‹ Histoire du Calvinisme: et celle du Papisme, mise en parallèle: Ou apologie pour les réformationChapitre 8 sur 17 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Qiiaîrième source dt's frouhles causes par le papisme ; Vorgu^nl et les entreprises des papes pour 6e rendre princes temporels et spirituels du monde chrétien, Ré^jonse à ^exception que font quelques gens que ce9 prétentions €les papes ne s. nt pas des articles de foi , et ne doivent pas être regar-^ dérs comme faisant partie de la r^ligùin romaine y et qu^ainsi Con ne peut pas im^ puter à la religion les désordres causée par les papes.

J L est temps présentement 9e pas*ier à Thistoire de ces effroyables désordres que le pa- •pisme a causés dans l'Europe depuis sept ou huit cents ans par l'élévation prodigieuse de l'évéque de Rome : qui a trouvé moyen de s^élever non seulement au dessus de tous les évêques, mais au dessus de tous les hommes sans en excepter les empereurs et les rois»

Mais avant que d'entrer dans Thistoire de ces troubles, il est nécessaire de prouver que ce gui les a fait naître^ est proprement le papisme.

iSy Histoire

n me semble que nous ne devrions pas ^[x€ obligés à prouver cela , car lii chose est sensible; il s'agit de la puissance du pape; c'est donc prcVprement du papisme dont \\ s^agit.

Et ce point de la puissance du pape est une aflaîre si capitale dans la religion romaine, qu'on déclare nettement que sans elle il n*y a point dVglise. Selon ces Messieurs, l'église est essentiellement un corps non seulement mystique et spirituel, mais un corps matérielet visible qui doit avoir son chef et ses niem* bres visibles. Ce chef est si essentiel àcecorpsque si on l'ôte il n'y a plus de corps : qui ne reconnoit pas le pape ne reconnoit point Jésus Christ et n'a point de part en lui. C'est pourquoi selon celte rare théologie, toutes les: églises d'Grient qui ne se soumettent pas aa-, pape, sont des assemblées de schismatiques pour lesqu^'lles il n'y a ni salut ni vie éternelle à. espérer. Le pape est le centre de I'a'« nion, ôtcz ce centre, tout le corps est désuni;c'est un amas confus e( monstrueux qui n'a' plus ni figure ni forme d'église. Enfin erreade telle erreur qu'il vous plaira, niez les fon^ démens, révoquez en doute les plus augustes mystères de la itligîon, et vous tenezau pape' et dans l'esprit de soumission au St. Siègey' vousn'erréz point mortellement, si vous soumettez V06 pensées au j.ogemeul de co chefj;

du Papisme. >jfg

Mais retenez toutes les vérités essentielles au christianisme^ et rejetez l'autorité souveraine et pontificale du pape, vous errez d'une erreur damnable ; il n'y a point de miséricorde pour TOUS si vous ne revenez de là. En effet ^ la puissance ^\i pap e .est ai essentiefle] aii, papisme

ue quand elle est abattue • il faut que tout le pa p i sni ejffjiipe>. Ils ont raison ne dire que ;st le lien , car cette chaîne étant rompue , le reste s'en va. Par conséquent, si l'on prouve que cette puissance du pape a causé des trou*» blés dans l'Europe, qui pour leur durée et leur grandeur , n'ont point d'exemple dans i toute l'histoire du monde, on aura bien prouvé | que le papisme est cause des plus grands dé- ^ sordres qui ayent jamais été.

