‹ Histoire du CalvinismeChapitre 21 sur 30 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Apologie sur les trahisons que Von i aux Calvinistes : du dessein gu^on let pute d^ avoir if oulu mettre le feu dans j de la conspiration d'^Amboise. Du , %re du président Minart dont on c Stuart ; manière cruelle dont ce Stuo assassiné. Mort du connétable. Cal du sieur Maimbourg là- dessus : de la du maréchal de St. André , et qui h assassinat du duc de Guise par Pc que ce coup ne doit pas être imputé au: vinistes ; de la mort du conseiller Sa fie l^al)bé çfe Gastir^es,

.AI8 je sens bien que c'est assez ac i|l est temps de se défendre. Nous avon peint ce parti catholique , qui combattoi 8oit-il, pour l'ancienne religion et pour (le sçs ancêtres y comme un parti plein di très f d^assassins , de perfides , de brut de cruels , de blasphémateurs et d'impie

pour la Reformation , etc. 45^

d'en dire: mais on ajoute que le nôtre ner valoit pas mieux , et Ton dit que la seule diffé^ rence qu'il y avoit , c'est que les uns n^alloient pas au prêche et les autres n^alloient pas à la messe. On dira qu'on peut faire de nos conjurations , de nos trahisons, de nos assassinats , de nos cruautés , de nos séditions et de nos ré« beliions une liste pour le moins aussi honteuse que celle que nous venons de faire. C'est donc présentement ce qu'il faut examiner» Premièrement, nous souhaitons quel'on sache que nous ne voulons pas tomber danslesexcès^ lesquels nous blâmons dans les autres. Selon le sieur Maimbourg , bien que l'on soit souverainement cruel et sanguinaire , comme é* toit le duc de Montperîsier ^ on ne laisse pas . d^étre bon catJiolique et très dévot. Comme ér toit aussi la cruelle Irène, que notre auteur appelle une princesse très catholique. Quant à nous , nous déclarons que nous ne voulons pas justifier les crimes et les violences qui sa ^. sont commis par les nôtres sous prétexte de - religion. Nous ne donnerons jamais l'éloge des . catholiques , de bons chrétiens et de réformés - à des monstres d'humanité si l'on en renconj- tre entre npus : nous ne justifierons pas les acj lions condamnables commises par nos gens. i Nous ne nierons pas qu'il ne se soit fait plusieurs choses qui ne sentent çomV à.\3L\a\3X\ ^^n.

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]prit de Pévangile et la débonnaireté du clinstianisme. Mais avant que d'entrer dans le dé^ tail des crimes donton nous accuse, je donnerai ces deux avertissemens généraux : le premier est y que l'on suppose des choses trèsfausses et que Ton grossit les crimes d'une manière énorme. Le second c'est ^ que quand mé* me on recevroit comme certain tout ce que l'on pose en fait de nos perfidies et de nos cruautés ^ encore n^y auroit-il aucune espècs de comparaison et pour le nombre et pour l'a* trocité avec celles dont nous accusons le parti de rÈglise romaine^ et qu'il ne sauroit désa^ vouer. Ainsi pour justifier ce que dit le sieur Maimbourg, que tout ce que la cruauté et la perfidie ont inspiré autrefois aux plus scèlir rats y a été renouvelle de la mémoire de nos pères j il faut avoir recours à l'histoire des actions desescatholiquesel non à celle des actions

denoshuguenofs.C'estce que je m'en vais faire Toir en examinant brièvement les plus considérables de ces actions dont|on nous veut faire des crimes. Nous commencerons par les conspirations: jen'enconnois pas de plus an^eienne et dont on fasse plusde bruit que ce cnr^on appelle la conspiration d'Âmboise. ( 1 ) yàr je ne crois pas qu'on doive se mettre en devoir de se défendre de l'horrible calomnie qul| est appuyée il ) L'an 1560.

pour la Rèformation , etc. 4Sq

par le sieur Maimbourg , que durant la prison

d^Annedu Bourg (i) On êuidebons avis d^une

conspiration qu^ils avoient faite pour enlever^

de force les prisonniers après avoir mis le feu

en plusieurs quartiers de Paris , pour faire

plus facilement leur coup à la faveur d'un-em^

arasement général. Cette calomnie est grossière et si mal inventée qu'elle n'a pas besoin

de rétu^tation. La conduite des réformés n'airoit point encore fait voir qu'ils fussent capft-; blés de brûler un million d'hommes et de coiv*^ Aumer une grande ville pour sauver deux ou trois prisonniers. Cela est sorti du même lieu d'où Fonavoit tiré les sabbats et les mystères nocturnes, les repas de chair humaine et les couches abominables qu'on leur imputoit. Le cardinal de Lorraine et ses inquisiteurs , le sorbonniste Mouchy ^ Maillard et leurs compagnons étoient une sourceinépuisabledesemblables accusations. C'étoit un beau coup à faire pour se mettre à l'abri de la persécution que de brûler Paris? Où auroientils trouvé tetraite après cela , je ne dis pas dans le* -royaume mais dans l'Europe? car il n'y auroit point eu de princes qui eussent voulu recevoir ce peuple d'incendiaires. Cet exemple est bien propre a faire voir que le sieur Maimbourg renonce à son jugement pour laisçer agir toute

