CHAPITRE XI
Jibrègé de rhisioire du grand schisme cident sous Urbain Vî^ Bonifacc IX nocent VÎI^ Grégoire XTI d'une pa»
Clément VII^ Benoit XlII et Pierre pnos de Vautre : et Alexandre V et XXII d^ un troisième parti.
Hi LIPPE le Bel croyoit avoir fait tin coup d'avoir obligé les papé8 à venir en ce tenir leur siège à Avignon. Les entre (le Bonifâce VIII lui firent craindre que bition de la cour de Rome ne jeta la B dans le déplorable état où elle avoit j retenu l'empire depuis près de trois ceni C'est pourquoi après avoir mis Bonifaci a la raison , selon que nous Tappreno l'histoire, il voulut avoir les papes se ihain s'imaginant qu'il les retiendroi plus aisément dans leur devoir. Mais ci seil réussit mal pour la France, lace Rome transportée à Avignon remplit le i me de mille impuretés, etl'épuisa par l'a Aq& papes et de leur clergé. Car c'est di temps*là que furent inventées les ani les réservations, les induits et mille
du Papisme* SaS
inoyens que la cour romaine trouTa pour at*' tirer de Targent , et dont on a voulu tant do fois se délivrer du depuis sans en avoir pu venir à bout. M. de Mézerai est court là-des-; sas 9 mais il est bon : (i) Le séjour de la cour de Rome en France y a introduit^ dit-il^ trois grands désordres , la simonie fille du luxe et de Vimpiété^ la chicane exorvice de gratte^ papiers et gens oiseux ^ tels qu^ étaient une in" finité de clercs fainéans qui suivaient cette cour; et un autre exécrable dérèglement à qui la nature ne saurait donner de nom»
Après cela qui doutera que ce ne soit la cour sainte, (2) et que le pape ne soit sa sainteté par exct/lence? Clément V fut le premier qui transporta le siège papal de Rome à A« vignon : c^étoit une grande folie de quitter une ville comme Rome, qui étoit à lui pour demeurer dans une ville comme Avignon qui ne lui appartcnoit pas ; car alors cette ville étoit encore à Charles, roi de Sicile. Mais il s'étoit engagé à Philippe le bel de faire cela , sans quoi il n'auroit pas eu les voix des fran-; çois dans l'élection. Après lui, six papes tinrent leur siège au même lieu d'Avignon , du* rant l'espace de soixante et quatorze ans selon la supputation de Platine, Jean XXII, Benoit XII, Clément VI, Innocent VI, Urbain
( t ) Abrpgé etc. daus la vie de Ph lippe le bel. i?) L'aul305.
02 i Histoire
V el Grégoire XI, Ions françoîs et la limousins. Les italiens qui se voyoieni du papat par les françois par une poi lie près dequalre vingtsans^se désespéi firent tous leurs efforts pour ramener en Italie, (i) Ils poussèrent en avant ii que que Grégoire XI vouloit obliger Bidence ; qui répondit au pape , toi q obliger lescvêquesà résider au milieu troupeaux, pourquoi as-îu abandonné et pourquoi demeures-îu hors de la est naturellement Ion siège. On prête celle pointe le piqua, on employa me sainte, et une sainte d réi^élations et à m ce fut sainte Catherine de Siène , afin changement fut autorisé par un pr T<^us ces moyens réussirent, Grégoire tablit son siège à Rome, en mourac qu'il avoil été trompé par ces révélatic tendues, et exhorta ceux qui l'assis la mort de s'en donner de garde. I fonds^ la véritable raison du retour de à Rome fut la politique , qui a toùjoui premier mobile des mouvemens de la Rome. L'état ecclésiastique s'en allr du, Rome menaçoit de secouer le je les florentins levoient déjà l'enseigne rébellion en faveur de toute lltalie coi
(1) i'Iatiii.
du Papisme. 3^5
^apeB. C'est pourquoi Grégoire onzième, après avoir régné sept ans à Avignon , vint rétablir son siège à Roa\e où il inournt peu de temps après, bien fâché d'avoir quitté la France y et des peuples souples et obéissans pour se remettre entre les mains des romains qui durant l'absence des papes, avoient pris l'habitude d'être maîtres et ne la pouvoient quitter* Après la mort de Gré;f»oire XI , les cardiilaux François eussent bien voulu élire un homme de leur nation. Mais le peuple romain persuadé qu'un pape françois retourneroit tenir son siège en France, contraignit par armes et par menaces le collège des cardinaux de faire un pape italien. L^on choisit donc parce qu'il le fallut, Barthélémy archevêque de Bary (i) qui prit le nom d'Urbain VI. Cet homme dur et naturellement violent voulut exercer un empire tyrannique sur les cardinaux, déjà fojt mécontens de ce qu'on leur avoit ôté leur liberté dans l'élection , ce qui les obligea à se révolter contre lui. Les cardi-
- Daux françois se retirèrent d'abord à Anagnie ville de l'état ecclésiastique, déclarèrent à Urbain VI, qu'ils ne le reconnoissoient point pour vrai pape et lui défendirent d'agir en cette qualité parce qu'il s'étoit fait élire par
violence. Ensuite ils firent révolter les trou-
(1) Théod. à Niem ,111). 1. Ciacoii. Platiii. etc.