Je prévois bien ce que nos français oppose* rontàcela: ils diront que ces troubles dont j'ai dessein de parler ont été causés par l'ambition des papes>et quel'ambilion des papes n'est point le papisme. Si les évéques de B ome eussent voulu dit on, se contenter du pouvoir spirituel que lédus-Christ leur a donné et ne se point étendre sur le temporel des rois, cet article n'auroit pas causé de troubles. Car ces furieuses agitations qu'on a vues dans l'Europe ne sont venues que des entreprises de la cour de Ro- Bfie sur les droits des souverains. Au reste cet^ te théologie n'est point celle de l'Eglise a ce

1 gô Histoire

que Ton dit , c^esi le sentiment de qi

particuliers , et cela ne doit pas êtreinr

tout le corps non plus que tons les ti

qui sont nés delà* J'ai bien des choses

là-dessus. Premièrement, il estjush

garder comme le papisme ^ c'est- à -dix

mêle sentiment de l'église romaine, c<

est le mieux lié avec ses autres princip

fil est certain que ce.tte doctrine qui e

^que la puissance du pape s'étend direi

k on indirectement sur le temporel des r

! qu'à les pouvoir déposer et leur oter lei

' ronnes , dans les principes de Téglise

; ne 9 est incomparablement plus rai&c

l jque l'autre qui s'appelle la théolc

ïréj^lise g allicane. Le principe reçu et

nu généralement dans tonte l'église r

?st que le pape est le chef spirituel i

l'église , qu'à lui appartient le soin de

treupeaux et qu*il est obligé de travail

cacement à la conservation de la foi d.

les royaumes et dans tous les états q

soumis à l'église. Or^cela étant,il est cl

la puissance temporelle doit être join

la spirituelle dans là personne du pa

trement cette puissance du chef de l'é

seroit point du tout proportionnée à

C^est-à'dire qii'ily auroit mille occasioi

pap& ne pourroit travailler eflîcacemi

du Papisme. igï

^conservation de la foi par Tusage de la seule puissance spirituelle. Supposons qu'un prince -chrétien tombe dans l'hérésie et s'y obstine, il 6e moquera des censures du pape et méprisera ses armes spirituelles : si le pape n'est pas en droit de passer plus avant , ce prince par son hérésie ruinera la foi dans ses états. Mais ai le souverain ponlife est revêtu d'une autorité qui lui donne le droit d'ôter la couronne .à ce prince, de dispenser ses sujets du ser* •ment de fidélité , et d'établir en sa place un autre souverain , alors il est certain que le pape •pourra travailler efficacement à la conservation de la foi comme il y est appelé. De plus, .c^est encore la doctrine universelle de l'église romaine que le pape est le vicaire de Jésus- Christ en terre et celui qui le représente ici •bas : si cela est,on peut dire que le pape doit i^ntrer dans tous les droits de Jésus-Christ et ^u'il peut faire ici bas tout ce que Jésus-Christ y pourroit faire s'il y étoit. Car c'est^la le pri« Vilège des vicaires et des vice-rois d'être revêtus^ Je l'autorité de ceux qu'ils représentent. Or •je suppose que c'est aussi un sentiment reçu .généralement dans toute l'église romaine que «i Jésus-Christ étoit ici bas ^ ilseroit en droit de déposer le roi pour le bien de l'église ; d'où il s'ensuit que le pape entré dans tous les droits de Jésus Christ^a le pouvoir sur Is tem *

Igd Histoire

porel des rois. Enfin c'est une doctrine d te l'église romaine^ que le pape a une pu ce pastorale sur tous les fidèles sans en c ter les rais ; d'où il s'ensuit qu'il doit aussi une puissance sur les rois^ qi donne moyen de se faire obéir. Or , si le ji; ne peut pas châtier les rois parla perte d

temporel , il n'a pas de voie pour faire son autcMrité pastorale ( i ) ce qui sera grande absurdité selon la théologie ron Polir nous, cela ne nous touche point , que nous bâtissons sur d'autres prinoip Lf| , sont là les raisons de ceux qui défendent

puissance prodigieuse du pape, et ces n ne sont point-mauvaises. Toutou rien ,i qu^ le pape ne soit qu'un évéque partie [||;. an s'il est évêque universel, il faut qu

'' des armes charncUespour se faire obéir

faut pas qu'on nous dise que par les n raisons nous donnerions à nôtre clerg< puissance qui s'étendra aussi sur le teno des princes^ parce que si nous ne leur nons pas d'armes temporelles, les arme rituelles seront souvent de très peu d'efll surtout contre les gens qui soutienne gros caractère dans le monde: car noi d|)Dnons jgoinl à .. nos . .pa8t^eurs de.4i3XijS eoactivê ,. inais ..seul.eiiîent dirççti ve ^ / gj

(i) Vol Bell, de summo pûuUC. Viv. $, twg. 1 .

