CHAPITRE VIL
"^Ahrdgi des'trouhles que tes papes cous en Allemagne et en Italie pour 6ter empereurs (T Allemagne le droit d'éle des papes, celui des inuestitures , et la veraineté de Rome.
PRÈS les réflexions du chapitre préc( je crois que dans les suivans nous pouvons riiistoire des guerres et des troubles que 1 jranme des paj^ca et du papisme a causée
du Papisme, J99
être accusés de nous égarer. Les papes dans ces querellesqu'ilsonteues avec les souverains de rEurope et particulièrement avec les empereurs d'Allemagne avoienl pour but principalement ces cinq choses!. De rendre leur élection indépendante deTautorilé des empereurs, con»
tre'cequiavoitété pratiqué durant les sept siècles de l'église,quisesonl écoulés depuis Cowslantin premier empereurclirétien,jusqu^au pape Grégoire VII. If. D'ôter aux princes ledroît
' des investitures^ c'esl-â-dire le pouvoir d^invêtirles évêques et les abbés de leurs bénéfices en les en mettant en possession par le signes du bâton et de Tanneau. IH. De s'acquérir la souveraineté de Rome et de secouer entièrercment le joug des empereurs comme ils ont fait, IV. De rendre l'élection des empereur* dépendante de la volonté des papes, au Heu
, qoede.tout temps l'élection des évêques de Rome avoil dépendu des empereurs. V. Et enfin de se rendre maître du temporel des roi.H
; pour les pouvoir déposer et dispenser leur* sujets du serment de fidélité, jusqu'à donner leurs états à d'autres priVices. Les papes ont fait de cela leur religion , ils ont suppose que c^étoient des droits qui leur avoieut été transmis par Jésus- Christ y et qui étoieut insépara*
:■ Mes de leur dignité. Parce que nous nefaisoiit pas ici un traité de cQ^troverie^ il n'est point
900 Histoire j
nécessaire de nous étendre a montrer l'înjuslice de ces prétentions , il suffira de faire quel ques brèves observations dessus , senlement pour, éclaircir l'iiistoire de ces grandes querelles.
A l'égarddu premier article , qui est rîndépendance des papes de rautorîté des empereurs pour leur élection , il est certain que jusqu'au XP siècle, les papes n^avoient point entrepris de secouer le joug. Avant que let empereurs fussent . chïéliens réleclion des évêquessafaîsoitpar le clergé et parlepeuple, quand les empereurs furent chrétiens , c^està-dîre depuis (Constantin , comme lôs empereurs étoîent les premiers membres deTégliseï ils avoient leur droit dans l'élection des évêques, et rien ne se faisoit en cela sans leur consentement. Particulièrement parce que l'ancienne Home étoit la capitale de l'empire d*Occidt;nt, un évoque ne s^établissoit dans ce siège qu'après un exprès consentement des empereurs. Bien que l'éloignement des souverains de l'empire qui avoient leur siège à Contantinople eut àflPoibli leur autorité dans Rome 9 iH ^voient pourtant conservé ce droit. Quand l'etv pire d'Occident passa au:c français dans la personne de Charlemagne^ les empejreurs françois et allemands conservèrent ce inêine droit sur le sléçe épiscopal de Rome
du Papisme* 2ci
dorant près de trois cents aiis. Et le sîeur Maimbourg demeure d'accord que les empereurs , depuis Justinien jusqu^à Othon I , Cl) furent maîtres de V élection des papes de sorte qu^ elle ne se pouvait faire sans leurpertniséion et qu^il fallait déplus gu^ étant faite ils la confirmassent. Et quoique les empereurs français eussent rétabli la liberté des élections^ il parait néanmaius par plusieurs exemples^ surtout par ceux de Benoit III ^ de 'Grégoire IV ^ et de Serguis /, qu^on ne les pouvait ordonner, que les commissaires de ^empereur qui devaient assister à leur consé-cra^ion^ n^ eussent jugé que F élection s'* était faite canoniquemtnt et qu^ ensuite le prince y eut consenti. Il n'y a que les esclaves de la cour de Rome qui chicanent la-dessus.
Le droit des investitures n'étoit pas moins acquis aux empereurs par une possession de temps immémorial ; c'est-à-dire depuis que Ton avoit enrichi l'église et que les princes d'Occident avoient permis au évéques et aux abbés de tenir de grands fiefs et de grandes terres. Comme il appartient aux sbuverains d'investir leurs sujets et leurs vassaux des fiefs qu'ils tiennent d'eux^ il étoit juste que les évéqnes devenus de grands princes temporels par la libéralité des princes^ relevassent
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( 1 ) Déra(îcncç de l'empire I. 1 an. 964*,
aoa Histoire
d'eux et fussent investis de leurs domaim jpar eux. C'est ce que les rois de Fance d« 1 première race ont fait, c'est ce que ceuxdel troisième font encore aujourd'hui par le dro de nomination à tous les grands bénéfices c leur royaume qu'ils exercent. C'est ce qi appartenoit aussi aux empereurs d'AlIemagr avant que les papes le leur eussent arracb par les violences que nous verrons.
