‹ Histoire du Calvinisme: et celle du Papisme, mise en parallèle: Ou apologie pour les réformationChapitre 15 sur 17 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

Nouvelle source de troubles , causés par le papisme ; la loi du célibat ; désordres arriP'S à cette occasion en Allemagne y en Angleterre et en dii^erses parties de VBurope.

usQûEs ici nous avons vu les troubles que la prodigieuse grandeur à laquelle est monté révêque de Rome , a produits dans le monda chrétien. Celte dignité papale est l'essence da papisme et le premier de ses dogmes. Ainri quand le papisme n'auroit causé de troubles que par ce coté là , ce seroit assez pour nous donner lieu de dire qu'il a fait de terribles maux dans le monde. Mais il est vrai aussi qu'il en a causé pour l'établissement d'nne partie de ses autres dogmes. Nous avons déjà vu comme rétablissement des Images a coûté bien du sang. Il faut pour conclure cette histoire des maux causés par le papisme, dire quelque chose des troubles excités à l'occasion du célibat des prêtres et du retranchement de Ja coupe.

Ce seroît une histoire un peu longue qne

du Papisme. 365

ceïïe 3e8 troubles , qu'a excité dans l'église d'Occident le dessein des papes dont ils sont enfin venus à bout , d^empêclier les prêtres de se marier. Car depuis le décret qu'on attri* 'bue au pape Syricius séant sur la fin du quatrième siècle, on peut dire que jusqu'au concile de Trente, cette loi du célibat durant l'espace de douze cents ans a bien causé des désordres, des murmures , des contradictions et même des séditions et des révoltes. Nous pourrions même mettre entre les maux causés par cet article du papisme, les impuretés effroyables , les fornications, les incestes, les adultéres, les péchés contre nature et les autres horreurs qui sont venues à la suite de ce décret, qui impose la nécessité du célibat aux ecclésiastiques sans leur donner la vertu de la continence. Ce sont assurément là des choses qu'on pourroit mettre au rang des troubles. Nous pourrions encore avec plus de justice mettre dans l'histoire de ces troubles, les assassinats, les meurtres, les empoisonnemens, les enfans meurtris, noyés et étouITés et mille autres crimes semblables commis ou par les prêtres , ou à l'occasion de ces prêtres qui s'occupoient à corrompre les femmes et les filles, à quoi ilsétoient poussés par cette malheureuse nécessité qu'on leur avoit imposé de ne pouvoir chercher dans le mariage un

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remède aux flammes de la concupiscence. Toa< les livres sont pleins de ces histoires scandaleuses d'ecclésiastiques , qui ont porté le feu dans les familles par leurs lascivelés, par leurs débauches et parleurs corruptions. Pour joiiU' des femmes avec plus de facilité^ les maris ont j été assassinés et empoisonnés. Les maris pour 1 se délivrer de ces monstres d'impudicité qui voaloient partager leur lit, les ont fait assassiner ou s'en sont défait d'une autre manière. Les femmes pour couvrir leurs débauches avec les ecclésiastiques parce qu'elles étoient devenues mères contre leur volonté, en ont dépouillé les sentimens , et ont fait périr leurs enfansaussitot qu'ilsont paru aumonde, après avoir inutil(;ment tenté de les étouffer da»s leur propre sein. Se peul-il voir quelque chose de plus prodigieux en ce genre que ce que dit Ulrich, évêque d'Augsbourg? (i) Le pape Nicolas II voulut obliger les prêtres al- ' lemands à se soumettre au joug du célibat, il en envoya les ordres en Allemagne et en pressa l'exécution. Ulrich, évêque d'Augsboorg, en écrivit au pape, lui représenta les fâcheuses suites de cette loi, lui fît voir par l'autorité de récriture et des saints pères que les prêtres se pouvoient marier. Et sur ce que , quelques-uns lui opposoient le témoignage

