CHAPITRE I
Histoire de la réformation de ceux de Zu^ rich. Plusieurs assembléee sa tiennent , et cinq ans se passent a examiner et délibé-* ver. Diverses réflexions pour la justifiées tien de leur conduite.
1 JE premier lieu où la réformation que notl^ pratiquons aujourd'hui fut établie^e'est la ville de Zurich en Suisse. L'on convient à peu près des £aUs , on dispute principalement du droit. Pour le fait , voici comme le racontent ceux de Zurich eux-mêifaes » quî doivent bien sa^ voir des nouvelles de leur pays et de ce qui s'y est passé. Zwingle prêchoit à Zurich, Tan i5 19, quand un nommé Samson , Cor^elier milanois arriva en Suisse pour publier les indulgences et amasser de Targent. Il le fît avec tant d'excès , avec une si honteuse simonie^ et tant d'avarice et de sacrilège , que toute la Suisse en fut émue : Zwingle se crut obligé à s'opposer à cet infâme marchand du paradis et de la rémission des péchés. Il fut même au-; torisépar Tévêque de Constance , de qui dépendoit la ville de Zurich pour le spirituelt
'^ Apologie
X i ) Cet êvêque lûî fît écrire par Jean le Ferre , son gr^nd-vîçajrQ , ^u'il, poursuivit ce qu'il avoit commencé, et quelle soutiendroit. Ep effet Zwingle continua et prêcha avec fceaucbup de véhëmehcé contre les indulgences. Maïs cbmnie'en s^avançant il eut découvert plusieurs antres abus'', il ne voulut pas 'les combattre ouvertement qu^il n'en eut obtenu , s'il étoit possible y lar permission de son évêque. C'est pourquoi en public et en particulier il sollicita plusieurs fois l'évéque de Constahcé de vouloir favoriser la vérité qui renaissoit , et autoriser le dessein qu'il avoit do prêcher contre les abus pour réformer TEglise. IL fit les mêmes propxysitions à Antoine Pucci 5 évêque dePistori;^ qui étoît alors nonce du Pape , en Suisse. L'un et l'autre rejetèrent cette demande et n'y eurent pas d'égard : sur ce refus Zwingle leur déclara y qu'il étoît résolu de combattre désormais par la doctrine de rjEuangile , le règne et les err* urs de la papauté j afin de rétablir dans l Eglise la lu^ mière de la parole de Dieu et de V Évangile. Je ne comprends pas comment Zwingle auroît pu agir autrement pour faire les choses dans les formés. Il s'adresse à ses supérieurs, il les prie et les sollicite de travailler à la réformation deTEglise , ils n'en veulent rien faire. ^ y - — —
(0 Hospiu. Uist. Sjicram. part, altéra.
pour la Ré formation $ êlê*
car il vaut imJgW^ ^^^^^ ^ P'ggL
^ies-J3n ne peut pas dire de lui ce que Pondit des autres réformateurs , qu'ils n'avoient pas de mission ; car il en avoit une qu'il tenoitde TËglise romaine même , pai laquelle il étoit obligé de prêcher la vérité. On dira qu'il devoît 8e tenir dans le silence après avoir exhorté sans succès ses supérieurs à réformer l'Eglise. Cela se ponrroit dire si l'affaire dont ils'agissoit eut été peu importante, et si la corruption de TEgliseeut été médiocre. Mais quand les maux sont extrêmes comme ilsTétoient alors , il est certain qu'on ne peut dissimuler la vérité sans être p-^yj^^^^n^^^^i^ ^nilt hf^^'^y esl autorisé pour mettre ja jpa|fl^ à |^(y.nYrft
yig^nd rl^gl^fifi estdapTïe^qîerjpéiil et pti.