Sstt Histoire
pes qui étoient au service d'Urbain , il tèrent avec Jeanne reine de Naples pou gager dans leurs intérêts et pour se pr une retraite où ils puj^^^ent élire un aulr en sûreté. Il n'y avoit auprès d'Urba trois cardinaux qui étoient italiens:
peu, mais cependant ces trois représeï «ne nation. Les autres cardinaux r»
étoient tous français, n'étant que d'u tion , ils craignoient que cela ne fojr préjugé contre l'élection qu'ils alloien Ils travaillèrent donc à débaut Jicr ce t^ardinaux qui étoient demeurés attai Urbain , et ils en vinrent à bout par \ insigne fourbe qui ait jamais été foite ( firent rendre à chacun de ces trois car< en particulier une lettre secrète par la on promettoit de le faire pape aussitô seroit arrivé à Fondi, qui étoit le 1 royaume de Naples où l'on devoit faire lion. En niême temps on aveitissoit c d'eux de tenir la chose secrète , afin <] deux autres ii^en eussent point de jalou ne traversassent pas le dessein qu'on a^ ne sa.'S comment on ti'a pas honte de p re de semblables actions : le sieur Maio qui ne se fait point une affaire d6 passe silence ce qui n'est pas avantageux à la
(1) Tliéod. âlïiem^lij». S cap. 9.
âa Papiàvie. 527
i^u'il favorise , devoit ce me semble avoir supprimé cet endroit de Thistoire si honteux aux cardinaux français et au pape quHIs élurent ^ pour lequel il se déclare si ouvertement.
Il est facile à croire que les trois cardinaux italiens arrivèrent bien prompteraent et bien échaufTés à Pondi, attirés par un si puissant leure. Mais ils furent bien étonnés et bien surpris quand ils virent peu de jours après qu'on élut dans le conclave Robert cardinal de Genève(i)qui prit lenom de Clément VU.
Ainsi Urbain VI se vit en tête un antipape cinq mois après son exaltation» Rien au monde n*est si singulier que la manière dont le fiîeur Maimbourg traite celte matière ; et pour n'être pas le seul qui la traite ainsi ^ la chose n^en est pas moins admirable. Le monde se partagea , incontinent les royaumes et les états de l'Europe choisirent pour leur pape les uns Urbain VI, et les autres Clément VII. Il est certain que Vi\n des deux fut un anti-pa« pe et ses sectateurs furent des schismatiques. Cependant par un milieu fort surprenant, le sieur Maimbourg déclare que les uns ni les autres n'étoient schismatiques (sî). Que les foudres et les anathêmes que les deux pa^ pes lançaient réciproquement F un contre Vau^
(1) L'an 1378. 2 de Septcm.
^2) Hiât. du grand ^bisme etc.Iiv. 1 p. 93.
3a 8 Histoire
trfij et contre tons ceux qui suivoient contraire au leur , ne faisaient uni //i.
sonne. Puisqu'il n'y avoit point alors matiques, il n'y avoit point cPanli-p il est constant que tous ceux qui ad un anii-pape sont srhismatîtjues se théologie. S'il n'y avoit point d'anii y avoit donc deux vrais pa[)es: Jési avoit deux lieutenans et Téglise Iroif Je dirois au sieur ftiaiinbourg ce qu'il à un autre ; SHl croit au rapport di naux il doit reconnoilre C/é/nent , < reut pas qu'on y croye , il faut qu' pour Urbain. Et en effet il se décla ouvertement contre Urbain comn^e c pape intrus, créé par une pure vi' pnr la fureur du peuple romain , abi contre les canons, cependant il ne que ce soit un antipape. Po\irquc qu'il seroit obligé de dire comme noi Sle. Catherine de Sicne, sainte à re et à miracles , qni soutenoil Urbain schisme étoit une fourbe, et une c d'illusions, de fausses visions et de fa clés. Mais dit le père Maimbourg, clia son parti étoit dans la bonne foi , e que le pape auquel il obéisspit étoil quement élu. El que fait cela, ne qu'être dans la bonjie foi pour n^ètre
du Papisme. 529
maliqne ni hérétique? Selon celanons nesommes plus dans riiérésie ni dans le schisme ,
■ car nous sommes^dans la bonne toi. Qui ajaxnais ouï dire qu'une ignorance non invincible
' dans une chose de fait mette les gens en sureté et les garantisse de scliisnie-ou d'hérésie? W^étoit-il pas notoire que les romains avoient forcé les cardinaux les armes à la main à élire un pape italien ? Et ce qu'on appelle la' violence n'est elle pas entièrement opposée à ce qu'on appelle des élections canoniques ? C'est un terrible embarras que celui où se trouvent les dévots défenseurs de ce rhc-f qui est le lien et le centre de l'unilé! De part et d'autre on voit des saints à miiat les et à vivions , car Clément, pape d'Avi;;;non, qui ne vouloit en rien être inféiieur à sou conourjent, se lit aussi un saint à miracles : et comme Ui bain avoit sa sainte Catherine de Siene il voulut avoir son bé it Pierre de Luxembourg, de bien meilleure maison a la vérité que la sainte du pape italien , mais be.ni coup plus jeune etnicrins aulorisé; car ce Pierre de Luxembourg par les miracles duquel Clément voulut soutenir la vérité de son poîUificat , n'avoit que dix-Jiuît ans qnandil mourut. Sans doute lesaint esprit éloit (rintelligence avec la mauvaise étoile de l'église pour entretenir le schisme et pour
