CHAPITRE I
Abrogé de Vhistoire des troublée que le papia^ me a causés dans les controi^erses des ima^ ges , la réuolce des papes contre les empe* reurs ^ que cette révolte est cause de la dit^i' sion de r empire, et que cette division de r empire est cause de la ruine du christiu'»
nisme dans rorient.
J'adoration des images s'établit dansTégli- ^lise durant les dixième et septième siècles arec assez peu de contradictions. Ce fut le pbuprei naturellementsDperstitieux, qui fut le premier autour de cette malheureuse dévotion. La fausse prudence de quelques pasteurs les avoit portés à placer des tableaux et des histoires peintes dans les églises pour instruire disoientîls; les ignorans par ce moyen. Le peuple no
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farda pan longiemps à abuser de ces imagea.
tSous ses maitres qu'on lui avoit donnés pour l'instruire et pour le tirer de l'ignorance, il ne cessa point d'être ignorant et devint idolâtre. Les honnêtes gens de ce sîècle-là firent, quelques efforts pour empêcher ce désordre : les uns employèrent des remèdes forts et qui seuls pouvoient être efficaces, ils brisèrent les images dont le çeuple se faisoit des idoles. C'est ce que fit Serenus évéque de Marseille sur la fin du sixième siècle.^lD'autres se contentèrent d'instruire les peuples Uu véritable usage des images , qu'elles n'étojent que pour l'ornement des églises et pour la conservation de la mémoire des actions des grands hommes. C'est lu voye que prit Grégoire le grand évêque de Borne dans le même temps. (i)L'une et l'autre méthode se peuvent voir dans la lettre que ce Grégoire écrivit à Serenus sur ce q ue ce derrtier ûToit brisé les images de son église. Malheureusement la méthode de Grégoire fut pré&virée à jcelle de Serenus , les images demeurèrent jrfEansJes temples, les pasteurs négligèrent d'instruire leurs peuples^ ils permirent l'abus, et ^Ferreur se fortifia durant tout le septième siècle ^ de sorte qu'il se trouva à peu prés établi au commencement du huitième. Mais Dieu permit dans ce siècle que ceux qui tenoient
'I i> Gjreior Ma^. Ké^Ut. JLil). 7. EpUt. 103.
du Papiïmê. i5
pour la vérité^ se réveillassent de rassoupissèment où ils étoient tombés; et hb^rebsem eut l'empereur Léon III appelé l'Iaattriëit , èe dé* clara pour eux (717)» Mais il eût le ihadheor de trourer dans le siège de ComtanHnople y Germain à qui Ton k donné le hoftn de saint pour aroir été grand icondlàtre. Ce Prince eut donc à combattre et la folle superstition des peuples , et Topini&treté invincible deson pa«- Iriarche. Cependant il ne se rebuta ^oint potir ces difficultés, it résolut d'enlever ces pierres d'achoppement des églises et d'6ter aux peuples les objets de leur idbl&trié. Nous avons Yu au commencement de notre apologie ce qui porta cet empereur à cette résolution , selon Zonaras et selon le pèi^ Alaitiibourg» ce sont ces deux juifs qui lui prédik^ent qn^il se« roit un jour empereur et lui firent promettre qu'il détruiroit les imagés. Il n'y eut jamais de fable plus impertinente que celle-là, et qui mérite moins d^étre réfutée. Autant que Ton peut juger du caractère d'un bonime par le portrait qui en a été fait pat ses ennemis > Léon Isaurien étoit non seulement nn grand prince, mais un tes honnête homme. Car toutes les actions contraires k l'honneur et a lo piélé qu'on lui attribue, paroisserit loi être calomliieusément imputées, et ces histoires scanda* Jeuses des kuteUrsde w tenips Ik ont des mat-
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qaes de fausseté qui sautent aux yeux de tout le monde; Par exemple, ce qu'on l'accuse d'avoir fait brfiler ce collège où étoit cette magnifique bibliothèque .royale ^ pour faire périr douze docteurs iconolâfres quiétoient dedans: sa conspiration contre Jean de Damaa et les fausses lettres qu'il fit faire sous le nom de cet }iomme, par lesquelles il paroissoit que Jean de Damas lui avoit voulu livrer la ville de Damas en trahissant le[ Calife son maître, son bienfaiteur et 6()n souverain : la lâbheté qu'il fit d'envoyer ces fausses lettres au Calife afin qu'il fit périr Jean de;Damas y tout cela disr^ porte des marques de faussetéquetoutlemonde' peut voir. Ce sont des bassesses dont ce princeqùi avoit de grandes qualités n'étoit pas capable, outré'que les circonstanceé font clairement , voir que ce sont des fables.. Mais jek n'ai point dessein de m'<^ngager ni à faire l'a- ;pologie deâ empereurs iconoclastes , ni à reci- •ter leurs démêlés avec les iconolâtres sur les images. Il n^y a que deux choses qui font à mon sujet , Tune est; que l'héréhie des iconolâtres est l'hérésie du papisme , Vautre est que cette hérésie- a causé de terribles troubles dans le monde; et qu'ainsi le papisme dès sa nais^ sance a produit de funestes effets. .
Premièrement, il est certain que l'hérésie des iconolâtres est proprement celle de régli-
du Papisme If
se romaine , elle ne s'en défend point , elle l'a* voue ; aujourd'hui elle regarde la conduite des iconoiâtres comme le mode de la sienne, et leurs décisions comme les règles de la foi. Et cela snifiroit pour prouver que Thérésie iconolâtre est celle du papinme. Mais il est bon outre cela de remarquer que ce culte criminel et qui a tant causé de scandale, a pris sa nais* sance et s'est fortifié principalement {lansTooeident sous la protection de l'église romaine et des papes 9 et qu'ainsi c'est principalement au papisme qu'on le doit imputer. Il est très probable que cet usage d'établir des images dans les temples a commencé dans Tltalie, et dans le voisinage de Rome. Car Prudentius^ qui vivoit sur la fin du quatrième siècle noua apprend que dans l'église d'Imola , ville de la Romagne, ( 1 ) il avoit vu l'image du martyr Cassien peintç sur la muraille ou sur la voûte du temple :,etle même auteur nous apprend que le martyr de St. Hippolyte étoit peint dans une église de Rome qui portoit le nom de ce martyr ( s }. Dans le même temps Sti Paulin évéque de Noie au royaume de Naplea, ( 3 } enrichit les oratoires consacrés à la mér moire de Félix de diverses peintures , commo
( ! )Hrud. Il.>m. 8.