JQgPfî daPft f^^'^ *l^gnr^^f>B Cependant ce grand ouvrage ne se continua pas sans le consente^ ment et sans Tautorité de ceux qui y étoient principalement intéressés. Le Sénat de Zurich fit assembler un Synode au commencement de l'année 1019, tout le clergé du territoire de Zurich et des villes voisines s'y trouva. L'évoque de Constance y envoya Jean Faber son grand vicaire , accompagné d'un docteur de l'université deTiibingue et deplusieurs autres hommes réputés savans. Zwingleyfut écouté jxoTx comme juge , mais comme partie, il y pro;
1 o jipologie
posa sa doctrine en 67 propositions. Jean Faber qui étoit là de la part de Tévêque de Constance , essaya de persuader à l^asseinblée qu'il n'étoit pas permis de disputer de religion dans ce lieu , mais qu^ilfalloit attendre le concile a venir. Zwingle soutint que sans attendre le concile ) puisque l'Ecriture sainte étoit la règle de la foi , il falloit voir et examiner par cette règle s'il avoit proposé quelque chose contraire à la vérité. Le Fevre refusa constamment d'entrer en dispute devant cette assemblée , et dit que dans l'université il disputeroit contre tous ces articles , et fer oit voir qu'ils xi'étoient pas véritables. Pour conclusion de l'assemblée le magistrat de Zurich ordonna a tous les prédicateurs et aux prêtres de son ressort , de ne rien proposer que la pure parole de Dien contenue dans les écrits des prophê» tes et des apôtres. Il est malaiséde concevoir ce que l'on trouve à redire dans cette conduite. Le Sénat de Zurich entend qu'il y a de grands démêlés naissans sur les allaires de la religion ^ lui mém^ voit les abus qui se cornmettent devant ses yeux. Il ne veut pourtant pas s'en croire , il consulte les experts , les gens de la profession. Il assemble les ecclésiastiques de son ressort , il les oblige à parler^ il s'instruit en écoutant , et là-dessus il ordonne f?w'oj} n'enseigne autre chose c^ue ce que TE;
Lr^
pour la Méformaiion f etc. ïj
crlture enseigne. Ne ?oilà-t'il pas nn attentat prodigieux et une hérésie terrible ?
Jusques là pourtant on n'avoit encore rien changé dans Textérieur de la religion, la messe se disoit toujours^ les églises étoient remplies d'images. II est vrai que l'on commençoit fort à se dégoûter de tout ce fatras de cérémonies, car la vérité étoit enseignée publiquement à la ville et à la campagne , et tout le peuple souhaitoit ardemment la Réformation. C'est pourquoi le Magistrat fut obligé de faire encore une fois examiner TafTaire pour sa-; voir si l'on passeroit plus avant. Il convoqua une nouvelle assemblée plus célèbre et plus soiennelle que la première. Les Evoques de Constance et de Baie y furent invités avec tout le Clergé des douze Cantons. C'est ce que le sieur Maimbourg dissimule^ posant enfaitque dès la première assemblée , il y fut conclu à la pluralité des voix des Laïques, que la doctrir ne de Zwingle seroit reçue, que peu de temps après on abattit les images , qu'on démolit les autels et qu'on se retira entièrement de dessous la domination de l'Eglise romaine. Cela ne se fit point si peu de temps après , qu'on n^eût loisir de délibérer mûrement sur cette impor-i tante affaire , car il s'écoula quatre ou cinq ans jusqu^à la pleine réformation. C'est pour cela que l'on conyo^ua le second Synode d^Yvb
^ô Apologie
je viens 3e parler , où Ton invita tons les Evêques , les Prêtres et les savans du pays. Il est vrai que ces Evêques n*y vinrent pas et n'y envoyèrent point : mais il s'y trouva plus ^desix-cents Prêtres et plusieurs hommes doctes. On y disputa avec liberté , on proposa tout ce qu'on voulut en faveur de la religion romaine. On disputa trois jours sur le sacrifice de la messe et sur les images. Les magistrats ^ après avoir ouï les disputes, bien convaincus de la vérité , ne youlurent pourtant pas encofe introduire dans leur Eglise une ré^ formation entière. On s^avança par degrés afin d'avoir le loisir de considérer toutes choses. L'on défendit d'abord les processions et particulièrement celles qui s'appellent du Saint Sacrement. Les prêtres eurent ordre , en disant la messe , de ne point obliger à l'adoration. On enleva des Eglises les corps saints dont on abusoit par une véritable idolâtrie: en ouvrant le^ caisses on n'y trouva rien dans la plupart. Où l'on trouva des os , on ne leur fit aucun outrage , mais on les enterra fort honorablement.
