‹ Histoire du CalvinismeChapitre 16 sur 30 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Caractère du parti huguenot : du prince de de Condé , des trois Colignis , de Robert de la Haye , de Téligny , de la Noue , des femmes vertueuses du parti huguenot^ de Henri prince de Condé : que tous les sages de la cour étaient soupçonnés de Calpinisme : du chancelier de V Hôpital ^ de Montluc , évêque de f^alence^

oKsiDi:p..oKs présentement comment étoit composé l'autre p^ti dans lequel on dit qu^étoit , non-seulement l'hérésie et la rébellion, mais la perfidie y la trahison , la cruauté » l'impiété et tout ce que les passions les plus farouches ont inspiré aux scélérats des 9ià^

S36 Apologie

A la tête de ce parti l'on voit le prince de Condé : prince qu'on eût pu dire achevé s'il n'eût pas eu cette foiblesse que Brantôme dit être attachée à la maison de Bourbon > c'est l'amour des femmes* Mais il n'est pas étonnant que dans une cour aussi corrompue que celle dans laquelle il vécut ait eu quelque part à cette grande corruption. La reine Catherine contribuoit à ce désordre de la vie du prince par quelque chose de plus que ses exemples^ ( 1 ) car on tient pour certain que y par ses intrigues , elle Tengageoit dans des galante-* ries criminelles avec ses propres filles d'hon« neur> pour l'amollir dans les voluptés , pour •'assurer de sa personne^ pour tirer ses secrets et pour lui faire oublier ^es affaires et celles de son parti. Au reste | conclure qu'il n'avoit cas de religion et qu'il n'étoit pas huguenot de ]t»onne foi ^ à cause qu'il n'étoit pas chaste, p'est être un peu téméraire. Si le*sieur lirlaimbourg veut raisonner ainsi , il est à (^l^aindre que son parti ne souffre plus de ca raisonnement que le nôtre. Et si tous les

princes qui se laissent posséder par les ^n}^

mes et par un amour criminel p ont point da religion » on pourra tirer de là de très-f^c]iiease^ conclusions contre ses héros les plof

catholiqaeii^J

pour la Riformation ^ eie. ^fi^

eatholiques. Je sais bien que ce grand péché est incompatible avec une solide piété. Mais je crois pourtant que David , pendant la temps qu'il possédoit avec tant d'injustice une femme qu^il avoit ravie à un mari auquel ilavoit donné la mort , avoit encore de lare^ ligion , et qu'il n'étoit pas apostat. On ne peut nier y sans se rendre ridicule , que le prince de Condé ne fut parfaitement bien persuadé de la vérité de sa religion , et qu'il n'y eut un très- grand attachement. Car si cela n'eût point étéy en retournant k la religion romaine^ il eut incomparablement mieux fait ses aifair res. Etant lié d'intérêt avec la maison do Montmorency , s'il eut été lié avec elle par la religion , ayant avec lui le roi de Navarra son frère qui ne se seroit jamais détaché , toua ensemble auroient facilement renversé la maison de Guise ; ce qui étoit son principal but* Ainsi ce ne peut être que par un ipotif da conscience , que pour se soutenir il choisit la parti huguenot, qui sans doute éloit lo plus foible. Il avoit , dit-on y de l'iambitioi^t ^^ et dans les grandes affaires qu'il entreprit ^ aoasle prétexte de la religion , la plupart dq^ sas rues étoient purement humaines et tea^ doiènt a l'établissement de sa grandeur. Nouif n'en doutons point y et nous n'avons aucun intérêt d'en douter* U aroit deVaxsX^VCv^Ti ^^

