empire sur les ruines de celui des

( 1 ) i^'au 496. sous Théod. Roi d'Italie^

précédens. Celui de Simmaque et de Li aor la fiu du cinquième^ fut plus funei celui d'Ëulalius et de Boniface. Si m fut élu Tan quatre cent quatre ving^t d CD la place d'Ânatase II. Le patrice et. un grand ivombre de sénateoirs romai trairea^à cette élection, firent élire fui Leadeux partis s'en allèrent àRavenn recevoir le jugement de Théodoric , roi régnant en Italie. Il ordonna que celui voit été élu parle plus grand nombre i et, le premier, demeureroit dans le sié par ce jugement le parti de Simmaqi:

denàeuirer victorieux:. Mais celui de L ij^e se vQulat paa rendre, et malgré 1' nanjce de ThéodoriC|le schisme dura j cinq ans. Les partisans de Laurent po:

diverses accusations cqnitr^^ àSimni^ue

il y eut A\k sang.i*épaadu , (1) les QiaisoDsfu* rent pillées , et dans cette guerre sainte on fit toutes les violences qui se font dans les guer-i res. profanes. Théodoric fut obligé de dépu:

(er uxi commissaire pour coniioStre descrimes, dont Simmachus étoit accusé. L'année suivante Théodoric jugea que sa présence étoit d'une absolue nécessité pour appaiser ces désordres , c^est pourquoi il se transporta à Home. (5oo) Mais sa seule présence ne put entièrement éteindre ce grand feu, tellement qju'il fut obligé d'assembler un concile à Ror Hie^ qui fut appelle Sinod us, Pa/mari^ du lieu appelle Palmaria où se tint l'assemblée: (5o2) danser concile^ Laurent fut déposé comme un Binti-papeetensuite envoyé en exiljSimmaque Tôt justifié des crimes et particulièrement de [^adultère , dont il étoit accusé. Par les acte^ lu même concile y il paroit que les partijsans lu. pape Laurent avoient attaqué le pape Sim-. ;iiac^ue par des voyes de violence ^ qu'ils Ta* soient voulu assassiner, qu'ils avoient tu4 plusieurs prêtres et plusieurs laïquea, et que Les religieuses avoient été arrachées de leura 2loitre« , dépouillées nues et fouettées publia? Ç^uement.(a) Cela fait voir quelle étoit dès. lor^ la face de l'église romaine » et quels troublea le papisme naissant causoit dans le monde ; il

(1 ^ Anast. blbliotb. in vita Simmachi.

(2) Anast. in Simmacho.

â88 Histoire

ne faut paff s'étonner s'il en a causé de si ribles quand il a été entièrement formé.

Sous le règne d'Athalaric il se fit un n( ▼eau schisme. Dioscorefut élu évêque del me ( 1 ) contre Boniface II. Mais la mort Dioscore termina cette grande affaire quin' roit pas eu de moins fâcheuses suites que précédentes. Boniface foudroya les cend et la mémoire de son antagoniste. Mais un pe défit ce qu'un pape avoit fait. Agapet son décret, déclara absous Dioscore ^ qui s'en trouvoit ni pis ni mieux dans l'autre m de pour ces sentences rendues pour et con lui. Il n'est pas nécessaire que nous nous ar tiens sur le schisme de Silverius et de Vîgi parce que ce schisme fut peut-être Touvri de Bélisaire et une affaire d'état, à laquelle papisme n'eut point de part. Le fameux B^ saire avoit repris Rome et une grande pai de l'Italie sur les Golhs: (ô58.) Vitiges des Golhs assiègeoit Rome pour la reprent sur Bélisaire ; Silvére, évêque de la ville, 1 accusé d^avoir des intelligences avec le ; Goth, et sur ce prétexte Bélisaire le chassa Fenvoya en exil où il mourut. Vigile fut i en sa place et passa pour un anti-pape toni

temps que Silvére vécut dansfson exil ( s

<1) L'an 530.

(2) L'an 540.

du Papisme. 5289

lAais ce qu'il y a d^admirable dans les histo« riens du papisme , c'est que ce Vigile qui durant la vie de Silvére avoit été selon eux un méchant pape , un intrus , un ambitieux et presque un scélérat, devint un bon pape et un excellent homme après la mort de Silvére, parce que le clergé romain le reconnut pour tel. Il paroit que dans ce temps<-là , les empereurs conservoient encore sur les évéques de Rome la puissance que les rois exercent sur leurs sujets, c'est de les pouvoir dépouiller de li^urs biens s'ils ne leur sont pas Gdcles. £t les évéques de Rome comme les autres , etoient soumis à ce droit des empereurs. C'est pourquoi, 8«ns attendre la mort de Silvére, nous pouvons reconnoitre Vigile pour légitime évéque de Rome puisqu'il l'étoit par la volonté de Justinien qui étoit alors empereur. X)urant la querelle des iconoclastes et des ico- Tiolàtres ( i } ^ il arriva un grand bruit à Rome pour la possession de ce siège. Paul T^ mourut Tan 767 , et Toton duc de Nepy , fit mettre à sè place Constantin son frère. Mais il y avoit une autre cabale dans Rome qui se rendit maîtresse de la ville à la faveur des troupes qui lui furent envoyées parle roi des Lombards, Toton ^duc de Nepy, combattit