La messe et les images subsîstoient pourtant encore : les autres Cantons , assemblés à Lucerne /s'opposèrent par leurs remontrances à cette entreprise de la ville de Zurich. ' On écouta fort paisiblement ce que les Can-^
pour la Rèformalion , etc. 13
foiis eurent à représenter. La ville de Zurich répondit à la remontrance des alliée , et après avoir justifié sa conduite par de bonnes raisons , elle supplia ses alliés de la retirer d'er« reur si elle y étoit, et prometfoil pour cela d'attendre encore deux mois avant qî?e de faire aucun changement. Les deux mois s'écoulèrent , et personne ne se mit en devoir d'instruire par la parole de Dieu les habitans de Zurich , comme ils en avoient prié. Alors lô Sénat et la ville de Zurich crurent qu'ils pouvoient penser à leur salut et faire leurs propres aflaires. Ainsi au mois de Juin i5d4| Von députa douze sénateurs , les principaux prêtres des Eglises et des notables d'entre le peuple 9 qui se transportèrent dans toutes les Eglises, enfermèrent les portes pour empêcher le tumulte et la confusion , et firent ôter toutes les images sans aucun scandale. En-suite les députés se Iransportèrent dans tour tes les paroisses dé leur ressort , on interro-* gea les curés et les paroissiens sur le fait des images , et du consentement de chaque pa* roisse on enlevu les images des Eglises.
Les images étant ôtées y la messe subsistoit encore. C^étoit Vidole des nations , on en étoit entêté , l'on n'y vouloit toucher qu'après y avoir bien pensé. Les magistrats eux-mêmes s^ voulurent instruire « ils voulurent que 1q
i4 j4pologîe
peuple comprit ce que c'est que l'Eucharistie j, avant que d'apporter aucun changement dans la célébration de ce mystère» L'Evêque de Constance qui avoitlaibsé écouler les deux mois que la ville de Zurich avoit donnés pour que ceux qui avt)ient soin de son salut , la vinssent instruire , s^avîsa enfin de répondre. Il envoya un grand écrit au Sénat pour défendre les images et la messe : cet écrit fut Ju en pleine assemblée , et l'on y répondit le 18 d'Août. L'on envoya à l'Evêque cette réponse qui étoit très-honnête. Après cela , on attendit plusieurs mois pour voir si le Clergé de l'Eglise romaine donneroit quelques éclaircissemens sur ces nouvelles difficultés. Rien ne vint , enfin Zwingle crut qu'il étoit temps d'achever de ruiner ce grand corps de su-, perstitions y et que ce n'étoit rien fait de lui avoir rompu les bras et les jambes , si on ne lui enlevoit la tête. Il se présenta donc au Sénat de Zurich , le onzième d'Avril iSsS , six ans entiers après le commencement de la première réform^ition , et demanda qu^on abolit la messe. Le Chancelier de la ville s^y op-posa et disputa contre Zwingle pour la présence réelle et pour la transsubstantiation. Ainsi la chose fut encore agitée et la question traitée en plein Sénat : quand la dispute fut finie?; le Sénat nomma quatre personne*
pour la Réformation , etc. i5
des plus éclairéeg de son corps pour conférer avec Zwingle et avec ses collègues. Cela se fit , ils conférèrent dans la soirée du même jour, et la conclusion de cette conférence fat qu'on rapporteroit encore TalFaîre au Sénat. Quand cette résolution fut exécutée , le Chancelier renouvella ces oppositions et répéta toutes ses raisons- Malgré ces oppositions la Sénat se rendit aux instances de Zwingle , il fut arrêté que la messe seroit abolie , et que l'on rétabliroit la célébration de l'Eucliaristie selon que Jésus-Christ l'avoit ordonnée et que les Apôtres Tavoient pratiquée. Voilà de queWe manière la réformation se lit à Zurich, et ensuite dans les autr&s Cantons qui se ré« formèrent.