(2 ) Idem, Hymn. 10.
{ 3 ) Paulin, in Fdic. lib. 7.
%% liitoirê
lui même nous^ rapprend dans le poème qu'il * a écrït à la louange de ce saint ^ ^ceisont là les ■premières images qu*on ait introduites dans les temples. A peu près dans le même temps on fit -la même chose dans quelques églises de Vo* rient, c'est à dire qu'on se donna la liberté dé mettre des images dans les temples sans pour* tant leur rendre alors aucun culte religieux. Or Tabus de ces images a commencé dans l'occident autant que nous le pouvons recueillir ^es monumens qui nous restent de l'antiquité: St. Augustin s'en plaint et dit qu'entre les ^chrétiens // s^en trouvait beaucoup qui àdo- Toient las sépu cres et les peintures, ( i ) Mais ^1 les appelle des superstitieux et des ignorans «t les met au nombre de ceux qui faisoient de ïates et de lascives réjouissances sur les tom^ 'beaux des morts. Apparemment St. Augustin ne fai'soit pas cette accusation à l'église d'o^ rient, car en Afrique l'on ne savoit guère ce ^ui s'y faisoil: c'est de l'ocrideiit dont il parle; Alais surtout nous voyons par Thistoire de •Grégoire le grand et de Serénus évêque de tMarseilIe, laquelle tidus avons rapportée, que -cet abus des images se fortifia prekniër liment flëns l'occident. La tolérance que Grégdii-e I eut pour ces abus les augmenta , et comme ses successeurs prirent moins de soin que lui
/ /^/jA de JtfDfik Sicctes. Catli. cap; 34.
du Papisme. t^
d^nstrnîre leurs peuples, ce fut k Rome que cette malheureuse dévotion prit de plus vives et de plus profondes racines: cela est assez évident par ce qui arriva dans le Vlil* siècle. JL'église grecqu-e sous la protection de ses em^ pereurs se déclara contre les images, et les brisa , réglise gallicane et même toute Téglise d^occident sous Tautorité de Charlemagtre ne brisa pas à la vérité les images, mais elle défendit de les adorer par un canon exprès da concile de Francfort. Mais les papes et Féglî* se de Rome défendirent les images contre leë grecs iconoclastes, et l'adoration des images 9 contre le reste des latins. Ce furent les violentces et les révoltes des papes contre les empereurs grecs au suj^et des images afin d'^essayet de conserver ou de rétablir leur autorité dans l'Italie. C'éloit apparemment la véritable raison qui obligea Timpératrice Irène à faire éta*blir Tadôralion des images par le second concile de Nicée. Il y a bien apparence qu'un monstre tel qu'étoit cette femme, ait été ca-tpablede faire quelque chose par un principe xle religion? Elle voyoit que les papes avoient fait révolter toute Tltalie contre ses empereurs^ elle avoit appris par expérience qu'ils avoient lin grand crédit et qu'ils remuoîent les peu* pies de l'occident comme bon leur sembloit^ elle espéra qu'en ayant pour eux la compila^
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sance d'établir l'adoration des images, ils pourroient beaucoup servir à lui faire recouvrer l*enipire d'Italie. Cela suffit pour faire Yoir que Tadoration des images a pris son origine des papes et du papisme.
Présentement il faut voir combien de trou* bies ce commencement du papisme a fait naitre. On dit que le calvinisme a causé des rebellions et des guerres , il ne faut que lire Thistoire des démêlés des iconoclastes et des iconolâtres pour savoir combien les iconolâires ont- excité de troubles dans le monde. Il en arriva un pen moins dans l'orient que dans l'occident parce que la présence des empereurs et leur autorité empêchoit une partie des désordres. Cependant le sieur Maimbourg ne laisse pas de nous avouer qu'il y eut plusieurs séditions dans la ville de Constantinople , et que quand les empereurs vouloienl abattre les images, la populace de cette ville accouroit en foule ( 1 ) et massacroit les officiers qui exé— côtoient les ordres de leur souverain. Quand on vouloit établir un nouVeau patriarche ces mêmes séditieux entroient dans les temples^ et accabloient de pierre celui qui avoit été élu. C'est lui même qui nous apprend que le rebelle Artabasde ; sous prétexte de la religion des images, fit révolter Tarmée impériale qu'il com-
èa PapUOiê. 2t
naildoît, s'en servît pour battre Constantin son maître , son beau-frère et son empereur.
Ensuite il entra triomphant à Constantinople^ s'assit sur le trône impérial, se fit proclamer empereur et s^empara de tout ce qu'il put prendre des provinces de l'empire.
Four réduire à. la raison ce dévot des images, il fallut livrer des combats, donner des batailles; toute l'Asie se vit couverte d'armées , Artabascfe en mit deux en campagne qui lui soumirent toutes les provinces de la petite Asie , on en vint à une bataille où il fallut répandre bien du sang. Le succès n'en fut pas heureux au rebelle Artabasde , (i) et c'est de quoi lesieurMaimbourg a encore aujourd'hui beaucoup de chagrin. II fallut ensuite donner une autre bataille générale contre Nicetas, fils[du rebelle Artabasde; elle fut très sanglante de part et d'autre. Nicetas se défen<lit très bien avec ses troupes rebelles , cependant il fut battu : ces deux batailles gagnées ne terminèrent pourtant pas cette grande querelle, il en fallut donner une troisième contre le même Nicetas, elle eut le même succès que les deux précédentes; c'est-à-dire que Constantin Copronime y demeura vainqueur.
