CHAPITRE II
Ahrégé de rjiistoire du schisme entre Péglise grecque et V église latine : que le papisme est uniquement la cause de cette rupture scandaleuse : quelles en ont été les fanes-* tes suites. C'est la seconde source des trou^ blés causés par le papisme.
E viens an plus grand événement qni soif arrivé dans le neuvième siècle. C'est la rupture de l'église grecque et de l'église latin e« Elle a été cause d^un nombre infini de malheurs; or, c'est le pape qui a causé cette rupture, donc c'est le pape à qui Ton doit attribuer tons les malheurs à qui l'on doit attribuer tous les malheurs qui ont suivi le schisme. C'est le papismequia fait le schisme. Premièrement parce que c'est encore une suite de la querelle touchant les images. Nous avons vu dans le chapitre précédent que cette guerre des icono* lâtres et des iconoclastes,de Taveu de tout le mondera divisé et déchiré l'empire, et a fait perdre aux empereurs grecs l'Italie et l'empijTi^d'occidentpar la rébellion des iconoclastes»
du Papisïnê. f$
[)r,il est très certain que c'est cette division de l'empire dans le temporel qui a causé les schismes dans le spirituel. Dans les états chrétiens Tempire est si étroitement uni avec le sacerdoce^ et les intérêts de Téglise avec ceux dô Tétat^qu'on ne doit pas espérer d'union entre les églises quand il n'y en a pas entre les états» Un empire ou un royaume qui se démembre 9 dans son déchirement ne manque pas de voir «Divre la division des religions. Cela se voit dans ^histoire de Jéroboam qui déchira le royaume de la maison de Davidj le schisme suivit incontinent la révolte. Et cela est si vrai , 'que jamais l'occident partagé comme il est "entre plusieurs souverains, ne se seroit conservé dans l'union pour faire une mêmeégliseï si le pape en rompant avec l'église grecque n'avoit trouvé moyen de bâtir dans l'église la« fine un empire purement temporel qui s'étend sur toutes les provinces de l'occident. Car cet empire prétendu spirituel de la cour de Rome est la plus grande chimère du monde. La vè-* rite est que c^est un empire mondain formé , comme les autres empires: il a sa capitale^ ses gouverneurs de provinces^ ses tributs; et les princes de l'Europe sont dans un terrible aveuglement de ne se pas fippercevoir qu'Us sont véritables sujets et tributaires dû pape, line se pQuvoit donc pas faite f^u^ c^xi^^V
.Ço Histoire ,
avoient rompu Punion temporelle ne rompis* sentaussi l'union spirituelle de l'église d'orient et de celle de l'occident ^ à moins que le pape se trouvât moyen d'établir 8on empire temporel sur l'orient , commeil l'a établi sur l'oç« (»dent. En efletil a essayé de le faire et n'en a pu venir à bout; et c'est cette tentative san$ succès qui a achevé ce schisme qui étoit déjà commencé par l'expulsion des empereurs hors de ritalie. C'est donc le papisme qui a donné l'occasion au schisme, et qui Ta fait enfin: cela paroitrapar ce que nous allons dire.
Puisque l'histoire des icoholâtres et celle du schisme sont si voisines, il faut nécessairement reprendre l'histoire à l'endroit où nous l'avons laissée en parlant des images. Théophile fils de Michel le bègue mourut après un règne de quinze ans et laissa un fils âgé seulement de trois ans entre les mains de l'impératrice Théo< dora sa femme. Cette princesse régna d^une manière fort absolue durant la minorité de son fils. Mais quand cet empereur fut devenu grand il voulat régner à son tour et se défaire de cet« te tutrice qui avoit les mêmes vues qu'avoit eu Irène, à l'égard deConstantin son fils y c'est de régner toujours et de ne lui donner aucune ; part au gouvernement. Tbéodora croyoit avoir bien pris ^es sûretés en mettant Mîdiel son àU entre les mains de Bardas son frère qu'die
du Papisme. t\
Itiî aroît donné pour gourerneur, clans l'espérance qu'il nourriroit ce jeune empereur dans un grand esprit de soumission pour elle. Mais la chose alla autrement. Michel voulut régner seul et enfermer sa mère dans un cou« lent, et afin de rendre son parti plus fort il s'associa a l'empire, Bardas son oncle maternel, celui-là même qui l'a voit élevé. La cour de Constantinople fut divisée , chacun prit son parti. Ignace le patriarche se trouva dans ce** lui de l'impératrice : et les démêlés allèrent si avant que le patriarche ayant pris la liberté^ d éloigner Bardas de )a communion sous pré« texte d'un mariage incestueux qu'il avoit con«^ Iracté avec sa belle*fille; Bardas pour seven- •gei de ce qu'Ignace l'avoit privé de la com-munion, priva Ignace du patriarche, et le lit reléguer dans une des isles de la Propontide. Le célèbre Photius fut mis en sa place : il est peu nécessaire de dire quel homme c'étoit , assez, car tout le monde le connoit, ses ouvrages qui subsistent encore aujourd'hui (855 ) font voir qu'il fut non seulement le plus savant homme de son siècle , mais l'un des plus savans et de la plus prodigieuse lecture qui âyent Jamais été au monde. Surtout il possédoit en perfection ce qu'on appelle les droits deKéglise^ ses canons, sa discipline et tout f e ^ui regarde son goureraernent de^aU \^%v
apôtres/ Tout le inonde tombe d^âcc< cela: mais pour flétrir sa mémoire5les h joutent que ce fut le plus méchant hom ait jamais été; la raison, c'est qu^il i voulu se soumettre au pape y et qu'il a ( qu'il regardoit son église comme indép te et souveraine dans ses propres afiair témoins qu^on en apporte ce sont les his de réglise latine , et quelques uns de grecque grand amis du patriarche Ign; grands ennemis de Photius. On jugei sont là des témoins dignes de foi : Tun témoins est un Nicetas David Paphlag qui a écrit la vie d^Ignace tout exprèi faire une satyre contre Photius.
Celui qui a écrit les vies des papes nom de Damase^ qui est Ânastase^bib Caire du pape vivant en ce temps-là^ Ton assembla un synode dans lequel fut déposé, et Photius confirmé. Ma n'appaisa pas les troubles parce que 1 ques du parti d'Ignace, ni Ignace lui ne s'en voulurent pas teuir là^ et contir à remuer. C'est ce qui obligea l'emper< le conseil de Bardas et de Photius d^e au pape Nicolas I^ pour le prier de ic
, g^uelques évê^ues afin de tenir avep •
au Papisme^ 65
concile plus autorisé et plus général que celui [ui avoit été tenu , dans lequt-l on put tout de nouveau examiner TafFaire de Photîus et d'I«» gnace. Photius n'avoit rien moins dessein en faisant cela que de s'en remettre au jugement du pape et de le reconnoitre pour son souvcr rain. Il étoit en possession du patriarcat, et il eut fallu qu'il eut renoncé au bon sens et k tes intérêts pour aller remettre au jugement fl'un homme étranger un bien dont la possession lui étoit acquise* Mais le pape Nicolas T^ ^ui à Vimitation de ses successeurs veilloit continuellement sur les moyens d'établir ses prétentions de chef universel de l'église , embrassa cette occasion d'avancer son autorité , et comme le père Maimbourgnousa dit du pa« pe Zacharie au sujet de Pépin et de Chilpericy il voulut faire plus qu'on ne lui demandoit.