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de ramîral d'Andeiot et l'un p^ut dire ce qu'il y avoit en France de consid' Êtée la cabale des princes de Lorrain toit l'affaire du connétable de Montm lui même , car alors il n'étoit pas enc concilié arec lea Guise» ,il n'avoit pas conjuré la perte des protestans. En u s'il n'étoit pas ouvertement de la parti ses amis el ses enfans , ses neveux en é et il étoitbien aise qu'elle se fit. C'est pc quand il s'acquitra de la cominissioi couriui donna d'aller faire rapport au ment de toutce quis'étoit passé dans c faire, l'histoire nous remarque qu'il fort grand soin de foire voir que cette jatiou étoit contre les princes de Guise pas contre ]e Foi. Tout le monde sait q

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aussi bien que son frère. Le connétable fit venir à la cour le roi de Navarre pour contrequarrer la maivson de Lorraine; ce pauvre prince y fut si mal reçu que s'il n'eut trouvé un ami ilauroit couché dehors. Les Guises attirèrent à eux toute l'autorité par le moyen da roi , que leur nièce qui étoit s a femme ,possé--* doit. On ôta aux principaux ofiSciers du parti contraire leurs emplois ; l'amiral perdit le gouvernement de Picardie ,- le connétable la charge de grand ministre de ta maison du roi , et on donna ces charges à des créatures de la maison de Guise. Le cardinal de Lorraine qui s'étôit rendu maître des finances afin de les épargner pour lui , bannit de la cour tous les vieux oificiers par un gibet qu'il fit dresser

*" dans la place publique avec menace expresse d^y faire pendre tous ceux qui demanderoient

. récompense de leurs services. Tous les grands

du royaume soupiroient sous l'esclavage des

' Cuises qui possédoientle roi François II com-

g nie on peut posséder un enfant imbécille. C'rst

ainsi que le définit Monsieur de Mézeray après

^les historiens du temps. // ^^»;/^ , dit il, /bri

. imbécille de lui même, il remarque nussi^qu'on

rappela It! roi sans vie, tftre plus glorieux

wfue tout autre qu\m miisse donner ^ guind il

€1 pour fondement /ion pas rind)ècillité /^/Vs-

^ Jpr/V , maii> la sa^e se et la uertu. Sow^ ^^ 'Ç*^^"^

44« "Apologie

ce foible par son âge et par les défauts de son esprit, les oncles de la reine gouvernoient en tyrans. C'est pourquoi il ne faut pas s'éton» lier s'ils se virent sur les bras tout ce qu'il y avoit d'honnêtes gens en France, Il ne faut pas douter que cette partie n'eut été faite par d^lionnêtes gens, puisque le chancelier deTHôpltal qui a passé poar un homme d^une par* faite intégrité , en étoit. Et nous ne pouvons pas douter qu'il n'en fut , vu la manière dont l'affirme d'Âubigné en parlant de la mort da chancelier Olivier.(i) U Hôpital j hommedê grande estime lui succéda çuoiquUl eut été des conjurés pour le fait d Atnhoise. Ce qm je maintiens contre tout ce qui en a été écrite parce que V original de T entreprise fut consU gné entre les mains de mon j^ ère , où étoit son ^dng tout du long entre d^Andelot et d^an Spi* famé. Il est mal aisé de démentir un homm^ qui doit avoir vu , à moins qu'il n'y ait un in* térêt plus grand et très évident qui l'obligea supposer un fait. Or cVst ce qui neserencoii*' tr^ pâs ici y car quand THôpital n'auroit pas été de la conjuration , je ne vois pas que l'a^^ feire en fut beaucoup plusmauvaise , et il se* yoit toujours vrai qu'on ne le devroit point ira» îputer au calvinisme. Jejj^ nie pas que les calvinistes n'y ayent eu leurbonne part , mais js

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dis qu'ils n^étoient point seuls ; j'ajoute que ce n'étoit point en qualité de calvinistes mais de mécontens. Enfin je dis que les princes du aang et tous les plus grands du royaume a* voient lié cette grande partie.

Cela étant ainsi , désormais i^ous ne 8om-«mespas extrêmement intéressés à justifier Taclion y qu'elle soit criminelle ou qu'elle ne le soit pas j tout au plus nous ne saurions que parltager le crime. Mais pour en dire ce qu9 j'en pense, je trouve qu'elle n'^^st criminelle que selon les réglées de l'évangile qui veut toujours que l'on souffre le mal qnand on na peut guérir que par un autre mal. La tyrannie des princes de Guise ne pouvoit être ab-« battue que par une grande effusion de sang : l'esprit du christianisme ne souffre point cela. Mais si Ton juge de cette entreprise par Ie$ yégles de la morale du monde ^ elle o'étoit point du tout criminelle» Nous avons fait voif par les témoignages des auteurs du temps qua cette conjuration étoit uniquement contre l^a Guises, oncles de la reine ; Castelnau le leur dit et le leur soutint jusques sur t'échafaut par ces mémorables paroles qui furent ouïes du roi, des reines et de toute la cour: ^ Vou» ^ aves raison de pourchasser ma mort, c'est ^ à vous pour votre tyrannie que nons en vou* ^ lions. C'est sans mentir que uqu& ^vcv\s>!^i^

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