Il étoit d'une nécessité absolue de rapporter toutes les circonstances de cette histoire, dont lavéritéestattestéeouparraveuou par le silence de nos adversaires. Cela étoit, dis je^ d'une nécessité absolue , et il sufllt d'avoir fait celte histoire pour justifier la réformation des Suisses. Car il est impossible qu'une réformation puisse se faire avec plus de bienséance , plus d'ordre , plus de mures délibérations , et plus d'édification. Si la providence de Dieu avoit . voulu, ou que les circonstances des temps et des lieux eussent permis que la réformation se fut établie partout deJa raên\e n^amèt^ ^^«l-^
iO ^Apologie
«naîft l'Eglîse n'auroit riea vu de si grand , de 61 beau , de si miraculeux etdesi divin. Est-ce faire une chose avecprédpifation que d'y employer cinq ou six ans ? Est-ce agir imprudemment et sans conseil que d^assembler des Synodes, que d^écoufer des Théologiens, que de consulter des évêques, que de les prier de donner instruction ? Est-ce agir tumultuairement et sans ordre, que d'obtenir le consentement du peuple, que de consulter les sages , que d'employer l'autorité des puissances qui sont enétat pour réformer l'Eglise et pour bannir les abus ? On n'a autre chose à dire que ce qui a cent fois été dit. C'est qu'il n'apparteïioil point au Sénat de Zurich de juger des affaires de la religion.*X^ Sénat de cette ville là, I dit notre historien ^par un attentat tout à fait insoutenable convoqua une assemblée générale pour voir les uns et les autres et pour juger ensuite par la parole de Dieu , souc^erainei ment de ce digèrent. Des bourgeois, dit-on, et Ides bourgeois de Suisse habiles en théologie *comme l'on peut croire , entreprirent de juger des difFérens de la religion. (1) On a répondu à cela fort solidement. On a fort bien montré que le Sénat de Zurich n'a fait que ce qui est du droit des souverains et du droit
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( 1 ) Voy. U réjpouse â« M. Claude «tu livre des préjugés 2. put. cbap. 6j
pour ta Réformation ^ .
commun de tous les hommes, Jit
soit point altérée ^\ elle e^t g^afrlli^ soit rétablie ^ si el|^ a été corrompue. Les Rois de Juda ont toujours été les réformateurs de rSglise Judaïque corrompue. Les Empereurs Chrétiens ont convoqué des Conciles ; ils en ont confirmé les canons et les décrets , ils ont fait des édits contre l'hérésie et contre les hérétiques. Aujourd'hui et depuis deux siècles, on sait bien faire valoir ce droit des souverains. Car on les porte à fair^ des arrêts , des édits et des déclarations cruelles contre ceux que Ton traite d'hérétiques et de schismatiques. L'Eglise Gallicane romaine n'ose même recevoir le Copçile de Trente et la discipline gu^il a établie, parce que le Roi et les Parlemens s'y opposent. Et n a-t on pasTe droit de dire aux Parlemens, selon ces maximes , de quoi vous mêlez vous : vous n'êtes que' des Laïques , il s'agit ici de discipline ecclésiastique y ce n'est pas votre afiaire ? Tout ce qui peut troubler 1 état eJt la religion est touioors l'affaire du magistrat, et il a droit d'en prendre çpnpoîssanre. H est ridicule , dit-on , que des bourgeois se mêlent d^étre juges dans des affaires de théologie. Il n'est point vrai que les Sénateurs d^
16 y^ jépologie