II envoya donc en orient l'évéque de Porto et ^Ini d'Anagny » leur commanda de faire confirmer Tadoration des saintes images et de preil* tire connoissance de Taffaire de Photius. Et ^rce qu'il conçut bien que si l'on jugeoit de TaflEûre sur les lieux, ses légats n'auroieiit ^ueleor voix dans l'assemblée^ il leur ordon« te de faire l'information , mais de faire ensor te ^ toutes aortes de moyens que le procès fut VBnvoyé à Rdine afin qu'il en put juger lui-nâme. Assurément la voye éto\l sut^ ^i>>à2c %%,
mettre en possession de juger en qualité de souverain des affaires du patriarcat de Cons? tantinople. Mais aussi le piège étoitexlrêmement grossier, l'église de Constanlinople qui avoit toujours soutenu ses droits, d'indépendance en qualité de la nouvelle Roiiie contre l'ancienne y auroit misérablement trahi sa propre cause si elle ayoît donné les mains à un€ procédure si nouvelle. Outre cette instruction, les légats avoient ordre de leur maître de ne point communier avec Fhotius et de l€ traiter comme un intrus, sous prétexte qu'il ^voit été choisi patriarche de Constantinople étant encore laïque; car pour le mettre sur le trône patriarcal en si$ jours de temps oq l'avoit fait passer par tous les ordres, ce qui étoit contre les canons. C'étoitlà dis-je le préteinte , mais la raison du coeur étoit que Phojg tius qui savoit très bien quels étoient les droitfl de son église, n'avoit point demandé pour soi établissement Tagrément c{u pape comme Ni" cplaç prétendoit qu'il devoit faire. Cela paroil par une lettre de ce Nicolas , où il fait cetM plainte et ajoute en se plaignant que les pa; triarcbes deConstantinople retenoient diver&ei provinces qui dévoient relever du siège ai Borne, (i) Ces provinceiTétoient celles de 11 Bulgarie. Les Bulgares, auparavant p^yens^
du Papisme. 55
8'étant convertis à la foi , le siège de Consfàhtinopleet celui de Rome disputoientà qui'
, appartiendroit ce diocèse. Les Bulgares qui àvoient reçu la foi par le moyen des grecs et
f qui avoient admis leur service voulurent aussi recevoir des évêques d^eux et relever de leur
• patriarche. Les papes au contraire vouloient que ce diocèse de Bulgarie leur appartint^ et
. la principale raison c'étoit celle de la bienséance , et leur insatiable cupidité de régner. Les légats de Nicolas I, prirent le chemin de Constantinople , avec ces ordres de ne point reconnoître Photîus , de lui arracher le diocè* se de Bulgarie , et de le traiter comme un in* trus afin d'établir la souveraineté du siège ro-
» inain sur les patriarcats de l'orient.
i Photius fut averti de tout cela et prît se» précautions afin de faire avorter tous les dés« éeins de Nicolas , et surtout pour établir l'ind^endance de son siège« Personne n*étoit plus capable de le faire que lui, parce qu'il savoit parfaitement les loix du gouvernement de Té- . gltse. Les légats de Nicolas I , ne furent pas
^ reçoa à Constantinople comme ils souhai-toient de l'être j et parce qu'on savoit qu^ils étoîent venus exprès pour cabaler contre l'in- ^ térét de réglisede Constantinople, on leur défendit durant trois mois toute communication
Mec 1^ évé^uQs. C'est uae acUou ^^ \\x»^ctf:»^
dont on se plaint comme d'une grande yîoIen« ce: mais il n'y a rien plus juste que d'agio ainsi avec des gens qui viennent comme enne« xnis et comme parties pour opprimer la liberté publique^ et prendre un bien qui ne leur appartient pas. L'année suivante le patriarche^ assembla un concile de trois cent dix huit pr6* lats^ autant qu'il y en ayoit eu au concile da Nicée, et les évêques de Porto et d'Anagny jr assistèrent comme envoyés du pape. Ils no pu» rent faire ce qui leur av oit été ordonné àRoméî. i ( 861 ) c'est de faire information ^ car on leuDaj en ota le moyen. Ils furent jugés avec les au^ très évéques et donnèrent les mains à ce qui?^ fut arrêté par le concile dans lequel la déposât tion d'Ignace et l'élection de Photius furent^ approuvées- Ignace et les évêques ses parti-»^ 3ans ne se voulurent point 80umettre> ils eft appelèrent au pape et lui écrivirent une lettriî dans laquelle iUle flattent et l'appellent Poif^j ti/e universel ut patriarche de tous les siè-i* ges. C'est là une des causes qui ont pro*-* duit cette énorme puissance du siège de Rome* Pepuis l'érection des patriarcats il a too«v jours tenu le premier rang, c'est-à-dire qu'ik a ei;i la primauté d'ordre mais avec um| égale juridiction , et sans aucune autotitïl pur les autres comm« les autres n'en
»rQhat peu» «ac lui. Idi^», çeox %i(i..4i
au Papiême; ^^
fronvoient lésés et qui croyoient avoir été maltraités par leur propre église , ne voyant pas de moyens de se faire relever des injusti« ces qu'ils prétendoient qu'on leur avoit faites^ s'ariressbient à l'évéque de Rome ; et sachant qu'il avoit un grand crédit dans l'église , ils se vouloient servir de lui pour être rétablis par voye d'intercession. Les papes qui ont toujours eu constamment depuis le quatrième siècle cette vue de se rendre souverains de l'église , les recevoient comme appelans » et sans en avoir commission^décidoient en juges* Les parties lésées qui avoient recours à eux lie se mettoient pas en peine en quelle qualité les évéques de Rome jugeassent pourvu ■qu'on les rétablit. Par une lâcheté qui accompagne presque toujours rinlérêt, ils faisoient préjudice aux sièges dans lesquels ils vouloient être rétablis , etlaissoient empiéter aux papes une autorité qui ne leur appartenoit pas. C'est ce que fit Ignace en cette occasion; il savoit fort bien que le pape n'étoit point son 'supérieur, et qu'il n'y avoit point d'appel â'un patriarcat à l'autre, Pendant qu'il avoît été paisible patriarche de Constantinople, 'Si quelqu'un de ses inférieurs eut entrepris de §6 pourvoir contre ses jugemens devant l'éi^êque de Rome , assurément il auroit excomf4aunié celui qui se seroit ainsi ]^out\\3L« C>^^^tk%
»Ô ïîistoire'
"dant il aima mieux renoncer aux privilèges i3« flon église qu'à ses prétentions au patriarr cat , et sachant les instructions qui avoient été données aux envoyés du pape , il résolut •de faire valoir les prétentions des papes contre le siège de Constantinople , afin de sou* tenir les sienne's contre Photius. Nicolas I répondit fort aux intentions d'Ignace: quand lea 'évêques qu^il avoit envoyés à CoAstantinopl^ furent de retour, il les déposa et les excouir 'inunia. (863) Il excommunia aussi Photius, et tousses adhérans et rétablit Ignace, c'est-à* -dire qu'il le déclara vrai patriarche de Cons-i tantinople sans avoir aucun droit de le faire., ^ Photius ayantappris cette nouvelle, desa part' assembla un concile et excommunia Nicolas, et tons ceux de son pffrti. L'empereur Michel! écrivit fortement a Nicolas là dessus en fa-' ^eur de Photius ; le pape fit brûler publiqu^« = 'inent les lettres de l'empereur et le menaçai •de l'excommunier s'il ne se soumetloit. Le« choses demeurèrent en cet état et ce fut un ; commencement de schisme qui dura jusqu'à Ja fin du régne de Michel Bardas.