Pour ce qui est de la souveraineté de Ron dont aujourd'hui les papes sont en possessioi ils auroient bien de la peine à en montrei: 1< titres , et à prouver qu'ils ne sont pas de V4 ritables usurpateurs. Depuis que l'on a r< connu la fausseté de celte impertinente piè< qu'on appelle la donation de Rome et de i souveraineté par Constantin le grand au paj Silvestre , on n'oseroit plus nîçr que les papi Tir' fussent su jets des empereurs romains» Cha lemagne en prenant possession de l'empire Rome y agit en souverain , il y rendit la just ce , il y fit punir les coupables ; il y établ des magistrats. Les successeurs de Charli magne se conservèrent ce droit d« souvera neté : dans le dixième siècle les trois Othoi se portèrent encore comme souverains c Rome, (i) Othon premier fit prêter sei ment de fidélité au pape Jean douxième et
(1; L'au 95!.
du PnpisTriê. • 20 5
déposa ensuite. (996) Olhon troisième fit créer pape à Rome son parent, Ërunon fils d'Olhon de Saxe, qui prit le nom de Grégoire V. Dans, le ons^ième siècle, l'empereur Henri H, dont on a fait un saint , confirma les donations que les empereurs français et allemands avoient faites à l'église romaine et y en ajouta de nouvelles, (i) en se réservant néanmoins la souveraine puissance. Henri IV, empereur, fut reconnu pour souverain par un concile tenu à Rome sous Nicolas II , dans lequel on lui confirnia le pouvoir de nommer celui qu'on voudroit faire pape, ou d^approuver rélection de celui qui auroit été choisi par le peuple et parle clergé. (2) Dans le douzième siècle, les papes ayant arraché aux empereurs le droit des investitures , ils commencèrent aussi à leur ôtcr la souveraineté deRome et jetèrent les fondemens de leur usurpation. L'Italie dans le même temps, secoua le joug des empereurs allemands , chaque petit état et chaque seigneur essaya de se rendre souverain. Les papes voulurejit faire la même chose a Rome, le peuple s'y opposa et se voulut remettre dans son ancienne liberté. L'on créa un patrice à qui l'on donna le pouvoir qu'avoient autrefois les consuls, mais cette
(ijB^ron.atiii. 1014.
(2) Baron, iu ann. 105^.
2o4 Histoire
entreprise ne réussit pas^ et Eugène III sou* mit les romains. Les papes qui lui succédèrent continuèrent d'augmenter et d'affermir leur (lomination dans Rome jusqu'à ce qu'à la fin de ce même siècle^ Innocent III (ii4ô)achera de rendre Home autrefois la maîtresse da inonde, l'esclave d'un prêtre j (1200) en se faisant prêter serment de fidélité par le sénat et par le gouverneur de la ville. (1) Voilà Tune des choses qu« les papes avoient j^our but dans les violens mouvemens qu'ils ont causes.
L'ambition des papes éloit un monstre insatiable : non contens d'^avoir secoué le joug des empereurs 9 d'avoir rendu leur élection indépendante du consentement de ces ernpe* leurs , de leur avoir ôté le droit d^investiturei et de leur avoir enlevé la ville de Rome, ils voi^Utrent rendre les empereurs leurs sujets et leurs vassaux; prétendirent qu^un prince n^étoit point véritablement empereur qu'il n'eut été couronné de la main du pape. Sup« j posèrent par une fausseté notoire, que la trans- • lation de l'empire d'Occident, des grecs aux français et allemands s'étoit faite par Tautorite du pape en vertu du pouvoir qu'il a reçu de Jésus- Christ de planter et d'arracher, d'établir et de détruire. C'est sur cette chimé-
(i") 5Jjcu;u3 de R£)£V.« I^a\'« , VQ^
du Papisme^ 2o5
rique prélenlion qu'à été formée celle insolente conduile des évéques de Rome qui envoy oient la couronne impériale à qui bon leur sembloit avec de tels vers : (i)
» Petra dédit Romam. Petro , tibi Papa
coronarn , )» Petra dédit Petro^ Petrus diademaRo-
dolpho.^'
Ils faisaient peindre sur les murailles de leurs palais et de leurs églises les empereurs ^à leurs pieds avec de telles ou semblables paroles :
» Rex venitante fores jurans prius ur-
bis honores.
» Post homo fit Papae, sumit quo danle
coronarn.''
Les empereurs, pour ne vouloir pas don« ner les mains à cette superbe prétention , et pour ne se vouloir pas soumettre lâchement é celui qui étoit naturellement leur sujet, furent les objets de la fureur et de la persécution des papes.
Enfin la dernière prétention des évéques deRome c'est celle de pouvoir déposer les rois après les avoir excommuniés , de mettre de»
royaumes entiers en interdit : d'y faire cesser
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(]; Glaher. Jib. I.