Mais ce ne fut pus encore fait , il fallnt^reprendre les villes et les provinces qu^on avoit
(1) IlisL d£< IsoDoe. Uv. 2. an. 743.
enlevées à l'empereur^ et pour cela il fut oblige ^e faire bien des sièges et de donner bien des ^combats. Mais surtout il fallut reprendre la ville de Constantinople dans laquelle Arta^ Imsde s'étoi^ enfermé. Constantin Copronime l'assiégea y et le prince rebelle qui étoit de-« dans avec tous les habi tans ^ engagés dans la •même rébellion , poussèrent leur opiniâtreté jA loin qu'ils aiméreM mieux mourir de misère et de faim que de se rendre. Cette ville souffrit dans un siège de deux mois tout ce qu^on peut souffrir dans les plus longs sièges parce qu'elle iut surprise ^ dégarnie de vivres. Mais elle np '80 voulut jamais rendre^ de sorte que Cpns* Pantin fut obligé de la prendre d'assaut , et elle se vit exposée à tous les malheurs qui sont inévitables aux villes que l'on emporte de vive force* Voici qui vaut dé)à bien les guerres des calvinistes de France, le sieur Maimbourg n'y. conte que quatre batailles rangées, en voici présqu'autant , et peut-être dans le peu de temps que dura cette guerre Û y a bien eu autant de sang répandu que dans nos guerres de religion. Au moins avons nous «ette consolation de n'avoir point eu de prince huguenotqui ait faitceque ûicetrèscatho^ ligue Artabasde y qui ait pris la couronne et le trône de son maître, qui lui ait enlevé sa capitale et la plupart de ses provinces, qui
du Papiêtnê s5
a!t donné trois batailles , et soutenu un siège de plusieurs mois dans la première ville do l'état , pour soutenir sa rébellion.
Mais ces désordres que le papisme causa dans l'orient ne sont rien en comparaison de ceux qu'il causa dans Foccident et dans Tltalie où le pape étoit le maître. Le premier fruit de la dévotion très catholique pour les images, (i) fut que » Rome et toutes les autres villes d'I- )) lalie quireconnoissoient son empire^ eurent D tant d'horreur d'une action si détestable y> qu'elles se soulevèrent contre lui, et renver* D seront toutes ses images qu'on avoit reçues t) avec grand honneur , selon la coutume , D quand il fut proclamé empereur. " Voilà le commencement de la rebellioti^ et une rebel^llon bien formée pour ses commencemens« On n'en trouvera point de semblables dans les u erres du calvinisme . car les huguenots ont touiours eu du respect pour leu r ro i, ils ne rse sont ft^nré^ qUB CQn^''^ cemcfqnî abusoient
de leur autor ité. Et de plus considérez que ces catlioliques dévots des images lèvent l'enseigne de la rébellion sans être attaqués, ce n'est point la nécessité de se défendre qui les y contraint , au lieu que nftft hnc"**^^*" *^'^ltt pris lesarmea qne pour se garantir d " (t\u '^^ gibet et du massacre. Et enfin remarques la
(1) HUt du Calv. Uv. 1. n. 7^7.
âiSerence pour le fonds dii démêlé; il ne s'agissoiyà que des images y c'est-à-dire tout au plus des accessoires delà religion^ et dans nos querelles il s'agissoit de l'essentiel et du capital. Ces premiers mouvemens de rébellion ne firent pas perdre courage à l'empereur Léon, il voulut être obéi dans Tltalie et y fit publier un édit pour abattre les images : alors la rébellion éclata entièrement. Le pape Gré** goire If donna le signal, il excommunia l'exarr que de Ravenne qui étoît le vicaire de l'empire en Italie ; il écrivit aux Vénitiens , au roi et aux ducs des Lombards , et à toutes les villes de Tempire pour les exhorter à s'opposera l'exécution deTédit de l'empereur. Ces lettres enflammèrent tellement les esprits que toute J'Italie se révolta comme de concert, et si le P. Maimbourg n'étoit pas un témoin suffisant pour nous assurer de cela, nous pourrions entendre Nauclerus , qui dit » que les décrets » du papisme romain eurent tant de force que » premièrement leshabitans deRavenne, (i) y> ensuite ceux de Venise, peuples et soldats »' se révoltèrent ouvertement contre l'empe- )> reur et contre l'exarque, et portèrent le D pape et les aii très peuples d'Italie à prendre 1» la résolution de secouer entièrement la dor n mination de l^empire de Constantinople et
OJ NâacL Qénét. 2S*
àu' Papisme. sS
si d'établir an empereur romain en Italie. Et )) la rébellion alla si ayant que toutes les villes » déposèrent les magistrats que Texarque 8^ )> voit établis et s'en firent d'autres qu'its ap^ )) pelèrent ducs. ^^ La fuieur passa bien plus loin 9 car ces révoltés vouloient mener l'empereur qu'ils ayoient dessein de créer, à Cons^ tantinople, et le mettre en la place de Léon; se peut- il une rébellion plus furieuse ? Le sieur Maimbourg prétend que Grégoire II s'opposa à ce dessein ^ mais dans la suite on verra ce qui en est. En même temps ces furieux et ces rebelles prirent les armes par toute lltalie et firent des massacres en tous lieux.(7â8) A Naplesy les révoltés prirent les armes et massacrèrent le gouverneur de la ville , le fils du gouverneur et ses officiers. A Ravenne^ l'exarque Paul quisoutenoit la majesté de l'empire dans l'oc^r cidenf,eutlemémesort.(i))) Le parti des catho* D liques qui étoit le plus fort ayant prévalu ^ 1» on fit main basse sur les iconoclastes sans i> épargner même l'exarque qu'on massacra i> dans cetumulte.^^ Je voudrois qu'en cet endroit il plut au père Maimbourg de se souvenir de ces excellentes maximes qu^il propose en tant de lieux de son histoire du calvinisme , que la religion de Jésus.- Christ ne s^établiÈ point par hs armes / encore moins sans doute
s6: Histoire
parles màsiacres et par la rébellion : cependaat voici ses catholiques qui, pour des peintures et des images^vioFent la majesté de l'em* pire et tous les droits des gens et de la nature* Ge qui suivit de cette révolte fut^ que les lom« bards profitant de ces divisions feignirent d'être fort bons dévots des images y et sons ce prétexte se saisirent des biens de Pempereur en Italie^ comme des biens d'un excommunié.