retenir les hommes dans rignorance dt la vé-5
o3o Shtoire
rilé et du bon parti. Ces gens qui veule:
ger entre deux eaux , être pour tout lei et ne se déclarer contre persoi?ne,8ont suj jeter dans des embarras d'où ils ne pe sortir. Nous en avons plus d'un exem; ce siècle dans les démêlés qu'on y a vus r Veller sur les matières de la grâce ^ d'autres points. •
Le premier fruît de cette division rupture dans le corps de l'église latine la France, l'Espagne, l'Ecosse furent c béissance de Clément VII, qui vint en; tablir son siège à Avignon; l'Italie et 1 magne tinrent pour le pape séant àl Le second, fut les anafhêmes et les es munications mutuelles, car les deux pa| manquèrent pas de s'excommunier mut ment avec tous leurs adhérens. Le troi fruit fut une bonne guerre qui coûta bi" sang à l'Italie. Le pape Clément VII encore en Italie, ses gens tenoient le ch Saint-Ange, et l'autre pape étoit maît reste de la ville. Ainsi dans Rome mén deux partis éloient continuellement aux i et il en coûtoit toujours du sang. En n temps on iaisoit la guerre à la campagne ment mit aux «champs les troupes brét et gascoiïin^es que les cardinaux avoien
' (0 Van Xà79, '
du Papisme* Soi
rj\roIter contre Urbain. Les romains sortirent de leur ville pour donner bataille à ces troupes, et furent battus à la campagne avec une fort grande perte des leurs. Les bretons et les gascons victorieux entrèrent dans Rome y portèrent la terreur |usques dans le Capitole et dans le Vatican, tout fut désolé, ruiné et brûlé jusqu'aux portes de la ville» ; et ceux qui étoient dans le. château Saint Ange de l'autre côté, tuoient de dessus leurs remparts et faisoient des sorties qui réduibirent cette ville aux dernières extrémités. Le pape Urbain VI, pour se venger de ces insultes qu^on lui faisoit et au dedans et au dehors, fit faire main^ basse sur tout ce qui se trouva d'nltramon-* tains à Rome , prêtres, femmes et enfans, rien ne fut épargné 5 ils étoient à la vérité fort innocens , gens qui étoient à Rome ou par curiosité , ou par dévotion , ou pour avoir des bénéfices, mais n'importe; c^étoit toujours se Vengtr. Peu de temps après, ce même parti d'Urbain prit bien unevengeance plus utileet plus glorieuse. Urbain fit une bonne armée des troupes de Lombardie (i579)j de celles qi»c lui avoit envoyé l'empereur Wenceslas Çi)et de vieilles bandes aguerries d'un certain 3ean Âcut, fameux capitaine qui louoit ses troupes à celui qui donnoit le plus d'argent.
55 fi , Hialoire
C«tte armée rentra dans Rome^ oblî les partisans de Clément à se retirer château Saint-Ange, où on les assiège près et on les réduisit a la dernière ei L'armée de Clément s'approcha de Rc secourir la ciladelle qui tenoit.pour pour attirer les romains à la bataille donna, mais avec un succès funeste de Clément ; le comte Alberio de Balb commandoit l'armée du pape Urbain de Rome et tailla en pièces l'armée ment avec un si grand carnage q^u'à écliappa-t' il quelques uns pour deme sonnit rs. Ce fut en cette occasion, dii ISIaimbourg, qu^on vit les tiares ponli passer sur le venfre les unes aux aul gL\s contre ai^li^ ^ r niairis contre r (i)ce fut là q.i'on ré[)andit en abon san^ cil èth'ti pour le trône de ce roi rituel que Ji SUS' Christ n^a établi l égl se (jn'en versant tout son sang po lut (h^ tous les h. mm as ^ et en pacifia ch(.>S'S au ciel et sur la terre. Ne trou' pas Monsieur, que celui qui fait cet xion a bonne grac.e de nous venir rc que nous avons établi le règne de no vel évangile par le fer et par le feu.
Cette victoire irUrbain réduivsit C]
(1) Hidt. du^raiid sclUsme 1, 1 p. 1^3,
àa Papisme, S35
3e grandes extrémités 5 de Fondî, où il avoit ienieuré depuis son élection , il se sauva à Naples. Mais la bonne fortune de son an-2 ingoniste le suivoit par*tont, l'autorité de Jeanne Reine de Naples ne le put mettre en sûreté ni le garantir de la fureur du peuple de ;ette ville , qui se déclara pour Urbain centre la reine et contre Clément. Tout ce que purent faire et le pape et la reine dans cette seîîlion populaire fut de se sauver dans un rhâteau , d'où Clément quitta la partie à Urbain , lui alandonna l'Italie, se retira en France et enfin se posa dans la ville d'Avignon. Lareinede Naples ayant trouvé moyen de châier et de reprimer, ( 1 379) les rebel les, employa ies troupes contre Urbain et continua de déioler toute cette partie de l'Italie qu^on apîeHeTétat ecclésiastique, jusqu'aux portes de le Borne, (i) I*es romains las d'être mangés \blv ,les deux armées se voulurent défaire de 5ur pape qui étoit la cause que leur pays toit devenu le théâtre de la guerre. Il» se évoltèrent contre lui, essayèrent de l'empoif ^nner, et ne l'ayant pu faire, ils voulurent assassiner et forcèrent pour cela son palais. a bonne fortune plutôt que sa sagesse le iuva de leurs rnains , et appaisa cette fureur opulaire sans que personne s'en mêlât. En
(Ij Aaua. ^^yu» ad ami. 1379.