^o6 Histoire
le service divin , d'empêcher que les mortfl n'y fussent enterrés , de réduire des états chrétiens en une espèce de paganisme et d'obliger des sujets â se révolter contre leurs prîaces. Tyrannîque puissance , dont Grégoire .VII commença le premier à faire usage dans le onzième siècle \ dans la possession de laquelle les papes se sont toujours conservés du depuis, et par laquelle ils ont bouleversé toute TEnrope et fait couler des fleuves de »ang humain. Parce que les souverains se sont quelque fois opposés à ces attentats ^ et ont voulu se maintenir dans le privilège de TIC tenir leurs couronnes que de Dieu et de leur épée ou de l'élection de leurs peuples | ils les ont persécutés avec le fer, avec le feu, et par tous les moyens dont auroient pu se servir les vicaires du clémon. Ce sont ces profluctions et ces dogmes du papisme qui ont causés les malheurs dont nous allons donner une histoire abrégée.
On peut dire que depuis que les papes se furent révoltés de Tobéissance quMls dévoient aux empereurs grecs leurs légitimes souve* rains , et qu'ils eurent été enrichis par les liliéralités de Çbai lemagne et de sa maison , de qui ils reçurent une partie des dépouilles des rois lombards en Italie^ ils formèrent le * dessein de la monarchie universelle . dont ils
du Papisme 207
ioTki présentement en possession , car ils augmentèrent tous les jours en crédit, en autorité et en puissance à la faveur de ces nouvelles entreprises qu^ils faisoient tous les jours. Ils ne réussirent pourtant parf^iitement dans ce dessein de secouer tout le joug, que sous le pontificat du fameux Hildebrand , qui porta le nom de Grégoire VU. C'est à cet homme à qui le siège romain doit sa grandeur; ce fut lui qui conçut tout à la fois tous les atten- ^ fats dont nous avons parlé 1 d'empêcher que les empereurs ne fussent maîtres de l'élection des papes: d'ôter aux souverains le droit des investitures ; de retirer en général tout le clergé de dessous leur domination, de se rendre maître de l'élection et du couronnement des empereurs d'Allemagne , et enfin de se mettre en possession de déposer les princes , et de leur ôter leurs étals quand bon lui sembleroit. C'est ce qui l'a rendu si célèbre entre lespapes et qui fait que' sa mémoire est si glorieuse à Rome. Ce sont les titres de sa canonisation , car la cour de Rome et Baronius en font un saint. (1) Mais les historiens de ce temps- là nons en font un monstre. Benno, cardinal de t l'église romaine, vivant dans le temps même I de Grégoire, nous dit qu^il étoît magicien j > qu'il avoît appris la magie des papes Beqoit
? (1) Biron. ?Jil07retlOô5. Bcnno vi a Gié^ori VII. f
IX et de Grégoire VI et de l^archevèqûe Je iJelfe, qu'il portoit avec lui un livre pour évoquer les démons , et qu'un jour qu^il avoit oublié ce livre, il l'envoya quérir par deuï serviteurs auxquels il défendit sous de grandes peines de Touvrir» Mais qu'eux se laissant «urmonter par leur curiosité l'ouvrirent, et qu'aussi tôt une légion de démons leur apparut; qu'un jour il jeta le sacrement au feu avec des cérémonies de magie pour procurer la mort de l'empereur Henri IV. Que pour écraser cet empereur il avoit fait dresser une machine dans l'église où il alloit faire ses dévotions^ que ce coup ayant manqué il avoit riposté des assassins pour le tuer. Il l'accuse aussi d'avoir eu un commerce criminel avec .Mathilde duchesse de Toscane. En effet, il e*Jl certain que cette femme suivoit Gré- 4^oire par tout , qu'il la faisoit entrer dans toiîs ses conseils, qu'il étoit seul avec elle très j»ouvent , et qu'elle le fit son héritier, lui don^ nant par testament les grands états qu'elle possédoit en Italie. Il faut avouer qu'on ne voit gucres d'amiliés légitimes aller jusques là. En un mot ce cardinal Benno en fait le plus méchant •'^ tous les hommes. Il est vi« liible qu'il écrit en ennemi et qu'il étoit entiè* remeni dans les intérêts de Tempereur, c'est j:ourquoi il n'est pas nécessaire de prendre au
au Papisjtii. Sog
plecl Je la lettre tout ce qu'il dit. Mais aussi n'ést'il en façon du monde vraiserobluljie que toutes ces fortes accusations soyent sans fondement. Car il n'y a gucres d'exemples d^une passion qui soit allée si loin , que de transformer un ange de lumîf^re en un ange de ténèbres, et faire un monstre d'un saint. Les monstres comme Bolsec sont rares, et la gloire de porter des esprits ainsi fait étoit réser- Tée à notre siècle. Ce qui fait extrêmement contre Grégoire , c'est que tous les auteui'a allemands s'accordent à dire la même choss de ce pape, (i) Une assemblée d'évéques du parti de l'empereur Henri , tenue à Brixen en Bavière, le déchira faux moine ^ magicien , dévirij nécromancien nianisfesle ^ consultant les esprits de pitfion, adonné aux vanités des songes et des présages. Au moins ne peut ou nier que ce ne fut un monstre d'orgeuil , le plus hardi et le plus entreprenant et le plus téméraire de tous les hommes. C'est ainsi que le dépeint Pierre Damîen f cardinal de ce temps-là, qui n'est point suspect en cette cause, puisque l'on en (iiit un saint homme:
et qu'il a écrit pour la cnruse d'Hildeb/and en l'élection d'Alexandre II. C'est là Thomme qu'il falîoit pour établir c^tte nionirchie
{*.) Sigeljert Hidtorla "^axon. Aveirinuâ 1. 5» anual. Bojo. Abbas Vsperjf. Sigoii. de resiio ita). an. lu 80.