' U) Lûu îiSg. ~

âa Papisme.^ S5y

3e St. Grégoire, évêque de Rome, voici ce qu^il répond. Il y en a, dit-il, qui prennent St. Grégoire pour défenseur de leur secte ^ (i) mais y ai du mépris pour' leur témérité et de la compassion do leur ignorance. 11^ ne savent pas que ce décret qui soutenoit ^hérésie fut ensuite corrigé par fl^ Grégoire lui-^méme gui à cette occasion se repentit de Vavoir fait. Un jour qu^ il avoit donné ordre qu'on lui pé» chat du poisson dans un étang , au lieu de poisson on lui apporta six mille têtes d'en fans» A cette vue il gémit , et touché d^une vérita^ hle rêpentance il confessa que la loi par la* quelle il auoit^ ordonné le célibat , était cause ie cela : il condamna son décért et approuva te conseil de Vjiposire^ qui dit qu^il vaut mieux ^e marier que de brûler. De telles et sembla- Sles horreurs pourroient légitimement être placées entre les plus grands désordres que le papisme a causés. Mais TUistoire en sereit grosse, car le catalogue de ces événemens est infini. Ainsi je ne toucherai , et même que t; fort brèvemerit, qu'à ce qui arriva dans le on« aiéme siècle, dans lequel les évéques de Rome firent leurs plus grands efforts pour faire passer p'artout cette loi du célibat des ecclésiastiques. Léon IX qui succédoit à cette longue suite de papes scélérats qui avoient occupé

(1) Epist. S. Ulrich. Au^ustani ad Nie. If.

SbS Histoire

le siège de Rome durant plus de i5o ans^M voulut distinguer de ses prédécesseurs par aïie discipline très sévère et tint à Mayence un concile au cuminencement de son pontificat i dans lequel il fit renouvelier défense aux pré très de se marier. (io5o) Mais pour l^eure ce décret n'eut pas beaucoup de suites, parce que le nombre des ecclésiastiques mariés étoit si grand qu'on n'osa pousser plus loin lesprt)cédures. Hildebrand sans doute avoit donné /c ce conseil à Léon IX , car c'étoient deuxcbo* ses dont il s'étoit entêté , d'ôter lé mariage aux prêtres et la souveraineté auxemperean* C'est pourquoi quand il fut pape , il pouMi cette affaire avec bien plus de vigueur qa6 n'avoient fait Léon IX et Nicolas II ses pré* décesseurs. II avoit plu à ce Nicolas seconil de donner par la plume du cardinal Humbert de forêt blanche^ écrivant contre Nicetas Pic: toratus» aux prêtres mariés , le nom deNicolaites , et de dire qu'ils défendoient l'héré' sie de Nicolas le diacre, (i) nommé au septième des actes , et de ces anciens Nicolailef assez connus dans l'histoire des hérétiqaei.

Sous ce nom et sous ce prétexte d'hérésie Nicolaite, Hildebrand devenu pape appelé Gré* goire VII, entreprit de pousser aussi loin qu'il pourroit ces prêtres mariés et les joignit avec

(t) Vide£pipU.lixr6s. 25,

If

du Papisme. 5Bg

les sîmbnîaques. Il appelloii ainsi fous ceux qui recevoient les investitures de leurs bénéfices par la main des empereurs. Il est bon de remarquer en passant la malignité des papes qui attachoient des noms odieux à des vérités innocentes , comme ces anciens payens qui revétoient les chrétiens de peaux de bêtes pour les faire dévorer par les lions. Grégoire iVlI, armé contre l'hérésie des Nicolailes et contre la simonie^ fit assembler un concile dans lequel il condamna ces deux prétendues hérésies y défendant aux prêtres de se marier et Bux clercs de recevoir l'investiture de la main des laïques. L'union de ces deux causes, de celle des prêtres et de celle des empereursy rendit celle des prêtres meilleure ; car Tempereur prêta son autorité aux ecclésiastiques pour soutenir leur liberté, et les ecclésiastiques donnèrent à l'empereur leurs suffrages pour condamner les entreprises de Grégoire VIL (i) » Dans ce temps-là , dit Aî^entin^ » les prêtres avoient des femmes et les rete- )> iioietit publiquement comme les autres y chrétiens i et ils en avoient des enfans. Ce "0 que je trouve dans les actes des donations D lesquelles ils faisoient aux églises, aux pré- D très et aux moines où leurs femmes sont D nommées comme témoins et sont appelées du

■ II. ' ■ " I I ■ — »— — »^—i *Mi^B

(1) Avent. Aunaî. Sajor. lil). 5.