'^Fm
Soi Histoire
mcirie temps les deux papes, l'un à RomS et Taulre à Avignon , se fulminèrent de nouveau et publièrent une croisade avec indulgen* ces plénières à tous ceux qui prendroient les armes contre l'anli-pape et contre sesadhé' rcns. f i) Lt*s historiens nous apprennent qae cela fut cause d'un nombre infini de mauX) de meurtres ,depilleries et d'assassinats: car pour gagner des indulgences^ces niisérablesftveuglés se croisoient les uns contre les antres dans un même pays et dans une même ville et se faisoient une cruelle guerre ; de sorte que ce schisme eut une maligne influence qm causa de terribles désordres dans tout VOo.
cident.
Mais l'un des plus grands fut (s) les désch lations et les révolutions qui arrivèrent su royaume de Naples. Urbain pour se venger de la reine Jeanne , qui avoit pris le parti de Clément^ Texcommunia, la dépouilla de ses états et les donna à conquérir à Charles de Duras , parent de la reine et de même maison qu'elle. Ce misérable prince qui même devoit hériter de Jeanne le royaume de Naples, pour s'avancer de quelques jours la possession de cette couronne se laissa gagner par Urbain. Et ce pape pour lui donner le moyen de payer son armée , fondit les croix d'argent
(1) Théi^d. àNîeni, lib. 1.
(2) Rayn, aiiuales iii ann. 138 1«
du Papsime. 335
; dW, les calices et les statues des saints dont '■ métal et la matière furent trouvés de quel^ aa valeur. II fallut que les bons saints de pa-i kdis qui ne s'étoient pas uiélés de cette afire en pâtissent pourtant. Et bienheureux ireol les saints qui n'ctoient que de bois et de erre 9 car ce furent les seuls qu'on épargna htee qu'on ne put en faire de la monnoye.
harles de Duras chargé de ces saintes reliquesi ': la goerre avec un très grand succès. Il vint Naples avec une bonne armée y xuais il n'eut i» be&oin de s'en servir, car les habitans 9 la ville lui ouvrirent les portes y et se ré« [yltèrent contre leur reine. Cette princesse \i assiégée et l'armée qui la venoit secourir Mis la conduite d'Othon son mari y ayant été (faite absolument, taillée en pièces et Otlion li même pris, elle fut obligée de se rendre discrétion au vainqueur. Ce méchant homte, ministre des passions et de la vengeance !(Jrbain VI , après avoir gardé cette grande nne prisonnière huit mois^ la fit inhumaiement étrangler dans sa prison. Voilà des *ait8 de l'énormte ambition des papes y les dîtes naturelles du papisme , et les actions es dévots du saint siège. Ainsi périt cette eine descendue de la race de Charles d'Anm y frère de St. Louis , à qui les papes a-
(1) Theodoric à r^iem.
S56 Histoire
voient donné le royaume de Naples, quel pes ôtèrent à la petite fille de son peti ce qui fait voir que ces usurpations et c( treprises des papes n'ont pas toujours ét< suite. C'est ainsi que cette reine fut ] de la foiblrsse qu'elle avoît eue d'alién favour des papes du con^té de Provenc beau comtat et la ville d'Avignon. Cette mort ne fut pas la punition de ce qu'elle adhéré à Clément comme l'ont publié le tisans d'Urbain. Mais on peut la reg comme un châtiment de l'humeur alti superbe de celte reine, qui ne voulut j qu'Othon de Brunswick son quatriiîme m roi de Naples , et ne le traita jamais que me le premier de ses sujets, jusqu'à l'en en ambassade à Rome , rendre homma pape en son nom. Tous ceux qui de royaume de Naples avoient tenu le p£ Clément , ne furent guères mieux traiti les chargea de fers , on les jeta dans de .
prisons et on les fit périr de misère.
Jeanne^ reine de Naples, voyant la pu te ligue que le pape Urbain faisoit < elle, et le don qu'il avoil fait de ses f Charles de Duras , de son côté avoit a Louis , duc d'Anjou , fils de France , de CJharles cinquième, et l'avoit fait iiex de tous ses èVals» Cçi ^Vvcvsi^ ^^xjùîa, ^
du Papisme. 55 j
r cle venir défendre les états, dont il devoit * héiitier , et la reine de laquelle il devoit ittr. Mais il tarda Irop, c'est pourquoi te pauvre princesse eut le temps d'être dé- Liiliée de son royaume et privée de la vie* r près de deux ans s'écoulèrent avant que tiis , duc (l'Anjou , entrât dans le royaume Maples. Le pape Clément l'envoya donc nme son chevalier chargé de richesses , se Ure pour lui contre Uibain , comme Ur- Ln.avoît envoyé Charles de Duras, chargé l'or et de l'argent de Rome, se battre con- 5 la reine de Naples. Mais la fortune éloit j^tout contraire à Clément, Louis , duc \njou , couronné roi de Naples par le papo émentVII, mena misérablement périr en ilie une armée de soixante mille hommes , shes des dépouilles de toute la France, larles de Duras ne voulut jamais donner IX françois le plaisir de se battre , il se réarma dans ses villes , il abandonna la camigne aux françois qui l'eurent bientôt déso- B et qui périrent enfin de misère , en faisant irir avec eux un million d'autres hommes, ouis , duc d'Anjou, (1384) y mourut luiême d'une misérable maladie contaj^ieuse li consuma une partie de cenx qu'il avoit enés avec lui. Ce prince qui étoit passé en
i pays, le plus riche princç du moftde , élpiÇ