s ! O Histoire
qui a déclaré la guorre à Jésus- Ctmst. C
homme conçut d'abord le dessein j avant qi
d'être pape, d*ôler aux empereurs la pui
sance de créer les papes. Dans cette vue
per5ua<la à celui qui fut depuis (i) Léon IS
que IVmpereur Htrnii III envbyoît à Roir
pour y être .pape, de' renoncer au droit qi
lui pouvoit donner cette nomination de Hem
et de se faire élire tout de nouveau d'une mi
Xïicre canonique par le peuple et par le clei
gé. Ce pape mourut l'an xo54 , et Temperei
Henri III mourut deux ans après, laissai
l'empire à Henri IV *»onfîls qui n'étoît âgé qii
de cinq ans. (io5f») La minorité de ce prînc
fut do grand usage à Hîldebrand pour avai
cer ses desseins. Il est vrai que sous le pap
Nicolas II, dans un concile de cent treize i
vêques réiébjé à Bome, Ton confirma à l'em
percur Henri IV, le pouvoir dont avoiec
joui ses ancêtres de nommer le pape, (io5c
ou de confirmer par son approbation ctlt
^u'on avoit élu. IMais Hiidebrand n'avoit pa
dessein de souffrir que ce décret eut lieu. Ca
Nicolas étant mort peu de temps après , Hil
debrand,conlre I# gré de l'empereur, sans I
consulter et sans al tendre son consentement
fit élire Anselme, évêque deLucque8,qui prî
ïe nom d'Alexandre II. L'empereur averti di
O) Ab. 1049^
du Papîsmd* atï
I^enlreprîse qu'on avoit faite sur ses droits, fit assembler un concile à Basie j où l'on élut pourpapeunCadalousquisenommaHcnorius IL ( 1 06 ] jMaisHenril Vqui n'étoit qu^ln enfant^ ne soutint point son pape ; c'est pourquoi il tomba, et celui d'Hildebrand fut maintenu par le duc de Toscane, mari de la princesse Béatrîx, mère de Mathilde la grande amie d'Iiildebrnnd. Cet Alexandre II , pape de la façon de Hildebrand , fut à sa dévotion , et comme dans son élection il avoitdonné la première atteinte à rautorité des empereurs , il se servit de lui pour en donner une seconde. C'est qu'il obligea le pape Alexandre II à citer Tempereor Henri IV devant son tiibunal , pour se justifier des crimes dont il éloit accusé, (j) Action qui n'avoit point d'exemple et qui fut le premier attentat de cette nature , que les papes eussent commis contre la ma^ jesté des souverains. (1072)
Cet Alexandre mourut et laissa sa place à Hildebrand , qui se fit élire par la cabale en* nemie des empereurs ( 1075. ) , et par le pou-? voir que les ducs de Toscane avoient à Rome.
Il entra dans son pontificat par une fourboj car étant résolu d'oter aux empereurs le droit de créer et de confirmer les papes , lâchement il se fit pourtant conlîrmer par l'empereur :
(t) VJihpé ùVsp.
ûiû Étistoîrè
auquel il renrlit compte de son élection tant de bassesse et de fourberie qu'il pro que c'étoit absolument contre son gré c l'avoit élu sans attendre les ordres de Ve\ reur; et promit solennellement de ne&e ] faire consacrer ni couronner qu'il n'en son consentement exprès, (i) Le sieur IVd bourg Tavoue^ et il appelle cela un pn franc et sincère , qui satisfit entièrement pereur. Il faut avoir perdu le- sens pour 1er ainsi : lui qui nous avoue que cet H brand avoit fait citer Henri IV, par Aie are II, et qu'il étoit résolu d'&ter aux e reurs le droit des élections et des investit ce qu^il fit tout aussi- tôt qu'il eut le coi tement de l'empereur pour sa confirma Il ne mangua pas ^ dit-il , de Jaire valoir la force df Vautiritê pontificale pour exé ce qu*il avoit depuis si longtemps projei faveur des élections , contre le droit qu empereurs , les rois et les autres grands j ces prétendaient avoir de conférer les épi et les abbayes dans leurs étals.