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du Papisme. igS

^^M nntinns les maîtrisent ^ il n^ en sera pas ainsi entre nouB , Si quelques théologiens réformés ont porté trop loin la puissance de l'église^ peut*^ être que cette difficulté les incotnmodéra ; c'est leur affaire et non pas la nôtre ni celle du calvinisme en général.

Ma seconde observation , c'est que l'église gallicane n'a aucun droit de parler en cette affaire comme elle fait et de prétendre que son sentiment sur l'autorité du pape doit passer pour le sentiment de l'église romaine^ en sorte qtt'pn ne soit point en droit d'attribuer à Téglise romaine le sentiment opposé. Et pour voir l'injustice de cette prétention , il faut pre-mièremént considérer que l'église d*Ëspagne et celle d'Italie sont dans des sentimens opposés, qu'elles tiennent pour le concile dernier dé Latran , et qu^elles élèvent le pape au dessus des conciles, et au dessus des princes pour le temporel. Les églises d'Italie et d'Espagne n'ont-elles pas autant de droit de dire de leur sentiment que c'est celui de l'église romaine, comme l'église gallicane a droit de dire cela du sien ? En eff*et elles le disent : or si ces deux églises') celle d'Italie et celle de France disent des choses tout*à*fait opposées, il faut néces- «airement que l'une ou Tautre mente ^i V^ -^^ • glise gallicane dit , le pape n^a point de droit le tempo rel d^ princes , olc'e^VWkX^ ^^^7-

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liment et la doctrine de l'église catholique: L'église d'Italie au contraire dit le pape peut ôter aux rois leur couronne, et c'est la doctrine apostolique et romaine. A qui croirons-* nous? vous ne croirez ni l'un ni l'autre dira quelqu'un ; parce que cela n'a pas encore été défini par l'église, c'est un point indécis qui ne fait pas un article de foi. Les Italiens di-^ ront la-dessus qu'il est faux que cela n'ait pas été défini par l'église, ils produiront la bulle unam sanctarrij et les décisions des papes, lesquels selon eux sont la bouche par laquelle l'église rend ses oracles et fait des articles de foi. Ils produiront même des conciles très au* thenliques : ce sont les saints conciles de Florence et le dernier de J^atran. Au contraire^ ceux qui tiennent pour les libertés de l'église gallicane se serviront du témoignage du trèssaint concile de Constance. Mais supposons que cela n'ait pas encore été défini, en attendant cette défînition,à quoinou3 entienilrons* nous sur une affaire aussi importante? L'église romaine n'a t'elledonc aucun sentiment réglé sur cette question du pouvoir du pape sur le temporel des princes? Il est clair qu'en attendant la décision nous devons attribuer a l'église romaine ce qui serecueillede la prar tique. Or, c'est la pratique de l'église roniaioe depuis sept cents ans« Le pape est en posseï;

du Papisme. ^^7

sion d^excommunier les rois , de donn royaumes à d'autres quand bon lui se de relever leurs sujets du serinent de fia Six on sept cents ans font ce me semble une possession assez longue pour établir un droit. Il faut considfTer en second lieu qu'on se moque du genre humain j quand on nous donne réglise gallicane en général comme un corps qui nie le pouvoir y au moins indirect , du pape sur le temporel des rois : le pape a pour lui tout au moins dans l'église gallicane tous les moines et tous les évêques qui ont d'étroites liaisons avec les Jésuites, et qui sont dans leurs principes. Il a même pour lui tout le clergé de France, < ^ la théo logie gu^on ap-. jjf) pelleJesJibsxtfifl-J^Çt^^r , est la'ji/

lïïeoîôfiiedes parlemens et non pas celle des' ■•. prêtres, c'est une matière à laquelle il faudra^'*' nécessairement retoucher quand nous parlerons des attentats du papisme sur rautorité des princes. Là^npus prouverons que c'est une pure illusion que de dire que le clergé de France ne croit point qu^en aucun cas il soit permis au pape ou à l'église de déposer les rois : c'est pourquoi nous n'en dirons pas davantage pour le présent.