pour son frère et pour lui, mais la foiitune qQ

^ m; Aaa^t. UiSt9phsu4, 7676.

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«go Histoire

lai ayant pas été favorable il fut tléfail 868 troupes. Constantin futtléposé , on a les yeux arec la dernière inhumanité à à ceux de son parti dont on pot se maître. Ainsi la ville sainte devint en occasion comme en beaucoup d'autre bhamp de bataille et un éehafaut^ où la < té et la barbarie jouèrent d'horribles tra] Si révéque de Rome n^avoit été en ce 1 là que ce qu^étoient Linus et Clétus ] temps après les apôtres; on n'auroit { pandu tant de sang pour occuper cette (834.). Nous ne savons pas les particu du schisme qui arriva après la mort d< chai I. Mais l'histoire nous dit en g qu^Eugène ayant été élu pur la plus { partie des nobles, le peuple ne voolai souscrire à cette élection, ( i } il se fit i tre pape appelle 2inzinne. A cet4e occa y eût des dissensions horribles dans F et telles que l'empereur Louis le déboi fut obligé d'y envoyer Lothaire son fils collègue à l'empire pour pacifier d^s dii qui déchîroient les entrailles de la vil Rome. Le schisme qui arriva l'an 855, pas long, mais il fut violent l 2 ) com rapporte Anastase le bibliothètàire. Lé

(2) JiiiJeiicdMQo.SlS,

du Papisme* 291

lourut , Benoit III fut mis à sa place , mais' ar la fareur de Louis II empereur 5 Ânasta- 3 fut élu contre Benoit. Et riiistoire dit que ^t Anastase vint à Rome^ qu'il se rendit mai- -e de réglise de St. Pierre^ qu'il brisa les nagesi les brûla^ renversa les autels^ se rendit laître de la personne de Benoit ^ le déposa et » mit en prison. La sédition ne dura que trois Kirs ; car Anastase qui ne fut pas soutenu fut ontraint de céder la place à Benoit. C'est là image de la conduite des grands du siècle ui combattent pour leurs dignités à qui sup« lantera son conipétiieur.

Nous pourrions bien passer par dessus le L^ siècle et faire grâce dans cet endroit à nos (iversaires à cause de leur sincérité. Nous au* ons bien de la peine à dire de leurs papes en e siècle 9 plus de mal qu'eux mêmes n'en diïnt. Baronius appelle ce siècle X' , un siècle e/èr (i)à cause de sa stérilité en bannes hosesy un siècle de /7/o//j6) à cause de sa lai^ eur , un siècle cVobscurtté et de ténèbres , à aiise de la profonde ignorance du clergé. 'Rcv^ ie et le siège de son év êque dans ce X® siècle jrent un théâtre de fureur et d'impuretés, les papes se cliassoicnt les ans les autres , 'excommunîoîent, s'élrangloient et &'assassioient. Les faclions de Rom« et do l/i Tosct^^

iP ■ ^iw^y

^\) BarQw. aJ. v r., ^00,

i^ le tyrans. Mais à des tyrans monstrueui

\ ' ces messieurs nous avouent que c'éf oie

monstres d'impudicité, et que deux fanr putains Marozia et Theodora faisoient i fuisoient les papes a leur gré. Nos parti doivent pas trouver mauvais que nous buions ces désordres au papisme; si le me n^avoit pas fait du pape un grand ] teriien, son siège n'auroit pas été l'ol Fambition des grands , et le sujet de ti «JJ cruels démêlés. Il n'auroit pas non pi

souillé par tant de crimes et occupé pi de monstres. Les plus médians dans le de sont presque toujours ceux qui y occ les plus grandes dignités, parce que le est un moyen oui ouvre assez le cliem grandeur. Si le papat n'éloit pas deven

flu Papisme. s^S

Se malhonnêtes gens qud nous en tronvons lans le catalogue des papes.