£i:iyiron trois ans après, un scélérat appelé
Basile le Macédonien , homme né de la lie da^
.peuple^ mais que ses^atteurs faisoient des«^
.cendre de la maison des Arsacides^, anciens
i^ois des Parthes , assassina Bardas ^ oncle 4j9
du Papisme. 59
Fempereur et son associé à l'empire. Il est vrai que cette action se fit du consentement de l'empereur , mais elle n'en est pas moins lâche , sur tout après la réconciliation solen-j nelle de Bardas etde Basile^ que le patriarche Photius avoit procurée avant qu'ils partissent tous deux pour aller à l'armée. Basile le Macédonien s'étant défait de Bardas^ Tassas* sin, parla mémevoye, se défit peu de temps après de l'empereur lui même et l'assassina de la manière du monde la plus criielle. Voilà l'homme dont les latins font un héros. Et la raison est que ce malheureux coupable d'un double parricide, se soumit et lui et son église au pape et eut recours à lui pour être autorisé dans ses actions , qui donnoient de l'hor^ur à toute la terre. Il est fatal à ce siège romfiin de recevoir son élévation de semblables mains. Le tyran Phocas ayant assassiné Maurice son maître et son empereur , afin d^avoir Tévêque de Rome favorable , (1) lui donna le titre rf'^'véque oecuménique et universel ^ lequel il retient encore aujourd'hui.
Photius ne pouvant souffrir ce tyran et ce parricide refusa de le recevoir à la communion , et Zonaras qui nous apprend Cette circonstance est pour le moins aussi croyable ,que Nicetas David auteur de la vie d'Ignace^
L'aii6C3.
«uquel le père Maîmbourg veut que hous noui «n rapportions. Basile irrité chassa Photius fst rétablit Ignace, et l'un et l'autre envoyèrent faire des hommages au pape pour avoir son suffrage et son approbation , car depuis plur jiiçurssièclesç'a toujours été assez que de flatter le siège de Rome pour en obtenir Tapprobar tion des actions les plus criminelles. (867) Sur ces entrefaites mourut Nicolas I, grand ennemi de Photius ; Adrien II lui succéda, au<» quel on envoya aussi les légats de Constant Éinople de la part du patriarche Ignace , avec le consentement desquels on brûla le concile de Photius^ et pour rendre l'histoire pipa remarquable, Ton dit qu'il sortit du feu unç puanteur dont tout Pair fut infecté, (i) L'aanée suivante Adrien trouvant l'occasion favorable pour casser tout ce que Photius avoil fait contre l'autorité du siège romain , envoya à Constantinople Donat évéque d'Ostie, Ma«* rin diacre de l'église romaine , et Etienne é^ vêqpe de Népi avec ordre d'y faire tenir un concile , auquel on donneroit le nom d'univer- 48el , et d'y établir la souveraineté du siège de Rome sur tous les autres. Jusqu'à ce siècle les I3ntreprises des papes avoient été sourdement conduites , ils s'étoient mis en possession de la supériorité le plus qu'il leur avoit été pos«
du Papisme. 6i
sîble par des jngemens rendus y souvent où ils n'en étoient pas requis ; mais ils n'avoient pu se faire déclarer souverains par un concile* A cette fois, soutenus par un parricide qui vouloit être flatté dans son crime, et par un patriarche qui étoit prêt de sacrifier toute chose pour conserver sa grandeur, ils entrerprennent déterminer cette grande affaire et de se faire déclarer chefs de l'église universelle ^'une manière fort authentique. Les légats du pape appuyés de l'autorité du tyran et de son patriarche, assemblèrent le concile qu'ils ap« pellent le IV* de Constantînople et le VIH" universel 9 qui fut ouvert le sixième d'Octobre de Fan 869.
L'on ne sauroît dire combien furent honteuses les procédures des légats du pape pour venir à leurs fiils dans cette assemblée. Ignace n'avoit que douze évêques dans son parti com« ne l'avoue Nicefas David qui a écrit sa vie.
Tous les autres étoient attachés aux intérêts de Photius^ dont le mérite étoît universel-^ lemênt reconnu , et par conséquent ils étoient aussi opposés aux prétentions du siège de Rome , et tenoient pour les privilèges et pour l'indépendance du siège de Constantinople* Mais il n'y eut point de lâchetés , de bassesses et de trahisons qu'on n'employât pour les gagner ou pour les forcer. Par prières , par
menaces , par présens , par persécutions , d ce grand nombre d'évêques qui dépendoient d Constantinople , on en ramena quatre vin^ diX) qui joints avec les douzepartisansd'Ignac firent ce beau cpncile, auquel on donne 1 nom de concile général. D'abord, deTaveu d sieur Maimbourg, ce concile ne se vit çompos que de trois légats du pape , d'Ignace de Coni tantinoplei de Thomas , patriarche de Tyr comme tenant lieu du patriarche d'Antioch< et d'un moine nommé Elie, à qui l'on donn le nom de député du patriarche de Jéruralen Ces deux derniers hommes étoient deux mas ques,que l'on mit sur des sièges pour donne à ce concile le nom de général^ ^ pour fair croire que tou& les patriarches y avoient Qssi lé. Ce concile ainsi composé de trois légats d pape et de trois autres ecclésiastiques y fit en trer les douze évêques qui seuls restoient d parti d'Ignace, ainsi voilà dix huit personne en tout dan^ ce vénérable synode. Ce furer ces dix-huit personnes qui firent retracter le «vêques partisans de Photius, non par leur raisons et par l'autorité de leurs règlemens mais par le moyeii du tyran Basile le Macé donien qui ëtoit lui-même présent au conci le accompagné de tousses principaux officier pour donner de la terreur à tous ceux qui pa roitroient dans cjette assemblée. Ce fut là qu>
xlu Papisme. 63
les légats de Rome firent la plus grande trahison ^ et les évêques grecs la plus grande lâcheté dont on ait jamais ouï parler dans une semblable affaire. Adrien II avoit fait un formulaire de foi et de soumission qu'il ordonna à ses légats de faire signer à tous les évêques grecs avant quede les recevoir au concile. Par ce formulaire le soussignant s'obligeoit à se socr* mettre à tous les ordres du saint siège ^ à reconnoitre Ignace pour véritable patriarche, à tenir Photius pour un excommunié, et à recevoir tout ce qui avoit été ordonné dans les conciles de Rome tenus sous Nicolas I et Adri-; en II. C'est àr dire à reconnoîlre l'église de Constantinople et son patriarche soumis au siège romain* Les légats firent la lecture de leur formulaire dans ce concile général de dix< huit personnes , d^abord l'empereur et les évêques même du parti d^Ignace furent sur-»