L'empereur grec se réunit ensuite avec le roi des Lombards et se servit de lui pour ré* duire l^s rebelles d'Italie dont le premier é* toit le pape, lequel on alla assiéger jusques dans Rome, Grégoire II, évéque de Rome trou<* Ta moyen de fléchir Luitprand , roi des Lom« bards, et lui fit comprendre qu'il y avoitplus i gagner en se joigjiant à lui qu'en demeurant dans les intérêts de l'empereur grec, (7^9) tellement qu'ils firent la paix. Et le pape de« meura encore quelque temps dans une apparente soumission pour son empereur y mais en effet dans un véritable esprit àû révol« te, qui éclata peu de temps après. L'an* née suivante ayant assemblé un synodo à Home (730) il y excommunia non seule-»
ment Anastase patriarche de Constantinople^ mais aussi Léon III. ( 1 ) // approuva ce quê iés peuples avoient déjà fait (Pei^x mèm^ $f^
O) mt. d« ci/r, (if. J. i^, n^
MtaM«rtMikM««a^
du Papiêmê. 2i
êe retirant de son obéissance , il défendit et aux romains et d touf le reste de VltaUe de lui payer aucun tribut. Voilà le plus terrible attentat qui eut jamais été fait. Un evêque noa
r seulement se révolte formellement contre son souverain après l'avoir excommunié^ mais dé* fend à tous les sujets de le reconnoitre et da lui payer tribut. Je sais bien que ce dernier fait est contesté, et que ceux qui soutiennent l'indépendance des têtes couronnées soutien-*, nent aussi que le pape Grégoire 11^ n'a jamais privé l'empereur Léon Isaurien des tributs qu*il levoit a Rome. Il nous importe fort peu qui ait raison du père Maimbourg , ou du pèra
p Alexandre; il nous est permis de prendre droit sur la confession de notre partie. Et même je crois que nous pouvons nous ranger dans la sentiment de l'auteur àes dialogues contra rjjjstpiredes iconoclastes et du père Alexandra Dominicain, sauf faire aucun préjudice à notra eaqse. Je ne pense pas qu'il fut encore monta dans la tête de l'evéqoe de Rome qu'il eut la droit d^6ter et de donner les couronnes ; c'est
n pourquoi j( .crois fort aisément que Grégoire
I II 9 n'entreprit p^s d'ôter l'empire d'Italie à l'empereur Léon par voye d'autorité^ mais par cell^ d'exhortation, C'est à. dire que combine deax uns auparavant il avoit soulevé touta
I V{tâlla pwr.fe^lç^tm j^^^eçjKa ^ iga;ç^V|\f»Bq^çs^
en ce concile il exhorta tous les peuples à là révolte par ses décrets. C'est un fait dont il A'y a aucune raison de douter puisque les grecs et les latins en conviennent.
Quoiqu'il en soit nous pouvons regarder cela comme une affaire dont nos parties sont (800 ) obligées de se tirer , puisqu'elles mêmes nous le disent: qu'ils avisent donc si ceux qui ont secoué le joug de leurs légitimes maîtres pour des images, sont en droit de faille un procès à nos huguenots qui, après avoir pris patience quarante ans durant, se sont défendus contre ceux qui les égorgeoient. Dans cet endroit je ne saurois ra'empêcher de remarquer une contradiction grossière du P, Maim* bourg qui nous découvre bien le tour de son esprit et de son coeur. Lui même nous dit quef Grégoire II , 6la l'empire d'Italie à Léon rFsàii^' rien, et il trouve cela très bien fait et très rài-
âonnabley il ne se plaint eiî façon du mond& que le papesoitallé au-delà deses droits: meài quand il s'agit de la déposition de Chilperio et de l'élévation de Pépin sur le trône des françois y il se moque de ce que diseitt Us flatteurs du pape, qui assurent que le pape Zacharie^ de son autorité , déposa ce roi fainéant et donna la couronne à Pépin. Il dit qu'en cela le pape pour se donner de l'autorité, fit plus ^u^on ne lai dea)andoit| (j^ue les fraoçois a«
du Papisme. dg
voient élu Pépin, ( i ) que cette élection lui donna tout le droit à la conronne, et que les françois pe demandoient à Zacharie, y ne son avis et son approbation pour rendre lur élection plus plausible à toute la chrétienté. Si la pape a eu le droit d'ôter l'empire de TltaHeà Léon son enipereur,pourquoi n'auroil-il pas eu le pouvoir d'ôterla couronne de France à Chilperîc pour la donnera Pépin? 11 ne faut pas s'étonner si le sieur Maimbourg porte des jugemens si différens sur des faits tout à fait semblables. Dans le premier il n'avoit en vue de flatter personne en particulier y mais d^applaudir en général à la conduite des iconolâtres. C'est pourquoi il approuve Uès fort qu'un pape iconolâtre ait déposé un empereyxT iconoclaste. Mais dans le second, sacom* plaisance pour les sentimens de la cour ne lui permettoit pas de trouver bon qu'un pape eut déposé un roi de France. C'est ainsi que cet homme se tourne du blanc au noir selon ses dilTérens intérêts.
