‹ Histoire du CalvinismeChapitre 22 sur 30 · Apologie · texte numérisé non relu

Apologie

^ Coupables Je leze-majesté, si les Guisarfi ^ sont déjà rois , s'en donne garde ceux qni ^ me survivront, pour moi la mort et une meil- ^5 leure vie tuetirent de ce danger/' Ces pria* ces de Guise orcupoie^nt la place des princes du sang, qni voulurt^nt la regagner en se saisissant de leurs pervsonn^s. On ne juge jamais de ces entreprises que par le succès. Quand on les manque on est toujours non seulement un fat, mais un scélérat^on mérite la corde et le- gibet, l'on ne manque pas d'être payé selon son mérite. Au contraire quand on réufisit on est toujours honnête homme et fort habile. Si les princes avoient réussi dans leur dessein, qu'ils eussent tiré le roi François II hors de tutelle, qu'ils l'eussent fait régner par lui même, et qu'ils eussent fait faire le procès aux Guises en bonne forme commei des tyrans et des concussionnaires , toute la France et la postérité les auroit loués. Mais parce qu'ils manquèrent leur coup, il faut que leur nom en porte la peine , et qu^ils soient appelés conj orateurs et conspirateurs dans tous les siècles.

Je ne crois pas que nous devions faire nn ar^

ficle particulier de la conspiration que le «leur

IMaimbourg' dit avoir été découverte par la

flaque; c&r ce nVst qu'oiie suite de celle d'Atn-

ppUCf El elle co\isiste ,?n ceci, que le roi de,

pùur la Réformailon , etc. 445

Navarre et le prince de Condé, avertis que la résolution de les perdre éloit prise, formèrent le dessein de faire enrore une tentative do prévenir leurs ennniiis et de débnxjuer les Guises. Ils ne vouliirent pas se trouver à rassemblée de Altriun , retirés en Gascogne et éloignés de la conr ils entrefenoient des intelligences avec plusieurs grands iSeignenrs du royaume, avec le-coniiétable, avec te vid^me de CJiartres et divers auhes , pour se forlifior contre la tyrannie des Gui^es. l^a Sague Tun des agens de cette intrigue fut as^- 55 iuïpru— dent pour révéler fton secret a l'un cieses camarades d'armée ; celui-ci la découvrit aa maréchal de Brissac , créature de la maison de Guise: l;i Sague fut an été et les lettres dont il étoit porteur furent lues. Le cbanr* celier d^Antoine , roi de Navarre, fut aussi arrêté et confessa tout ce qu'on voulut. Mais en tout cela il n'y avoit rien qui fut contre le roi et contre la famille royale. Le cennér ^, table et tous les autres , à la tête des promes* ses qu4ls faisoient à Antoine et LoIIisde]]our- | bon de soutenir leurs intérêts et de les ai* / ^erentout, melloienl toujours cette exception, f ^ Après la conjuration d'Amboise vient celle r de Meaux , c'est ainsi qu'on appelle l'entrej/ prise que fit le prince de Condé ayea ses adhé- , itsïis^ de leulpr J'arracher le roi .C(\vi\V^v^

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IX aux tyrans de la France , comme il aroit essayé de leur ôter François II, mais comme nous serons obligés de parler de cette action quand nous traiterons des guerres, parce que ce fut l'ouverture de la seconde guerre civile 9 nous renverrons à cet endroit ce que nous en pourrions dire en celui-ci , et nous passerons aux assassinats qu'on nous impute. Le plus ancien que je sache c'est celui du président Minard , qui fut tué quelques jours avant qu'on menât Anne du Bourg au supplice. On prétend qu'il fut assassiné par Jaques Stuart, huguenot. On le prétend il est vrai: mais c'étoit tout , car jamais on n'a pu le prouver. On prétendit aussi que le coup avoit été fait par le bâtard d'Antoine Sanguin , cardinal de Meudon , parce que le président Minart avoit obligé le cardinal de IVleo^^ don à tester en faveur du cardipal de Lorraine et au piéjudice du bâtard. Ce bâtard accusé du meurtre prouva son alibi j c'est assez peii d© chose, ou pour mieux dire c'est moins que rien : car s^il ne Tavoit fait , il pouvoit l'avoir fait faire, cepend^int il fut justifié, parce qai'«)n ne voulut pas qu'il fût coupable, quand Bi«me il TauFoit véritablementété. Jaques Stu* art sou fil it la question et ne confessa rien, l'épreuve étoit un peu plus violente et plus propre à èîver la véri4é que celle qu'on avok