538 Apologie

vouloît se maintenir , il ne pouvoit souffrir les injures que les Guises faisoient au sang royal , il vouloit reprendre la place qui lui appartenoit auprès du roi , il vouloit se ven- j ger des cruelles offenses qu'il avoit reçues ; ce sont toutes vues humaines. Mais si parmi cela il n'étoit point enlré de religion, il eût trouvé dans le parti catholique romain de plus sûrs moyens de venir à bout de tous ses desseins. A quelques foiblesses près , ce prince avoit toutes les qualités qui font un grand homme. Il avoit du courage au-delà de tout ce qui se peut imaginer, mais un courage qui le conduisoit partout etquiluiservoit en toutes occasions. La plupart de ces braves qui 0ont si vaillans dans le combat et à la tête d'une armée , perdent toutes leurs forces dans les afflictions , dans la prison et sur Téchafaud. Mais ce prince ne parut jamais si grand que dans ces extrémités où la maison de Guise le poussa , quand elle le fit mettre en prison, d'où on lui signifia par un arrêt de mort qu'il ne sortiront jamais que pour perdre la tête. Il y avoit dans l'autre parti des braves et des gens intrépides ^ mais leur vaillance étoit ac^ compagnée de cruauté et de brutalité. Celle du prince de Condé îtoît accompagnée de fidélité , de douceur et d'une honnêteté géné«

T»]e |>ouj: iQul \% movid^ j^il baïwit lep y^

pour la Roformation , ete. flSg

lehces , îl'Ct tout ce qu'il put pour les empêcher. Il avoit en horreur les cruautés , il étoil fidèle clans ses traités. (\^ Jamais pria* ce ne garda plus religieusement la fui dts traités et n^aima plus la paix du royaume^ C'est le témoignage que lui rend le Laboureur , prieur de Juvigné , grand catholiquo romain.

La seconde personne de ce parti , c'éloit l'amiral de Coiigny ; mais je ne sais si ce ser cond avoit son premier. J'en doute d'après .un fort habile homme qui dit de \\n,hors P intérêt de la religion qui l'emporta et dont il n^est pas besoin de parler que pour plairi'^ dre sofi aveuglement et son malheur ^^ c^ètvit un des plus grands hommes que la France ait jamais produits f (2) foser^jis encore dire l'un des plus affectionnés à sa patrie* Il paraissoit plus grand dans les disgrâces de i% .fortune que les autres dans leurs plus glo*^ rieuses prospérités ; car jamais homme n'eut àes ressources si surprenantes, à Theure qu'on Je croyoit abattu par un grand coup , on le yoyoit se relever avec plus de forces qu'auparavant. Pour celui-rlà 9 on t)e Taccusie pas de n'avoir point eu de religion ^ le sieur Maimbourg avoue qu'il ^toit huguenot de

( t ] Labour, addit. etc. liv. il. p. 534, Ç3) U LaiKXur. 9ddit. lir, i, 3^Q.

94b jipolonh

1)onne foi , et il en fait une exception â piété générale qu'il attribue aux deux { Il étoit souverain ennemi des débauch fit ce qu'il put pour guérir le prince de ( de la foiblesse qu'il avoit à l'égard des ines , et l'obligea à se remarier après la de 1^ vertueuse Eléonore de Hoye , sa inière femme. C'étoit une vertu si pu pi élevée et une réputation si belle , q n'a pu jêtre souillée que par des calom on l'a accusé d'avoir employé des assass: diverses rencontres^ et particuliéremen voir fait ^ss^ssiner )e duc de Guise par trot. Nous trouvèrpns un lieu pour le jui de ces accusations et poiir en faire v( fausseté et la calomnie,

Dandelot son frère étoit ^ussi un des pétes hommes de son siècle* » Il ne le D point à ses frères en prudence ni en con( » il fut estimé aussi bon capitaino qu » mirai 9 CO ^^ mime plus vaillant de si

pùur là Êéformaiion , êié. Sii

faire prêcher publiquement, dans ti^sles lieux où il passoit j durant la plus violente persécution. J'ai du plaisir a voir triompher la vérité chez le sieur Maimbourg y où elle est si souvent opprimée. II réfute avec solidité cettei impertinence qui a été dite tant defoiS| (i) que les princes et les Colignys se firent huguenots à cause des Guises leurs ennemis qui étoient catholiques; et que si les Guises se fussent fait huguenots, les Colignys seroient demeurés papistes pour être dans un parti contraire* Le sieur Maimbourg remarque là-dessus que les Colignys étoient huguenots avant leurs démd« lés avec les Guises. Je ne me souviens pas d*avoir rien lu contre François de Coligny y sei* gneur de l'Andelot, que l'accusation de rébel* lion et d^hérésie qu'on prétend lui avoir été commune avec tous ceux de son parti. Ainsi Von peut mettre son mérite et sa vertu entre celles qui ont été reconnues de toute la terre et de tous les partis*