si pauvre au bout de deux ans que quand mourut il n'étoit habillé que de toile peii et pour vaisselle il n'avoit qu'une tasse d'i gent. Le» misérables restes de son armée chappés de la famine, del'épéeet de lapes revinrent en France en mendiant leurpa Voilà déjà une infinité d'hommes qui périn pour cette querelle des deux papes , mais n*est rien en comparaison de ce qui périt di la suite. Car de là sont venus ces droits q les rois de France prétendent avoir sur royaume deNaples, Ce Louis^ diic d'Anj h qui Clément VII , pape ou anti-pape , c nous importe peu , avoit donné le royad de Naples 9 mourut ^ et laissa à s^ss hériti ce vain titre de roi do Naples , qui se con va dans sa famille jusqu'à Charles IV , qui rita de René roi de Sicile et de Naptes,etin rantsans enfans , laissa son titre et ses dr à Louis XI, lequel il institua son héritierl 1481. Et c'est ce qui a tant de fois fait ] ser des armées en Italie , où elles sont mi rablement péries : d'où vient ce proverbe ritalie est le tombeau des françois. C'esl schisme de Clément et d'Urbain que la Fi ce doit imputer toutes ces pertes , et Tll toutes les horribles désolations qu'elle a s fertes pendant près de deux cents ans , dui lesquels elle a été le champ de bataille € prix du viclo)p\eu^%
du Papisme. S5g
Ce n'éloît pas assez à Urbain de faire jouer es sanglantes tragédies dans l'Italie , il lit iicore publier une croisade en Angleterre oyaume de son obédience , contre la France w étoit de l'obédience de Clément : Henri ipenzer, évéque de Norwik, fut la trompette le celle sédition. Il assembla une armée de ingt ou trente mille croisés , (1.^85) se mit à eur léte el se fit général d'armée comme faioient les évèqucs d'alors , dignes généraux le l'aiite*christ. Avec cette armée de pèlerins \ï de soldats de Jésus-Christ il vint fondre sur a Flandres , qui étoit pourtant pays d 'obédience d'Urbain, pour lequel il àvoit pris les trmes. La il fit périr un grand nombe de misérables, et y vit aussi périr son armée de uroisés. Encore autres torrens de sang répandus par ces vicaires de Jésus-Christ, qui n'a pas versé d'autre sang que le sien.
Le pape Urbain qui se trouvoit si bien du service que lui rendoit Je royaume de Naples lous la conduite de Charles de Duras, (i) qu'il en avoit mis en possession, crut qu'il en tireroit encore davantage d'utilité s'il pou- Toit s'en rendre absolument le maître en le hiisant posséder en tout on en partie par son neveu. En donnant à Charles l'investiture de ce beau royaume, par un traité il l'avoir
(O TUeQd. à Niçm Secret, dçce mcmç yayc,
Sio Histoire
obligé iVen promettre une grande part neveu II voulut que le nouvi-au roi de ] exéiutât ce traité. Dans celte vue il Naplvs, où 8a présence donna Heu à d velles tragédies dans lesqut-Hes ce paj lui-même un très fâcheux personnage.
les de Duras le Ht arrêter et le fît men sonnier dans un château : (i585) en y conduit par les gens du roi de Naplea èxcomnuinioit tout en chemin faisant, f et â gauche. Mais malgré toutes ces ( municaiions il fallut marcher, et quan* les le tint en lieu de sûreté il ne le laiss; aller qu'il ne l'eut mis hojrs d'état par c veaux traités de rien entreprendre po neveu sur le royaume de Naples. Il le même asbez long-temps dans une honnc son à Naples. (») Mais enfin comme lui fut obligé (h* sortir potir aller contre se péiteiir Louis, duc d'Anjou, pendant i sctnce le pjpe lui échappa et s'alla me sûreté dans le château et dans la ville cera , (iS84) qui avoit été cédée à tion dans ce royaume de Naples. Ce fut là bain vit une étrange révolution , il dé une partie faite contre lui entre le ffaples et ses cardinaux, (2) qui à ce
CD Thêod, à Nheœ, '' "
du Papisme. 54 1
J'un lies domestiques de ce pape qui a écrit %on histoire, n'avoient pas moins dessein que de le faire brûler comme hérétique. Ce qui est certain c'est que Charles et les cardinaux vouloient se défaire de ce tyran. Mais ils furent prévenus, la conjuration fut découverte, les pauvres cardinaux furent saisis, jetés dans dé noires prisons, brisés sur des tortures et sur des gènes. Charles de Duras de son côté fit souffrir mille cruels supplices aux ecclésias-' tiques qui tenoient pour Urbain. Le pape l'ex-j 'Communia , le déposa , le dépouilla de ses é-» tats , le cita à répondre devant lui du crima de félonie, dbnt il l'accusoii comme un vassal rebelle , en même- temps il mit la ville de Napléssous l'interdit. Charles comparut devant le pape avec une armée avec laquelle il Tassiégea et prit jusqu'à la première enceinte du 'château de Nocera. Urbain réduit aux dèr* dières extrémités se défendoit dans la forteres-* se par les armes spirituelles , faute de meilleures. Tous les jours trois fois il paroîssoît a une fenêtre du château, d^où il excommuoioit à chaque fois les assiégeans au son de la clo^ chette et en éteignant des cierges renversés. N'est ce pas là jouer une véritable comédie , et exposer la religion à la moquerie, je ne dia^ pas des infidèles et des incrédules, mais des sages et des honaêles gens ? TouX«^^ c^i^ ^t.w%sx-
inunicaiîons réitérées trois fois le jour n péchoient pas les asbiégeans d'avancer 1 travaux , et n^auroient pas garanti Ur d'un triste sort, si par le moyen des tro que les françois avoient encore en Ilalii n'eut été enlevé de cette forteresse , qui rpit été son tombeau comme elle étoit sa son. Ces françois comme attachés au ] Clément étoient grands ennemis d'Urh mais ils étoient encore bien plus grands ei inisde Charles de Duras, roi de Naplcs. i pourquoi pour lui faire dépit et pour prc <lcs trésors qu^Uibain avoit avec lui, ils treprirenl de le tirer du château de Nocei y réussirent. Voilà bien des troubles et des combats, et comme ils ont tous leur s ce dans ce schisme des papes, il a été f( propos de les représenter au public, qu'il en fasse une opposition aux prétei troubles causés par le calvinisme.