En efiet, cet homme qui avoit parn son élection ( 1074 ) si soumis aux ordr l'empereur, tint l'année suivante un ro dans l'église de Lati an« auquel assista Mat sa cbére et bien aimée, dont l'histoire
(Ij l>ecad. de i*e»..
du Papisme. a 1 3
tant Je mal ( i }. Là il condamna' toiis les prêtres mariés dont il y avoit un bon nombre en Allemagne et en Lombardie , et là même il excommunia tous ceux qui recevroient l'investiture d'un bénéfice de la main d'un laïque de quelque qualité qu'il fut , sans excepter l'empereur. Et il eut l'audace d'envoyer ses légats en Allemagne avec des défenses de communier avec Henri jusqu'à ce qu'il se fut soifmis à ce décret. Il cita l'empereur à comparoitre devant lui, et sur le refus qu'il fit de renoncer au droit d'investiture^ il le menaça de Tescommanier. L'empereur qui le voulut traiter en sujet rebelle ( 1076), assembla ses évêques à Worms , le fit déposer et loi fit écrire en ces termes (s) par le concile: Parce gue tu entres dans le pontificat par tant de parjures et de fourberies f et que V église est en grand péril de périr par les abus j et par les ncupeautcs gue tu veux introduire ^ et que de plus tu dés* honores ta vie par fies actions infâmes^ nous r renonçons à l'obéissance que nous ne t^ aidons point promise et que nous sommes résolus à ne te jamais rendre.^ Comme tu ne v^ux pas nous reconnottre pour empereur , nous ne te reconnoissons point pour pape. Grégoire qui étoit né pour faire des exemples d'actions qui
(1) Avent. Aimai. Bojor. lib. 5. Malth. Paris, in Gu.ljel. 2. Abbis Usperg. în Ifenric 4,
i7) Vspcrg, Cbrf}a>
'ffi4 flistoîfe
ii'eii avoîent points à l'excommunication & Henri, ajouta la déposition; il le priva dd Tempire , et défendit à tous les allemands de lui rendre obéissance. Olhon de Frisingue avoue que c'est le premier pape coupable de pareil attentat. Je ne m'arrêterai pas à rappor« ter toutes les procédures du pape contre Tempereur et de l'empereur contre le pape , il suflit de savoir que celte effroyable témérité mit toute l'Allemagne et toute l'Italie en fen. Lea allemands se révoltèrent contre Henri IV, lui déclarèrent y que si dans un an il n'étoit réconcilié avec le pnpe ils éliroient un antre em- < pereur. Ce grand prince, abandonné par ses sujets, fut obligé de venir en Italie demander pardon au pape, qui le tint trois jours dehors ( 1 ) , à la porte d'un château, nuds pieds au gros de Thiver , dépouillé de tous ses ornemens impériaux 9 ( s ) couvert d'un méchant manteau de laine: d'autres ajoutent qu'on l'obligea h prendre dan.s sa main des ciseaux et un balai quand il comparut devant le pape, pour signifier qu'il se confessoit digne d'être fouetté et tondu , pour être jeté dans un couvent. El ce fut en cet équipage que l'empereur obtint sa réconciliation avec le pape. ( 3 ) Grégoire ajouta la perfidie à l'orgueil, car il
<f) A Ca-iise.
(2) Malmesbur.
(3) Usjperç. Chroiu
âa PapUmê. 2i5
(écrivit en même temps aux elleitiatiâfl, qu'il avoit bien reconcilié.Henri à l'église et avoit levéTexcommunication, mais qu'il ne lui avoit pas rendu l'empire. Ainsi malgré cette basses*, se a laquelle on avoit forcé le misérable empereur, les allemands révoltés élurent Rodolph de «Souabe beau-frère de Henri, par or« dredu pape et en présence de ses légats. L'empereur trouva pourtant des amis contre les rebelles , l'orgueil détestable avec lequel Gré-
?^ goîre l'avoit traité, donna de l'horreur k bien des gens et les fit revenir j de sorte que Henri IV, de retour en Allemagne, se trouva en état de défendre son honneur et sa • dignité contre les attentats de Rodolph et da pape» II se défendit, livra. plusieurs combats,
v( 1 } ballit plnsieorsfois Rodolpli , qui fut enfin blessé d'un coup à la main dont il mourut;
[ et en mourant il leva sa main percée en disant^
\ c'est ici cette perfide main que j'avois levée fin promettant à mon empereur la Bdélité que je lui ai violée par la persuasion du pape , yoici ^je laisse et r empire et la vie présente ^ ( 2 ) regardez nici dans ce triste état , vous yui m^avez fait monter sur le trône qui lui appartenait. L'empereur après avoir soumis l^AIlemagne, passa en Italie ( loSi ).pour pu*
(1) Ilelmol. Cliroi). Savor.lib. 1. cap. Z'i.