Cette maison de Chatillon étoit féconde en héros* Odet de Coligny^ cardinal de Chatillon se se distinguoit pas moins que ses frères par eon ^and mérite ) Brantôme est assurément un i:^u digne de foi sur les Colignys grands ennemis de la maison de Guise i de laquelle il étoit idolâtre. Il ne se peut rien de plus

'^ ii)mi. dvCalT. Uy. 11. IlSg. '

Siû jipologic

livantageux que ce qu'il dit de ce cardinal. Tl avait un bon savoir , il aimoit ceux qui en auoienty il étoit le Mécenas de plusieurs. li 'faisait plaisir à tout le monde^ et jamais ne refusa homme à lui en faire. Enfin, c^est dire tout, le sieur Maîmbourg qui est de serment de flétrir la mémoire de toux ceux qui ont combattu contre la religion, lui a consacré tin grand éloge, lequel il conclut ainsi : on peut dire véritablement qu'ail eût ta gloire d*avoir été un des plus grands et. plus accom* plis prélats du royaume s* il n^eût deshonoré sa pourpre et son caractère par l^hérésie; cependant cet homme d'un mérite si reconnu a été des plus échauffés dans celle querelle. En mépris de sa dignité de Cardinal et pour se moquer de la cour de Rome il se maria , et se maria en habit rouge qui étoit celui de sa dignité ecclésiastique: Après avoir quitté la robe îl combattit pour la même cause les armes à la main: il se trouva à la bataille de St. Denis, où Brantôme lui rend témoignage qu'il fit très bien. Voilà quel éloitle caractère des chefs de cepertî quel'on représente comme une troupe dé séditieux qui sont allés au-delà de tous les scélérats des siècles passés.

Ils avoient sous eux des grands animés du

même esprit et d'un mérite rare. Robert de

la ilaye^ inlendanl àu^im^^ daCoiidé^a lué?

pour la Réformation , etc. S4Ï

Irité que le Laboureur rendit témoignage à 8« vertu et à son incorruptibilité. » 11 aida fort » à gagner le prince son maître au parti hu« 2) guenot , (i) où il s'étoit laissé emporter par 2) le même destin de la plupart des savans de >^ son temps. Et ce qui rend son aveuglement » plus déplorable c'est qu'il étoit fort homme » de bien moralement portant y et très incor- >^ ruptible en sa charge/^ Cette charge étoit celle de conseiller au parlement de Paris. Téligny le gendre de l'amiral étoit d'un mérite 61 extraordinaire et si reconnu que l'amiral de Chatillon le préféra à plusieurs plus grands seigneurs que lui, et lui donna sa 6Ile qui fut mariée en seconde noces au prince d'Orange Guillaume de Nassau. Pour ce qui est du sieur de la Noue , connu dans Thistoire sous le noip de la Noue bras de fer, il seroit fort inutile de faire son éloge. Nos ennemis ne parlent jamais de lui qu'en le louant j on ne le nomme point qu'on ajoute les titres de sage et de pail-* lant. Le sieur Maimbourg lui même l'appelle ainsi , le sage et vaillant la Noue* Sa probité •et sa sagesse étoieni en admiration iném^ aux catholiques y dit M. de Mézeray. (fi) C'est .pourtant cet honnête homme qui fut tout prêt de se voir pendu par le duc de Montpensier^

(O Addit. liv. il p. 538.

(2) Ahréiré CljaxJe2 IX. 1567.