Parce que je m'attache précisément troubles qui sont nés de ce schisme , je ne lerai pas de ceux qui n'ont pas une étroite Jion avec lui. C'est pourquoi nous ne di rien des circonstances de la mort de Çh( de Duras, qui laissa le royaume de Na pour filler usurper la couronne de Hong pfi il fut malheureusement assassiné et tj
fielpn ce qu'il méritoit. Mais il est ççsent
'àa Papisme 543
Vbîstoîre des troubles causés par ce schisme , de remarqner qu'après la mort de Charles de Duras , roi de Naples, la reine sa veuve fit incf)ntinent prorlanier roi , Ladislas son fils âgé de sept ans. Clément VII ne voulut pas per-, dre l'occasion de cette minorité pour exciter de nouveaux troubles dans ce royaume de Naples , afin d'en chasser une famille qui lui étoil ennemie et qui avoit soustrait le royaume de son obéissance. Il envoya Othon de Brunsyïk » mari de la veuve reine Jeanne , qui fit soulever ce royaume en faveur de Louis 11^ duc d'Anjou et roi titulaire de Naples , fils de. ce Louis aussi duc d'Anjou, auquel Clément avoit donné ce royaume à conquérir et qui dans cette entreprise avoit perdu la vie. Le desseiii : de Clément réussit admirablement d'abords La ville de Naples étoit cruellement déchirée par quatre ou cinq factions entretenues par les partisans des deux papes et des deux jeu- - nés rois Ladislas, fils de Charles , et de Louisf fils de Louis. Ces factions désoloient cette malheureuse ville et la baignoient de sang»^ Clément profitant de cette division par les in-» ' telligences qu'il entretenoit dans I4 ville se fit. i livrer une des portes par laquelle Othon dei r- Brunswik fit entrer une armée. Et en même ^ 'temps le pape Urbain, qui avoit son parti et ses : Coupes dans lejroyaume de Naples, faisoit çp*
Si** Histoire
trersousla conduite de Raimond des Ur si m d'autres gens par la porte Capuane. De sorte que d'un côté on entendoît des soldats entrant par Tune des portes de la ville qui' crioient vive le pape Clément et le roi Louis , et de l'autre il entroit d'autres troupes qui crioient vive le pape Urbain et le roi Ladislfts. On peut juger quelle étoit alors la face de Naples, et en quel état ces deux vicaires de Jésus- Christ réduisirent cette belle et grande ville, EHe devint un effroyable théâtre de toutes sortes de violences, les partisans et les troupes d'Urbain furent battus, Raimond des Ursins qui les conduisoit eut bien de la peine à se sauver, après avoir vu ses soldats mourir à ses pieds. Tous ceux qui avoîent favorisé le parti de Charles de Duras contre Louis d'Anjou, et celui d'Urbain contre Clément furent masisa* crés, pillés et dépouillés. Ce royaume se rit donc encore une fois soumis à Clément, le pape d'Avignon. Urbain, le pape d'Italie, étoit alors a Gènes et à Luques d'où il foudroyolt ses ennemis , faisoit publier des croisades , contre Clément et contre Lonis.Pourmonnoyeâ payer les troupes il promettoit des indulgences, mais on commençoit un peu à revenir de cet- h te faUe , et il ne se trouva personne qui von- 1 i lut aller faire la guerre à ses dépens •, pour 1 1 ces lettres de svireté d'^ntrej^ en paradis qa«
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ce pape dîstribuoit et offroît si libéralement. Il tenta par d'autres armes de recouvrer le royaume de Naples , mais elles ne lui réussirent pas mieux , ainsi après avoir bien tourné dans toutes les villes d^Italie il vint mourir à Rome Fan i38g.
Ses cardinaux dont chacun espéroît être pape ne voulurent point laisser mourir le schis; me avec Urbain ; ils lui donnèrent pour successeur Boniface IV, qui foudroya le pape d'Avignon comme avoit fait son prédécesseur.
II fut plus heureux que lui dans le dessein de reconquérir le royaume de Naples ; car il cas* sa tout ce qu'Urbain avoit fait contre Ladislas, fils de Charles de Duras , il le fit couronner roi de Naples. (iSgo) Louis II qui en étoit alors en possession y vint et passa en Italie, où après s'être fait voir il s'en retourna en Frarce. Durant son absence le pape Boniface avec le jeune Ladislas chassa encore une fois les françois de ce royaume et s'en rendit le maître. C'est ainsi que la fureur et l'ambi* lion des papes faisoientde cet état un théâtre ^deperpétuelles révolutions, au dépens des misérables peuples qui étoient pillés, tués et ma6> sacrés. Ce Boniface IX eut aussi le bonheur d'étouffer les ombres de liberté qui étoient demeurées aux romains depuis que les papes s'en étoient rendus les maîtres. Il fortifia les
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citadelles du châlean St. Ange et du Capitule pour retenir les romains en leur devoir.