pris de cette proposition. Il étoit sans exem« pie et sans raison qu'on envoyât à un concile des décrets tout formés , on étoit venu pour juger, et le pape envoya l'affaire toute jugée de Rome , avec la condition que personne ne seroit reçu à composer l'assemblée qu'il n^eut signé ce formulaire de foi et de spumission. Il y a du plaisir à voir les tours que se donne le père Maimbourg en cet endroit pour ne pas approuver une procédure aussi étrange^ ^et
Ô4 ' Wstolrn
pour ne la paâ condamner ans«i ; parce quMl auroit été forcé de rejeter ce faux concile dont pourtant il s'étoit obligé de faire un concile non seuleihent légitime mais général. ^I^out ce qu'il peut faire, c'esi de dire, ( i) que cela paroièsoii nouveau j mais^que cette liouveauté n^empêcha pas que le pape ne crut quilpoU" voit et devoit envoyer ce formulaire tout dres*' ^é, sans qu^il entreprit en cela de rien di/ni^^ Tfuerdela liberté et du pouvoir du saint concile. Ce n'est pas entreprendre sur la liberté d'un concile que de lui envoyer des décrets tout •conçus et prêts a signer*
Basile et son patriarche avoient besoin du «uffrage du pape^ c'est pourquoi il fallut l'a^ cheter à ce prix-là ; aucun évêque ne fut re-^ çu dans l'assemblée qu'après avoir promis qu'il seroit esclave bien obéissant au siège ro*
2 lin, et il y eut quatre vingt-dix évêquesqui rent la lâcheté par foiblesse ou par crainte souscrire à ce formulaire. Mais les autres portèrent leur résolution jusqu'à excommunier en présence de rassemblée où ils avoient été cités tous ceux qui avoient excommunié Photius. Cette hardiesse anima tellement et Ignace et les légats que la sentence d'excommunication de Photius et de tous ses adhérent fut confirmée avec tant de violence et d'em*
1 2 ; Ifist. du scbUme des Gr. 1, 2, tn. S69^
du Papisntê, 65
pin'iement qia*on en 6t souscrire l'arrêt avec des plumes teintes dans le sang de Jésus Christ, c'est-à-dire dans la coupe de l'eucharistie. L^ pèr^ Maimbourg qui sait que nos écrivains \ ont tiré de cette action une conséquence qui f n'est pas favorable à la transsubstantiation et ^ à la présence réelle , ne la veut pas croire, et = De juge pas à propos que nous la croyons. Cependant nous la tenons de ce Nicetas Paphla<» j gonien dont il veut que nous recevions les. rér cits outrageans et emportés contre Photius, comme des oracles. Et parce que Robert Creygthon dans sa préface sur sa version d« Sgnropulus a osé révoquer en doute le témoîg!iage de ce violent ennemi de Photius, et ce^ lui d'Anastase bibliothécaire des papes, il fait une grande remontrance à Téglise anglicane pour Tobliger à reprimer la hardiesse de ce Creygthon qui ose révoquer en doute des fait» ftQsei certains que sont les excès et les crimes dePhotius.C^estune chose admirable que l'oa veuille que nous ajoutions foi à nn bibliothé^caire du pape et à un grec notoirement calomniateur et duquel le sieur Maimbourg avoue qu'il a parlé en des termes qui tiennent de Vinvecfii/e , { \ ) et ne sont pas du caractère de Vhistidre, On veut dis, je que nous ajou- I AioQs foi à des témoins de ce caractère dans
( t) Uist. da scbisme des $ieu, liv. 2. an. S69.
""bô Histoire
une cause où ils sont partie avec le pape, pla tôt qu'à des historiens grecs qui ne sont poin entrés dans cette querelle. Mais jf? me passion ne fort peu pouir ces sortes de faits qui ne son pas fort importans à mon sujet, que Photius fut honnête homme ou non , nous n'avons pai grand intérêt à démêler cette vérité.
Ce qu'il y a d'essentiel ici, c'est ce que j'ai dit que le pape pour s'établir chef de l'église universelle avec un apparent consentemen de l'église grecque^ commit la plus effroyabh prévarication du monde en faisant soussigné) son autorité et ses prétentions à tous ceux qu Vbudroîent avoir séance au concile. Avec dei gens qu'il avoit fait tomber dans de sembla blés pif^ges, il ne fut pas malaisé de faire tou ce qu'il voulut; on fit dans ce concile tels ca lions qu'il plut aux légats. Entr'autres on ] confirma Tautorité souveraine du siège du pa pe comme elle avoit été établie à Rome souî Nicolas et sous Adrien : ( i ) jusque là mémi qu'il est expressément dit que le pape ne pour roit être jugé de personne.
Les choses n'étoient pas tout-à«fait con dues , que les évêques grecs eurent honte d( leur bassesse et de la lâcheté qu'ils avoien commise de signer le formulaire envoyé d«
Ronie , c'est-à-nire le titre de leur esclavage
pm— — — ■ ■ Il .1 ■ .1. 111
( i } Synodi. const. 4. oan. 2. et 3*
du Papisme. -, ùj
Ils représentèrent cela à Ignace et à Basile qui enfin ouvrirent les yeux à leurs véritables intérêts y et au reste ayant du pape ce qu'ils souhaitoient d'en avoir, c'étoit l'approbation du parricide de Basile le macédonien , ils ne voulurent plus garder avec lui les mêmes mesu« . res. De plus ils se brouillèrent au sujet du diocèse de la Bulgarie que le pape vouloit avoir et que le siège de Constantinople vouloit retenir. Ce saint Ignace dont on a fait un saint dans, l'église romaine parce qu'il a i^u lafoiblesseel la lâcheté d'abandonner son église aux ambitieuses prétentions du siège romain, ne vou»
lut pourtant pas se relâcher sur cet article là» Lui qui avoit eu recours au papeetquil'avoit appelé chef univereel, ne? le voulut plus recbnnoitre pour tel , ni subir le jugement qu'il rendit en sa propre cause pour obliger les grecg à lui rendre ce diocèse si contesté. Ce démêlé alla si loin que toute cette belle réunion des deux églises et les soumissions de l'église grecque pour l'église latine s'évanouirent incontinent. Et le sieur Mainibourg avoue que les prétendus vicaires des patriarches d'orient s'emportèrent ju&qii 'à dire aux légats de l'évê q[ue de Rome : Ce .serait une chose bien é* frange que voi^s autres romains qui avez secoué le jou^ du légitime empereur des.gr^cs pour vous donner aux français eussiez çïtgore