S36 Apologie

A la tête de ce parti Ton voit le prince de Condé : prince qu'on eût pu dire achevé s'il n'eût pas eu cette foiblesse que Brantôme dit être attachée à la maison de Bourbon^ c'est l'amour des femmes. Mais il n'est pas éton* Dant que dans une cour aussi corrompue que celle dans laquelle il vécut ait eu quelque part à cette grande corruption. La reine Catherine contribuoità ce désordre de la vie du prince par quelque chose de plus que ses exemples, ( 1 ) car on tient pour certain que , par ses intrigues y elle Tengageoit dans des galante* ries criminelles avec ses propres filles d'hon* neur^ pour l'amollir dans les voluptés , pour ^'assurer de sa personne, pour tirer ses secrets et pour lui faire oublier ^ts affaires et celles de son parti. Au reste, conclure qu'il n'avoit cas de religion et qu'il n'étoit pas huguenot de jbonne foi , à cause qu'il n'étoit pas chaste, c'est être un peu téméraire. Si le sieur IMaim bourg veut raisonner ainsi , il est à Ij^raindre que son parti ne souffre plus de ce raisonnement que le nôtre. Et si tous les princes qui se laissent posséder par les ^m« mes et par un amour criminel n'ont point de religion y on pourra tirer de là de très-fâc)ieuse|i conclusions contre ses héros les plu^

catholiquçf

pour la Riformation ^ ete. 5-^7

catholiques. Je sais bien que ce grand péché est incompatible avec une solide piété. Mais je crois pourtant que David , pendant la temps qu'il possédoit avec tant d^injustice une femme qu'il avoit ravie à un mari auquel ilavoit donné la mort , avoit encore de lare^ ligion , et qu'il n'étoit pas apostat. On ne peut Dier , sans se rendre ridicule , que le princa de Condé ne fut parfaitement bien persuada de la vérité de sa religion , et qu'il n'y eut un très- grand attachement. Car si cela n'eût point été» en retournant à la religion romaine^ U eut incomparablement mieux fait ses affair res. Etant lié d'intérêt avec la maison da Montmorency , s'il eat été lié avec elle par. la religion , ayant avec lui le roi de Navarra 8on frère qui ne se seroit jamais détaché , toua l^nsemble auroient facilement renversé la maijBon de Guise ; ce qui étoit son principal but* Ainsi ce ne peut être que par un ipotif da conscience , que pour se soutenir il choisit le parti huguenot, qui sans doute étoit I» plus foible. Il avoit , dit- on » de l'iambitioQ^ et dans les grandes affaires qu'il entreprit ^ aousle prétexte de la religion » la plupart à^ aes rues étoient purement humaines et teni doiént à l'établissement de sa grandeur, Noutf n'en doutons point » et nous n'avons aucùii

intérêt d'en douter* 11 avoU d^V^iids^^À»^ v

$44 apologie

Ce duc lui dît au rapport du P. Maîmbc mon ami vous êtes huguenot y voire p est faity pensez à votre conscience. Ma autre plus humain tira cet homme d'un n si rare des mains de ce bourreau. On voir parla quel homme étoit ce duc de A pensier.

Voila quels étoient ces hommes qu'oi pelle des scélérats et des chefs de scélé je pourrois en ajouter beaucoup d'autr la même force. On me dira aussi qu'il y âe malhonnêtes gens dans ce parti : je doute pas : ce seroit une grande mer que dans la fureur des guerres civiles tout devient farouche et cruel , la vert se fut pas corrompue , et qu^il ne se fu trouvé des vicieux et des brutaux dans u grande multitude de gens. Mais nous coi rons le corps au corps , lès chefs aux cl et je soutiens que seli^n le rapport qui est fait par les écrivains les plus parti la vertu et le mérite étoient du côté des '

^fum la BÀformalion ^ etc. 545

nos guerres civiles du -siècle passé ^fo|V en-^ fièrement soumis à V empire des dames\ c'est ainsi que parle un des auteurs que nous avons cités. En effet , les femmes faisoient une très* grande figure dans les affaires, elles étoient da tout et elles entroient en tout. C'est pourquoi dans la description que nous faisons des moeurs de ces^ deux partis y on ne doit pas négliger les femmes , ni les compter pour rien j et par elles nous pouvons aussi connoitre de que) côté étoit la vertu. M. de Mézeray , le La-; boureur , Jeanne d'Âlbret , reine de Navarre!^ nous ont appris que les femmes de la cour étoient des monstres d'impudicité. Cela nouf euffit, et je ne trouve pas nécessaire de faire ici une chronique scandaleuse pour ressusciter des crimes capables de flétrir la naissance des vivans ; mais il nous doit être per« mis d'opposer à ces courtisannes les dame» du parti de la réformation et des princes : on peut dire avec vérité qu'il n'y avoit presque pas une femme entre nous distinguée par sa qualité qui ne le fut aussi par sa piété et par MVk mérite rare. Si nous voulions remonter jusqu'aux règnes de François let de Henri II, jQous y trouverions des premières princesses du sang de France , Marguerite de Valois , reine de Navarre,, Renée de France, ducl&essede Ferrare, toutes deux de la na\\%^\VA