(2) Uspcrs*
s i 6 HLioirê
nir les rebelles de ce pays-là. Tl repril tes les villes que le pape avoit fait révolt saisit de la ville de. Rome , fit élire un pape, chassa Grégoire qui se sauva di Fouille, où il mourut misérable à Si ( io85. ). On dit qu'en mourant, il co que c'étoit par la suggestion du diable avoit ému ces horribles troubles dans la tienté^et qu'il en demanda pardon à En cela sans doute on lui fait beau d'honneur > (i) et j'inclinerois fort à i qu'il n'en est rien. Vé)k ces huit bu di nées de troublèa avoient rempli tonte 1 et tou te rAHemagned'horreurs,de désola de saccagem^ns , de meurtres et de on n'entendoit parler que de combats de sièges de vilies^, quo de batailles , ritaiie se trouva en un si triste état rapport deSigonins, les femmes furen trûintes par la faim de manger leurs e Encore auroil-onpeinen trouver un tel pie dâ.ns les guerres causées par le calvii Il ne tint pas à ce Grégoire VIL, que l'Europe ne fut réduite aux mêmes extri par ses foudres et par ses aoathêmes, c eut peu de rois et de souverains contr
quels il ne les lançât. Il excommun:
(1) Sîreber. Gemblaceitsis.
(2} Sii^ouiuf 4e re^na Mim U 9. au. 1048^
du Papisme^ ii7
Guiscards , princes normands ^ qui lenoîent le royaume de Naples , n^ais il se réconcilia stvec eux , et s'en servit ensuite contré Tempereur. (i) Il eut la témérité de menacer Philippe I , roi de France , de lui oter et la commutiion de Téglise et son royaume s'il ne lui obéissoit. Il excommunia Nicephore, em* pereur de Constantinople. 11 6taà Boleslas, roi de Pologne y sa couronne, et mit tout le royaume a l'interdit. Ce prodige d'orgueil, en mourant , laissa les semences de ce feu qu'il avoit allumé , et la paix ne fut point rendue à la chrétiiïnté par la mort de celui qui avoit été le flambeau de la guerre. (1088) Les successeurs de Grégoire poursuivirent ce qu'il avoit commencé. Urbain II confirma tout ce que Grégoire avoit fait , fit une puissante ligue contre l'empereur avec Mathilde ducheçse de Toscane et maîtresse de plusieurs autres grande états en Italie. L'empereur fut obligé de repasser en Italie, où la guerre recommença avec autant de fureur qu'aupara-^ tant, ot aussi avec autant de succès pour lui. Mais l'insigne perfidie du pape et ses lâches sollicitations firent révolter Conrad , iils de Pemperenr, contre son propre père. (1093) Ce Conrad se fit couron^ier roi d'Italie à Milan et en chassa son père , mais il ne jouit pas
(i) Vot Baron adaim. 1Q74- 107S. 1030.
Ûïi ^ Histoire^
long-texnps cl,u fruit de sa révolte , car i rut peu d'années jprès. Pascal 11^ < seur d'Urbain , excommania encore 1 nouveau l'erapereuT Henri IV; et fit r contre lui Henri son second fils,. (1102] homme, fourbe, perfide, impérieux, \ comme le dépeignent les historiens d'Ita £t la raison pourquoi les flatteurs de \ de Rome di.^ent tant de mal de lui, n' celui qu'il fit à son père ; mais celui < aux papes usurpateurs de son autori jeune prince servit aux passions du paj si long—temps qu'il eut besoin de lui [ maintenir contre Tempereur son pèr la rébellion de ce fils,Henri IV fut dé de l'empire, et mourut a Liège pei jusqu'à la mort par son propre sang e1 pape. |(i 106) Il fut même persécuté a de la mort. Car ce fils dénaturé le fit d et ôter de la terre sainte où l'évéque d( Tavoit faitmettre. Je ne sais comment o liresans horreur ce que dit le cardinal] nius sur cette conduite du jeune Ileni gard desonpére, que & était à Henri V i tion de grande pieté d'auoir été si crue père y sa seule faute ayant été qu'il ne pas as'^et bien enchaîné jusque à ce q revenu a lui. LHiistoire dit que cet em
an^ ■ ■■■■ ■■ I M ^i n iii M ■ B^jiB^^^p— »i^i^wn^^
(i) Bar on.