juridiction dans les états de V empereur notre maître. Ces paroles que le ëieur Maimbourg a tirées de Guillaume le bibliothécaire, sont bien remarquables. Elles font voir premièrement que les grecs, dans le fqnds, ne prélendoient pas être sujets du siège patriarcal de Rome , et qu'ils n^avoient point du tout inlention que Tévêque de Rome exerçât aucune ju^ ridiction dans l'orient. Et ainsi cela prouve clairement que tout ce qui fut fait dans ce conciliabule obsédé par les latins, se fit par pure surprise et Contre l'intention des grecs. L'autre chose qifi paroit clairement c'est que ces vicaires prétendus des patriarches de l'orient étoient des officiers titulaires comme sont les évêques et les archevêques que l'on fait à Rome in partibus infidelium. Si ces vicaires avoient été véritablement envoyés par les patriarches d'Antioche, de Jérusalem et d'Alexandrie, comment auroient-ils pu appeler l'empereur deConstantinople leur empereur, puisqu'il y avoit déjà longtemps que ces trois patriarcats, occupés parles sarrazins,n'étoient plu5 sous l'empire des grecs? Dès le temps du s^. concile de Nicée, c'est-à-dire plus de 80 ans auparavant, le commerce des églises d'Asie avec celle de Constantinople étoit interrompu parlessarrazins:et les patriarches d^Antioche, ëe Jérusalem «t d'Alexandrie ne purent se
du Papisme. 0^
frouver à ce concile, ni ne purent y envoyer. Seulement il s'y trouva deux moines d'orient qui disoient avoir commission des patriarches d'orient, et n'avoient pourtant été envoyéi que par les moines de la Palestine* C'est de cette manière que les grecs rompirent I (ur le champ avec leslatins , et afin que ceux-ci • ne se pussent prévaloir des signatures que les i; évéquesgrecs, gagnés par les légats, avoient apposées au bas du formulaire de soumission , on essaya de les leur tirer des mains , et pour pela on se saisit de leurs papiers. Mais les légats qui avoient senti que les grecs nç seroient pas longtemps sans revenir de cet égarement et sans ^e plaindre de la manière frauduleuse dont on les avoit surpris, avoient mis ordre à leurs affaires , pour ne pas perdre les fruits de tant de finesses et de tant de travaux. Ils avoient. cliargé Anastase bibliothéraire du pape qui étoit parti avant, de tous leurs origir naux, lesquels par ce moyen arrivèrent heureusement à Rome. Ainsi toutes les peines qu0 les latins s'étoient données à proprement parler, ne terminèrent aucune affaire, et nt finirent point ce schisme. Le démêlé particulier de l'église de Constantinople entre Photius et Ignace continua, Photius fut envoyé en exil ^ traité avec la dernière cruauté, et les évêquaa de son parti pareillement. Mais pas un u^x^^Xf^
lut renoncer aux intérêts de Photîus, tant T étoient charmés de son mérite et de ses grande qualités , et dégoûtés des lâches procédé d'Igtiace. Le crédit et l'autorité étoient pou Ignaee , mais le mérite et le nombre étoier pour Photius, qui du fonds de son exil et d sa prison savoit empêcher qu'aucun des sien ne se révoltât et n'abandonnât sa cause. L^o envoya une seconde fois des légats de Rom pour appaiser ces différens, mais cette secon de négociation n'eut pas pins de succès qu la première. Les évêques de Photius soutin rent encore avec la même fermeté la cause d leur patriarche , et même Pbolius trouv moyen de rentrer en grâce auprès de Fera pereur Basile. Ce Nicetas qui a fait une i violente satyre contre lui en faveur d'Ignace dit que ce fut par des fourbes étranges, e que Photius supposa une généalogie à Basile quin'étant que fils d'un paysan deMacédoin fut ravi de trouver quelqu'un capable de cou vrir la bassesse de sa naissance par quelqu histoire fabuleuse. Nous sommes aussi pei obligés de croire cet auteur en cet endroi que dans tous les autres, mais il nous impor le peu que cela soit faux ou vrai. Ce qui es certain c'est que Photius revint à la cour disputa de la faveur avecignace , (877 )etap jpardmmenl Tauroit supplanté une second
^du Papisme fï
foisj si lê vieux patriarche ne lui eut fait place par la mort. Photius fut mis en sa place sans contradiction, et ainsi finit le schisme de l'église de Constanlinople. Quant à celui de Téglise grecque et de l'église latine, ce prétendu concile ) huitième universel, n'y avoit pas remédié, car nous avons vu que les légats d'Adrien II, s'en étoient retournés fort maltraités par les grecs. ( 872) Le pape Adrien mourut quelque temps après et eut pour successeur Jean VIII. Ce Jean, sollicité d'envoyer ses légats à Constantinople pour travailler encore une fois à assoupir les différens entre .Photius et l'église romaine, les y envoya en effet ; mais bien moins pour les affaires de l'église que pour les siennes. Il vouloit à toute force avoir le diocèse de Bulgarie dont Ignace avoit tout nouvellement pris une nouvelle possession (835), ei d'où il avoit chassé les missionnaires que le pape y avoit envoyés.
Jean VIII avoit écrit la dessus violemment a Ignace , qui ne voulut pourtant pas rendre le diocèse, ainsi la querelle et le schisme continua (878). Mais il acheva de se form/sr incontinent après la mort d'Ignace. Photius rentré dans le siège de Oonstantinople et dans la faveur de son prince, demeura maître de tous ses enuemis. Il voulut selon la coutume avertir révêque de Rome de son entr^Q d^vcs^ V§^
<fï Histoire
8iège^ non pour lui demander la connrinatlor comme on prétend ; mais paur entretenir l'u nion entre les sièges | comme les rois se don^ nent avis les uns aux autres de leur exaltationi L'empereur et lui envoyèrent à Borne afin de faire savoir au pape qu'il étoit rentré dans It patriarcat, pour le prier d'avoir communion avec lui et pour obtenir des députée qui vinssent à Rome et en la présence desquels on put achever de terminer les difFérecu qui étoient entre Rome et Constantinople ai sujet de la juridiction et du diocèse de Bu]ga« rie, Le pape Jean VIII fut charmé de cette ambassade j car à Rome depuis longtemps on aime jusqu'aux ombres de la soumission , de plus il se laissa emporter à l'espérance de re-couvrer le diocèse de Bulgarie. Ainsi il accorda tout ce qu'on voulut en faveur de Photius. et donna ordre à ses légats S^ui étoient déjà à Constantinople de terminer les différens de< deux sièges à certaines conditions. Si l'on cb croit les latins, Photius falsifia les actes de h commission des légats et les lettres que le pape éçrivoit à l'empereur Basile ; ce qui n^es^ pas trop aisé à comprendre comment des légats sont assez ignorans et assez bétes pour 8< laisser tirer des mains leurs lettres et en rece voi] d'autres en la place, toutes différentes. Dei jgjeas qu*on envoyoit en gréce pour faire da
au Papisme. yS-
traités dévoient du moins savoir assez de grec i pour ne se pas laisser tromper d'une manière I si grossière et pour voir si Içs traductions que i l'on avoit faites de leurs instructions étoient I fidèles ou non.