se soient rendus juges dans les affaires de théologie* Ils ont fait les choses dans toutes les formes , ils ont assemblés des théologiens , ils les ont consultés^ ils les ont' obligés d^écùircir la vérité par des disputes bien réglées , ils ont écouté tout le monde et ils ont suivi le plus grand parti et le plus raisonnable. Eux-mêmes ont voulu être audi« teurs de ces disputes et en juger par leurs oreilles. Voilà qui est fort étrange * Il s'agit de leur salut et ils n'en prendront pas coi^noissance eux-mêmes ? C'est-à-dire que Von voudroit que Messieurs de Zurich eussent renvoyé Zwingle et ses collègues par devant JMonseigneur TËvêque de Constance et Monsieur son grand vicaire pour être jugés en fait d'hérésie et ensuite brûlés au même lieu où l'on avoit brûlé Jean Hus et Jérôme de Prague cent ans auparavant. C'eût été la plus grande injustice du monde. Pourquoi Messieurs de Zurich eussent-il^ renvoyé Zwingle et ses compagnons devant ceux qui étoient proprement l.es parties ? C'est ainsi que l'on fait quand on veut brûler les gens 9 mais non pas quand on se veut instruire de la vérité* Des bourgeois , à ce que l'on dit , ne sont pas capables de juger de la vérité : ce sont des bêtes que les hommes , parce qu'ils sont bourgeois. On pourroit encore ajouter que ,
pour la Réformaiion ^ etc. I9
inpposé qu'on veuille regarder Messieurs da Zurich comme des gens simples , c^est jus* tement à des gens de cette sorte que Jésus- Christ troare à propos de prêcher son Evan-r ^ gile I et qui aussi l'embrassèrent les premiers. N'en pourroit-on pas dire de même à l'égard de la réformatiou et rendre grâces a Dieu de ce qu'ayant caché ces choses ( c'est-à-dire la vérité ) aux sages et aux entendus ( comme se le disoient les docteurs de l'Eglise romaine} il les a révélées aux simples et aux petits enfans > à ces bourgeois qu'on traite de bêtes , et qu'on regarde comme incapables de juger de la vérité. Ils n'ont donc pas Pusage de l la jaiÉLÛJl^.-jet-4«»--4umiêres da bon «^uis ? f Est-il nécessaire d'avoir étudié en Sorbonne et d'avoir pris ses licences , pour voir que le culte des images est condamné dans le second Commandement , pour voir que l'Ecriture ne « dit pas un seul mot ni du purgatoire , ni de . la messe , ni de l'invocation des saints , ni , de mille autres choses semblables 7 Le peuple seroit bien misérable , s'il ne lui étoit pas permis de faire usage de ses yeux : et s'il étoit obligé comme Ton prétend dans la communion de Rome de s'en rapporter à ses Prélats et à son Curé.^^ie^eurs^de Zurieb n'ont j donc fait que ce^gjai jest^d>lljdx.oit. généyaLde 1 tous les hommes en voulant prendre connois-
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^CfUn-M/ '.V-
do Apologie
sance eux-mêines des démêlés de la reljgîoiï; " on - seulement ils en ont voulu connoitre pour eux-mêmes , dit-on » ils en ont connu pour les autres , et ils ont fait des arrêts pour abattre les images et pour abolir la vaes^^e^ C^est le droit des rois et des souverains d'é- ^fcblir tellft rdigiorTim'il |eur pialt^ çpxnnservant les Apite des peuplp& et en faisant les choses après connoissance^de^ cause > Une religion n^a point force de loi dans ce qu^on appelle If^^arr^a" AYt^n^^^^l-^ g^VfM*^ w\\\ fît^ élaolie par rordoyjp^ncft rln Ppnr^ Les magistrats de Zurich n'ont point imposé de joug au peuple contre son gré. Ils n'ont fait que suivre ses inclinations et lui accorder ses demandes^ et ils ne l'ont fait qu'après un exa« men aussi exact qu'il y en ait jamais ea en une affaire de celte importance.