La nécessité que nous nous sommes impo* lée de mettre à la yue du public uiTiibrégé les désordres causés par les schismes , fait jne nous ne saurions passer par dessus ce X** liécle sans parler du schisme de Jean XII, et Se Léon VIII. Ce Jean XII , étoit au rapport les historiens un des hommes du monde la

plus infâme. Etant fils de la fameuse Maroa^ia ta concubine du pape Sergius et la plus fameule débauchée de son siècle, il pouvoit bien Btre pape et petit fils de pape, car en ce bien<«; heureux aiècle les papes se succédoient de père en fils. Tout au moins étoitil né d'une couche incestueuse de Marozia avec Albert marquis d'Étrurie, qui couchoit avec la mère Bt avec la fille. ( i ) Digne fils de tels père et mère, il étoit, dit l'histoire , fornicatenr , adul^ tére I incestueux j violaqt les femmes impur nément, profane, sacrilège, blasphémateur , impie^ dissolu et débauché au souverain degré, coilsumant sa vie à la chasse et avec des fem.* mes perdues. L'empereur Othon I y vint en [talîe pour la délivrer de ses ^ tyrans ; après lèi avoir chassés , il trouva qu'il n'avoit riea Edt pour la république s'il ne la délivroit du plus grand monstre qu'elle eut dana &01^%^\Tv x

jig4 Histoire

c'étoit J«an XII. Il fit donc assembler nn con» cile et ayant déposé ce bon pape, il mit Léon yni à la place. Ici Baronius s'emporte d'une manière terrible contre l'empereur Olhon et contre son concile y le premier est un tyran ^ le second est un conciliabule et une assemblée de schismatiquesy parce qu'ils avoient osé toucher à ce vénérable pape Jean* Ce n'est pas qu'il n'avoue dans toutes les formes que ce pape étoit un séléràt achevé. Mais il for* me ce jugement contre l'empereur Othon sur le canon, si papa 9 qui dit que si le papede* vient fils de la géhenne et qu'il entraîneaux ^'' fers une multitude innombrable de gens après lui I on ne doit pourtant pas entreprendre de )e juger, parce qu'il est jugé de tout le monde j L et qu'il ne peut être jugé de personne. Il fal- ^ |oit donc selon les canonistesj lasser vivri paisiblement Jean XII, avec ses chiens, ses putains et ses bardaches^ et attendre en. par'^L tience le joug du grand jugement pofir y 6bi9i |iir la condainnalion de ce parpe qui,en qualili de pape, ne pouvoit étrè\jugéde per^onnii C'est une affaire que nous laisserons déméte A ces Messieurs: ils ne sont pas -tous de m^nrtjw 4ivis U-dessus. A^ moins le père Maîraboui|L trouve bon qu'Othon I , ait fait déposer JeUL ^1), comme indigne du Pontificat. Maia Dotil|^ ^f^\ïe jçi; c'esi; de vpjr les trqubleif JioiTii)»^

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du Papisme; l!>g5

ne ce schisme causa. Jean XII, qui ne pou-^ 3it être haï des romains parce que cllacun me son semblable, et qu'alors la ville sainte oit une Babylone,uneSo(lome et uneGomor- ) tout ensemble, eût bientôt regagné le cré-* it que l'empereur Othon lui avoit fait per- "C. Il souleva les romains contre Othon, le* jel avec peu de gens fut obligé de se défende dans Route même , pour sauver sa vie de lorrible conspiration qu'on avoit forméo intre lui. Il vint assez facilement à bout de »tte populace nourrie et amollie dans Kusage se plus brutales voluptés ; et en fit faire uà ^rnage furieux. Voilà le premier fruit da Hisme. L'empereur Othon victorieux de la abi^on desfomains,lesrédtiisit autantpar 1h >uceur que parlaforce, et croyant par sa rlé^ ence avoir bien pourvu à la sûreté de I/éon III, son pape, quitta Rome et s'en alla ^ursuivre la conquête de lltalie. Mais aussi^ir it qu'il fut sorti de cette ville , Jean XII fit (continent rentrer les beurgeeis de Rome ins ses intérêts par le moyen de leurs feintes dont il étoit Ibrt aimé à cau^e de «es déîuches: le peuple Romain se souleva, chassa » pape Léon Vlil , qui eut bien de la beiife & r'sauver. Si on l'avoit attrapé il auroit en le léme sert que ses amis à qui Ton coupa an^ Ds la tête 4 aux autrea les maim etles io^gUf

rompue, Le schisme et les malheurs du me ne cessèrent pas pour cela. Les roma voulurent point reconnoitre pour leur é p^ ce Léon Vliri que Tempere^r Othor

fait créer, ils en élurent un autre qui fi pelé Benoit V. Mais l'empereur revint i pas 9 assiégea Rome, la réduisit aux der extrémités par la famine, la prit, Pabl recevoir Léon VIII , déposa Benoit et Vi Ha en Allemagne, C^est ce Benoit qu compte aujourd'hui a Rome pour le vra^ successeur de Jean XII et prédécessc Jean Xlllj car pour Léon VIII, on ne 1( regarder qqe comme un intrus et un anti parce qu^on ne reçonnoit plus à Rome 1 filé de Veippereur Qthon (964. )»et