du Papisme. àlg
IV, (i) l'un des plus grâtids qui soit sur le trône des Césars allemands^ s^est
en soixante et deux batailles rangées , m grand nombre de combats , et tout >ur se défendre des attentats des papes irles en ptinir. L^on peut juger combie n s périrent dans cesdémclésrje crois que xante et detsx baljîlles que le papisn^e lonner dans le règne du seul Henri IV ,
bien les quatre qui cni été données îs guerres du calvinisme, pape Pachal II , croyoit avoir gagné lâ e dans celte querelle des investitures ,
rérolle du fils contre le père, par la le l'empereur, par la précaution qu'il prifo de faire jurer le jeune Henri enonçoit aux investitures, et enfin par 1 avoit fait prêter serment à tous les é- » en plein concile , de détester la nouléréttie, c'esl ainsi qu'on appeloit les itions des empereurs , et d'être toujours
à l'église romaine. Après cela, il ne t pas que la révolte se putrenouveller. eûtes ces précautions furent inutiles:
V, n'avoit nullement intention de rer aux droits de ses ancêtres, et tout ôt qu'il se vit paisible possesseur de Temar la mort de son pèreyil secoua le joug
perg. Cbrgn,
n2b Iliduire
de la cour 60 Rome, déclara qu'il voulolt donner les investitures » et se mettant en état d^unener le pape à la raison par la force, il passa en Italie avec une grande armée. Il réduisit les rebelles et obligea Paschalà faire un' traité par lequel à la véi'ilé l'empereur renonçoit au droit dlnvestir les évêques, (1) maïs à rondilion que les évêques renonceroient à tous les grands (îefs et à (ous les biens qu'ils tenoient de Tempire, et de la libéralité des empereurs. C'est à- dire que le pape fut fort libéral du bien d'âutrui , et dépouilla lei évéques allemands de tous leurs biens pour 66 conserver toute sa grandeur. Il n'y ayoitriea plus juste que ce que l'empereur avoit demandé , et que Paschal sembloit lui avoir ac« cordé. Car si les ecclésiastiques veulent tenir des bieus des. rois, ilfaut qu'ils en fassenthoni' mage comme les autres sujets ; ou s'ils ne veulent pas en rendre hommage^ il faut qu'ib y ] énoncent. Mais ni l'empereur ni le pape ii'avolent l'ait ce traité dans l'espérance qull seroit e:;écuté, car ils. savoient bien tousdeos que les évêques et les abbér allemands ne re» nonceroient pas à leurs biens. C'étoit un tooc qu'Henri V avoit trouvé pour rentrer dans le droit de donner les investitures auquel le pape Tavoit fait renoncer. Cela ne servit donc
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(j) t'jitt 1112
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rien qu'à renouveller la guerre et à la porter dans le cœur de Rome même : L'empereur y étant entré pendant que son armée étoit aux portes , l'on vit les églises et les places devenir un champ de bataille. L'empereur irouloit qu^on le couronnât^ fi) le pape ne le vouloit pas faire, et sur ce refus les allemands prirent les armes. Le pape fit massacrer tout ce qui se trouva d'allemands dans Rome; pauvres pèlerins qui n'y venoient que pour Paire leurs dévotions et pour visiter les églises. Les allemands eurent bientôt leur tour ; ;ar le lendemain on fit un grand carnage dés 'omains : ainsi Rome par l'ambition des papes ît par le papisme se vit baignée de son propre ang et de celui des étrangers. Henri emmena Pascal prisonnier et ne lui rendit point la H-^ lerté qu'il n^eût promis de ne jamais iriquiéer les empereurs sur les investitures et deleur ?n confirmer le privilège par une bulle, de le jamais excommunier Tempereur^ et de le couronner présentement, Pascal confirma ton- ;es ces promesses par de grands sermens qu'il 5t sur les évangiles. Le pape et l'empereur rentrèrent dans Rome, la bulle pour la confirmation du droit d'investiture rendu aux empereurs fut faite , scellée, mise en bonne forme et délivrée à Henri V, qui fut euRi\ ^^>^^
ronné par le pape. Dans la cérémonie do ton* ronnèment et de la réconciliation ^ Pa^chal II rompit une hostie en deux pièces, en prit une partie , et donna Tautre â Tempereur et confirma le traité qu'il avoit fait par cet hor-* rible serment : que celui de vous qui rompra le premier le traité et i' accord que nous auom fait^ soit séparé de Jésus^Christ comme ces deux parties sont séparées l'une de T autre» Endroit bien remarquable à cause de la manière dont ce Paschal viola ce serment si extraordi* )iaire et si terrible. Car il ne se vit pas plutôt en liberté qu'il fit assembler un concile à Romey où après avoir protesté qu'il ne poovoit in- I quiéler l'empereur sur les investitures après Jt le serment qu'il avoit fait de ne le troubler ja« Iji mais là*âessus , (i) il permit à son concile da [> casiier tout ce qui avoit été fait. Admirons ici i^ combien la théologie romaine est conimodo.
Quand il s'agit d'étendre la puissance du pape» ^ le concile lui est inférieur, il n'est point en j. droit de revoir , de casser , ni de corriger lei ^ décrets des papes. Mais quand il faut annul- 1er quelque acte fait par un pape au préjudice du pape même, alors le saint père est soumii non seulement à un concile universel, mail à un petit synode provincial. Si le pape eat supérieur au concile universel de droit diviDj
^1) L'wi 1812.