Enfin pour convaincre nos ennemis, qu'ils ne font querelle à ceux de Zurich sur leur réformation que par an esprit de chicane, je ne veux plus dire que deux choses , mais qui mettront l'injustice dans une parfaite évi-; dence. L'une sera une supposition possible et l'autre un fait très-constant. Voici la supposition. Présupposons que TEglise de Za,rich se fut effectivement trouvée dans un grand désordre et dans une trùs-grande corruption ; comme Zwingle lui vouloit persua-
pour la Réformation ^ etc. li
-\ der qu'elle étoit» C^eat-àdire » que je de^ ^ mande à ces Messieurs qu'ils m'accordent
' pour un moment qtie tious avons raison et qu'ils ont tort ; dans un moment nous les lais-
^ serons rentrer en possession de leurs préten« lions. Cela étant posé et accordé que l'Eglise de Zurich étoittrès-corrompue et qu^elle avoit besoin d'être réformée, je demande aux cen-r ' leurs de notre conduite de quelle manière elle eût pu agir pour se réformer plus juri-* àlquement et plus dans les formes ? Falloit* iJ qu'elle s'adressât à ses supérieurs 7 Elle l'a fait aussi , elle a sollicité son Ëvêque d'avoir soin de son salut et de l'instruire par la pure
)^ parole de Dieu. Etoit^elle obligée d'aller à
' Rome et de se rapporter de tout au Pape ? Cela ne peut être dit dans la supposition que nous faisons 9 car nous supposons que l'Eglise étoit effectivement corrompue , selon l'idée qne Zwingle s'en étoit formée. Dans laquelle idée l'autorité papale y non-seulement dans
i ses abus , mais dans son établissement ^ étoit l'une des plus grandes corruptions , et celle
t^. qui demandoit le plus la réformation. L'E^ glise de Zurich ne pouvoit donc pas s'adres*
^ ser comme 4 son juge y à celui qu'elle tou^
I loit ruiner y et que nous supposons qu^elle avoit raison de vouloir i uiner. Devoit-elle at-^
' tendre un Concile et fen rapporter à ce qui
^3 Apologie
y seroit ordonné ? Cela ne se pouvoît encore dans la supposition que nous faisons: car nous supposons que toute l'Eglise romaine étoit corrompue , et par conséquent en s'adressant à elle , on ne pouvoit attendre aucune justice* Un Concile auroit été composé de ces mêmes membres que Ton vouloit ôter comme des membres corrompus. Enfin devoitelle attendre le remède du temps , laisser aller les choses comme elles alloient depuis longtemps sans travailler à y apporter du remède ? C^est une résolution furieuse et désespérée de sen<* tir que Ton est dans un vaisseau qui fait nau* frage et de s'y abandonner quand on s^en peut retirer > d'être convaincu qu'on est dans une Eglise souverainement corrompue , qui nous conduit à l'enfer , et de laisser aller les choses à l'ordinaire pour damner tout un peu^ ple.JLjiVavpit donc point d'autre voie oue de fâii'^ c:e qu^ils ont fait , c'est de prendre oonnoissance eux-mêmes de cette grande af- ^JEaixôA^la faire soigneusement examiner par •-^ea-^^nsjM.m.pïofe^^ et ensuite prendre lgm*^£arti, selon que la piété j la raison et ]e |[fîn..SffîDOfô^^ Encore uneToîT, Je
prie ces Messieurs de supposer qu'une Eglise te trouve séparée du reste du monde chré^ tien et qu'elle ne puisse consulter ni les Eveliws ni }es Conciles ; ^ue cette Eglise tpmbg
jpour la Rèfbrmation ^ ete» û3