•du Papisme. $97

qu'on avoîlélu avec son consentement. L'em-** pereur fut obligé de repasser une seconde fois en Italie ( g66. } , il se rendit maître de Rome et y fit pendre les magistrats et les auteurs de laiéfolte. Voilà des troubles assez considé*^ râbles et assez de sang répandu pour un seul schisme»

L'empereur Othon ne fut pas plutôt expiré que le schisme recommença. Benoit VI ^ avoit Buccédé à Jean XIIJ (973. ). Les romains ne craignant plus Othon I^ qui etoit dans le tom* beau, voulurent secouer le joug et de Tempe-* l^enr Othon 11^ et du pape Benoit. Un nommé Francon ^e fit pape sous le nom de Boniface VII 9 et pour n^avoir pas la peine de déposer Benoit VI # dont il venoit d'occuper la place , il l'étrangla. Mais la faction des comtes de Tascanelle et des marquis d'Ëtrurie , voisins de RomC) se réveilla : ils se remirent en possession de l'avantage que l'empereur Othon leur avoit ôté, ( 97^0 ^^'^^t de faire des papes à- leur gré , de leurs amis ou de ceux de leurs femmes. Us chassèrent Boniface VII ^ et mirent dans le siège un de leurs parens qui prit le nom de Benoit VIII y et fut vrai pape^ reconnu pour tel encore aujourd'hui: non qu'il ait été canoniquement élu , mais parce qu'il demeura le plus fort ^ et qu'avec le sec^urs de ses parens il tint le aiëgb XL^\&«Xk^v

]ft9^ Histoire #

jpaîsible possesseur et y mourut. Pend temps-là, BoniEiice VU, l'autre pape^ Constantinople , ainsi l'église romaine « vanter d'avoir eu un pape résident ac ^ment dans Téglise grecque. Mais comi autorité étoit là fort mal reconnue et qi étoit qu'en refuge, il revint en Italie a qu'il crut y pouvoir faire quelque cfa sollicita ses amis qui agirent avec tant i ces qu'après bien du sang répandu ( i ] meura le plus fort. Jean XIV, avoit apKÀ la mort de Benoit VIL Bonifac revenu de Constantinople^le prit, le :

prison et l'y fit périr comme il avoit d périr Benoit VI y son prédécesseur: ma . se donner le plaisir delà diversité, au Ik avoit fait étrangler celui-là, il fit mou lui^ci de fa^m dans un misérable cache exposer son corps mort sur- un pont k te de la citadelle. Mais if n'eût pas le de régner longtemps après son rétabliss car il mourut d'une mort subite, et c IDeme qui l'avoient aimé durant sa vie cri^ignant plus qufind il fut mort, dor cant coups de poignard à son cadavre traînèrent dans l^srues. Ainsi finirent I meetUvi^deBûnifaceVII.Lenomn'y Ixeureux , car celui qui porta depuis

du Papisme. iigg

de BoDÎface VIII , eût une vie et une mort qui neressemblentpas mal a celles-ci, puiaquMvé^ eut comme un lion et mourut comme un chiem Voilà d'effroyables maux pour un seul schiS'-' itte^deux papes qui meurent de mort violente lans compter le sang de tant de citoyens ré^ pandu. Il est juste que le papisme qui a fait es évéques de Rome si grands se charge de out cela; car jamais il n'en arrivera autant >our la cure de NeuîJly.

Lia même ambition et la même passion l^étre assis sur un siège qui commençoit à s'é-* ever au dessus de celui des rois , fit un troiieme schisme dans le même siècle. L'erape«^.

*etXT Othon III , imitant, son grand- pèfe^après iVoir établi à Rome un pape qui avoit pri^ le lom de Grégoire V, s'en étoit retourné (996) »D Allemagne. Mais il fut bientôt obligé de evenir en Italie parce qu'un nommé Jean 'hilagatus évêque de Plaisance | voulut être >ape et s'appuya du tyran Crescentius qui 'étoit emparé de Rome durant l'absence de •empereur. Pour vider cette querelle il fallut j^ii^Othon III /revint avec une grande armée )iii couvrit l'Italie et qui vint assiéger la ville le Rome (998.). On la prit. Grégoire V , qui i^étoit retiré en Allemagne ^ en revint avec son irotecteur , entra dans son siège par lesuffra-^ je de vingt-cinq ou trente mille soMats. Il en

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