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ipeut'îl dépouiller de ce droit et devenir eiift d'un concile partjculîer ? Biais ce qu'il y
de plus remarquable dans cette action, c'est \ tour que ce pape prit pour violer sa parole, s ne sais pas comment il se peut trouver des ens capables de chercher des couleurs pour suvrir une aussi lâche perfidie, et un par-* ire aussi effroyable. Paschal II ne révoqua as lui même ce qu^il avoit fait et confirmé a*^ 3c une imprécation si singulière, mais il as- *nibla un concile pour le révoquer et en fit ire la révocation en sa présence, et le père [aimbourg appelle cela l'action d^un foré onnéte homme. Par cette perfidie et par c»
ir^ure d'un fori honnête homme^ la guerre et
querelle sur les investitures recommença, 'archevêque de Vienne excommunia solen-* dllement Tempereur : tant l'insolence du ergé étoit horrible en ce temps- là ! non seutuent le pape mais de simples évéques entr^ rcnoîent d'e:r:communier des souverains avec squels iln'avoient aucune espèce de relation, 'ans le Biêmc temps Mathildp^que Grégoire Cl aroit corrompue de corps et d'esprit^mou-* it , 1 1 6; et la cour de Romo eut bien vquIu &fnp.arer des grands états que cette prlacôsso PQÎt donnés àGrégoire VII. Mais l'empereur eni i V 36 prépara à paeser en Italie pour en rendra possession^et prétendit qu'ils lui do-
voient revenir comme parent de la défunte et comme empereur , parce que c'étoient de« iîefs de l'empire. La crainte que devoit avoii Faschal du juste ressentiment de l'empereur jie l'empêcha pas de violer encore une foi( d'une manière plus solennelle les sermeni qu'il avoit faits avec imprécation de nerenoa* veller jamais la querelle des investitures. I assembla un nouveau concile a Home, dan lequel sans détour il condamna le médian privilège qu'il avoit accordé à Henri V pou:
les investitures, (1116) et lui défendit de s'ei «ervir jamais sur peine d'anatliême et fît souscrire sou ordonnance par tout son synode .Voila un pape deux fois parjure et deux foi violateur de l'alliance la plus saintement juréi qu'pn a jamais vue,
L^empereur ne manqua pas de s'en ressen* tir, et Vannée suivante il vint et se saisit d( Rome, d'oùPaslical fort à-propos pour lui s'© toit sauvé et jeté entre les bras des princei normands dont le but étoit toujours de ruinei la puissance des empereurs en Italie, (1117 et qui à cause de cela servoient d'asile au:
papes rebelles. Le pape eut pourtant le plai sir de rentrer dans Rome que l'empereur \ bandonna ^ mais il y mourut peu de joui après y être rentré , et Gélase \\ fut mis en 1 ^laçei (u 18) par la cabale ennemie des en
pereurs. Mais comme il y avoit dans Rome un grand parti qui tenoit poar eux , ce nou^ \eau pape se vit bientôt saisi , trainé par lea rues, battu de coups de poing, percé de pointes d^éperon et jeté en prison. Il est bon de remarquer l'effroyable tumulte qui arriva alors dans Rome, où Ton vit les cardinaux et tous les ecclésiastiques culbutés , traînés dans la boue , et battus^ pour en faire comparaison avec ces troubles que le calvinisme a causé comme Ton prétend. L'empereur vint au secours de ceux qui tenoient son parti et qai av oient été contraints de céder à celui du pape, lequel éloit devenu le plus fort. I/empereur arrivé, fit encore une fois changer lu fa^e des affaires,]! se rendit maîtredeRome. (iélase échappa des mains des allemands avec grande peine tt se sauva à Gaëte où Ton acheva les cérémonies de sou sacre. L'on fit iin autre pape à Rome qui se nommoit auparavant Burdîn 1 1 qui prit le nom de Grégoire VII, et tout ce qui tint pour Gélase fut ravagé à Ttsception de quelques villes fortifiées qu'on ne put prendre , à cause qu'elles furent secourues par ces princes normands qui règnoient en la l?ouille. Ainsi l'Italie se vit ou plutôt continua de se voir cruellement déchirée par l'effroyable ambition de ce papisme qui se vouloit établir sur la ruine de la puissance des
âsS Histoire
souverains» Gélase fi'enfuit et le sauva et France^laissant Rome en la possession de soi £nti-pape : voyez quelle étoiii la face de TEu* rope et de Téglise en ce temps^là. Gélase li mourut en France et eût pour successeur cel jàrchevêque de Vienne qui avoit eu la hardiesse d'excommunier l'empereur , (1119) il pril le ncm de Caliislell. Cet homme suivant res* prit qu^il avoIt fait paroitre, n'étant encors qu'archcvéque^porta les choses à l'extrémité cjitand il fut pape. Il tint un concile à Rheimi Tunnée même de son exaltation, où il exçommunia solennellement Henri V a torefaea 6* teintes y et confirma sous peine d^anathéme k défense de don.ier les investitures des évêchéf et desabbaj^es.Durdntce temps-là^Vanti^papd Grégoire VIII étoit maître de Rome, mail ceUe prospérité ne lui dura pas long-temps.
Car le papo Callistc retourna en Italie 9 reçut une bonne armé^ des princes NormaodSf chassa Paiitî* pape, l'enferpiadans un couvent et se rendit maître de Rome, (i) Il travailloit aussi avec succès en Allemagne pour avoir le dessus de l'empereur Henri et fit faire une ligua contre lui , dont Adalbert , archevêque de Mayence, fut le chef. Celte ligue produisit une grande armée de révoltés qui étoit toute
prête à donner bataille à celle de l'empereur,