dans une corruption extrême y que quelqu'un de ses pasteurs vienne à s'appercevoir de cett» corruption ; qu'il en^v^^^^^^.?...^^!? niagistj^^ et son peuple ^. qu^il leur fasse voir à l'œil les corruptions par l'Ecriture Sainte. Je de^ mande ce que peut et ce que doit faire cette Eglise 7 Elle ne sauroit consulter le Pape , dont je suppose qu'elle est séparée par de grands espaces. Elle ne sauroit assembler des Conciles Oecuméniques et se soumettre à leurs )ugemens. Elle ne doit pas demeurer dans l'état où elle se trouve , car je suppose que cet état est damnable. Il ne lui reste donc rien à {aire que d'assembler tout son Clergé^ gti'â Je faire conférer ensemble de bonne foi , et après les avoir écoutés se ranger du parti ]e meilleur et le plus sûr^ selon son jugement. il faut être sans sincérité et sans honte pour nier que ce ne soit là l'unique voie dans laquelle une Eglise , en l'état où nous la supposons , doit entrer. Or c'est précisément l'état de l'Eglise de Zurich , elle n'étoit pas séparée du Pape et des Conciles par des espaces de terre ou .de mer. Mais elle en étoit éloignée d'une distance morale qui étoit presque infinie. En les regardant comme ses parlies et comme des membres qu'elle sentoit étra dignes d'être fplxjmohé^i elle pe les pouvoit
a4 Apologie
Ces suppositions font voir avec la dernière évidente que si la Suisse a péché en se réformant i elle a péché dans le fonds et point du tout dans les formes. C'est à dire que si elle a supposé faussement que TËglise romaine^^son Pape , ses Evéques et ses Conciles étoient absolument corrompus^ elle a eu tort de le sup« poser. Mais ayant une fois fait cette supposi** tion, elle nepouvoitplus agir autrement qu'elle n'a fait. Ainsi il faudroit plaider au fonds j voir qui a tort ou raison dans la supposition que nous faisons , que TËglise romaine est eur tièrement corrompue et dans le coeur et dans toutes les parties^
L'autre chose que je souhaite , que Ton considère ici , c'est un fait constant. Et ce fait est que comme les bourgeois Suisses et les bourgeois de Zurich s'étoient assemblés pour or.« donner qu'on réformeroit TEglise , au contraire les bourgeois Suisses de tous le^ autres cantons s'assemblèrent, à Lucéme pour ordonner qu'on ne la réformeroit pasXà il fut prdoqhé: (i ) „ Qu'aucune n^enlreprendrô^ dechanj^ ger une doctrine qui avoit été annoncée de-*^ ^ puis plus de quatorze cents ans : qu'on n^ 1^ se moqueroit point delà messe, dans laquel- ^ le le corps de jlésus Christ est consacré à son
honneui:
(1) Hoip. aist. Sac. part, ait.
pour la Réformaiion , etc* .fi5
^ honneur et pour le soulagement des Tivans ^ et des morts : que ceux qui seroieni en âgp ^ de communier ne manqueroient pas de so ^ confesser au prêtre deux fois en carêuie ^ ,^ etc. Que Ton s'abstiendroit de viandes aux ^ )ours marqués par l'Eglise, et même d'œufs ^ et de fromage durant le carême, etc. Qu'oq ^ ne feroit aucune injure aux saintes images ^ et qu^on observeroit toutes les lois ecclésias* ^ tiques j lesquelles Tévéque de Canbtance a* ^ voit faites ; qu'au contraire on n'enseigne^ ^ roit aucune des doctrines de Zwingle. '' Cet* te assemblée se tint le s4 de Juin iôs4. Lj» liieur Maiinbourg nous marque encore une au? tre assemblée de même nature à Baie deuxana après. ^, (i) Ce fut là, dit il^ qu'après que le cé« ^ lèbre docteur Echius eut solidement réfuta 1^ toutca que Jean Oecolompade , que Zwin** ^ gle qui n'y voulut pas comparoitre^y avoit 19 envoyé , pat dire pour la doctrine de son ^ maitre , elle fut condamnée par un décret ^ solennel au nom de toute la nation, ^' Ne serions*nous pas en droit de dire à. notre tour; Messieurs les -bourgeois de Suisse^de quoi vous inélez-vouB ? Gouvernée rétat, ayea soin do votre vépubliqoe: maiscetteaffaire ici vous paa^ se , vous n^avez paa étudié en théologie, vous n'ttvec pas de caractère pour juger des contrp*
^mt^tm^
sO jtpohgié