Je reviens aux iconoclastes dont la révolto causa la perte de toute Tltalie pour les empereurs grecs^en armant les Lombards qui ^'eni* parèrent de l'Exarchat de Ravenne , et qui menacèrent les terres du domaine de Téglise, atRom^même. Ce fut en cette occasion qu'oqi
il) HiftoU. des iconoclastes liv. i, au 7 SSv
$0 ' Hiatoirc
vit bien l'esprit de la cour spirituelle de Ro^ jne qui commençoit alors à être faite à peu ^rèe comme elle est aujourd'hui. ( 1 ) Le pape réduit à la dernière extrémité par les Lom*^ bards, arecours à Léoja Copronyme et le supplie de venir lui même au plutôt avec une puis -» ^ante armée en Italie pour sauver Rome de la tyrannie des Lombards ^ et pour retirer d'entre leurs mains ce pitoyable reste de Vempire, Ces papes qui avoient pris occasion de la controyersp sqr les images de chasser leurs empereurs d'Italie afin de s'en rendre les maîtres^ qui avpiept défendu qu'on leur payât aucun frijbut) s'en ront lâchement demander du secours à celai c^u'îls ^voient trahi, et dont ils avoient secoué le joug. Leur but étoit de n'avoir pas de maître; m^is réduits à la nécessité d'en f|.voir un, ils ciment mieux reconnoître pour souverain, l'empereur grec, fort éloigné <l'euX| et qui ne conservoit depuis longtemps qu'une ombre de souveraineté ds^ns Tltalie , Ç So I ) que. de se voijr soumis à des maîtres voisins et nides comme étoi^^t les Lombards* Constantin Copronyme étoit bien plus violent contre les iconolâtres que n'avoit été son père^ cependant le pape si catholique et si grand 'partisan des images , s'en va humblement se jeter à ses pieds pour être secouru contre les
du Papisme. 5i
Lombards. Cela fait voir qu'enfre les papes et les empereurs grecs dans la querelle des ico- Bolàties et des iconoclastes, îl ne sagissoit pas des images mais de l'empire d'Italie que les pa« •pes vouloient attirer à eux,
A la louange de ces romains iconolâtres si catholiques et si dévots parce qu'ils aimèrent mieuic fouler aux pieds les statues et l'autori* lé de leur souverain que de relâcher de leur dévotion pour les images, je ne saurois pas* ser Thistoire des cruautés qu'ils exercèrent les uns sur les autres, au sujet de l'élection d'un pape après la mort de Paul I. Constantin qui avoit été mis en sa place par Tautorité de Toton duc de Nepy son frère, fut bientôt chassé parla faction de Christophe et de son fils Sergius tous deux membres du conseil. ( i ) On élût Etienne IV, en la plaee de Censlanlin, qui fut dégradé et enfermé dans un monastére, où il ne demeura guères, car on le tira delà pour lui arracher les yeux. On fit le mêr me traitement aux évéques et aux ecclésiastiques de son parti, à qui l'on coupa la langue et Ton creva les yeux avec tant d'inhumanité qu'ils en moururent. Ce ne sont pas les calvinistes qui font ces cruautés ; ce sont les bien- •heureux catholiques dévots des images. On dira que ce sont des soldats qui firent ces vîo-»
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S^ Histoire
lences, oui: mais ils le firent poussés à cela par le parti du nouveau pape. A peu près même chose fut faite contre le pape Léon 111. Pascal et Campulus neveux du pape Adrien L attachés comme lui au parti des images., se saisirent du pape Léon, écartèrent le peuple à grands coups d'épées, se jetèrent sur le pontife en pleine rue lorsqu'il étoit à la procession d^s grandes litanies, le vingt cinquième d'Avril : ( 1 ) //j? commandèrent cju^on lui cou* fût la langue et qii^on lui arrachàt.lesyeux et après qu^on Veut accablé de mille coupy dans V église de St. Sihestre où fis Vavoien trainè y ils le firent jeter tout couvert de san^ et de playes dans la prison d^un monastère Voilà qui est bien cruel pour des dévots qu combattoient d'autre part avec tant d'ardeui pour leur religion , c*estià'»dire pour leurs ima ges, contre leur légitime souverain.
Si je voulois faire connoîlre dans toute soi étendue l'esprit de ces catholiques zélés poui Jesimages , il faudroit retourner à Constantino pie et voir ce que les içonolatres victorieux '• commettent. Il faudroit dépeindre la fureu de cetteJrène et de son unnistre Stauratius représenter lu cruauité qui fut exercée contr tous ceux qui ne se voulurent p^s soumettr k leur concile de Nicée ; et pour dernier act
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ilfaudroitvoirlamortdece paavreprinceCons* taotin^fils d'Irène,à qui l'on arracha les yeux par ordre de sa mère et de Stauratius : de cette Irène dis-j« et ce Stauratius qui avoient fait triompher la cause des images dans le concile de Nicée. CO L® ^^^^ ^"^ ^^"^ d'horreur pour cette action^que dix^sept jours entiers il refusa de donner sa lumière. Cela mériteroit bien d'être repi*é5enté avec des couleurs qui tissent voir ces noires actions dans tout leur jour p n'étoit que le père Maimbourg nous a épar*gné là peine de le faire en le faisant lui-même. Il n^a pas même osé dissimuler les cruautés que l'empereur Michel Curopalate grand iconoiâtre exerça sur ceux qui ne voulurent pas iidorer les images.
Je laisse-toutes ces particularités pour venir au dernier acte de cette grande tragédie , c'est l'action de Léon III, qui acheva en Italie co que ses prédécesseurs avoient commencé:) us* qu'à lui les empereurs grecs avoient retenu une ombre d'autorité dans Rome et dans Tltalie. Adrien prédécesseur de J^éon appeloit encore Irène et Constantin , ses maîtres et très invincibles princes , comme le reconnoit le père Maimbourg. Mais Léon III , considérant qu'il poavoit trouver dans lesfrançoisun plus grand appui que n'étoit en ce temps là celui
— I. ■ I, I . m il.. I ■■■II, I • ■ ■ ""
( 1 ) Zouar.
des empereurs de Constantînople , (i) sup plia Char lemagne (V envoyer que^qu^un dt seigneurs de sa cour pour recevoir de sapŒ le serment de fidélité que lui prêteroit lepei pie romain ^ qui apoii commencé depuis hn^ temps â secouer lejo^g des grecs y et qui voi lait alors s^en délivrer absolument. Et voil l'un des points les plus célèbres de notre his toire^ voilà cette fameuse translation de l'en pire sur laquelle on dispute tant ; Voilà le ihc juent fatal à l'empire des grecs ^ qui leur a ôl l'occident et qui leur a fait perdre dans la suit Vorient. Voilà l'une des principales source d'où est venlie la ruine de la religion chrétiei ne. Si l'empire des romains, devenu chrétiei fut toujours demeuré sous un même maître il étoit assez puissant pour abattre le maîiomi tisme ou du moins pour empêcher ces effroyi Lies inondations de peuples infidèles, de tun qui ont englouti les deux tiers du monde chn tien. IVIais ce coup qui fit éclipser dans Focc dent l'autorité impériale des empereurs d\ rient, les a affoiblis et les a exposés en proi à ces redoutables ennemis du nom chrétiei Le père Maimbourg demeure d'accord pli d'une fois que cette guerre des iconoclasti ^ui a fait perdre l'empire d'occident aux eni pereurs de Constajitinople ; et nous ajoutoi
Ci j Hîst. des icoiioc. I. 4^ an. 796«
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& cela que cette rupture et cette division de l'empire a ruiné l'empire grec qui s'est trouvé privé des ressources qu'il pouvoit tirer del'oc<« cident. Ainsi en joignant ces deux choses ensemble il est clair que les démêlés entre les iconoclastes et les iconolâtres et les rebellions de ceux-ci sont les premières causes de la ruine de la religion chrétienne dans l'orient , et des progrès du roahométisme. Or, ces démêlés et ces rebellions étant des effets du papisme, il s'ensuit que le papisme est la cause de la rui* ne du christianisme dans Torient. Présentement, que l'on compare ces désordres avec ceux que l'on attribue au calvinisme : on voit ici , aussi bien que dans les troubles causés par le calvinisme, des combats, des batailles rangées, des sièges de villes , des massacres , des sé^Iilions, du sang répanda en abondance ; et Ton y voit de plus des états bouleversés, le monde changer de forme, une autorité impérialeappujée d'une possession de plus de quinze cents ans foulée aux pieds par des sujets, le plus grand empire du monde déchiré et ruiné , et tout le christianisme exposé à la fureur des peuples barbares. Le calvinisme a*t'il fait quelque mal et quelque trouble approchant de ceux-là ?