Quoi qu'il en soit avec les légats de Jean VIII, Photius tint son concile qui passe che2l les greca pour le Vlir universel , et pour un très-saint concile, (779) et chez les latins pour un abominable conciliabule. Il s'y trouva 385 évéques. Le concile précédent appelé le VIII* œcuménique par les latins et les deux conci*les de Rome tenus sous Nicolas \, et sous Adrien II, y furent cassés. Photius y fut ré« tabli , tous les jugemens rendus contre lui y furent annuités ^ l'égalité entre lés deux siè«« ges à regard de la juridiction y fut établie , et il fut ordonné que l'on ne recevroit point d'ap« pellations de l'un à l'autre. Les légats de Jeait TIII consentirent à tout cela et le signèrent ^ et le pape lui même mal informé, comme l'oà prétend , de ce qui s'étoit passé dans ce con-* cilè au préjudice de son autorité , le confirma^ S'il le fit par ignorance, Batonius et les auteurs de son parti ont grand tort de flétrir si cruellement la mémoire de ce pauvre pape Jean ; jusqu'à dire que la mollesse qu'il eut en cette occasion a donné la naissance à la fable
^ ta pàpês^ê Jeàiinej. Le; |^èr^ ^^vœ&)Sm^%v
'f fc Histoire
trouvé cette pensée de Baronius si ingénieuse qu'il Ta adoptée , et il ne débite point comme une conjecture/ mais comme une chose assurée , que ce Jean fut appelé Femme à cause qu'il eut la foiblesse de se laisser vaincre par les artifices de Photius qui n^étoit que demi homme. Si cette histoire delà papesse Jeanne étoit unefable, et qu'il en fallut tirer l'origine de quelque part, il y auroit bien plus d'apparencede la tirer comme font quelques uns^de l'un de ces Jean du X.'. siècle, qui furent la plupart des monstres^ surpassant enmollesse les femmes les plus perdues. (1) Aventin a dit que c'est Jean IX, qu'on a appelé papesse à cause que Théodora la fameuse concubine de ce Jean , le fit pape. Je ne trouve pas au reste que nousjsoyons fort intéressés à prouver la vérité de cette histoire de la papesse Jeanne. Quand le siège des papes auroit sôuf** fert cette surprise , qu'on y auroit établi une femme pensant y mettre un homme , et que cette femme «eroit ensuite accouchée dans une procession solennelle comme l'on dit, cela ne formeroit pas à mon sens un grand préjugé ; et t'avantage que nous en tirerions ne vaut pas la peine que nous soutenions un grand procès là dessus. Je trouve même que delà manière que cette histoire est rapportée ,
du Papisme. 76
elle fait au siège romain plus d^honneur qu'il n'en mérite. On dit que cette papesse avuit fort bien étudié, qu'elle étoit savante , habile^ éloquente, que ses beaux dons la ii-
j rent admirera Rome, et qu'elle fut clue d'jn commun consentement , quoi qu'elle parut comme un jeune étranger inconnu , sans amis et sans autre appui que son mérite. Je dis que
I c'est faire beaucoup d'honneur au siège ro* main que de supposer qu^uii jeune homme inconnu y fut avancé uniquement a cause de son mérite, car on sait que de tout temps il n'y a eu que la brigue qui ait fait obtenir cette dignité , et particulièrement dans le siècle oà l'on pose cette papesse: la qualité de barda-
, che, ou celle d'amant de. quelque grande dame romaine, étoit le seul mérite qui conduisoit au pontilicat. Si Messieurs les historiens de l'église romaine m'en croient^ ils profîte'ront de cette réflexion pour détruire riiistoi* re de larpapesse Jeanne, et sérieusement je suis trompé s'ils peuvent trouver une meilleure raison. Ils nous ont avoué sincèrement que de* puis la fin du neuvième siècle jusqu'au milieu du onzième , les papes étoient intrus dans le siège par les marquis de Toscane et par des femmes impudiques , et que ces papes intrus étoient choisis parce qu'ils étoient les minis-
j tre» des voluptés 4ç çç3 fçoimes, ÎJau^ «^^^^V
f^ Histoire
confessé cela, îl faut qu'il leur revienne que chose de leur sincérité : et ils doiven dure que les dons rares qu'on attribua papesse Jeanne, bien loin de la porter au tificat j dan« ce siècle là , il'auroient serv: Ten éloigner. Cependant il est bon de n quer que le sieur Maimbourg s'expose l se faire tourner en ridicule quand il noi cuse d'avoir inventé cette fable monstru (!)(?* de Vapoir insérée dans les chror des moines Mariànus Scoius ^ Sigebe^ Martin le polonais. Rien n'a jamais é de plus téméraire et de plus inconsidér ▼oit encore des exemplaires de ces ai imprimés plus de vingt ans avant qu^on ] de Luther , où cela se trouve* Tous les ai manusc^rits sont conformes, quand il sero que cela ne se trouvoit pas en deux ou exemplaires, comme le dit le sieur 9 bourg , il seroit plus vraisemblable que c de manuscrits où cette histoire ne se t pas, auroient été corrigés par ceux à qui aventure faisoit de;la peine et paroissoi euse. Au reste cette histoire ne se froui seulement dans ces trois historiens Mai Scottis, Sîgebert^ et Alartin le polonoi< •e trouve dans la chronique de Pétrarqt
i^mmmmmm
i i > filsU du sciiûttQ des ftecs, aa. &Q1 #
du Paphmi. ^f
primée à Florence en italien Tan 147S9 sur l'an. 855. Jean ranglois, dit-il , iini leponUfi" cat deux ans cinq mois et quatre jours^ L0 siège fut vacant un mois. Celui-ci ne se met t pas sur la liste des papes parce que c^étoit une femme j qui danssa Jeunesse fut menée ri A^ thénes par Vun de ses amans sous l'habit dJiomme ; et là elle devint admirable par sesi progrès dans toutes les sciences. Ensuite elle vint à Rome y se fit admirer de tout le munda et d^un commun consentement fut élevée au pontificat. L'on sait que Pétrarque vivoit dans le milieu du XIV* siècle et mourut l'an li-ji , près de deux cents ans avant qu'on parlât de Lather et de Calvin dans le monde. ( 1 ) Elle le trouve cette même histoire dans le livre d'ua Jean Boccace qui étoit intime de Pétrarque^ Elle se trouve dans un vieux manuscrit d'ua moine nommé Jacques d'Ëgmond qui vivoit il y plus de trois cents ans et qui a écrit la vie des 1 1 papes en vers léonins et rimes. Elle se trouve I dajisles commentaires de Bapliael Volutera- • nus dédiés à Jules II. Elle se trouve dans Pla<* s ; fine qui écrivoit sous le pontificat de Sixte IY« ,sf Elle se trouve dans Sabellicus; (:2) elle se lit a dans le supplémentum supplémenti Chromeorum de Jacubus Philippus Ifergomensis;
*■' ■ ■ ■■ ■ II. ■ I ■ I ■ ■ Il wftmim
i I ) Jean Qoccac. IU)ro de clari^ mulièribuS; cap. 99,
f (2) L'an un.
f 8 Histoire
elle se lit dans Mathieu Palmarius eontin teur de la chronique d'Easébe et deProsp ejle se trouve dans la chronique Hirsaugie de l'abbé Trithéme: elle se trouve enfin U iNaucl^rus, dans Valerius Anselinus^ d Albert Krants, at dans le faisceau des tei copiposé par un chartreux appelé Rolivinj Ce ne sont point les hérétiques dont on v parler 9 qui oDt fait parler tous cesgenslà^ ils étoient morts avant que ceux que Ton signe aujourd'hui parle nom d'hérétique:
sent nés, Je veux que tous ces écrivains aj emprunté cette histoire des trois premiers moins doit-on faire cet honneur à tant d' biles gens de croire qu'ils n'auroient pas capables de relever une histoire aussi odiç que celle-là , s'ils avoient cru que c'eut une fable. La superstition qu'on dit que papes ont eu autrefois, je ne sais s'ils Tout çore , de ne point passer dans leurs proc sions solennelles par le lieu où cette pap( accoucha > n'est pas une preuve fort conva cante je Tavoue, car cette superstition p< voit avoir une autre cause: cependant i peut faire une espèce de conjecture. Qu 4 la chaire percée où l'on met les papes av Jeur exaltation, précaution qui fut prise, on , à l'occasion de cette papesse, pour i fissuré désormais du sexe de ceux quel^QD c]
ûu Papîsmêé ^^
l, cela dis-je me paroit encore plus foi« car dans le siècle de cet établissement^ ?n longtemps depuis, la plupart des pa^ itoient fort en état d'apporter sans beau<*
de mystère de bons témoins vivans de ce s étoient. Que Ton en croie donc ce que voudra, il nous importe fort peu. Mais ce ^st très certain , c'est qu'on ne sauroitriea uire de convaincant pour piçouver que t histoire est fausse. Elle a l'autorité pour.