se quand cas prêtres célébreraient ^ vUassent leur approche, leurs rUscoi conversation comme la peste. JËt \ l'évêque de Constance se moqua do et ne laissa pas de tolérer les pr ries, (i) Grégoire VII en écrivit au ] Constance pour F«xIiorlerà s'oppose:

rêque. Là-dessu8,éiian&a.\.Te hiBtorï< te la faction du clergé se mutina et àrait, disant çue cet /tomme étoit et insensé et qu'il avait oublié ce du Seigneur, legitel dit que tous ne i nent pas ces choses , et ce que, dit qi/il vaut mieux se marier que à Grégoire qui voulut élre obéi à que, que ce fut, envoya l'évêque de Coin Allemagne, portant ordre à l'arche Mayence^ sur peine de perdre son ar

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Tioumîs à rarchevêqne de Mayence. (i) Mais 'tous les eccléoiastiques se levèrent avec tant de feu et tant d'tmportement que le légat craignit d'y perdre la vie, et il envoya TafFciirô au pape sans passer plus avant. Ces opposî« lions ne firent point perdre courage à Grégoire VII, qui ne savoît ce que c'étoît que lâcher le pied , il fit publier son décret par toute

'l'Allemagne avec de grands anathèmes lan-

Lcés contre tous les contrevenans, et voici ce que cela produisit comme le rapporte Aventin, (a) Il s'* éleva , dit-il , une prodigieiue sédition au

. milieu du troupeau de Jésus^Christ, et Jamais une si grande maladie ne frappa le peuple de JésuS'Christ. Les prêtres se révoltèrent confire leurs évêques , et les peuples contre les prêtres. Les laïques et les profanes exercèrent toutes sortes de cruautés contre ceux qui celé* Broient les mystères , tout fut réduit en une horrible confusion. Les hommes et les fem'mes selon que chacun étoit poussé par Vava^ ricey par Tambition et par l'envie, excitoit d^jis guerres , des procès et exerçoit ses haines par-^ ticulières : chacun sous le moindre prétexte se donnoit la liberté de résistera son curé et de piller les biens de T église et les églises mémes,^ les laïques méprisoient les prêtres quiavtjient

m I I II I ■ I I I I I I M I n .1 ■ I n !■

(1) Le même.

(2) Aveiit. lib. S.

ôfia Histoire

défi femmes , ils souilloif'nt la religion , prch fdrttdnt les choses sacrées, faisuieiit sur eux clea aspersions d'eau béniste y (comme pour les exorciser et pour chasser des démons) ils bfûloiejit au feu les dîmes, et ce que f ai hort reur de prononcer ils jetoient dans la boue ^ ci fouit. lent aux pieds les très saintes hosties gui avoient été consacrées par dts prêtres mariés. Car Jlildi brand avoit déclaré que telles frrns n' et oient pas prêtres et ne pou voient j faire le sacrifice. Et les faux prophètes pri^ re it occasion de cetta doctrine d'IIHdtbranà d^ f indre des miracles vt dUnpenter des ffh blés pour Jeter de la poudre aux yeux du peuple chrétien ^ afin dti le détacher de la vérité par ces histoires fabuleuses qu'ails appcloieni des exemples , et par des passages de Vécritu* re auxqU'els ils donnoient la gêne pour en ti* rer ce qu'ils vouloient. Au reste il y en eut peu qui renonçassent aux plaisirs criminels^et quelques-uns qui f ai soient montre d'unegran^ de chasteté sous ce beau nom commettoient par* tout impunément des viols, des adultères fi des incestes.

Peu de temps après^ les évèques et les prêtres d'Allemagne trouvèrent moyen de se venger, (i076) car pour leur intérêt et pour celui de l'empereur Henri IV , ils déposèrent Hilde- ]l)rand soi-disant pape : une des raisons sui;

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îsqnelles e»tûppuyée leur sentence c^estqu^il itère la sainte philosophie par ses nouveaux ogmcs , (i) en interprétant ces saintes ecri' très pour les faire servir d ses intentions : u''il ruine la concorde qui doit régner dans z société , etc. sépare les maris de leurs fem^ les, préfère des impudiques d des épouses ^gitimes , et les paillardises et les incestes à 1 chaste mariage\soulève le peuple contre les rétres et contre les évéques. Et de»là on prit ^casion de dire que Grégoire étoit possédé 'une horrible passion de régner, on le mau-f ssoit en publicet en particulier. On disoit ae c'étoit Pante^christ qui sous les beaux jms de piété et de bien public couvroit ses alignes passions , (2) qui s*élcvoit dans le rnple de Dieu par dessus tout ce qui s'apptl' \it Dieu ^ qui corrompoit les écritures, qui aitoit les affaires de l'église dans des con^ /tabules de femmes , qui appeloit tous se9 rréûs la loi de Dieu etc. ^qui défendoit aux rétres le mariage et aux laïques d^assister ux messes célébrées par des prêtres mariés \ ue par là il faisait grand plaisir aux forni^ ateurs qui pour renoncer une seule femme en renoient cent. Mais que les bons éiêques et 3 s honnêtes gens regardaient ce nouveau