pvur la Rêformation , ele. 447

faite sur le bâtard du cardinal , néanmoins il a fallu que Jriques Sfuart en demeurât chargé^ parce qu'il étoît huguenot, et qu'à quelque prix que ce fût on vouloit que les huguenots fussent auteurs du coup, afin d'augmenter la fureur qu'on avoit contre Anne du Bourgs et de précipiter sa mort. Pour augmenter les làoupçons on fait dire à Anne du. Bourg, sur ^e qu'il prroit le président de s'abtenir d'êtrd du nombre de ses ji^ges , et que le président Je refusoit, Dieu vouapra bien abstenir, <: ont" Xïie si Anne du Bourg eût été d'intelligence avec Jaques Sfuart pour assassiner le président* Ceux qui ronnoissent Anne du Bourg par l'histoire de sa vie et de sa mort , ne le soup« çonneront jamais de cette lâcheté. Enfin les conjectures furent si foibles , que dans un temps où être suspect d'hérésie étoit un crime à brûler, on fut obligé de laisser aller Jaques Stuart comme innocent quoiqu'il fut hugue<" not. Néanmoins il fallut que tous les huguenotes fussent chargés de ce meurtre quoiqu'on ne pût jamais découvrir l'auteur , et afin que la postérité n'en pût douter on l'a gravé sur le marbre du tombeau du président : Ce qufr l'on assure sans preuve , on en est quitte potir le nier. Maïs véritablement quand il seroit bien prouvé qu'un huguenot autoil fait cet nssassiuât je ne m'en étonneroiâ ^«& i^xV.

4i8 Apologie

Il ne seroît pas étonnant que dan« un parti qu'on pousse à bou( par des violences et des cruautés horribles , entre mille et mille personnes qui souffroitnt patiemment les perteculions, il 8e soit trouvé un désespéré capable de faire un mauvais coup. Si Ton ne veut autre chose, nous ne prononcerons rien, et nous abandonnerons à Dieu une chose si cachée qui n\st connue que de lui. Mais si Ton veut dire q«ie ce fut une action concertée par tous les hugutnols de Paris , et qu'ils apostèrent TasHas^iu pour se défiiire* du plus cruel enriemi qu'ils eussent dans le parlement^ V je m^inscrjrai eu faux ci)mme contre une noire calomnie : je dirai qu'il n'est jamais permis de supposer des faits atroces sans en avoir les moindres preuves : je dirai que si les proteslans eussent été capables de semblables attentats^ ils avoient bien de plus beaux coups i faire que ct^lui-ci, que le cardinal de I^orraine , le sorbonniste et inquisiteur Démochares n'étoiff pas moins violens persécuteurs que le président de St. André, et qu^il étoît plus important de s''en défaire puisque Tun éloît celui qui animoit la cour, et l'autre étoit celui qui faisoit les recherches jusques dans les lieux ï'ecre^s des mai.^ons. Puisque nous en sommes sur^Jaques Stuart prétendu assassin cju prcsiUeal iiiiiart , je crois devoii dire (jue

pour la Hê formation f etc. 44g

la manière dont on se défit de lui , étoit bar-* bare , cruelle et un véritable assassinat com-^ mis contre tout droit des gens. Il fut pris à la bataille de Jarnac ef mené au duc d'Anjou qui lui donna la vie. Le Marquis de Villars le reconnut , le prit et le demanda pour le tuer: (i) le duc le refusa long-temps, Stuart implora sa miséricorde par ces mots : jJà Monsieur vous êtes un prince si magnanime et si généreux que vous ne voudriez pas souil" 1er vos yeux et voire belle ame par un si af^ freux spectacle. Mais enfin le duc vaincu par les importunités du marquis de'Villars, tour* na la tête de l'autre côté et dit : et bien soit. Sur cela on le traîna quelques pas derrière et rayant désarmé ,1e marquis le tua lui mê« me de sang froid: c'est une action exécra* ble. Cet homme étoit écossois de bonne mai*- 8on , brave et vaillant autant qu'il y en eùtj au reste prisonnier de bonne guerre et vivant sous la bonne foi d'un grand prince. Mais dit- on, il avoit tué le connétable de Montmorency dans la bataille de St. Denis. Premièrement cela étoit incertain , le connétable mourut de quatre blessures qui lui furent faites par diftërentes personnes. Quand cela seroît vrai que Stuart eût tué

le connétable, il l'auroit tué en homme d'hon*

1 ) Bianlôme ^ éluj^e da counélable.