Je conçois bien ce que l'on nous répondra:
Ton dira que nous avons tort d'attribuer ces désordres au papisme | si cette divibion de
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l'empire a eu de si funestes suites il s'en faut prendre à ceux qui y ont donné lieu , dirat'on y et non p^s à ceux qui l'ont faite. Les iconoclastes sont venus troubler Téglise dans la possession où elle étoit, de servir et de vénérer les saintes images; c'est eux qui ont commencé la querelle., et c'est à eux qu^on doit imputer Içs malheurs qui sont sortis dd ces démêlés.' Premièrement quand il éeroit vrai que les empereurs grecs aurpient eu tort, et que pour arrêter Tabus des images ils se seroient servis de remèdes un peu ifop vio- Jiens , cela mérïtoit-il une punition si terrible, cela dîspensoit-il le pape et les lomains du serment de fidélité qu'ils av oient juré à leur empiereur? Les images sont-elles donc une etîaire si capitale dans la religion que pour led conserver, il soit permis de violer les loix qui font la subsistance des états? Si l'un des princes du christianisme s'entêtolt du dessein de bannir les images de ses états sans rien chan« ^er autre chose dans ce qu^on appelle la religion catholique, seroit-ce une suffisante raison à ses sujets de le renverser de dessus le trône et dcf se faire un autre maître ? Oii noua ^confessé queles images ne »ont pas commandées de Dieu. Et quoi, pour des commandemens d^hommes il sera permis de violer les loix de Dieu , de couvrir la terre de morts ,
du Papistne. Sy
de la baigner de sang , et de refuser obéissance à ceux qui portent Timage de Dien sur la terre 7 '.
Mais de plas,ce que Von suppose dans cette réponse que les empereurs iconoclastes a- Voient tort, et qu'ils sont venus troubler PégUse dans la possession où elle étoit de servir les images , cela dis-je est faux, et faux , je Pose dire , d'une notoriété pubKque et con*fessée par ceux de nos adversaires qui n'ont pas entièrement renoncé à toute pudeur, il est vrai que quand Léon l'Isaurien fit la guerre aux images , il en trouva les églises et les maisons remplies. Il est vrai de plus que cet^e malheureuse superstition commencDÎt à être vieille , c'est-à-dire qu'il y avoit plu« d'un siècle qu'elle avoit commencé. Mais une possession de cent ou de deux cents ans pour une erreur et pour un culte idolâtre, est elle donc un titre qu*on n'ose contester et contre lequel il soit impossible de se pourvoir ? S'il est iM)toire que l'église dans les premiers siècles ne.servoît pas lesim.ages, et n'en avoit pas dans Âfes tietnples,on a eu raison de ramener le culte de J3ieu à sa source et à sa première ^>tireté: or, cela est certain autént qu'une chose lé peut être. Il n'y a pas de sujrt sur lequel on découvre mieux jusqu'où peut aller la hardiesse des hommes àsoutenir des faits évideut-^
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ment faux que celni-ci. £t jamais je n^ai pu coniprendre comment des gens savans sans avoir renoncé à toute honte, ont pu soutenu que Téglise ancienne aroit des images dam fiés temples :'puisqu'il est notoire que l'art de peindre passoit même pour un art illicite dans le premier christianisme. ïertullien reproche a un hérétique comme une chose infâme qu'il étoit peintre, (i) Pingit licite^nubit assidue, Il se donne la licence de peindre et de se remarier continuellement . Dans le livre des spectacles il dit : que Dieu a di fendu défaire la ressomblance d^ aucune chos^^ , d plus fortt raison de sonimage: c'est à-dire de l'homme* Il dit même que e* est le diable qui a introduit au monde les ouvriers qui font^ les statues j les images et les simulacres de quelque espèce quHJs soyent. Glémenl d'Alexandrie esl ;€lu même sentiment et dit que Dieu a défendu par Moïse do ne faire aucun simulacre, {2) image ni ressemblance de quelque chose que ee soit, si il de taille , soit de fonte , soit dt plate peinture. Ces geiis-là étoient insensée si en ce temps-là les temples des chrê^iena éloîenl pleins d'images. (3) Nous voyons qu€ ces anciens en disputant contre les payeAs^ leui reprot-fïçni que les choses devant lesqujelleis
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•(1) L'bro contra bermosen. cap. I.despecl. cap. 33. deldol. cap.î (2) St/nm.lib. 5,
du PapUme. Zfj
ils se prostemoient , étoient d'airain ^ de bois^ de pierre y defer^ de matières sœurs jumelles de nos pots et de sos chaudronsi. materias uaa^
eulorufn nosiroram sororeê :. ils tournent ces
Dieux en ridicule sur lesquels les hirondelles et les chats huanss'alloient placer , (i) et dans les bouches desquels les rats faisoient leurs nids impunément. II les insulte de ce qu'ils se prosternuient devant des choses qui n'avoient ni mouvement , ni raison ^ ni intelligence ; eux qui ayant de l'intelligence et de la raison , (3) méritoient plutôt d'être adorés par ces statues qu'iU adoroieot et devant les* quelles ib s'humiiioient. Certainement ces gens-là avoient perdu le sens s'ils avoient dans leurs temples des images devant lesquelles ils te prosternassent. Car ils ne disent rien contre les idoles des payens qui ne put être rétorqué contre leurs images. C'est donc une vérité évidente que les premiers^ chrétiens n'avoient pas d'images. Et il y a des gens dans l'église xomaine qui sont assez sincères pour en demeurer d'accord. Zephirus dans ses observations sur l'apologétique deTertuIiien Tavoiie franchement. Il faut êat/oir y dii il, çne les chrétiens de ce aiècle^ld h envoient ih^fi dans kurs temples que V image de la croix fiiérl'aa*
m -^.-— ■ ■...■■! ■■ » I . I .. I I ■■ I. Il I. 1
• (t) MiiiQt fœlix in OcUv. .