— -— ■ — I I ■ ' i I II I ——1 I mt,

(!) Avent.

dogme comme Vune des hérésies les plus pes* tilentielles qui ayent troublé la chrétienté: C'est ainsi que (ircgoîre VII se faisoit dire ses vérités. Ces gens irrités contre lui s'assemblèrent a Brixen en Bavière et le déposèrent. On ne sauroit représenter les désordres qoa cette \îolence de Grégoire pour faire observer le célibat aux prêtres causa dans l'Italie et dans rÂIIemagne ^ tant entre ceux qui obéi* rent qu'entre ceux qui n'obéirent pas.(j) Aventin nous en a écrit une partie. (&) Nanclerusajoute que dans ce désordre, les laïques entreprenoient de faire tous les offices déi prêtres, ils baptisoient , ils donnoient le sacre* ment de rexlrême-onetionj un autre auteur nous rapporte qu'entre les prêtres qui obéirent et qui abandonnèrent leurs femmes pour conserver leurs bénéGces, quelques uns se ^ervoient de leurs femmes secrètement , niftif que les autres furent bien aises d'abandonner (3 ) des femmes quils n'aimoient plus y pour se servir de leurs servantes quHls aimoienl davantage on pour corrompre des femmes% .

dont i's séduisirent un bon nombre. Ceux qui ne voulurent pas obe\^r à ce décret tyranAîque travaillèrent par leurs prédications à instruis re leurs peuples de la liberté que lés pasteorl

de|

( 1 ) Gcner. 35.

(;> Hulilricu» MuVltts , Ivh. 13,

(S) Le m(m«^

(lu Papisme» 566

fe réglîse chrélienne ont de se marier; et pare qu'ils savoîent bien qu'on les enverroit ientôt déposséder et qu'alors ils n'auroient lus la liberté de parler j ils se hâtèrent d'ins- •uire leurs. peuples, jusqu'à parler quatre et inq heures de suite sur la matière. Grégoire a fit saisir plusieurs des plus honnêtes gens t les fit mourir pour donner de la terreur aux litres. Mais l'historien nous remarque que ^tte cruauté, bien loin de réussir, causa une

ivolle presqu'enlière contre le siège romain ont dti méprisa très fort les ordonnances (i) ajoute qu'en ce temps là Véglise d'occident ?vit dans de grands troubles , que la terre dt mêlée avec le ciel et que plusieurs peuplés ? joignirent à féglise d'Orient. Hildebrand uravoit commencé celte querelle aussi bien ue celle des investitures ne vit finir ni Tune LÎ l'autre. Il mourut mais il laissa son esprit à es successeurs Urbain II, Paschal II et Cal- i" iste II, qui firent aussi condamner le mariage 'r'^ les ecclésiastiques, toujours sous çç ridicule " lôm deriiérésieNicokite.

Il y eut à peu près les mêmes troubles en Iktigleterre sur le même sujet. Nous apprenons de Polidorè Virgile que dès le X** siècle , il y eut grand bruit dans le royaume à l'occa-lîon de la défense qui fut faîte aux prêtres de

(l}Lémêmç.

■ J . 1 n ti m t

86 marier. Uii certain moine appelé fort célèbre dans l'histoire du papisn prit cette afTaire. Il se fit archevêque torbéry et fit assembler un sinode à ter dans lequel il voulut faire établir I célibat. Il y eut tant d'oppositions qu ralité des voix elle ne put passer: ( i que les voix des hommes n'étoientpa.

blés à ce moine il feignit des voix du • fit courir le bruil qut^ l'angeCiabrîel i porté du ciel tin parchemin qui cor .les prêtre» mariée. Il fit chasser lesp tous leurs bént'fic'es et mit en posse moines \ les pi être» se pourvurent dev juges, Taifaire fat plaidée en grandi blée et les jnoines.éioient prêts de pei procès à la pluralité des voix, quand t coup on entendit sortir d'un crucifix qui disoit:^«a: qui favorisent l^» pi jugent pas bien. Les moines gagner cause par cette fourbe et les prêtres furent déboutés. Mais cela causa un et des confusions horribles dans to églises de ce royaume. Car les prêtrec toutes ces ordonnances de Ounstan se tinrent dans la liberté d'avoir des fenr ^itimes jusqu'à la fin du onzième siée

' ""(t rVolyd. Vïrgil Ang^fc. Hwlor. llb. 6.