Ce fut dans les années suivantes que l'on coinmença à se remuer en France et dans la plupart des royaumes de l'Europe pour trouver des moyens d'éteindre ce schisme si scandaleux. (1091) Les universités) les théologiens , les moines, les grands, les rois, les cours 9 les sa vans et ceux qui ne Tétoient pas, tout s'en mêla. Ce ne furent que consultations, qu'écrits, que harangues^ qu'ambassa- Aes, que négociations, qu'intercessions auprès des deux papes, pour les obliger à céder, à renoncer à leur pontificat et à se soumettre à un concile général. Mais rien n'y fit, chacun d'eux vouloit être pape. Comme je n'ai dessein de rappeler dans la mémoire des hommes simplement que les troubles causés par ces schismes , sur-tout ceux qui produisirent cîes guerres et de l'effusion du sang : je laisse à part tous ces mouvemens qui ne produisirent que des paroles perdues , des pas inutiles et de l'encre répandue.
^ Il faut seulement se souvenir en passant que la proposition que l'on fit à Clément pape d'Avignon, de renoncer aupapat pour la paix de l'église le fit mourir de douleur l'an iSgS. Les cardinaux d'Avignon qui n'avoient pas moins de passion de devenir pape que ceux
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de Rome , ne voulurent pas non plus éteindre le schisme ; ils élurent un successeur à Clément , ce fut le célèbre Pierre de Lune qui se fit appeler Benoit XIII. Cet homme ambitieux et superbe au de-làde toute imagination, a voit donné des promesses très solennelles avec de grands sermens à tous les rois de l'obédience d^Avignon^ que pour la paix de Téglise il renonceroit au pontificat quand on le jugeroit à propos. Mais il se moqua de tous ses sermenSj il s'accorda même avec Boniface IX , pape de Rome, et ils arrêtèrent. entr''eux que l'on ne parleroit plus de cession , mais que chacun maintiendroit ses droits etseconserveroitdans la possession où ils étoient. Les négociations recommencèrent partout pour faire cesser le -schisme; et comme Benoit avoit violé honteusement et d'une manière tout-àrfait perfide les sermens qu'il avoit faits , on voulut Tobli^ ger par force à tenir ce qu'il avoit promis* (1398.)Lesfrançais se retirèrent de l'obédience de leur pape séant a Avignon^ on fît plus, on l'assiégea dans son château^ on le prit et on l'y retint prisonnier cinq ou six ans. Mm» jamais il ne voulut renoncer au papat^ il aima mieux être pape sans liberté et sans sujets quo d'être libre et à son aise sans être pape. D'autre part le pape séant à Rome n'agissoit pas ajfec plus de bonne foi , ce fut de part qj d'au-
tre dans les deux papes une suite de coUu* sions, de fourbes et de violences pour entretenir le schisme et se conserver leur dignité xnalgré les oppositions des princes qui voaloient rendre la paix à l'église. Et je ne saurois comprendre comment ceux qui lisent riiistoire de ce schisme, toute telle même qu'^ellenous a été faite par le père Maimbourgy peuvent être tellement aveuglés par lenn préjugés qu'ils ne voient pas un esprit inferr xial et ennemi de Jésus-Christ le Dieu depaix, régnant dans la conduite de ces deux pape&i dont Tuti pourtant étoit le véritable vicaire de Jésus- Christ. Ces monstres d'ambition aiment mieux voir leur église déchirée, destituée de ce qu^ils appellent son chef , tonte l'Europe divisée et souvent les armes à la niaia que de cesser de régner. A bien considérer cela, il est impossible que toute personne équitable n'en fasse un puissant préjugé coD* tre cette église.
Pendant que sur le théâtre de la France on jouoit divers actes de cette tragédie , Benoit XIII y étant tantôt prisonnier et dépouillé de toutes les provinces de son obédience, et tan« tôt libre et rétabli sur le trône, comme il fut après être sorti de sa captivité de cinq ans, le siège de Rome changeoit souvent de maître (i4o3.)« Benoit IX , n'y dura que cinq ans , et
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mourut Tan 1 4o4 , les cardinaux romains pour continuer le schisme sa hâtèrent de lui donner pour successeur le cardinal de Boulogne (i4o4.) qui prit le nom d'Innoceiit VU, et ne dura que deux ans Ci4o6.) ; on mit à sa place Grégoire XII, et ce fut le quatrième pape rpniain depuis la naissance du schisme, contre deux d'Avignon. Ils duroient moins à Rome parce qu'on les avoit choisis vieux , chacun des cardinaux électeurs souhaitant aussi d'avoir quelque jour part au pontificat. Ce Grégoire XII étoit dit-on , un vénérable personnage, dans une grande réputation de bonnes moeurs , et Ton attendoit de lui des merveilles pour le rétablissement de Téglise. M[ais il se trouva qu'il étoit fait comme les lu très papes, ennemi de la paix, ambitieux, îl voulant régner à quelque prix que ce fut.
[1 ne tint pas à lui non plus qu'à Benoit XIII, ^éant à Avignon , qu'on ne laissât aller les :hoses dans le train qu'elles avoientprîs. Les 3eux papes s'entendirent et furent un temps Je concert pour empêcher qu'on ne les détrônât l'un et l'autre.