5i6 j4poîogie

religion comme on parle , et toutes deux des exemples de sagesse , de chasteté, de piété, de douceur et de tontes sortes de vertus. Mar- Il guérite , reine de Navarre , avoit une dévise |* dont ces paroles étoienl l'ame , no ■ inferiora secutus , qui faisoi nt ( onnoître où tournoit son cœur , et qu'an milieu des objets qui ont accoutumé d'attacher les âmes a la teçre , là sienne pourtant étoit toujours élevée vers le ciel. On pourroit assurément avec justice opposer de telles personnes aux duchesses de .Valentînoîs et aux autres femmes de celte trempe du même temps. Nous trouverons dans les règnes suivans une Léonore de Roye , (1) princesse de Condé , princesse ^ belle ^ ri- \ che et vertueuse , et en qui on ne trouve à relire qu'elle étoit très obstinée huguefiate. Nous y trouverons la mère de cette Léonore j de Roye , Madelaina de Mailly , dame (Van grand esprit et d^un courage im^incible dam tout s les traverses dont sa vie fut agi fée. (i) Nous y verrons Jeanne d'Albret , reine de Navarre, princesse d'une vie exemphiire, -d\îne chasteté sans tâche et d'une* piété sans 'fai<d. iElîe ri'eët pas malheureuse d'être biaayeule de I.ô'tiis le Grand a présent régnants sans cela le P. Maimbourg n'auroit pas rendu

( 1 ) Le Labo»re»:r ^ »ddiliou5,

pour la Rèformalion , etc. 5ij

à son mérite toute la justice qui lui est due. Nous y trouverions encore cette excellente dame, femme de Tamiral de Chatillon , si vertueuse , si sage et si pleine de zèle. En un mot, nous y trouverions autant de femmes illustres par leur vertu , que dans l'autre parti on en trouvoit de fameuses par leurs débauches.

Cette génération fut suivie d^une autre qui fut moins heureuse , parce que la dernière Marguerite de Valois porta dans la cour du roi de Navarre , son mari , tous les dérèglemens qui règnoient en celle de Charles IX , son frère. ( i ) Mr. de Mézeray nous dît que dans la cour du roi de Navarre, on ne poyoït g u* intrigues ^ amourettes , entreprises ^ pour tout dire en un mot la reine Marguerite en était l'esprit. Ily avoit néanmoins encore du mérite de reste dans ce parti , plus incomparablement que dans Vautre. Henri IV, qui Bi'étoit encore que roi de Navarre , en étoit le chef. Henri de Bourbon , prince de Condé", ^Is de Louis de Bourbon , avoit hérité de toutes les vertus ?dÇjSon père et n'avoit pfis hérité ses défauts. Il n'y eut jamais de réformé plus zélé, pour la religion. On lui fit abjurer la réformatfan l'épée à, la gorge , à la St.Barthfj'lémy i et il ne le fit qu'après une