(2} Ileufk. Jiuttîodonlen^. «r«hiâ.Histor. lib. 7,

du Papisme. 56 j

•4ans lequel Anselme archevêque de Cântor- .béri recommença les procédures contre les ,prétres mariés et les interdisiide l'exercice do Jears charges s'ils ne vouloient pas abandon- 4ier leurs femmes. Plusieurs obéirent, mais peu de temps après s'éleva une plainte géné« raie par tout le royaume que cette 4oi du célibat avoit Introduit cet horrible péché pour lequel Sodorae fut brûlée, et que les laïques .et les ecclésiastiques étoient plongés dans cette jjaboniination. On eut recours à Rome pour tjpouver du remède à un si grand mal; mais Honorius II ne voulut rien relâcher pour cela delà sévérité des lois du célibat. Au con-. traire il envoya en Angleterre Jean de Crê-p me son légat, qui en l'autorité dupape défen«« dit tout de nouveau le mariage aux prêtres ; et il se conduisit en Angleterre d^une manièij re qui fit bien du plaisir à ces pauvres prêtres qu'on traitoit de scélérats, de nicôlaites et de concubinaires parce qu^ils étoient mariés* . I^'histoireen est assez bonnet pour être rappop tée dans les termes mâmes des hiiitoriens afin ..qu'on ne. puisse être accusé d^ avoir rien ajouté. L'année 1 1.35. {i)Jean deCt'ême^cqr^ dinal du samt. siège apostolique pint en An* ghterre par la permission de Henri 'IL litrapersa les éuéchés et visita les abbayes dont il

(!) Mattb. Paris ia Qeiicico X aiui. 11^>

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reçut de grands présens. Il tint un concile à Lêondresle jourde la nativité de notre-Dame] dans lequel il traita séi^érenirnt les prêtres gui ai^oient des corn ubines ( c'est-à-dire qui éloicnl mariés , ) disant que c'était une chose honteuse qu'un prHre se levât d'auprès d^unê paillarde peur aller faire le corps de JésttS' Christ, Lui-même, ce même jour, après avoir j célébré la messe, fut sur le soir dans un lieu j infâme. Chose étrange mais si notoire ça^ok.^ ne lap ut nier. Mais la raison que donna ce cardinal pour se justifier, est encore plai plaisante que Taction ( i ) ; il répondit quand on lui reprocha son crime qu'il n'étoît pas prêtre mais correcteiy: des prêtres, Ego mn sum sacerdûs , sed corrcctor sacerdotum. Enfin toutes ces lésistances du clergé ne purent empêcher le papisme de demeurer victorieaXi la (oi du célibat passa , mais cène fut pas sans contr^iction ( 2 ) car cette loi troubla toute l'Europe. Dans le milieu du XIP siècle, on nommé Malachie envoyé par le pape Adrien )V, introduisit le célibat des prêtres en Irlande^ mais il fallut que les souyerainç esclaves des papes interposassent leur autorité pour rétablissement de cette tyrannie caries foudres

(1) Westmou. 1. Z ann. 1125.

(2; Bernar4.io yiU Maia«. 1150^

du Papiiffné. 369

es papes ne sufHsoient pas ( i }. Sur la fin dit riéme siècle Célestin III ^ envoya le cardinal e Capoue pour soumettre les polonais au mê^ le joug. Le même cardinal voulant faire la lême chose en Bohême , pensa y être lapidé.

2) En Danneniark sous Clément III, le peule se souleva contre l'archevêque Absalon | ui poMr obéir aux ordres de Home vouloit ter aux prêtres leurs femmes; on dit même ne jusqu'à la fin du quatorzième siècle il est trouvé des prêtres mariés en Norvège , 1 Irlande , et en Portugal. Ce qui fait voir ie cette partie du papisme ne s'est point ablie qu'après de longues contradictions et ir conséquent après de grands troubles.

1) 1196. Martin. Cromer. dé rébus Poloii. Uv.7.

2) SixeOtim. rerumDaHÎc. 1. 5«

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