La France parut pourtant absolument résolue à faire cesser le schisme 9 et Ton com^ mença par se soustraire entièrement à l'obéismnce de Pierre de Lune dit iîenoit XIII. (/et homme eut la hardiesse d'excommunier le roi
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de France (i4oô.) à cause de celle soùstrai?
tîon et de lui faire signifier celte sentence par des envoyés exprès, qui furent traités à Paris comme ils méritoient; car on les traîna dans les rues de Paris, montés sur des charettes habillés de blanc par raillerie, et ensuite ils furent jetés en prison; Enfin l'on assembla un concile àPise, Tan i4og, et ensuite un autre a Constance l'an i4i9 , pour faire cesser ce schisme. Il n'est point de mon but de m'engager dans Thistoire des procédures de ces deux conciles puisque je n'ai dessein que d'exposer les troubles causés par ce dernier schisme : il suffit de dire en abrégé que le concile de Pise n'appaisa pas le schisme mais le |f multiplia , au lieu de deux papes il en fit trois, il déposa Grégoire XII pape de Rome et Benoît XllI pape d'Avignon et créa pape Aie* sandre V, qui eut son siège à Bologne. Ce dernier ne vécut que peu de mois et eut pour successeur Jean XXIII, napolitain, qui se fil élire pai- simonie. Durant neuf ans qu'il avoit été légat à Boulogne(i4io.)il s'y étoit enrichi (i) et y avoit acquis de l'autorité de sorte qu'il ne lui fut pas mal aisé de se iaire élire par ses présens et par le crédit de ses amis. Ce Jean trouva moyen de se rendre maître de Roinô d'oïl il chassa Grégoire XII. Il voulut y célè:
(1) riatiu.
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l}rër un concile : luais Nicolas de Clémangis ce. célèbre archidiacre de Bayeux nous apprend qu'un affreux chat-huant s^étant placé dans la voûte du temple vis-à-vis de Jean se mit à hurler d'une manière si efi*royable que que tous les assistans prirent cela pour un fu- Tiestè présage du succès de cette assemblée; c'est pourquoi chacun se retira. Le concile de Constance réussit un peu mieux à Pextinotion du schisme , on y déposa les trois papes Grégoire^ Benoit et Jean Ci4i4)^ et Tonjen fit un quatrième qui fut appelé Martin V. Il fut élu durant le concile par les cardinaux aux* quels on associa six hommes de chaque nation, savoir de la nation française , de Tespagnole, de l'allemande , de l'anglaise , et de l'italienne. Le schisme ne fut pas entièrement éteint par cette élection. Car Pierre de Lune ne se voulut jamais rendre et trouva toujours quelques iEactieux qui le soutinrent dans sa rébellion et dans sa retraite d'Espagne. Il mourut enGn sans être rassasié de jours (i^sS) quoique ce fut à l'âge de quatre vingt-dix ans: si confirmé dans la résolution de continuer le schisme qu'il ordonna à deux cardinaux qui l'avoient accompagné jusqu'à la mort^ de lui élire un successeur, ( i ) ce qu'ils firent en effet et choisirent un certain Gilles Mugnos gentil-
(1) Marz. bistoîr. hîsp. lU). 2o, *
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homme arragonnois, chanoine de Barcelone qui se fît appeler Clément VIII. Mais comme ce fantôme de pape n'étoit soutenu que |!ar Alphonse roi d'Arragoni qui s'étoit révolté contre le pape; aussitôt que ce roi fut réconcilié avec la cour de Rome ( i42g) ce pape imaginaire tomba ^ et ainsi Gnit ce schisme après avoir duré plus de cinquante ans, principalement par l'opiniâtreté de Pierre de Lune qui le fit durer dix ou douze ans plus qa'ilne I devoit. Avant que de fînir ce chapitre je 06 saurois m'empéi her de faire une réflexion sur un événement que les historiens rapporteniet que le sieur Maimbourg n'a pas oublié. C'est que le corps de Benoit XIII, fut tiré du lieu où on Ta voit mis à Paniscole six ans après sa xxîort, et qu'il fut trouvé tout entier aveciine odeur très agréable. Les comtes de Lune de la maison desquels il étoit, l'ont fait transportera Igluera vilb d'Arragon appartenant à leur maison, où il repose aujourd'hui incorruptible. Voilà un miracle dans toutes les formes. Après cela, fiez vous à ces prétendaes miraculeuses conservations des corps des saints canonisés dans l'église romaine , par lesquelles comme par une très bonne marque on veut prouver que le papisme est la véritable reli- . gion chrétienne. ( i ) Tel est de fraîche date
(1) fiiglJsurmia de noiis écles.iib. 4 cap. 14.
ùa Papisme. SèS
raclé arrivé dans le corps de François er qui fut trouvé quinze mois après la
enterré dam de la chaux , tuais tout en* 3t répandant une bonne odeur: miracle 3ellarniin met entre ceux qui prouvent que se romaine est la véritable église. .Tel est re la miraculeuse conservation du corps :. François d^Assise qui repose dans une e souterraine debout et tout entier aveo igmates de Jésus -Christ aux pieds et aux is. On ne peut pas doutei^que ces miracles )ient des preuves que nous sommes damomme des hérétiques. Mais aussi avec la e force, l'histoire du corps de Benoit XIII ve très bien qu^il est mort vrai pape^ et toute réglîse romaine qui étoit alors sée de lui^ étoit dans le schisme et dans la
de damnation.