^2} Lictair.lili. a. diviu, milL cap, ^.
telj fournie du côté de V orient. C'est ce qu'i aurcfit eu assez de peine à prouver que le preitiielFS chrétiens eussent même l'image d ta croix daiis leurs temples. Le savant Mon sieur Bainze dans «es notes sur le livre de Lac tance ) de mortibus persecutorunij (1) qu'il i donné au public , avoue cette vérité ! C'est \ propos de de qùeLactance récitant queDiocIé iieti ayant fait rompre un des temples de chrétiens onift'y trouva rien ^ il dit qu'ils n'j Irouvèrcfnt point d'images par /ce qu'en c temps«là l'église tie 9'e^ servoit pas. L'autèu; des dialogues stir 4'Iiistoire. des Iconoclaste l'avèue aussi ^ c^ \é prouve par des prbuva auxquelles on ne répondra jamais.Maisrt pré tend que les ihïages sont unpoinide discipliné et iine céréinome que l'église a po -établir. I s'éfl^tt de là que l'église pot^rroît^ aussi \é détruire. Si donc il est constant que l'égliSJi priihitiven'avoit pafs d'imàfges il n'est pas vra que les empereurs sbyent <venus troubler l-é glise dans une juste et légitimé possession C'est la religion du pape qui les à établies et par conséquent elle est doublement cauisiii dé tous lés désordres qui sont venus dé là : p VKs doublement parce qu'elle a premièremen fourni une juste occa^i^^n aux empereurs d^ s'irriter contre celte malheureuse superstition
(I) MJscellauea Baluzii, TbiA'. 11, ûi j:bUs, ' •' J
du Fapitme 4t-
Et ensuite 5 au \\^\x de se corriger et d^abana donner les images selon le désir de ses souve<^ rains^ elle a secoué leur joug, et s'est enfia rendue indépendante de tous les rois.
Les démêlés entre les iconoclastes et les iconolâtres touchent de si près Taffaire du grand schisme quia sépaié l'orient de l'occident^qu'on n'a pas grand ishemin à faire pour aller de V\xx\ àFautre. Dans le neuvième siècle, la superstition pour les images demeura victorieuse dea contradictions , et dans le même siècle se Gt cette grande et scd!hdaleuse séparation de l'église grecque d'avec l'église latine. Irène qui avoit fait ordonner Faldoration des images dans le -concile appelle second de Nicée , cessa de régner stur le commencement de ce neuvième siècle. (8os<) Nicephore qui prit sa place , la relégua dans Tisle de Lesbos et octiïpà l'empire neuf ans : durant lesquels las affairés des iconolâtres n'allèrent pas bien ; esbr cet empereur fut ennemi des images et les bannit de l'église comme il avoit banni leur protectrice de la société des hommes. Michel Coropalates rétablit ce que Nicephore avoit ruinéi il fut favorable aux images, (8ii) mais cette prospérité ne fut pas longue, et cet em« pereur ne leur dura que deux ans. Léon l'ar^ ménien fut son successeur et ne fut pas son imitateur^ ^81 5) car il fut contraire aux ïmAr-
?s ' Histoire
«^es autant que l'autre le<» avoit aimée». Cel empereur après un règne d'environ huit années fut assassiné par Michel le Bègue, (820^ qui ne fut pas non plus grand ami des imagesj mois qui n'en parut aussi pas grand enne-mi. (826) Après un règne de six ans il laissa l'empire à son tils Théophile.
Cet empereur auroit eu la même débonnaîreté que son père, c'est-à-dire qu'il auroit permis à chacun de faire et de penser ce qu'il eut voulu au sujet des images, si l'événement que je m'en vais rapport i^r. ne l'eut animé a leur destruction. J'en tien» Thistoire d'un auteur chrétien patriarche d'Alexandrie, qui a écrit en arabe dans le dixième siècle. (1) Homme qui ne doit point erre suspect, purce qu'il n'a point écrit pour plaire aux huguenots , ni même aux iconoclastes , car lui même est fa-^ Yorabieaux imai^es. Voici ce qu'il dit. Michei mouru^ et eut pour successeur Théophile, em^ pereur dès romains , gui bannit les images des églises ft les brisa , défendant qu'on n^y en laissât aucune. Et c'est ici la cause qui le porta à faire 6 ter les imasres des églises. Un d* ses conseillers lui disoit un four qu'il y a* 'Voit en un cetain lieu de ses état^ une église dédiée à notre Dame , dans laq ut: lie t* imagé de la vierge rehdoit du lait parles mamelles ff) Saiâ Un îfAiïkmGtetf Sotyc. Annales Âlexaad.