et quant aux argumens que Ton tire :e elle de la chronologie,bien que ce soyent ilus forts,iIs sont pourtant bien foibles.
lit que l'on ne sait ou placer celte femme:
les endroits où on la place ordinairement^ Q^y peut pas demeurer , parce qu'en ce »slà il y avoittel pape séant, cela se prou-* iT tels et tels conciles et par autres tels iroens de l'histoire* Rien n^est plus dou^
que cela. Tous les historiens des papes mrent d'accord que depuis la fin dulX^ 9 jusqu'au milieu du XI% c'est- à^-dire du^
plus de cent cinquante ans, comme B des papes fut souillée d'un «ombre inable d'infamies, et qu'ils sechassoientles les autres du siège après l'avoir occupé
de temps j aussi leur chronologie fut Smement confuse. Il y eut dans ce temps
de cinquante pape^ fâux et sïù^^ \Xw\
8ft Xtîstoiré
un siècle fenébreuz et ignorant comme confesse qu'a été celui-là on n'a aucun his t^ieU) ni même dans les siècles suivans on point été exact à marquer la chronologie leaannées. Les historiens varient sur le ten que chacun de ces papes a occupé le pont cat; £6t<>ril bien difficile dans un calcul brouillé^qa'il soit échappé aux analystes 1 ftnnée ou deux dans lesquelles on peut pla cette papesse Jeanne,
Cette matière est si liée avec celle du sel mo des grecs qu*il étoit difficile de n'en ] dire quelque chose ^ quoique cela ne fasse ] extrêmement pour nôtre principal but j < est de prouver que les papes sont cause de triste schisme de l'église d^orient et de c( d'occident. Nous en étions demeurés au c cile de Photius par lequel il fut ordonné c ron n'appelleioit pas de Constantinople à I /Vne. Ce concile fut au commencement con xné par le pape Jean VIII. Mais on dit ( quand il fut mieux informé de ce qui s'y él passé au préjudice de son siège , il anathéi tisa publiquement et Photius j et son conci et tous ses adhérans y c'est-à-dire toute l'ég grecque. Je m'en tiens fort volontiers à oei disent la-dessus les auteurs latins; et je m que de ce moment et de cet anathême de Ji
>F7//; la rqpture^ntièrjB entre les^deux églii
du Papîsmfi St
Depuis ce temps-là il n'y eut plus de réritaf ble communion dans les deux églises, d'orient et d'occident. ( i ) Il est vrai que si Ton ea croit Léon d'Allassi que le sieur Maimbourg a suivi pas à pas, l'église grecque demeura encore dans la soumission tout le YV siècle et ne rompit absolument avec l'église romaine que vers le milieu du XP. Mais Léon d'Alias-» «y est un grand compilateur, d'un assez petit jugement , passionné à tout excès pour le siège romain ; et qui n'épargne rien pour élever •la souveraine autorité de ce siège au dessus ! de tous les autres patriarches. Ainsi on doit tenir pour suspect tout ce qu'il dit sur la ma* tière. Il peut bien y avoir eu quelque commerce entre l'église grecque et l'église latine après Photius^ mais cela n'est point allé jus* ^qu'à la réunion ; depuis ce temps là on ne s'est point pourvu par appel de Constantinople à Rome, il n\v a point eu de conciles communs, et il seroit aisé de montrer que ces hommages que l'on prétend que l'église grecque a rendus à réglise latine durant ce temps- là, n'établis-sent point dutouiies prétentions de la cour de Rome. Le sieur Maimbourg lui-même recon-noit C 9 ) que les peuples de V église grecque itolent accoutumés d suivre les décisions de
( 1 ) I«eo Allât de Cons. Sec, lib. 2.
{2) Hist. duschifffle des grzcs^l. 3. aa. iO\1^
tmn^mmm
ftl , îîisloire^
iear patriarche comme des oracles , sans ré* courir d Rome, avec laquelle on h'avoit pas €u grand commerce depuis les premiers trou^ hles que Photius auoit excités dans Véglise.
Il est vrai que le schisme n'éclata d'une ma« aiière scandaleuse que sous le pontificat de liéon IX , et sous le patriarcat de Michel Cd< rularius patriarche de Constantinople ( i ) ^ parceque jusque-là Péglise romaine fut possédée par des monstres d'impudicité qui ne pensoient rien qu'a leurs sales voluptés , et se mettoient fort peur^en peine d^s privilèges de 3eur église.
Cet abrégé de l'histoire du schisme suffit pour mon dessein. Il paroit assez que ce schisme a été fait par Torguei^ des papes qui ee «ont voulu élever au dessus de toute l'église^ s'enrichir même du bien de leurs voisins. Le père Maimbourg à raison de dire que le schia* tne n'a point tiré son origine des disputes qui sont aujourd'hui entre Téglise latine et l'église grecque sur la profession du St Esprit, suj les azimes , sur l'état des âmes après la mort $nr le jeune Samedi et autres petites controverses de néant. Ce sont des prétextes qu'on a trouvés fort à propos pour entretenir la di vision^ la vraie cause c'est la dispute de la primauté, et les prétentions de la cour deRome.
C^) -L'afl 1053* """ ^
au Papisme^ 83
ï ces prétentions sbiît injastes^il est clârïr l'ambition du papisme est la cause de ce dmal.Et l'on ne sauroit nous dire ici^que le doit pas imputer à Téglise romaine tout LÎ est arrivé par l'ambition et par la mauvainduitedespapes^carle sentiment qui les a ;és a rompre avecl'église grecque^c'est une rine qui fait l'essence du papisme ^et qui est mue universellement par tous les latins relesgrecs^ comme une affaire capitale de elle dépend le salut et sans laquelle une so* devient nécessairement une synagogue de n^c'estla puissance de l'évêque deRome sur îl'église universelle. L'adhérence à ce chef ) pour être d'une si grande nécessité que cela une église cesse d'être église, fut elle it au reste aussi pure qne Péglise du temps pôfres.