fl ) Abrégé etc. Ikuri III 157;. '' ^"^

548 jépotogîe

résistance très-grande. Mais l'air ^ le ton menaçant , les manières furieuses , les juremens horribles et ces terribles rno^s de Châties IX^ la mort ou la mess traité ter eut ce jeune prince. Aussitôt qu'il se fut sauvé de la prison , il renonça au papisme qu^il avoit embrassé par la crainte de la mort. Dans un temps où M, de Mézeray prétend que tout le zélé de religion étoit éteint dans le parti huguenot , .il avoue que ce prince conservoit encore la piété et la pureté de sa vie. ^^ Il n^ avoit ^ plus , dit il 9.(1) parmi les huguenots que ^ le peuple' et les consistoriaux qui eussent ^y de l'ardeur pour leur religion : à l'égard ^ des grands ce n'étoit qu'une faction , et le I, prince de Condé étoit presque le seul qui ^j en fut persuadé. Aussi avoit il peu de Hai- ^ son avec les politiques et même avec le roi ^ de Navarre et faîsoît bande à p&rt , tant ^ parce qu'il étoit fâché que ce roi eut , à y son préjudice y donné sa lieutenance au ^ vicomte de Turenne , que parce qu'étant ^, fort homme de bien et sérieux , il fuyoit le ^ libertinage et avoit en horreur le» fraudes ^ et les artifices impies. „ Et ailleurs en parlant du même prince il dit : „ entre les ver- ^ tus duquel on ne sauroit dire si o'étoît la ^ vaillance, on la libéralité , ou la générosité.

pour ta Riforfnatlon y etc. Sig

^ ou l'amour de la justice j on la conrfoîsie et ^ Taffabilité qui tenoit le premier rang. ,)

£nfin il faut dire à la louange du parti hu« gaenot une dernière chose qu*on n'oseroit me nier ^ c'est que , dans le parti de la cour f il n'y afoit de vertu pure et distinguée que dans les hoinmes qui étoient soupçonnés de calvinisme , et qui en effet éî crient très favo* rabli^.s aux huguenots ; tel étoit le chancelier de THôpital. Brantôme ne sauroit t>e lasser de le louer pour sa probité , pour sa haine pour le vice et pour sa capacité» f i ) Le chanccli r de l Hôpital que je peux dire avait été U plus grand chancf^lier , le plus savant ^ le plus dig'ie et le plus univ* rst^l qui Jut Ja* mais en France Ensuite il fait son portrait comme d'un véritable Caton chrétien , la terrcii^des mauvais juges et des criminels. Nous avons quelque obligation au sieur Ijflaimbourg dece qu'il veut bien souscrire à cela et atout ce qu'ont dit de ce grand homme Monsieur de Thou et Scevole de St« Marthe ; mais nous ne lui en avons pas moins de ce qu'il nous veut bien céder un si grand personnage et av >uer qu'il favorisait ouvertement le cat^ pinisme en toutes rencontres. C^est rne cruelle injustice qiife celle qu'il lui fait ; en ajoutant

i tout cela qu*il n'àvoit point dé religion , et

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âSo j4pologie

îl le prouve par son testament ; parce que dans ce testament il ne parle ni de prières pour son ame ^ ni mé/ne de sa sépulture. La preuve e.st bonne , mais aushi n'y parle t il point île Dieu ! cela n'est point vrai, au moins en parlé l'il dans ces mots qui ferment ce testami^nt , J\ii soussigné ces choses dp ma main quand je me sentis approcher de la mort au Seigneur, Cela suffit pour faire voir qiirlle étoit son espérance : les athées ne meurent pas au Seigneur. Le caractère de cet homme étoit tout-à fait éloigné de l'ostentation , c'est pourquoi il s'est contenté de faire connoîtn* ce qu'il éloit par un seul mot. Jean de Alontluc, évêque de Valence , l'antipode de son ftère le maréchal , étoit encore l'un de ces gens dont le mérite étoit reconnu de tout le monde , mais son crime c^est qu'il se^toit le calvinisme. Nous ne sommes pas fârhés que ctrfut là. son seul défaut et qu^il ne fu^ pas débauchéf concubinaire, cruel et furieux enneuii des honnêtes gens, comme étoient les ecclé?iastiques de ce^ régne-là. Il n'y, avoit point d'honnête bomriie à- la cour. qui ne^.fu^ soupçonné , d'hérésie. Et. le pape excon^^çîur? yiia avec la^r^îne de iNlaxiarre sept 014. huit .éjcê'; ques de Fcanpç popr -l'il^^résie ï^ilhçrienne,> fliii étoiefît, d,ç?, plus faohnites gen^i de leur corps. C'-est" assez T>cy\ir (aire- voir dans quel

pour la Réformation , etc. Z5C

parti Ton doit présiimer qu'étoit la véritable religion , car il est ordinaiiee à la vérité de se faire accompagner de la veriu.

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