neuF) en attaquant et en se défendant au milieu d'un combat: et sait-on sur quoi l'on frappe dans une niéiée ? Pour excuser cette action lâche, le sieur Maimbourg dit que ce Jaques Stuart étoit un de ceux qui s^étoieni dévoués pour faire périr les trois fameux chefs des catholiques , et qu^il avoit lâche* ment tué Ui connétable en lui appuyant par der ière son pistolet avec plus de malignité ijuede courage : (i^ee récit est faux et empoisonné. Il n'est pas vrai que nous eussiaos des gens dévoués pour assassiner les trium* virs y et il ne sauroit produire de ce fâil aucun témoin digne de foi. Si le connétatle fut blessé par derrière, on n^en^ sauroit faire une lâcheté à celui qrui le blessa y car dans une mêlée on attaque et on se défend par où l'on peut. Les honnêtes gens de ce temps là étoient plus équitables que ne Test le sieur Maimbourg aujourd'hui.* Car Brantôme nous dit expressément, qu^aucuna ienoient que le dit Stuart ne devoit point avoir été ainsi tué pour ce sujet. Car quand on est dans une mêlée de combat furieux on n* avise point qui on frappe ; ou d tort ou à travers y ni si cU*&t un roi ^ un p ince y ou ifn grand, car chacun est là pour son ^• càt pour tuer , pour se défendre et se garan*

pour la B.( formation , etc. 45 1

ir de la mort et acquérir de la gloire. Il le troave pas d'autre moyen de justifier cetto ction que de la pardonner aux premiers nouvemens de la colère d'un frère qui no e put retenir à la vue de celui qui a tué on parent. Après tout il ne laisse pas de onclure que cela ne peut être excusé. Mais^ iit-il, tels aups se doivent faire à la chaude t non de sang froid, etc. ayant été pris en ^uerre il devait être traité en prisonnier de ^uerre , ou du tout ne le prendre jamais. >n en usa de même à l'égard d'un autre entilbomme nommé le Cbastelier, qu'on tua. ussi de sang froid après l'avoir pris pri-^ onnier. Brantôme nous apprend que cette acheté coûta la vie à deux braves gentil* lommes du parti du roi ^ le baron dlngrande t Prune, lis demeurèrent prisonniers entre 3S mains des gens du prince de Condé qui yant appris la manière, dont ont avoit as* assiné le prince leur maître , Stuart et le Jbastelier , firent aussi tuer ces deux prisonniers distingués qu'ils avoient entre leurs nains : c'est ainsi qu'un crime en attire ua utre.

En justifiant notre parti de Passassinat da résident Minart, nous avons appris l'accur ation qu'on nous fait d'avoir aposté Ides ssassins dévoués pour nous iiibl^^ ^^^

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triumvirs , qui sont le connétable de Montmd^ rency , le maréchal de St. André et le duc de Guise. En effet ils sont tous trois morts de mort violente, et Ton veut que nous en répondions. Nous avons dit ce que nous avions à dire au sujet du connétable qui fut tué à la bataille de St. Denis dans le fort de la mêlée, et Brantôme a lait notre apologie; je passe donc au maréchal de St. André qui mourut cinq ans auparavant à la bataille de Dreux, (i) Monsieur de Mczeray nous dit , ^ qu'il fut tué par un cava- ,5 lier , nommé Bobigny Mézières , fils du ^ greffier de la ville de Paris , qu'il avoit ^ outragé en quelque rencontre.^' C'est un fait constant que le maréchal , tout cruel qu'il avoit été envers tant d'innocens huguenots ^ qu'il avoit fait périr , avoit été Xait prisonnier de guerre non par deux reistres comme dit le sieur Maimboprg , mais par un gentilhomme huguenot qui lui avoit donné la vie. Et il fut tué contre le gré de celui qui l'avoit pris, par un homme auquel il avoit fait les derniers outrages. ( 2 ) Voilà ce qu'en dit Brantôme : Sur ce , il fui pris par un gentilhomme huguenot qfà , l'ayant montée, en

croupe derrière lui , vint un qu^on appelait

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