sais bien que ces Messieurs répondront re en cet endroit : qu^il y a de l'injustice idre réglise romaine responsable de ce me, puisqu'elle n'a rien fait que soutess droits contre une église révoltée de son isance : qu'elle a cherché le salut de l'égrecque en travaillant à la retenir dans on catholique et dans la soumission au siège: que si les grecs ont voulu se per<^ n se séparant, c'est purement leur faute, B qu'ils ont voulu ôter au ^^vckX. W\^^<^ Nx\i
fil fllstqiré
avantage ^ont il étoit en possession depuii apôtres > et par les ordres de Jésus Cb Four anéantir parfaitement cette réponse faudroit plaider au fonds, et faire voir réglise romaine a tort dans le principe a bien que dans les conséquenceS|que Tévéqu Rome n'a point été établi par JésusChrist p chef et souverain de l'église^ et que Tanc:
ne église ne l'a pas reconnu pour tel } mai aeroit quitter l'histoire pour entrer dan fxmtroverse, ce que nous n'avons nuUen dessein de faire ici. Quand le sieur Ma bourg a fait un livre tout exprès pour i voir que le calvinisme est la cause de tan ^troubles qui ont désolé l'Europe dans le <>Ie passé) il lui a plu de supposer sans pi Ter , que notre religion est une détestable irésîe : car autrement,6'il avouoit que nous tenons la religion des apôtres ^ il seroit c traint d'avouer aussi que«j}otre réforma ix'a pas. été la cause des t roubles mais qii' en a été seulement Toccasion. Pareillemei nous doit permettre de supposer ici dans principes, que cette prétention de primi et d'empire de l'église romaine sur toutes .autres églises de la terre est un des caract de celui qui s'est assis comme Dieu dan temple de Dieu. Et dans cette suppositic ne peut empêcher que nous ne fassions
iîu Papisme^ 05
Mrgtieil la cause de tous les désordres qui sont * venus en conséquence. Mais outre cela^ est-il possible d'avoir de la raison , et de ne pas sentir que cette dépendance de Téglise grecque du siège romain y quand uiéme les grecs au* roient eu tort dans le fondsjne peut être d'as* seK grande conséquence pour obliger à déchirer les flancs de Péglise,^ damner les deux tiers du christianisme et à faire une ouverture par laquelle Tennemi du nom chrétien est entré et a fait des ravages épouvantables. Supposons que l'église romaine auroit relâché de ses droits en permettant qu'on ne put appeler deConstantinople à Rome^ et que par ce reii lâchement elle eut conservé l'union des deux églises, par laquelle union elles auroient été garanties de ces horribles malheurs où elles se sont vues engagées, cela ne lui auroit -il pas été bien plus glorieux et bien plus bon-' nête que d'excommunier la. plus grande partie des chrétiens pour la conservation de sa gran: denr? ^
Cela étant supposé et prouvé que le papisme est la cause de ce schisme de Torient et de Toccident , il nous doit être permis de conclure que le papisme a bien causé d'autres maux et d'autres troubles que le calvinisme : car on ne sauroit dire combien ont été tristes les sul' |es malheureuses de cette déplorable division*
Premiêrement^si nous voulions en parler selo •les principes de ^église romaine, elle mém nous diroit que cette division a damné un multitude inombrable de chrétiens. Car o fient que hors de Féglise romaine il n'y • point de salut, le schisme aussi bien que Vh résie sépare de ce corps, ou pour mieux dir donne lieu à la séparation , puisque Phéréti que et le schismatique ne sont point actuelle inent séparés de Péglise qu'il n'en ayent et chassés par l'excommunication. C'est don réglise romaine qui a séparé les grecs de &o corps en les excommuniant, et en les laissan ^ivre et mourir dans cette séparation, elle le damne éternellement. Cette pensée ne donne t'elle pas de l'horreur, que pour ne pas vou ]oir se relâcher sur un point d'honneur, on en Yoye des millions de millions d^hommes an:
-enfers? Car enfin selon les principes de l'é église romaine il faut que tous les chrétiens qv ^i^ivent sous les quatre patriarcats d'orien ^oyent damnés, parce qu'ils vivent dans 1 «schisme et meurent sous l'excommunication Cette pensée est folle et furieuse , mais elt «ert extrêmement à convaincre l'église romaj 3ie de cruauté.
Mais nous n'avons pas besoin de prendr droit sur ces visions cruelles qui regarder) l^ltutre monde; pour faire voir les suites fa
'da Papisme. 87
^Îieâtes de ce schisme 1 il y en a de plus sensibles^ c'est la ruine du christianisme dans To* rient. Le sieur Maimbourg et les autres auteurs latins ne se lassent point de noua redire, ( 1 ) gne ses funestes suites oni été com* fne elles le sont encore aujourd'hui la perte de Ventpire de Constantinople pour les chrétiens , et le honteux et cruel esclavage de Vé^ glise grecque sous la tyrannie Ottomane.
C'est justement faire leur procès , c'est avouer que leur tyrannie et leurs superbes prétentions ont exposé l'empire grec à la fureur des 'barbares et la religion chrétienne à l'impiété 'du mahométisme. Après cela donc ils trouvé-, rontbon s*il leur plaît que nous imputions au papisme, toutes ces désolations effroyables qui ont fait de l'orient de vastes solitudes , tant de îcombats donnés^ tant de batailles perdues, tant de sièges de ville , et tant de saccageraens, que les turcs ont fait dans l'orient jusqu'à l'an ^452 dans laquelle Constantinople fut prise, «ccagéeet réduite dans l'esclavage où nous la Toyons aujourd'hui. Ils nous permettront aussi de mettre sur leur compte , tous les progrès que le turc a fait dans l'occident : tout ce qu'il a occupé dans la Grèce, dans la Valachie,Ia Moldavie, TEmpire, la Hongrie. Combien at*îl coûté de sang chrétien pour arrêter le ter-
( 1 ] Hist. du ficliism^ dus jprecs 1. 1. au commen.
SS* jÈRsloirê
lent farieux de ces malheureusea cotiquél €t le tout a été inutile? Si le christianisi 5'éfoit tenu bien uni et qu'on ne l'eut pa8 di se par celte malheureuse ambition du pap me , il auroit pu faire tète aux turcs ,le8 e pécher de passer en Europe , et même les ch> ae;* deTÂsie. Mais par Torgueil del'évéqne Borne et par ses attentats, les pauvres em'[ reurs de Constantinople se sont rus privés la moitié de leur empire, et abandonnés < princes chrétiens; avec l'autre moitié de lei forces ils n'ont pu résister à de si puissans< ternis. Us ont bien senti que cette division ruinoit; c'est pourquoi diverses fois ils c tenté de se réunir avec l'église latine afin d' tirer du secours. Mais il faut voir avec que cruauté et quelle dureté on les a traités, on! d obligés de se soumettre eux et leur église celle de Borne sur des espérances de secoi qu'on ne leur a point donnés.TelIementqu'< £n est arrivée cette malheureuse catasfrop de l'empire; et ce qui est bien plus déplor ble , l'extinction de la religion chrétienne pn que dans tout l'orient. Non seulement le cro «ant a été planté sur les ruines de l'empire Jésus Christ, non seulement les temples pieu sont devenus des mosquées, et les rest de cette malheureuse église gémissent sous croix 5 mais même ce qui est resté de cbrétiej
^ci empire à peine retiennent-ils Vessen* ce du christianisme. Les turcs ont porté la barbarie et l'ignorance partout ovi ils ont établi leur empire» tellement que les grecs sont au« jourd'hui dans un anéantissement effroyable.
Us n^ont point d'autres écoles que certains monastères dont la plupart dt^s moines ne savent pas lire. Les latins y établissent des lieux' pour instruire les enfans ^ mais Dieu sait si c'est par un esprit de charité^ ou par un principe d'ambition pour se soumettre cetr te église sous la cf-oix , qu'ils n'ont pu dompter pendant qu'elle a été triomphante Ils auront bien de la peine à lui faire autant de bien, qu'ils lui ont fait de mal. Voilà déjà une partie des maux que le papisme a causés et causé encore depuis sept &\x huit cents ans; danfila laite nous en verrons beaucoup d'autres.
Hialotre