Ma troisième observation c'est que quand il seroit vrai que l'opinion qui élève le pape •ur le te mporel des princes y ne seroit reçue

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qu'à Rome ^ en Italie et à la cour de Romei cela suHîroît pour me donner droit d'appeler cette opiniun le papisme: car le papisme proprement dans notre sens c'est la religion du pape et de la cour romaine. Et ainsi en prouvant que les superbes prétentions deTévêque de Rome ont causé dans TEurope les pins funestes divisions qu'on y ait jamais vues, î^aurai bien prouvé que le papisme est lacaase d'un million de maux. Henri VIIF, roi d'Angleterre, avoit bien trouvé moyen de séparer le papisme de la religion romaine ; car il avoit renoncé au papisme, et croyoit pourtant avoir retenu la religion romaine. Un écrivain moderne, auteur d'un livre intitulé moyeta surs et horinêîes pour la conversion de toM les. hérétiques y fait profession d'être bon catholique y et certainement il n'est pas huguenot : mais de profession il a renoncera papisme , il le déteste de tout son cœur, il en dit mille maux, et va aussi loin qu'aucun huguenot «ou luthérien le plus emporté ail jamais été. Il ne seroit donc pas impossible

de flifttîngnprlftpapUniA flftiiL. r < 4îf iin h ri7|^l£Jn g

61 bon nou9 sen^bloit. Mais nous déclarons que nous ne vouions point nous servir de et droit, et que nous né saurions considérer Iji papisme et la religion romaine comme déni choses distinctes ^ parce cyn^ \q "^^^v^m^ «i

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ameet Tessencede la religion romaine. Ainsi lous prétendons que toutes les aocu|«ation5 }\ie nous faisons au papisme , tombent direc-i Lement sur la religion romaine.

Enfin mu dernière observation, c^est que la raison qu'on nous veut donner, pour empêcher que nous ne puissions imputer à toute la religion romaine les troubles causés par les superbes prétentions des papes , est une très mauvaise raison, au moins dans la bouche de ces Hessieurs. Car si cette raison est bonne, celle sur laquelle on accuse le calvinisme d'être la cause des troubles de la France et des Pays« las ne vaut rien. On dit que l'on ne doit point imputer à la religion romaine les troubles qui ont été causés par les démêlés queles papes ont eus avec les empereurs et les rois chrétiens parcequece sont des affaires particulières qui n'ont pas de liaison nécessaire avec la religion , qui pouvcîent n'arriver pas sans que la religion fut autre qu'elle n'est: etqaecesontdes passions humaines qui ont excité ces troubles à l'occa^ aioD de la religion, Si cette réponse est bonne, elle est bonne pour moi et meilleure que pour ces Messieurs. Car ils n'auront plus droit , selon cela , d'accuser le calvipisme d'être la cause des troubles , puisqu'il est certain q.ie ce n'est pas le calvinisme qui a excité }es guer*

res^ ce ^pjBl ies pâmons huQiaivvvQs ^\\çiS.\vN.V

lêts mondains qui ont pris pour couvei la religion- Comnie donc celle vérité doi Messieurs demeurent d'accord ne leur 6!

Je droit^commeils prétendent^de pouvoiri ser le calvinisme de tous les troubles don t il simplement Toccusion : pareillement ce \ disent que les troubles causés par les j et par leurs prétentions ne sont nés de 1 ligion que par accident, ne nous doit pas le droit d'imputer au piipi^sme les guerr les divisions qui durant tant de siècles on fioIé les états de l'Eturope.

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