verses de la religion. Parlons sérieusement : §'est-il trouvé quelqu'un qui ait trouvé a redi- ^ jre à cette conduite des Cantons, bien que leur ; assemblée fut composée de Laïques 7 au con«- traire cette action n'a-t'elle pas été louée et en ce temps- là et en celui-ci, par tous les partisans de la communion de Rome? C'est unecho^ se étrange^p on a des balances fausses et inéga* les 9 on dit d'une même pièce, elle est pesaqte elle est légère selon la diversité des intérêts; et d'une même action elle est bonne et elle est ; mauvaise selon la diversité de ses passions. : Car enfin ce que firent ceux de Zurich pour la réformation j est absolument de même nature que ce que les autres cantons firent contre la l'éformation. Mais sans sortir de Zurich , superposons que ce Canton et son Sénat au lieu 4e faire ce qu^ils oqt fait, ayent fait tout le contraire I c'est à dire qu'ils se soient assemblés j» Aquedans leur assemblée ils ayent fait disputeirij ^eanle Pevre , grand Vicaire de leur évêque » à contre Zwingl^ et Oecolompade , et qu'au so^-- •' tir de cette dispute ils ayent ordonné que Y<xt\ V f^onserveroit la messe » et que Ton retiendroit ^ }es images ; n'est-il pas vrai que personne ne diroitqu^ils seroient allé^ au-delà de leur an-* torité ? s'ils avoient le pouvoir en qualité^à ' •gouverneurs et de puissance en état de ponser- I
jrçf I» rpllgipii çwme glje çtpit^ pouf^uq^
pour la Réformation ^ ele. 17
n'aaroient-ilB pas eu l'autorité de la changer 8OQ8 le même caractère de magistrats? Après cela l'on ne nous doit plus rompre la tête da cette méchante objection.
Au reste je ne sais a quelle 6n le Sr.Maim* bourg nous parle ici de la guerre qui eût liea entre les Cantons quelques années après^au sujet delà religion. C'est sans doute à dessein d'établir ce qu'ila posé d'abord, et qui est rép&nda dans tout sonliYjre, savoir que le calvinisme a été semé , soutenu et planté par les armes et par reiTueion du sang. Mais c'est ici la plus horrible de toutes les infidélités. Il dit que ceux de ZuTÎcYi se fiant en leurs forces firent tant d'insultea à leurs voisins pour les obliger à changer de religion 1 que les cinq cantons d9 Lucerne y de Zug , d'Uri , d'Underw ild et da S^hwytz furent obligés de prendre les armea pouren tirer raison. Et tout au contraire ca turent les cantons catholiques romains qui fu« rent les agresseurs. Il est de notoriété publi'* que qu'ils firent mille avanies aux Cantons protestansà cause de l'altération qu'ils avoient apportée à ce qu'ils appeloîent raiicienno r^ ligion. Quand Thistoire ne nous l'apprendroît pas, le bon sens nous le diroit. Des gens qui itjajyligion r»çna dans^ un pays , na èifeiandent qu.eJULjLQléronce , principalement
Quand ils sont lesplus foibles, LesCaulou^ ^^^^
. ■■■■■.■ii.ni— —■■II,. ' ^ Il *
•aS jtpologii
pistes étoient sinon les plus forts en Suisse^ au moins Tétoient-iis dans l^Ëurope , car ils é- (toieht' soutenus de l'Empereur , de la France et de tous les états d'alentour. Ainsi il y a bien apparence que le cantpn de Zurich ait intenté pi'ocès à ses alliés sur leur religion > lui qui -ne demtfndoit que ia liberté de foire ce qui lui Jembloit bon dans son ressort 7 La vérité est iqu^ les dantom papistes à la sollicitation des évéqoes et d#s prêtres firent mille insultes à l^euxde 2!uricfa;et de Berne. Ces deux Cantons sans tfe vengi^ par une guerre ouverte se contentèrent de défendre le comnierce avec les au« \tt% 9 et d'empêcher le transport des denrées, ties cantons papistes tirèrent de cela une occasion de prendre les armes, et comme ilsavoient lété agresseurs dans les causes de la^uerre, ils lefutetat a^ussi en faisajvt lee premiers actes %l^hcislilité ouverte. C'est dans cette guerre que '^wingle fut XxMèfOomhàîtcmttrès vaillamment dit ie sieur Maimbourg, à la tête d'anbatail»^ *|ols ^ paree< qu^il étoit meilleur soldat que pré^ ^ioant NcHis^afVôns'assez parlé de cette mort fP ^«nt typologie 4» £/ wingle.
pour la Réfbrmathn > etc. 99