^da Papisme. Î8»
le Jourdesa/éie. Théophile ne trout^ant point cela vraisemblable voulut examiner la chose ^ et trouva que le sacristain avoif fait un trou dans la muraille par derrière r image et avait percé Jiisçu^aux mamelles. Oan^f ce trou il avait fait entrer un tuyau de plomb fort dèUi^ et il bou'hoit le trou ai.ec du ciment et de la chaux. Quand la fête de la notre Dame ap'»
prnchut^ il ouvrait le t'ou ^t versait dans le tuyau du fâit^ leq el distillait ensuite goutte d gouttp. Par ce moy pn le sncf istain nvoit atnaS" sèune g' ande MMnm d'-^^-f^ent r.arleslihèrali" thdes pèlerins ^q If i vtm t "nhfmrele'tr%
dévotions dans ce*te église. Jb'Lmpir- ■;r fit couper la tête au sacristain ^ et déclara jue ceux qui ad rproient les images , se^'oient réputés adorer di*s idoles^ parc*' disait il, que les imafres sont Je véritables idoles , et les fit ainsi Aier des églises et fit boucher rendrais que le sacristain avait percé. Ce sont les pro* ^rcs niofs de l'auteur. Il faut avouer que si les calvinistes avoient fait faire cette histoire tout exprès , ils ne Tauroient pas autrement composée. La superstition se ressemble bien fort dans tous l6.s siècles: combien de semblables fraude^ avons nous découvertes dans cestlerniers temps : des notre Dames qui rendoient du lait par les mamelles, des crucifix qui Y^rsoient du sang par lesplayes^ des saiâts
*^4f4 Histoire
qui suoiei^t , d'autres qui pleuroient par des artifices tout pareils à celui-ci? Cet échantil* lonnous fait bien voir , que si nous étions as* 9e9 heureux pour avoir l'histoire des iconoclastes , écrite pai^ un honnête homme , nous vHàurions toute aiïtre que nous ne Pavons, et Kiu'il ne seroit pas nécessaire d'aller chercher des Juifs et de composer de ridicules fables pour trouver la source de la haine que Léon Isanrien et ses successeurs ont eu contre les inpiages. Ce fut donc l'occasion qui obligea l'empereur Théophile à recommencer la guerre contre les images. £t il y a apparence que »'îl avoit vécu, il lesauroit enfin exterminées : car le moment fatal à cette querelle étoit ari*ivé, il felloit qu'elle finit de manière ou d'au?» tre. (84 1) Théophile mourut trop tôt , et laissa un petit garçon de trois ans entre les mains de sa femme Théodora. Le commerce étroit qu'elle avoit eu avec le prince son mari, grand ennemi des images , ne put lui arracher du cœur ce malheureux amoursuperstitieux qu'elle avoit pour elles. Elle, anéantit tout ce que son mari avoit fait là-dessus, et finit enfin cos grands démêlés par une conclusion qui fiit triste pour le parti de la vérité, puisqu'elle fit triompher l'erreur , et vit mourir les contradictions.
Si nous aimions à donner dans le grand et
au Papisme. Wl
Aanelemervellleiix, nous pourrions faire notr« profit de la multitude des prodiges et des mal* heurs qui arrivèrent dans ce siècle. Le sieur Maimbourg n'a pas manqué de nous remarquer les pestes^ les famines >Ies guerres ^ les tremblemens de terre et les désolations qui arrivèrent sous les empereurs iconoclastes p pour marquer la colère du ciel contre leur impiété. 11 en arriva bien d^aufres dans le siècle suivant , où le culte impie des images se trouva établi sans contradictiorf. Une comète parut ^h occident si grande et si exfraordi* naire , que Tempereur lui même en fût épouvanté, et croyant selon les erreurs populaires que cela présàgeoit la mort d'un grand , il en consulta avec le philosophe Eginard, (1} qui lui répondit par les paroles du prophète , n^ soyez point étonnés des signes des deux, (8 1 3) L^an 839 il y eut un si grand temblement de terre à Aix-la Chapelle que l'église de notre Dame toute couverte de plomb , demeura découverte et demi ruinée. En Egypte , durant vingt et quatre jours, régna un veut si terrible^ que les édifices en furent abattus, (s) on vit ]^r*tout dans les airs des brandons de feu ^ et quand le vent fut cessé, l'air ; la terre et les arbres parurent de couleur rouge et puis jau«
(1) Fascit. tempor. pag. 65.
(Z) Elmac. hist. sarac.
I iii
fff Histoire
ne, à quoi succéda le noir. En Allemagne il y eut des bourgs entiers brûlés par le feu du cieh (i) La France fut couverte d'une armée de sauterelles qui voloient de lieu en lieu, et se posoient comme des camps , elles avoient six pieds > six ailes et deux dents plus dures que des pierres j (2) et rien n^échappoit sur leur passage. Ces sauterelles s^allèrent enfin " précipiter dans la mer , mais après elles Tair demeura si infecté, qu'une peste emporta le tiers des hommes. Trois jours de suite il phitdu sang en Italie. Et enfin dans l'orient il y eut de si horribles tremblemens de terre^ que presque toute l'Asie fut bouleversée. Dans la ville d'Ântioche , quinze cents maisons furent renversées , et quatre vingt dix-tours des murailles de la ville tombèrent à bas ; (3} un gtand nombre de personnes furent écrasées , et le bruit causé par là chute des édifices fut si'grand , que tout le peuple prit la fuite et se sauva à la campagne* Une montagne se déra« (ina et tomba dans la mer avec un si grand Ibruit que la mer sembloit bouillir , et il en monta une fumée noire et puante. (4) Dans une. autre province de l'Asie, quarante cinq mille personnes furent écrasées sous les rui«
»! ■ ■ ■ ■■ - ■ Il II I ■■■ tmmtmimmmmmmmm
(1) Abb. Vsperf. pag. 152.
* (2) Fase. Tenipl. '
, fSj Eimac. pag. iSO, CV Mem, pag. iSO,
ûu Papiifneé 9f
nés causées par les n)émes tremblemens de terre. Et même si ron en croit quelques historiens, les tremblemens de terre dans ce siècle coururent tout le monde C'est dommage que le P. Maimbourg n'a rencontré ces grands évènemens en son chemin et qu'il ne sait calviniste : il n'auroit pas manqué de dire en son style que la terre gémissoit de porter ces impies ^ qui mettoient sur les autels de Dieu les idoles de jalousie , qu'elle ouvroit par {ont ses entrailles pour engloutir ces Dathans etcesCorés, qui se révoltoient contre Dieu, et . profanoient les lieux saints par leurs abominations. Tout au moins cela nous servira à faite voir qu'il ne faut pas si légèrement cour clore que la conduite des hommes est désa* ^réable a Dieu, en un siècle plus qu'en un aa« tre, parce qu'il y fit paroître plus de marques de sa colère. Car il dispense ses châti* mens avec une sagesse qui nous est souvent impénétrable. Ceux qui échappent ne sont pas souvent plus criminels que ceux qui sont frappés j ils périront tous semblablement.
^ Uistoifi